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mardi 16 juin 2009

Adolescente





"L'adolescent ignore les futures transformations de ce visage qu'il voit dans l'eau:
indéchiffrable à première vue, comme une pierre sacrée couverte d'incisions et de signes;
le masque du vieillard est l'histoire de ces traits informes qui apparurent confusément un jour,
au grand étonnement du regard qui les révélait."
Octavio PAZ


Elle, c'est Juana. Quel âge aura-t-elle aujourd'hui? Combien d'enfants a-t-elle eu? Est-elle partie de la communauté, elle aussi, à son tou, pour s'installer, précaire, en ville?

Voila ce que j'en disais au tout début de ce blog...

Elle s'appelle Juana, elle a 13 ans.
Elle ne parle pas complètement l'espagnol, mais le comprend bien.
Elle vit dans une communauté Quechua particulièrement isolée de Bolivie, accessible par 4x4 en 11 heures de piste chaotique depuis la principale ville de la région, Cochabamba. 11 heures, 4 étages écologiques distincts, des précipices infinis, des anciennes haciendas dont les parcelles récupérées au long de l'histoire (surtout depuis la réforme agraire de 1952) révèlent une rude économie de subsistance...
Cette communauté, pour aussi isolée et inaccessible qu'elle soit, est pourtant un espace à la fois clôt (rites d'introduction, rites internes de passage-d'un âge à l'autre, d'un statut à l'autre, méfiance inititiale envers l'intrus, pratiques traditionnelles -justice, culture- séparées de la vie "républicaine") et ouvert (multi-ethnicité pacifique entre métis, quechuas majoritaires et aymaras, sens indescriptible de l'hopitalité, adaptation pragmatique à la réalité "moderne-urbaine" lors des migrations temporaires, curiosité envers l'autre, une fois la confiance installée-même fragile).
Ce jour était un jour de fête et de célébration. J'y fus invité, en compagnie des 2 sympathiques barbus franchutes, compagnons de route de ces jours-ci. Nous avons pu apprécier les chorégraphies des mamans de la communauté, que l'on voit s'affairer derrière Juana. Les danses, les chants, les discours à la Patria grande et les hommages à la Pachamama. Les rituels catholiques et les quechuas.
Soit le synchrétisme, brut, dans ta face.
Son lama-llamita, à Juana, né récemment, elle en prend bien ,soin car la portée antérieure n'a pas survécu au-dela de quelques jours.
Regardez-le. Il est terrorisé par ce stupide white man qui le fixe de son oeil digitalisé.
Elle rit aux éclats.
La communauté a fini la soirée bien bourrée. Bien soudée, aussi.

samedi 25 avril 2009

La Mama de l'expat, 2




Over the rainbow





Les pérégrinations, les palpitations de la Mama de l’expat, ta maman, tu les as suivies, de loin, puis au plus près. Et elles ne t’ont pas été totalement indifférentes, apparemment.

Alors, d’habitude peu attentif à tes attentes, une fois ne sera pas coutume, j’obtempère.
Et je t’en ressers même un ptit chouïa pour la route.


La mama de l’expat, ta mama, elle est bien contente d’en savoir un peu plus sur TON « pays de fous » (car il est bien évidemment d’usage-homologué- de décrire « son » pays d’expat comme le plus « compliqué », le plus « ouf », le plus ceci ou le plus cela du Continent, voire même, du Moooooooonde).
Ta mama, elle est bien contente, en tout cas, de pouvoir entourer ta voix métallique et loitaine, au téléphone, désormais, avec des petits bouts d’images, un cadre concret, les petits riens qui vous peignent un peu plus clairement un environnement, un contexte, un climat,

ton chez toi fait de meubles bizarres et d’odeurs toutes aussi exotiques, et pis la vue depuis le balcon, les tronches des tes nouveaux ami-es et collègues, les histoires et les sons de la rue, qui grouille, qui dort jamais, c’est pas comme chez nous dis-donc…Bohlala, le bruit, l’agitation, la vie dis-donc dans ta ville, mon fils, ma fille…

Car elle l’a bel et bien pris cette fois, ce foutu avion qui t’emmène si loin d’elle; elle ne sera pas restée là, plantée, les bras ballants, à se sentir comme une imbécile avec ses yeux tout mouillés, immobile, au milieu des vas et viens des cohortes de nomades régionaux, à l’aise, pressés qui s'agitent dans les aéroports de province.
L’avion, cette fois, l’est bien pour elle…elle qui n’en a que très peu l’habitude.

Elle est donc Venue. Vu. Vici, ici.
Dans ton Tiers Monde à toi.

Elle a mangé les plats locaux. Tous. Une envie de bouffer, de se rembobiner les aiguilles du temps perdu autrefois, avec son tocard de mari, puis du temps passé, avec quelques autres branleurs medio braves, medio charlatans, attirés au mieux par Palavas ou la Baule plus que pas ces contrées tropicales. En même temps, y avait même pas assez de dinars pour la Baule non plus, alors pensez-donc, Cancun.

Elle en a bouffé, bu, des spécialités locales.
Toutes.
Elle en a choppé des mini typhus, des parasites, des touristas, surtout sur la fin.
Tous.
Ca n’a pas entamé sa bonne humeur. Sa soif de découverte.
« La coliqua no pasara, mon grand. Allez, on annule rien du tout, on y va ! J’ai pris mon rouleau au cas où ». La classe mondiale, que j’te dis, la mama!

Elle a pris 876 photos.
En 13 jours.
876 photos.
Papiers.
Elle a voulu les développer sur place. Toutes.
« Moins cherrr, pardi ! ».
Malgré les 643 qu’elle t’a fait prendre, à toi, sur ton (certes) merdique joujou numérique CASIO (car ton Canon pro là, d’avant, tu tl’es fait voler dans le métro parisien, juste au retour, dans un de ces moments de relâche prétentieuse, ou tu penses que t’es un dur qu’a vécu à Mexico City donc c’est pas ici qu't’arrivera quoi que ce soit quoi…toute similitude avec la réalité n’est que…).
Malgré les promesses de CD-rom (« et comment que je vais te l’ouvrir ton machin là ? Faudra que j’aille chez ta sœur ? Encore faut-il que je dérange personne moi là bas paske bon… ») , malgré les possibilités d’impression « personnalisée » des plus belles photos.
Non, il les faut toutes. Maintenant.

