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dimanche 22 février 2009

Carnaval, bacchanales!


Musica!!!!!!!!!!!!!!!!!!!













Une redite de la catégorie Carnaval, ci-contre.

Le Carnaval.
Ca vient de Gênes et des Saturnales romaines, à l'origine.
Mais ça vit, ça s'épanouit mieux, désormais, en terre américaine.
C'est comme ça.
C'est comme pour certains vins Merlot, de souche et cépage français, originellement, mais qui donnent du bien meilleur vin sur certaines pentes du Chili que dans leurs terroirs d'origine. Faut dire, abreuvées qu'elles sont de cette très légère bruine d'altitude, remontant du Pacifique pour venir s'épancher sur les flancs du piémont andin du pays de Mamita, la abuela...Personne n'avait prévu ça.
C'est comme ça.

Le Carnaval.
Dans la belle et âgée Europe, cette merveilleuse catin aristocratique, aux yeux toujours vifs mais au dos fatigué, la fin du carnaval marque le début du carême. Malgré l'abondance.
Dans la belle et jeune Amérique, cette merveilleuse catin incontrôlable, la fin de la bacchannale marque le début de la fête. Qui continue. Malgré (ou peut-être, justement, à cause) de la pénurie.

« Carne vale », ragazzi: carne («viande») et « levare » («enlever»).
Enlever la viande. Ou les derniers gnacs voraces dans la vie pleine, avant le jeûne. Ils le font "mieux" désormais, les américains (j'inclurais, humanitaire, les néo-orléanais).
Peut-être parce qu'ils en remettent, de la "viande", parce qu'ils en bouffent à pleine dent, malgré tout, de la vie, après. Quand les lumières s'éteignent, quand les maquillages se dissipent et les masques tombent. Ils continuent le non-jeûne.

Costume, couleurs, sensualité, défouloir, catharsis collective, eros roi...Je n'ai rien contre les carnavals de Nice ou de Dunkerque, de Venise ou de Dusseldorf, que je ne connais pas. Mais faut pas déconner non plus, le carnaval pour ton cousin préféré, pour ton Patxi d'amour, c'est l'Amérique latine. Periodo.

Parmi les plus belles fêtes du monde, à n'en pas douter. Avec leur charge d'ontologique, de nichon, de cosmos et de paillette.

Les carnaval du Mexique (j'ai entraperçu quelques magnifiques fêtes religieuses, nettement synchrétiques, plaintives et à l'odeur d'encens), du Pérou (?), d'Haïti (?) sont fameux.

Mais les Carnaval qui m'ont le plus ébouriffé la tronche sont:
-Le N°1, pour moi, et de loin, c'est Oruro, en Bolivie. Toujours méconnu, et pourtant phénoménal.
-Le N°2, c'est Trinidad et Tobago, carnaval désormais à peu près identifiable depuis la pub de la World cup 2006 (personne ne voulait croire les seuls Ato Boldon et Dwighhty Yorke, par le passé...).
-Le Carnaval n°3 pour moi, c'est Salvador de Bahia, Brazil. La Bola Preita de Rio de Janeiro (sambodrome, trop flashy à mon goût, inabordable), aussi.

En voilà quelques effluves, visuelles et sonores...Ca sent bon la vie (putain on dirait du slogan marketing de margarine).

L'année prochaine, pars donc en février au Brazil ou à Port of Spain. Ca te fera vibrer la "viande", ca te "levare"-ra les bouts de tissus flasques qui te, qui nous taraudent, à défaut de te, de nous les quitter. Ce sera pas mal, pas mal du tout.

mardi 5 février 2008

Oruro, Salvador de Bahia, Port of Spain, des Carnaval de Titans

Tiens. Prends-donc ce shot d'Arguadiente dans ta face.










Tu n'es point rassasié?

Vas donc voir par ici les ambiances des trois Carnaval les plus titanesques qui soient.
Le Brésil, la Bolivie, Trinidad et Tobago.