C’est tellement beau, tout ça, là, les gens, là, et pis les paysages, et surtout prends un premier plan toujours, comme une feuille de palmier par exemple (vas-y, je te la tiens, là, en premier plan, comme ça, ça remplis bien le tout..tu vois fiston ? tu vois, poupougne ?...ouh, et ces cactus ! prends ! Ouh, et ces fleurs, en premier plan, tiens, baisses-toi, mama mia, quelle splendeur dis donc ! Que je suis gâtée ! Tiens prends les pêcheurs qui arrivent là ! Non pas moi, me prends pas, je suis toute vieille…Et pis moche aussi. Prends les eux, plutôt.
Dis pas ça, m’an. Tu sors très bien en photo en plus et…
Elle est déjà en train de poser des questions aux pêchous du coin.
Et de faire des moulinets. Et de parler avec ses mots à elle, comme elle peut. Et de lever la tête, les afro-gaillards la dépassant de 6 têtes.

Et tu t’approches, plutôt gêné.
Gêné par quoi, imbécile ? Par sa propre outrecuidance, son côté « sans gêne - j’ai-pas-les-codes » ? C’est ça ? Mais c’est toi qu’est « trop de codes », des fois, fiston expatounet…Tu l’as mis ou ta spontanéité, hein, dis ?
Ta mère qui parle à tout le pueblo, ça te gêne? Ton inconfort, ce serait pas plutôt lié à ton propre manque d’audace et d’allant, toi qui parfois reste muet, aveugle, voire indifférent et silencieux envers l’autochtone ? Peur de quoi, au juste ? On peut savoir ? De déranger ? De faire du bruit ? Mais t’as vu le bordel sur ce petit port sans déconner ? Et puis tu crois vraiment être le premier blanc bec en quechua qu’ils voient débarquer ma parole ? Ils en ont vu d’autres, alors autant que ça se passe naturellement, joyeusement, que ça se passe...plutôt que ces petits vides qui ressemblent à s'y méprendre à du mépris réciproque. Du contact, cash, plutôt que ces frôlements frileux…

C’est toi qui est gênant, quand tout le port et le 4 ème Syndicat coopératif pesquero de Puerto Angelito se marre des récits de ta mère, grand ; et que toi t’es là, empoté, et te décide enfin à te dérider un peu.

Putain, le port des tongs et des Vuarnet à cordon ne suffisent pas à te détendre complètement, fiston d’Europa en terre bamboula. Être "cool", ça prendra son temps, vue le terreau calviniste qui t’a travaillé, travaillé, travaillé…Allez, relax, et laisses là prendre ces 1000 photos de pêcheurs musclés, et de leur raconter ses anecdotes, à ta vieille.

La mama de l’expat, elle adore les zanimaux, aussi. Surtout les toucans, mais pas les serpents.
Et pour s’approcher de sa cible animale, elle est prête à tout. Y compris les petits conseils appuyés au guide, au cas ou il aurait pas encore compris ce qu'elle cherche à figer dans le temps, à immortaliser…Ah ah…

La mama, ta maman, elle aime tout ce bordel, mais sait pas comment qu’on fait pour y vivre tout le temps, non plus. Ah ça oui, sont gentils.
Mais alors y a des trous partout sur ces routes, c’est pas possible.
Et puis toujours à la bourre dis-donc...
Mais qu’est-ce qu’ils sont gentils.
Tu sais, avant, au village, on était comme ça aussi. Y’avait, je sais pas moi, un peu d’entraide. Boh j’idéalise aussi, y’avait ces merdeux qui martyrisaient les plus faibles. Aussi. Bon et puis des rugbymen, le curé…En tout cas tout le monde tuait le cochon ensemble…
Et là, ta maman, qui t’ouvre une presque-pensée intérieure : tout pareil comme dans les romans de Mauriac, dans le bordelais rural…
Les divorcées exclues, les cancans interminables. Mais il y avait la joie d’être ensemble. Le partage. Et ici on dirait qu’ils vivent ça, pareil qu’avant, nous, non ? Hein, biquet, fiston ?
-Réponse : Mmmhh…moui, c’est possibe, m’an…Mais bon, on est tous des consumeris capitalistus à la fin, ici aussi.C’est vrai qu’y’a tous ces petits métiers et commerces de proximité, aussi, un peu partout, qu’on voit plus en Europe désormais, dans les rues…Coutelier, cordonnier, livreurs de cageots, d’eau, de lait, artisans, roulottes multiservices, chapelier, chamelier…

« Finalement, c’est bien eux qu’on raison, teh, pardi. On gobe des anxiolytiques et toutes ces saloperies par quintaux en France…Eux, pendant ce temps, ils ont pas l’air de se rendre malade si ils sont en retard ou quoi, hein, c’est vrai…Au final. Hein ?
Rôôô, qu’ils sont mignons ces gosses. Ils sont bien là, à vivre dans la nature, au soleil…Rôô les ptits bouts de chou… »

Pensée intérieure : ne rien dire sur le maladies infectieuses et autres, facilement curables, qui déciment les marmailles nues du Sud; ne rien dire sur le couvre-feu de facto dès 18h…(on est pas à Cuba ici…).
"Des coups de feu ? ce matin ? nnnnnnnann, m’an, c’était des pétards pour Santo…Tu sais, leur Santo Machin là..San Marcos, voilà, le saint des …des panaderos/boulangers...du coin...les libano-portugais là, ils aiment beaucoup leurs saints et dès le matin, bah, ils font péter des « ben laden », ces gros pétards si communs par ici…Ok ? T’inquiètes pas…"

-Et toutes ces ados, avec un bébé au bras, elles s’occupent bien de leurs petits frères, hein… ? T’as vu ? Y’en a partout dans les rues…
-Oui maman, j’ai vu...oui oui, leur petit frère…On va dire… « petit frère »
-Et les hommes, sont où les hommes ? Tous les villages, quand même, c’est les femmes qui se tapent tout le boulot…A la maison, au travail, dans la rue…Zont l’air de picoler pas mal quand même les gars, pendant que ces pauvres dames triment…te leur foutrai des coups de pieds au cul moi, boudiou…
-Ah ça, maman, bonne question, bonne idée...bonne question…

La mama de l’expat, ta maman, elle aime bien, quand elle vient te voir, dans ton chez toi, là bas, si loin, si loin.