Manquerait juste celui de Baranquilla, en Colombie.
Algun dia...

Et tant qu'on y est, avant que tu ne sois complètement fracas, profites en pour parfaire un peu tes connaissances du Carnaval brésilien et élever un peu ce qui te reste d'espirito (santo) chez Tio Francis, là bas, à Vitoria, Brasil.

C'est qui'aconte bien, l'con.

samedi 3 novembre 2007

Pourquoi le Brésil? Parce que Maria Caipirihna!


Maria Caipirihna








Pourquoi le Brésil? Parce que Maria Caipirihna!
Pourquoi le Brésil? Parce qu'il fait froid sur Chateau Rouge, dans le 18ème.
Pourquoi le Brésil? Parce que Tonton Francis.
Pourquoi le Brésil? Parce que c'est la Toussaint et que je préfère honnorer la mort en dansant la samba.
Pourquoi le Brésil?
Parce que.

Tiens, tant qu'on n'y est, Jean Paul Delfino nous cause d'amour, de passion et de répression.

Honte que la France ne connaisse pas mieux ce pays avec qui elle a entretenu, durant cinq cents ans, des relations d’une richesse incroyable. Honte que les Français ne perçoivent de ce pays-continent que des clichés mièvres et faciles, mélange naïf et méprisant de samba, de football, de prostitution et de violence. Honte que, plus largement, l’Europe se sente encore, inconsciemment, propriétaire de ces pays d’Amérique latine, d’Afrique ou d’Asie. Honte, enfin, que nous considérions toujours le Brésil tel que le Siècle des lumières le supposait : un pays de bons sauvages…
JPD


vendredi 2 mars 2007

Carnaval, collection N°3- Oruro, Bolivia





















Le groupe LLAJTAYMANTA. Cha cha cha. Une morenada. Je kiffe. Goguenards, certains kamrades de jeu ne comprennent pas le goût que l'on peut avoir pour le folklore bolivien, Barbara ET pour le hip hop east coast. Tampoco.


Le plus beau Carnaval du Monde, c'est le Carnaval d'Oruro.
Voilà.
Péremptoire.
Limpide.

C'est un truc flamboyant, fort, Oruro.
Ca souffre, ça prie, ça s'exalte, ça sue, ça picole, ça suinte, ça pisse, ça vomit, ça s'enroule, ça se bastonne puis ça s'embrasse, ça danse, putain qu'est ce que ça danse. Brut, des kilomètres et des kilomètres de pélerinage synchrétique et sautillant, jusqu'à s'incliner aux pieds de la Vierge du Socavon, la Vierge des mineurs qui grattent le filon à l'ongle et à la foi, comme à la fin du 19ème siècle.
Ils arrivent, s'inclinent. Transis.
On en voit même certains en "roue arrière" (tiens, comment va Mr Soulard?)

C'est un truc de fou. C'est sans doute, encore, un élément fondamental de pacification sociale dans un pays qui en a bien besoin.
C'est surtout une fête qui ne soutient aucune comparaison.


J'ai justement un collègue brésilien, complètement addict à tout ce qui ressemble de près ou de loin à un phénomène de transes urbaines, de plumes dans le cul et de musiciens mobiles, qui en revient. Je crois qu'il ne s'en remet toujours pas.
Il y a encore peu de temps, le folklore populaire était méprisé par les classes oppulentes de ce pays de féroce ségrégation. Mais peu à peu, les cultures marginales ont commencé à attirer les bouregois de la zone sud, les cloitrés des compounds sécurisés, dans certains quartiers fermés des villes, qui se sont peu à peu mis à danser eux aussi les danses du cholo, de l'indien, du crasseux, de feu-le-gueux, que sont la cueca, la diablada, les caporales, le toba, les morenadas, les tinkus... Le mélange se fait sans heurts.

On me raconta que dans les années d'ajustement structurel d'obédience FMIste, ces maudites années perdues, même l'ancienne élite politique, blanche, ces "De Boers" Andins qui ne reviendront plus, se mêlait tout sourire à ce Carnaval, après l'avoir tant méprisé.