A suivre…

samedi 7 mars 2009

La Jirafa






Je ne viens rien résoudre.
Je suis venu ici pour chanter
et pour que tu chantes avec moi.
Pablo Neruda

mardi 6 janvier 2009

Tu marches de si loin


Découvrez Louis Armstrong!
















Ainsi fut ta naissance.
Tu viens de tant de lieux, de l'eau, de la terre,
tu marches de si loin
au-devant de nous deux,
de cet amour terrible
qui nous a enchaînés,
que nous voulons savoir
comment tu es;
oui, parles:
tu connais mieux ce monde
que nous t'avons donné.

PABLO NERUDA

samedi 6 décembre 2008

Mireille danse le Merengue-Reggaetoné



Tu t'appelles Mireille.

Annie, Josette, Marie Pierre, Ludivine.
Que sais-je encore.

Je vois bien ta tête.

D'ailleurs c'est bien simple, je l'aime bien ta petite tête ronde, tes traits pas encore fanés, ton teint tout rougeâtre, là, ta peau vert de gris victime d'un trop plein de soleil, ton corps mignon, grassouillet, anodin.

On vous aime comme vous êtes, en plus.
Pas besoin de singer des princesses numides ou d'élancées amazonnes (intégralement huilées, en plus), pour nous plaire, mesdames.

Pour de vrai (...).

Bon. Aout 2008.

Tu es de passage en terre caribéenne.
Ton trajet en avion est tout en excitation, fantasmagories, doutes, craintes, exaltations, qui montent et qui descendent au grès des trous d'air de la route Paris CDG-Santas Palmitas.

Tu imagines, extrapoles, simules, envisages,
des sensations, des visages, des images, des rencontres à venir.

A peine foules-tu le tarmac que tu sens que, cette fois, cette année, oui, tu vas te lâcher.
Pour de bon.
Tu veux "profiter".
Après tout, tu as bien mérité ce droit à la jouissance tropicale.
Un max. A donf.
Toi aussi.
Ton tour est venu.

Année de merde.
Par dessus le marché.

Cette année, tu veux danser.
A peine débarquée, tu sens les fameux picotements dont le guide t'avait causé, l'an dernier: cette envie irrépressible de bouger le cul, le corps, au son de ces calientes musiques locales (merengue, reggaeton, salsa), qui, déjà, s'invitent et se livrent à toi.

Ce son qui monte et qui sort de tous les balcons, de tous les paliers, cette exultation des corps, qui réveille certains de tes penchants les plus enfouis par Calvin et la morgue judéo-chrétienne. Dis-tu...
Il t'appartient.

Cette année, pas de regrets.

A peine pénètres-tu pour la première fois dans un de ces antres post-urbains diaboliques, type "DISCO Las Bananas Putitas", que tu te dis, que, pourquoi pas...
Tu jauges. Vite fait.

Tu te lances. T'y vas, nom de nom!

Et c'est là ou j'interviens, Mireille, vois-tu.
Car c'est pas possible.
Je souhaiterais, vraiment, te parler en adulte et t'épargner, à toi, un moment pénible (notamment l'ex post), et à moi, un moment tout aussi pénible (notamment le "pendant").

Alors j'interviens.

Mireille.

Je te prends par le col et je te sors de la piste.
Immédiatement.
Je te cale contre le bar.
Je te sers derechef un Mojito.
Et je te tiens à peu près ce language.

Faut pas déconner.
C'est pas pour toi.
D'accord?

Tu t'imagines vraiment pouvoir "danser" à côté de ce type d'autochtone là toi? Mireille? Sérieux?
Tu crois vraiment que t'as ta place sur le dance floor?
La démocratisation du quoi? De quoi? Des "vacances"?
Et ça te protègerait du ridicule?

Mais les congés payés ça n'existe pas ici, Mireille.
Juste le soufre, l'argent sale et le corps, qui sont là et qui virevoltent.

Et qui, pour un instant seulement, deviennent quelque chose de Beau.
La transfiguration. Pure.
Faut pas gâcher cette harmonie, là, cette cadence infernale, avec tes singeries.

Et toi t'es là, là, avec tes...tes...moulinets maladroits là...t'es toute empâtée, tu te précipites et pis c'est tout chelou là tes mouvements de tête, on dirait Paula Abdul sous acide. Et puis avec tes entrechats ridicules, empruntés aux "rallyes rock N'roll" de ta prime jeunesse, non c'est pas possible.
je t'en prie...faut vraiment songer à rester dans le canapé là.

Allons, Mireille, allons.
Regardes-là.
Le grotesque n'a pas de place.

Regardes-là.

Qui sait?
Cette année,lâches-toi, comme tu veux.
Penses à tes autres atours, qualités.

Mais surtout, surtout, surtout, ne danses pas.
Avec, ou contre, ou à côté, de l'autochtone.
Non.
Par pitié.
Ne danses pas.

TU ES FRANCAISE. T'AS COMPRIS.

A-t-on déja vu un fellaga chanter la Pitxouli ou un Maori danser la bourrée?

Même s'il fait semblant de "t'y inviter". Surtout.
Restes assises.
REGARDES.

Et arrêtes tes abonnements aux cours de salsa cubaine, tu n'y arriveras pas.

Compris?

Bon, vu que je suis pas un salaud, je lui ai tout de même payé un deuxième mojito. Avant d'appeler Pedro, mon copain le vigile.

Faudrait pas qu'elle me fasse fuir la clientèle locale, cette connasse de Mireille...

dimanche 1 juin 2008

Mécanismes REDD: combativité et résistance des peuples autochtones à l'ONU

Merci à OF pour le lien et le texte.

Allez voir cette vidéo (impossible à poster ici même):
http://www.youtube.com/watch?v=UtORVi7GybY
Ça prend 10 minutes.

Début Mai 2008, New York, Forum permanent des Nations Unies sur les questions indigenas-autochtones.

Durant les débats les délégués se sont à multiples reprises opposés aux initiatives type Banque Mondiale visant à compenser les émissions de carbone par les mécanismes de marché (REDD) - permettant ainsi de ne pas se préoccuper du fond de la question : la réduction effective des émissions.
Grosso modo, le nord continue à produire et à polluer, les bons sauvages du sud plantent des arbres et reçoivent des verroteries.

Or, surprise, dans la déclaration finale, l'ONU inclut quand même l'appui du forum à de telles initiatives sans mentionner les préoccupations des peuples autochtones!

Grosse bronca chez les délégués, intervention de la police des NU.

Finalement la déclaration reflète le désaccord des peuples indigènes avec ces mécanismes de marché.
Petite leçon de combativité...

vendredi 30 mai 2008

Les jambes de Gabriela


La ultima serenata, Compay Segundo

Pourquoi l'Amérique latine?
Et pas la Chine millénaire, l'Afrique du Sud zoulou, la Mama India, la Perse infinie, les Tongas tongué et autres clichés exotiques, magnétiques, attirants le petit prolo du sud-ouest dans sa prime jeunesse?
Pourquoi le Brésil, pourquoi l'Amérique latine?

La raison est d'une simplicité inouïe, figures-toi, ma chère, mon cher.

A dire vrai, la raison est même double.

Oui, double: ces deux jambes, là, qui se croisent et se tendent, les filaments tenus d'une époque, d'un style. Les courbes des années 1980...

Pas chassés, repli, montée au filet, sautillements.

Ra la la la la, Gabriela, Gabriela Sabatini, ce que t'y étais bonne ma parole.

C'est à cause de toi, tout ça, à cause de toi, ce blog, ces élans, cet amour, à cause de tes jambes, mi amorcito clandestino.

Gabriela, la fascination de tes jambes, te regarder, pas chassés, volée, sentir les premiers émois au fond su slip, tout ça, tout ça constituera sans doute la promesse, la première promesse, intuitive et frétillante, d'un avenir radieux.

Gabriela, rââââ lovely,
Gabriela, tes jambes, tes jaaaaaaaambes...

Cognooooooooo, tus piernas, Gabrielas...




samedi 26 avril 2008

Yamile et son orchestre



Voila.

Yamile.



Et son orchestre.




Con todo.

Donne tout, quoi.

Jamais vulgos.



Jamais.

La classe.

Siempre.

Les petites filles d'Amérique latine rêvent d'être des pop stars comme Yamile ou d'autres pétasses en chef style "Rebelde" (produit made in telenovela de TELEVISA, Mexique).

L'art de faire rêver les pauvres.

Des fois, on est tentés de se dire...

On est vraiment dans la merde...

Ah et puis tant que j'y suis, cette école de Miss à Bogotá.
Elles sont évidemment hors de prix.
J'ai vu les mêmes à Ciudad de Panama ou à Maracaibo.



On est vraiment dans la merde...

La Olympe de Gouge du XXIème siècle ne sera définitivement pas latina.
L'Amérique latine, c'est déjà 25 ans de thatchérisme enkylosant, 25 d'ajustement structurel synonyme d'homogénéisation des standards et des goûts, certes en voie de lent reflux.

Lecteur, si tu as un tant soi peu de considération pour l'avenir, pour Yamile, son orchestre, pour la vie et ses belles luttes collectives, je te serai gré de prendre 2 minutes et de lire cette délicieuse analyse de Mona Chollet, l’art de faire rêver les pauvres.

Chacun étant incité par le matraquage médiatique à se penser environné de flemmards, de parasites et de voyous qui veulent le saigner à blanc, au propre comme au figuré, il ne peut désormais cultiver que des espoirs strictement individuels. Il n’imagine pas changer les règles afin d’améliorer le sort commun, et, pour cela, s’allier avec d’autres, mais seulement tirer son épingle du jeu. « Chacun aura sa chance », clamait le président de la République au soir de son élection ; « chacun pour soi », en somme (« et Dieu pour tous », comme on s’en apercevra quelques mois plus tard à l’occasion de ses voyages officiels au Vatican et à Riyad). Il est secondé en cela par la culture de masse, qui brode d’infinies variations sur un thème auquel nos cerveaux ont développé une accoutumance pavlovienne : celui de la success story. Success story du gagnant du Loto. Success story de l’entrepreneur « parti de rien ». Success story des acteurs, des chanteurs, des sportifs ou des mannequins, à qui l’on fait raconter en long et en large comment ils ont été « découverts », comment ils ont persévéré sans se laisser décourager malgré les déconvenues de leurs débuts, comment ils vivent leur célébrité et leur soudaine aisance financière, etc.
Vous aussi, devenez président !

Toutes ces histoires, dont on bombarde une population harassée par la précarité et l’angoisse du lendemain, véhiculent un seul message : pourquoi vouloir changer l’ordre des choses ou se soucier d’égalité si, à n’importe quel moment, un coup de chance ou vos efforts acharnés, ou une combinaison des deux, peuvent vous propulser hors de ce marasme et vous faire rejoindre l’Olympe où festoie la jet-set (2) ? Bienvenue dans la société-casino ! Omniprésent, le modèle de réussite tapageur promu par le show-business pousse le spectateur anonyme à poser sur les « ringards » et les « perdants » qui l’entourent un regard de mépris rageur, et à ne plus rêver que de leur fausser compagnie. Il attise ses complexes d’infériorité, son sentiment d’insuffisance et d’insatisfaction. Tuant dans l’œuf toute solidarité, il rend sans doute impossible, aujourd’hui, l’émergence d’une « fierté de classe » et d’un sentiment de la communauté, moteurs indispensables des revendications d’égalité.

mardi 26 février 2008

La Mama de l'expat







La mama de l'expat, ta maman, quand tu lui as dit le nom de la ville et du pays ou tu partais t'installer, elle était pas bien sûre qu'si c'était en Afrique ou en Amérique latine. Mais elle a trouvé bien joli, le nom, en tout cas.
C'est vrai. Tepoztlan, Sopocachi, ou Tacuba, c'est bien joli, comme nom.