Déjà, dans notre royaume de France, le plus grand plaisir des princes était de se mêler au populaire. Henri III courait les rues de Paris, costumé en Pantalon vénitien et s'amusait fort à battre les passants et à jeter dans la boue les chaperons des femmes. On ne s'en étonnait guère; c'étaient les moeurs du temps.
Les vieilles femmes osaient à peine quitter leurs maisons de peur des "attrapes" du mardi gras. On plaquait sur leurs manteaux noirs des empreintes de craie figurant
des rats et des souris, on attachait à leurs robes des torchons sales.
Nous ne parlerons des obscénités étalées en public, et des facéties grasses, que pour rappeler qu'elles étaient un des traits les plus caractéristiques des saturnales. Les théâtres ont conservé longtemps la tradition de jouer les pièces les plus licencieuses dans les derniers jours du carnaval. Coquinneries, aqui, alla.
A Oruro, on ne pense pas à tout ça. On comprend quelques morceaux, bien plus tard.
A Oruro, on ne sent plus cette chappe de plomb raciale qui est tout de même à vif dans le pays depuis 2000. On ne pense plus, enfin, à tout celà. On se reconnecte avec les entrailles de la terre et de la poussière. On les transfigure. On fait jaillir la couleur.

On m'a parlé d'un blogue de voyage en Bolivie: ils en causent bien. Ils sont mignons ces belges. Presque cursis, mais mignons.

J'aime le Carnaval d'Oruro, aussi, parce qu'il reflète la Bolivie. Avec ses grandeurs, ses immenses éclats de brio, son panache carnassier, sa trajectoire culturelle millénaire, sa capacité de résistance aux plus grandes des tragédies, personnelles comme collectives, toujours si intimement liées là bas.
Je l'aime pour ses tripes.

Par contraste, le show de Rio (ça virerait snob sans crier gare, là...), sa rigueur disciplinée, l'extrême ajustement de ses mouvements, la coordination appliquée de ses participants/compétiteurs...
Rio, c'est la compét. Entre différentes écoles de samba. C'en serait limite chiant, à bailler.


Allez, en février 2008, cap sur Oruro.

QUESTION: "Les ours" d'El Alto y seront-ils?

jeudi 1 mars 2007

Carnaval, collection N°2 - Trinidad and Tobago

Je vais vous épargner les clichés benettono-mièvres sur le brassage phénoménal de ce carnaval. Sur les danseurs afro (40 % de la population), indiens (40% de la population de TT; migration plus ou moins forcée, organisée par l'empire colonial britannique depuis le Sud de l'Inde, au 19ème), métis, blancs, aux inspirations britanniques, espagnoles, chinoises, françaises, yoruba, penjabienne, les musiciens, le rhum, le sandwich au requin, les chars et le bon gros son qui casse la baraque...
Pas la peine.

Toute la tendresse que j'ai pour ce Carnaval "kinda magic" est dans cette vidéo.
Kassdédi à Big Ben pour avoir été un excellent passeur.


Comment rester insensible à ces milliers de petites scènes perdues, en queue de carnaval...Ca fait à peu près 7 heures que le Monsieur là, danse, encore et encore, profite de sa prime jeunesse au son de la SOCA, du calypso et des steel bands.
Il est en fermeture de son Band.
La plus belle définition de la félicité, on peut la trouver, là, sur sa tronche définitivement exaltée, sur la main aimable et volontiers encourageante tendue par l'éphèbe proto-gay qui le croise, sur le compagnérisme spontané de ces trois potos d'un moment, en impro, adossés au dernier instrument inventé par l'humanité du 20 ème siècle: le steel pan (élaboré à base de barils de pétrole..bon allez sur Wikipedia en savoir plus).