Ta mama, pour le premier départ, elle t'a embrassé, elle t'a regardé bien droit, et t'as dit, le regard humide, "bonne chance" mon fils, ma fille. Mais dans le fonds elle en menait pas large, se demandant si tu allais partir pour un an, une décennie, une vie, alors que tout de même Madrid c'est moins loin et y parlent pareil là bas. Mais bon, c'est pas pareil non plus, elle comprend, vas...

La mama de l'expat, ta maman, ça lui a fait drôle la première fois, le premier départ loin, au large. Mais peu à peu, au fil des conversations téléphoniques, elle a compris que tu rentrerais pt'être pas de sitôt, que c'était vécu comme un beau choix de vie, que tu serais pas là pour la communion du petit cousin ni pour la naissance de la nièce. Elle a ravalé sa tristesse momentanée pour te dire bonne nuit, enfin bonne journée, à cause du décalage qu'on sait jamais.

La mama de l'expat, ta maman, elle est contente de te savoir heureux.
Même si elle aimerait bien te voir pour ces quelques repas et rituels de famille ou ta chaise est vide et ton absence, palpable.

La mama de l'expat, ta mama, elle est heureuse de recevoir tes coups de fil.
Même si elle ne sait toujours pas se servir d'internet, qu'elle n'a d'ailleurs pas, n'ayant même pas un ordinateur, pour commencer.
Elle insiste sur ce charme désuet, ce plaisir de recevoir des cartes postales écrites en colimaçon; mais tu lui as sibien décrit le Servicio Postal du coin qu'elle a vite pigé que c'est pas marqué La Poste quoi ici/là bas, chez les metequos...Alors, oui, le téléphone, et la carte pré-payée LATINA sont là qui rapprochent les êtres.

La mama de l'expat comprend pas forcément toutes ces analyses proto-politiques que tu t'obstines à lui servir, entre deux nouvelles du front et de ta femme, du boulot et des amis expats que tu décris, abstraits, invisibles et pourtat bien là,
mais pourquoi ils ont tué ces pov gens, mais t'es sûr que c'est pas dangereux ces avions, t'es sûr qu'ils te feront rien là bas dis,
ta mama comprend pas forcément toutes tes explications, mais peu lui importe, elle est là qui te sent et qui te palpite.

A l'unisson, malgré le tréfonds métallique de SKYPE.
En bonne entente, malgré cet océan atlantique qui vous sépare.

Elle te sait si loin, si proche, ta mère.

La mama de l'expat, ta maman, elle vieillit mais tu es trop loin pour t'en rendre compte. Tu ne le comprends qu'à l'aéroport, en la regardant et redécouvrant les stries de l'existence sur son visage, elle et ses beaux yeux mouillés, une fois les abrazos qui vous retrouvent.

La mama de l'expat, ta maman, tu es tout content quand elle vient en visite, dans ton univers, là bas. Elle qui a découvert l'avion sur le tard, pour ses 55 ans, elle qui a découvert l'Amérique, du Sud, des voyages, des gens qui luttent et construisent ensemble leur identité, les grands espaces, l'amérique en découverte, après une vie de labeur exténuante qui ne l'a, non, vraiment, non, vraiment pas épargné, ta maman.

Alors ty'es bien content de lui concocter un beau programme de dingue, entre rencontres insolites, personnages lunaires, plaines fertiles de pampas, hauts sommets enneigés, ballades en pirogue amazonienne, trekking titicacesque, animaux incongrus, plages azur parfaitement scandaleuses.

La mama de l'expat, ta mama, elle sort alors son petit appareil photo à molette monochrome, elle garde ses gants pasque fait pas chaud hein, malgré son K-WAY rouge qui protège, et son imper orange dessous, et la capuche, au cas où, et elle prend sa photo, de son moment à elle, ou elle immortalise une rencontre, un lieu bien à elle, un souffle qui l'inspire.

Laissez-moi vous le dire tout net: ta mama, je sais pas, mais ma mama, ma mère, sous ses apparences de prolétaire d'une autre époque, un peu dans la lune, elle a la classe mondiale.

mardi 8 janvier 2008

Un ange







Il y a 5 ans, sous la neige.
Dans le trop méconnu Jardin "Tropical" de Paris.
Il y a 5 ans, aujourd'hui.
Le premier câlin.

Encore sacrément envie.
Désir ardent, intact, de ces petits réveils au creux de tes bras, au fonds de ces vallées toutes de sucre, de café et d'oranges...

Toi, tes exercices de yoga, ta classe inommable, ton cul furibond et ton sourire infini.
Moi, mon France Foot, mes couilles qui grattent, mes ptits boudinets et mes dents de lait.

Un ange, un bourrin, un couple.

Le couple heureux qui se reconnaît dans l'amour défie l'univers et le temps ; il se suffit, il réalise l'absolu.
[Simone de Beauvoir]
Extrait de "Le Deuxième Sexe"

C'est vachement dur de faire un couple. Ça prend...ouh la, une vie.
[Hélène Ségara]
Extrait d'une interview conservée précieusement dans Téléstar - Octobre 2001

Il n'y a jamais eu de créature. Il n'y a jamais eu que le couple. Dieu n'a pas créé l'homme et la femme l'un après l'autre. Il a créé deux corps jumeaux, unis par des lanières de chair qu'il a tranchées depuis, le jour où il a créé la tendresse.
[Jean Giraudoux]

Fais moi une Pipe-Une Pipe-Pipe-Rade!
[Michael Cageon] supporter de l'EBPO, gradins supérieurs.

Paroles complètes ici.

samedi 27 octobre 2007

Être viril


Chez Patxi, ya comme un pré-requis. C'est le son. Alors, tu mets le son. D'abord. C'est l'ordre naturel des choses, comme la droite qui est affairiste, la gauche naïve, si tu veux. Tout ça. Alors tu me fous le son. Sous pene de graves consecuencias, bien cabronas...



Production Anonyme.

Etre viril, c’est d’abord ne pas être dupe de soi-même.

Etre viril, c’est d’abord ne pas être dupe de soi-même.

Etre viril, c’est d’abord ne pas être dupe de soi-même.

Le premier devoir d’un homme est de s’identifier.
De s’identifier.

Les femmes de ma vie m’ont montré quel homme je devais être.
Et c'est pas gagné.
Pas gagné.

La première, ma mère, m’a appris qu’un homme qui ne pleure pas n’est pas un homme, puisqu’il ne sait pas être touché au cœur.

Les autres, compagnes de mes nuits et de mes jours, m’ont doucement, parfois violemment, appris à vaincre cette lâcheté inhérente à ceux de mon sexe, plus habitués à biaiser avec la vie plutôt que de l’étreindre;

me faisant comprendre au passage que la vérité de soi, même douloureuse, est une arme imparable de sa propre construction.

Alors merci les gonzesses, merci à toutes pour nous montrer la voie.


Bon en même temps, messieurs, tout déboussolés et désorientés que vous êtes pov petits chéris, comme nous le rappelle ce sympathique bolchévique (de salon) enragé, méfions-nous tout de même des filles capricieuses en jean Diesel...surtout toi là...



jeudi 30 août 2007

Le sport pour tous, carrajo!


La Cumbia de los Trapos.
Impossible d'échapper à la Cumbia-Kitsh dans les Andes, y compris dans le grand nord argentin. Arrêtes de finauder, et mets-toi dans l'ambiance je te prie.



Chronique d'une inattendue raclée.
C'est qu'elles nous ont corrigé ben comme il faut, les bonnes mamas des haut plateaux andins.

Perso, les imaginer en escadron jouer contre, disons, les gaillards des îles Tonga, en rugby, là, dans la poule 3 du Mondial de Rugby 2007, ça pourrait être tout à fait jouable.

Je sais de quoi je parle. Un jour peut-être aurai-je les couilles de révèler les stigmates honteux de la déroute: feuille et stats de matche, gros zoom des ecchymoses, bleus et autres tâcles à l'ancienne sur les tibias, mollets, épaule.

'Déconnent pas les Dona Mamani, Condori.
Quel panache mes enfants!
Jt'e monterai un bon XV moi là haut avec ces sympathiques guerrières.
On les exploserait tous, y compris les barbares de la Perfide Albion, foi de Patxi.


Que viva le sport pour tous!
Y compris à 4000 mètres!





lundi 23 juillet 2007

The girl from Ipanema




Salvador de Bahia, Brésil





The girl from Ipanema, a garota de Ipanema, la fille d'Ipanema, là, de la chanson.

En fait.

Que je vous le dise.

C'est ma femme.






C'est bien elle.
Qui inspira et inspire.
Le gars.
Qui chantonne, là.
Elle.
D'ailleurs son cul,
furibond,
me donne
raison...

Pura Verdade!

Lyrics em portugues bem brasileiro:

Olha que coisa mais linda
Mais cheia de graça
E ela menina
que vem e que passa
Num doce balanço
caminho do mar

Moça do corpo dourado
Do sol de Ipanema
O seu balançado é mais
que um poema
E a coisa mais linda
que eu ja vi passar

Ah' porque estou tão sozinho
Ah' porque tudo é tão triste
Ah' a beleza que existe
A beleza que não é
so minha
Que também passa sozinha

Ah' se ela soubesse
Que quando ela passa
O mundo sorrindo
se enche de graça
E fica mais lindo
por causa do amor


En français:

Regardes, quelle chose plus belle
Plus remplie de grâçe
Que cette fille
qui vient et qui passe
Dans un doux balancement,
sur le chemin de la mer

Jeune fille au corps doré
Par le soleil d'Ipanema
Son balancement est plus
qu'un poème
C'est la chose la plus belle
que j'ai vu passer

Ah, pourquoi je suis si seul
Ah, pourquoi tout est si triste
Ah,la beauté qui existe
La beauté qui n'est pas
seulement mienne
Qui passe aussi seule.

Ah, si elle savait
Que quand elle passe
Le monde entier
se remplit de grâçe
Et devient plus beau
por causa do l'amour.

samedi 21 juillet 2007

Guerre de genre - Bolivie




Restaurant-comedor familiar de Don José. Petite communauté rurale du Nord de Potosi, un des Départamentos (Régions) les plus pauvres, les plus indiens et les plus isolés de Bolivie


Traduction: poster de gauche, promotion d'une association locale de santé communautaire: "Pour que les femmes puissent s'organiser" - poster de droite: "Surena-celle du Sud: la bonne bière!!"



La fracture entre le pays réel, composé à 72% de population indigena, qu'elle soit aymara, quechua, guarani, moseten etc, et le pays imaginaire, blanc, véhiculé par les médias (la grande plante réifiée, superbe, blonde et dénudée, ici qui s'accroche à une bouteille ma foi toute phallique), est un trait saillant immédiat pour le visiteur européen qui débarque en Bolivie. Les décalages permanents sautent aux yeux du visiteur, même pour le plus distrait, même pour le moins attentif d'entre eux. Leur analyse contribue à comprendre le contexte de l'arrivée au pouvoir d'Evo Morales.

En décembre 2005, le pays réel a fini par surgir et s'installer irrémédiablement dans les urnes. Depuis 2000, les communautés de base, au niveau local et régional, se sont fédérées, organisées, préparées, notamment grâce à de nombreuses structures locales telle que cette association communautaire. Pendant que Miss Bolivia (en compagnie de ses frivoles de copines-supermodelos, elles aussi originaires de Santa Cruz- basses terres du Sud-Est), qui exhibe allégrement ses belles fesses sur ce type de poster au gré des saisons, déversait sa bile raciste sur les habitants de l'Altiplano (hautes-terres).

Guerre de genres. Les femmes jouent un rôle cardinal dans les communautés rurales indiennes de Bolivie, dans la sphère privée comme dans la gestion des affaires publiques. D'ailleurs, anecdotique mais authentique, le premier club d'hommes battus d'Amérique latine s'est ouvert en 1976, à La Paz...

Certes, la femme-objet et sa représentation soft-core ont encore de beaux jours devant elles. Mais désormais, d'autres visages féminins occupent et continueront d'occuper, de façon irréversible, l'espace public, le haut de l'affiche, les posters des comedores populares. Ces femmes ont des tresses jusqu'au bas des reins, cinq à six épaisseurs de jupons, des gamins dans le dos. Le poing tendu, elles revendiquent désormais un futur, celui-là même qui leur fut sans cesse dénié ou repoussé aux calendes greques.