Là, les lascards, il va falloir avoir l'oeil, et le bon.
Ca se frotte dans tous les coins et recoins. Ils appellent ça le Wining (prononcez le WAHINING, comme WAHABITE presque). Ca wahine de partout. C'est incroyable. Je veux winer. Je wine. J'exulte. Rââââ lovely.
Ils sont 12 000 comme ça.

lundi 26 février 2007

Carnaval, collection N°1- Brazil

Salvador de Bahia

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"Je voudrais être un nain, pour avoir..."



Leçon de Carnaval, em portugues bem brasileiro. "Dieu vit le carnaval. Il vit que ce fut bon..."


Rio, Bola Preita Carnaval


Rio, bola preita carnaval


Salvador de Bahia


Salvador de Bahia


salvador de Bahia

Le Carnaval.
Ca vient de Gênes et des Saturnales romaines, à l'origine.
Mais ça vit, ça s'épanouit mieux, désormais, en terre américaine.
C'est comme ça.
C'est comme pour certains vins Merlot, de souche et cêpage français, originnellement, mais qui donnent du bien meilleur vin sur certaines pentes du Chili que dans leurs terroirs d'origine. Faut dire, abreuvées qu'elles sont de cette très légèré bruine d'altitude, remontant du Pacifique pour venir s'épancher sur les flancs du piémont andin du pays de Mamita, la abuela...Personne n'avait prévu ça.
C'est comme ça.

Le Carnaval.
Dans la belle et âgée Europe, cette merveilleuse catin aristocratique, aux yeux toujours vifs mais au dos fatigué, la fin du carnaval marque le début du carême. Malgré l'abondance.
Dans la belle et jeune Amérique, cette merveilleuse catin incontrôlable, la fin de la bachannale marque le début de la fête. Qui continue. Malgré (ou peut-être, justement, à cause) de la pénurie.

« Carne vale », ragazzi: carne («viande») et « levare » («enlever»).
Enlever la viande. Ou les derniers gnacs voraces dans la vie pleine, avant le jeûne. Ils le font "mieux" désormais, les américains (j'inclurais, humanitaire, les néo-orléanais).
Peut-être parce qu'ils en remettent, de la "viande", parce qu'ils en bouffent à pleine dent, malgré tout, de la vie, après. Quand les lumières s'éteignent, quand les maquillages se dissipent et les masques tombent. Ils continuent le non-jeûne.

Costume, couleurs, sensualité, défouloir, catharsis collective, eros roi...Je n'ai rien contre les carnavals de Nice ou de Dunkerque, de Venise ou de Dusseldorf, que je ne connais pas. Mais pour moi, le carnaval, c'est l'Amérique latine.

Parmi les plus belles fêtes du monde, à n'en pas douter. Avec leur charge d'ontologique, de nichon, de cosmos et de paillette.

Les carnaval du Mexique (j'ai entraperçu quelques magnifiques fêtes religieuses, nettement synchrétiques, plaintives et à l'odeur d'encens), du Pérou (?), d'Haiti (?) sont fameux.

Mais les Carnaval qui m'ont le plus ébourrifé la tronche sont:
-Le N°1, pour moi, et de loin, c'est Oruro, en Bolivie. Toujours méconnu, et pourtant phénoménal.
-Le N°2, c'est Trinidad et Tobago, carnaval désormais à peu près identifiable depuis la pub de la World cup 2006 (personne ne voulait croire les seuls Ato Boldon et Dwighhty Yorke, par le passé...).
-Le Carnaval n°3 pour moi, c'est Salvador de Bahia, Brazil. La Bola Preita de Rio de janiero(sambodrome, trop flashy à mon goût, inabordable), aussi.

En voilà quelques effluves, visuelles et sonores...Ca sent bon la vie (putain on dirait du slogan marketing de margarine). Musique!


L'année prochaine, pars donc en février au Brazil ou à Port of Spain. Ca te fera vibrer la "viande", ca te "levare"-ra les bouts de tissus flasques qui te, qui nous tarraudent, à défaut de te, de nous les quitter. Ce sera pas mal du tout.