Leur visage a le couleur de la terre. C'est l'autre genre. La région devra s'y habituer.

lundi 21 mai 2007

Que cosa es el amor?

Je vous en avais déja causé.
Liliana Felipe. Argentine, mexicaine. Lesbienne, militante. Rebelle, lucide.
Mais surtout, poète. Mais surtout, irréductible à tout qualificatif, irréduisible à tout adjectif.
Poèsie brute dans une ville de 20 millons d'habitants.
DF Mexico.

Liliana, Malena, Doris o Scylla,
todas somos emus, todas al cabaretito, le petit cabaret de la zona rosa!

Que bella, bella...

dimanche 6 mai 2007

Par-delà le bien et le mal et la bière



MUSIQUE avec Monsieur Jennifer Lopez himself, Marc Antony.


"L'élément corporel donne la prise avec laquelle on peut saisir le spirituel". NIETZSCHE, Humain, trop humain, I - µ 111

"Au premier plan se trouve le sentiment de la plénitude, de la puissance qui veut déborder, le bonheur de la grande tension, la conscience d'une richesse qui voudrait donner et se répandre (...)". NIETZSCHE, Par-delà le bien et le mal, n°260

Victime constante mais non consentante de perverses stratégies marketing des marques et autres enseignes locales,
les yeux et le bout sollicités à tout bout de champs par l'appel Homérien des Bimbos latinas,
converties en simples présentoirs (affables et dodus) pour bouteilles de bière,
dans leur plus simple appareil,
provoquant effets et émois tout à faits inéquivoques,
je me dois de vous partager ici même mon indignation.
Et de vous mobiliser pour ce vote décisif.
Jugez-donc par vous-mêmes.

Les 3 candidates:
- Las Magnificas, de Bolivie; elles sont 12
- Las Chicas Polar, du Vénézuela; elles sont 18
- Las Chicas Aguila, de Colombie; elles sont 6.

Vous avez jusquà 20 heures pour exercer votre droit de vote et redresser la France.
Vous finirez dépouillés...
Les sondages sortie d'usine et de braquemart sont interdits depuis hier minuit.













jeudi 19 avril 2007

Il n'y a pas de jolie fille a droite

Deuxième tournant de la rigueur, ici, chez Patxi.
Il faut se ressaisir.

J'ai enregistré quelques connections depuis Walis et Futuna. C'est n'importe quoi.
Apres le précédent de la connection depuis Oulan Bator, l'attractivité du nichon venezuelien et des photos 'cartes postales' continue manifestement de sévir.

Alors voila. Je souhaite baisser la frequentation de ce site.
C'est la purge.
Cette semaine, je suis colère, comme dirait Monsieur Manhatanne.
Et je suis en campagne.
Ne vous déplaise.
Austérité. Privés de photo.
Privés de nichon (bis).
Pas de lien avec l'Amérique du sud. Nada.

Je voudrais juste ici vous, te rappeler, toi, lectorat que je ne traite qu'a peine correctement, qu'il n'y a pas de jolie fille a droite.
Et je le prouve avec cet opus de mon copain ricain Theo Hakola.
Une chanson bigrement merdoyante qui, a n'en pas douter, saura convaincre les électeurs indécis de me rejoindre dans le camp joyeux et rigolard de la goche francaise.




Margaret Thatcher est si affreuse
que pour se maquiller il lui faut une agrafeuse
Nancy Reagan est tellement monstrueuse
qu'elle se coiffe à l'aide d'une motofaucheuse

Brigitte Bardot a toujours été un cageot
Elle effarouche les plus farouches de ses chiens
Leni Riefensthal est moche jusqu'à la moelle
Le bon reflet de son art Hitlérien

Line Renaud fait un peu crapaud
mais pas autant que Marie-France Garaud
Alors on ouvre les yeux et on respire mieux
quand elles se cachent derrière leurs Figaro

Mireille Darc a l'air assez smart
tant qu'on ne la voit pas de près
Mais même cette Mireille est une vraie beauté
à côté des dames Stirbois et Megret...

L'habit fait le moine et l'air fait la chanson
L'envie de jambon fait cochon qui boite
Et comme on dit en français, du terroir à l'Elysée :

Il n'y a pas de jolie fille à droite
Pardon mais, comme on dit en latin : Facit indignatio versum

Depuis qu'elle envoie au président Chirac
les plus belles de ses fleurs
Marie-José Pérec a perdu son éclat
sauf aux yeux des publicitaires

Et Françoise Hardy est bien plus jolie
depuis qu'elle ne salue plus les copains réactionnaires
Les Spice Girls hideuses sont bien plus disgracieuses
depuis qu'elles vénèrent Madame Thatcher

A Salt Lake City au fond de mon pays
les filles du coin font vraiment peur
Car ces Américaines votent Républicain
comme l'effrayante femme de mon frère

L'habit fait le moine et l'air fait la chanson
Caresser la crasse fait des mains moites
Et comme on dit en français et Dieu sait si c'est vrai :

Il n'y a pas de jolie fille à droite
Et, comme on dit en italien : Se non è vero, è bene trovato...

Eva Braun avait une dégaine, une dégaine si vilaine
que son fiancé l'a épousée en cachette
Mais peu de temps après il a dû la regarder
et il s'est tiré une balle dans la tête...

L'habit fait le moine et l'air fait la chanson
Et quand une femme tourne à droite, elle va contre ses dons
Elle va contre son cœur et son âme se déboîte
Les ténèbres la pénètrent et le diable l'exploite

Et ça se voit à la perte de sa beauté
Sa nature révoltée dans ses yeux miroite

Alors on dit en français, je ne l'ai pas inventé :
Il n'y a pas de jolie fille à droite
Et, comme on dit chez moi : On the left they're hot and on the right they're not

Las mujeres de mi generacion








Boliviennes, Colombiennes, mères, fillettes, adolescentes, las mujeres de mi generacion.


Lhasa, la celestina

Un poème.

Un poème qui vint clôre un beau discours, un jour, sur "Les femmes en situation de guerre", à San José du Costa Rica. Dans cette sorte de Suisse latino, certaines références crûes sonnent toujours un peu étranges, un peu comme les minutieux "Rapports sur la torture dans le monde", qui résonnent sec dans les salons tout feutre et tout marbre, sous les lambris du Palais des Nations de Genève.

C'est en espagnol. Zavez qu'à vous mettre aux langues étrangères une bonne fois pour toutes, bordel de merde.

Las mujeres de mi generación - Luis Sepúlveda, 1999

Porque las mujeres de mi generación nos marcaron con el fuego indeleble de sus uñas la verdad universal de sus derechos.
Conocieron la cárcel y los golpes.
Habitaron en mil patrias y en ninguna.
Lloraron a sus muertos y a los míos como suyos.
Dieron calor al frío y al cansancio deseos, al agua sabor y al fuego lo orientaron por un rumbo cierto.
Las mujeres de mi generación parieron hijos eternos
Nos enseñaron que la vida no se ofrece a sorbos compañeros, sino de golpe y hasta el fondo de las consecuencias.
Fueron estudiantes, mineras, sindicalistas, obreras artesanas,
actrices, guerrilleras, hasta madres y parejas en los ratos libres de la Resistencia.
Porque las mujeres de mi generación sólo respetaron los límites que superaban todas las fronteras.
Las declararon viudas en Córdoba y en Tatlelolco.
Las vistieron de negro en Puerto Montt y Sao Paulo.
Y en Santiago, Buenos Aires o Montevideo fueron las únicas estrellas de la larga noche clandestina.
Sus canas no son canas sino una forma de ser para el qué hacer que les espera.
Las arrugas que asoman en sus rostros dicen he reído y he llorado y volvería a hacerlo. Se mueven algo más lentas, cansadas de esperarnos en las metas. Escriben cartas que incendian las memorias.
Recuerdan aromas proscritos y los cantan.
Inventan cada día las palabras y con ellas nos empujan.
Nombran las cosas y nos amueblan el mundo
Escriben verdades en la arena y las ofrendan al mar.
Ellas dicen pan, trabajo, justicia, libertad .

Las mujeres de mi generación son como las barricadas:
Protegen y animan, dan confianza y suavizan el filo de la ira.
Las mujeres de mi generación son como un puño cerrado que resguarda con violencia la ternura del mundo.
Las mujeres de mi generación no gritan, porque ellas derrotaron al silencio.
Si algo nos marca, son ellas. La identidad del siglo son ellas.

Ellas: la fe devuelta, el valor oculto en un panfleto, el beso clandestino, el retorno a todos los derechos.
Las manos que sostienen los retratos de mis muertos.
Los elementos simples de los días que aterran al tirano.
La compleja arquitectura de los sueños de tus nietos.
Lo son todo y todo lo sostienen Porque todo viene con sus pasos y nos llega y nos sorprende.
No hay soledad donde ellas miren.
Ni olvido mientras ellas canten.
Intelectuales del instinto, instinto de la razón.
Prueba de fuerza para el fuerte y amorosa vitamina del débil.
Así son ellas, las únicas, irrepetibles, imprescindibles sufridas,golpeadas, negadas pero invictas Mujeres de mi generación.

dimanche 11 mars 2007

"Somos cabronas, pero somos las patronas" - Liliana Felipe


Une banque à Buenos Aires. Après la Crise. Après les petites recettes du FMI.



Liliana felipe chante TIENES QUE DECIDIR.




Une des plus tragiques, belles chansons qui existent, c'est A nadie, de cette même Liliana Felipe.
Je la cherche désespérement depuis des années.
La bande qui m'avait été enregistré avec soin et tendresse par l'Amie Scylla, s'est égarée dans ce nomadisme relatif et propice aux pertes et fracas qui caractérisent ces années 1999-2007.
Qui pourrait m'aider, me renseigner sur cette chanson (je vous mets les paroles à la fin)?

Liliana Felipe est chanteuse, compositeuse, née en Argentina dans les 1950s.
Elle a trouvé refuge au Mexique juste avant l'explosion de violence de la sale guerre (1976). Mais sa soeur et son beau-frère ont "été disparus", victime de la brutalité féroce de la dictature.

Au Mexique, Liliana s'est un jour rendu à l'une des performances de Jesusa Rodriguez. Jesusa, surprenant un clin doeil de Felipe dans le public, se souvient s'être dit, sur l'instant: "Je mourrai avec cette femme". Depuis lors, elles vivent et créent ensemble. Elles se sont même "mariées" au Mexique, en 2000, provoquant scandale et remous dans le pays qui est aussi celui de Vicente Fernandez...

Sa musique est assez connue dans certains milieux branchés et bohèmes d'Amérique latine. Elle continue d'exister en Argentine, collaborant notamment avec des organisations de droits de l'homme, notamment HIJOS (enfants des disparus).

Les paroles de Liliana felipe, best of, c'est ça, mais aussi ça:

Pour ce qui est de la chanson, je n'ai que ces extraits:

A NADIE
Qué cosa es el amor,
medio pariente del dolor,
que a ti y a mi no nos tocó,
que no ha sabido ni ha querido
ni ha podido.
Por eso no estás conmigo...

Porque no nos conocimos
y en el tiempo que perdimos
cada quien vivió su parte
pero cada quien aparte.

Porque no puede apagarse
lo que nunca se ha encendido,
porque no puede ser sano
lo que nunca se ha podrido.

Porque nunca entenderías
mis cansancios mis manías,
porque a ti te dio lo mismo
que cayera en el abismo.

Este amor que despreciaste
porque nunca me buscaste
donde yo no hubiera estado
ni me hubiera enamorado.

Por eso no estás conmigo.
Por eso no estoy contigo.

jeudi 22 février 2007

Olympe de G, again

Je remets, je livre en pâture, je brade ici même, encore, quelques spécimens.
Accompagné d'un remix de 10 minutes de reggaeton explicit lyrics du meilleur acabit (merci à RADIO BLOG CLUB, le site pur tout retrouver en qq secondes, et à R le néo-daddy funky pour partager cette révolution).




DANS LA PRESSE GENERALISTE AUSSI, c'est quasiment inévitable. Regardez donc la page de gauche.