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samedi 6 février 2010

Oruro





















Le groupe LLAJTAYMANTA. Cha cha cha. Une morenada. Je kiffe. Goguenards, certains kamrades de jeu ne comprennent pas le goût que l'on peut avoir pour le folklore bolivien, Barbara ET pour le hip hop east coast. Tampoco.


Le plus beau Carnaval du Monde, c'est le Carnaval d'Oruro.
Voilà.
Péremptoire.
Limpide.

C'est un truc flamboyant, fort, Oruro.
Ca souffre, ça prie, ça s'exalte, ça sue, ça picole, ça suinte, ça pisse, ça vomit, ça s'enroule, ça se bastonne puis ça s'embrasse, ça danse, putain qu'est ce que ça danse. Brut, des kilomètres et des kilomètres de pélerinage synchrétique et sautillant, jusqu'à s'incliner aux pieds de la Vierge du Socavon, la Vierge des mineurs qui grattent le filon à l'ongle et à la foi, comme à la fin du 19ème siècle.
Ils arrivent, s'inclinent. Transis.
On en voit même certains en "roue arrière" (tiens, comment va Mr Soulard?)

C'est un truc de fou. C'est sans doute, encore, un élément fondamental de pacification sociale dans un pays qui en a bien besoin.
C'est surtout une fête qui ne soutient aucune comparaison.


J'ai justement un collègue brésilien, complètement addict à tout ce qui ressemble de près ou de loin à un phénomène de transes urbaines, de plumes dans le cul et de musiciens mobiles, qui en revient. Je crois qu'il ne s'en remet toujours pas.
Il y a encore peu de temps, le folklore populaire était méprisé par les classes oppulentes de ce pays de féroce ségrégation. Mais peu à peu, les cultures marginales ont commencé à attirer les bouregois de la zone sud, les cloitrés des compounds sécurisés, dans certains quartiers fermés des villes, qui se sont peu à peu mis à danser eux aussi les danses du cholo, de l'indien, du crasseux, de feu-le-gueux, que sont la cueca, la diablada, les caporales, le toba, les morenadas, les tinkus... Le mélange se fait sans heurts.

On me raconta que dans les années d'ajustement structurel d'obédience FMIste, ces maudites années perdues, même l'ancienne élite politique, blanche, ces "De Boers" Andins qui ne reviendront plus, se mêlait tout sourire à ce Carnaval, après l'avoir tant méprisé.

Déjà, dans notre royaume de France, le plus grand plaisir des princes était de se mêler au populaire. Henri III courait les rues de Paris, costumé en Pantalon vénitien et s'amusait fort à battre les passants et à jeter dans la boue les chaperons des femmes. On ne s'en étonnait guère; c'étaient les moeurs du temps.
Les vieilles femmes osaient à peine quitter leurs maisons de peur des "attrapes" du mardi gras. On plaquait sur leurs manteaux noirs des empreintes de craie figurant
des rats et des souris, on attachait à leurs robes des torchons sales.
Nous ne parlerons des obscénités étalées en public, et des facéties grasses, que pour rappeler qu'elles étaient un des traits les plus caractéristiques des saturnales. Les théâtres ont conservé longtemps la tradition de jouer les pièces les plus licencieuses dans les derniers jours du carnaval. Coquinneries, aqui, alla.
A Oruro, on ne pense pas à tout ça. On comprend quelques morceaux, bien plus tard.
A Oruro, on ne sent plus cette chappe de plomb raciale qui est tout de même à vif dans le pays depuis 2000. On ne pense plus, enfin, à tout celà. On se reconnecte avec les entrailles de la terre et de la poussière. On les transfigure. On fait jaillir la couleur.

On m'a parlé d'un blogue de voyage en Bolivie: ils en causent bien. Ils sont mignons ces belges. Presque cursis, mais mignons.

J'aime le Carnaval d'Oruro, aussi, parce qu'il reflète la Bolivie. Avec ses grandeurs, ses immenses éclats de brio, son panache carnassier, sa trajectoire culturelle millénaire, sa capacité de résistance aux plus grandes des tragédies, personnelles comme collectives, toujours si intimement liées là bas.
Je l'aime pour ses tripes.

Par contraste, le show de Rio, sa rigueur disciplinée, l'extrême ajustement de ses mouvements, la coordination appliquée de ses participants/compétiteurs...
Rio, c'est la compét. Entre différentes écoles de samba. C'en serait limite chiant, à bailler.


Allez, cap sur Oruro.

samedi 12 décembre 2009

Marketing Wak Bar



Petit letrero, llamativo, pour un fabricant, artesano, de letrero,
au pays d'avant Evo.

Audacieux, le petit clin d'œil d'El Alto à Tonton Wahabito.

vendredi 11 décembre 2009

mercredi 28 octobre 2009

Campesinos, histoire(s) d'une résistance



Que de souvenirs...Les assemblées interminables, les aptapihs, les chunos au goût de terre et de sucre, le sang, les hymnes, les larmes, les arches à peluches et aguallos colorées, les timides sourires, les fouets, les jallallas, les regards...

Un documentaire qui semble alléchant en tout cas.


Topo officiel: "Une femme de ménage ministre de la justice, la gronde d'un village perdu dans les montagnes, un congrès de paysans dans l'Amazonie, un indien aymara des hauts plateaux désormais ministre des affaires étrangères... Autant de portraits qui nous guident, des Andes à l'Amazonie, des villages au gouvernement, dans une Bolivie insurgée".

Dommage pour ce ton Cliché, cliché, cliché...
Cochabamba, n'est pas dans l'Amazonie, mais c'est pas bien loin à vol de condor, allez.
"D'un village perdu dans les montagnes", évidemment... Perdu...
La notion de Montagne européenne n'ira jamais tout à fait bien cuadrar avec l'Altiplano andin. Forcément, l'exotique proche est toujours "perdu dans" la forêt ou la montagne. Mais zenfin les enfants, qui est le perdu de qui, hein, je vous le demande?
Et puis le Ministre "Aymara des hauts plateaux"? Attends, le gars, je sais de quoi je parle, ça fait 2 générations qu'il est urbanisé et méga educado à la sauce républicaine aussi, c'est du cholo bien macadam, bien rôdé à la globalisation alter, faut pas croire...mais bon...Quant au qualificatif d' "INSURGEE", je ne sais pas. Vous avez l'air de savoir. Ca bouge, mais de là à...Esperanza.

En tout cas, je fais mon chieur mais il a l'air drôlement bien votre documentaire les puceaux. Bonne chance!

jeudi 24 septembre 2009

Du lithium sous les plaines


Patrick Bèle, envoyé spécial à Uyuni



La Bolivie, futur Moyen-Orient du lithium?
in LE FIG'

Le pays possède plus du tiers des réserves mondiales de ce métal très convoité, utilisé pour la fabrication de batteries électriques.

Perdu au sud de la Bolivie, près de la frontière avec l'Argentine, accessible après plusieurs heures de piste dans un désert des sables dont la seule végétation consiste en de rares et chétives touffes d'herbes, le Salar d'Uyuni est unique au monde : il s'agit d'une plaque de sel de 12 000 kilomètres carrés (la surface de l'Ile-de-France !), d'une épaisseur de plus de 10 mètres. Il en rayonne une lumière aveuglante au milieu d'un silence total, toute présence végétale ou animale étant, bien sûr, impossible. Parsemé de petites îles rocheuses, le Salar est perché à 3 653 mètres d'altitude, au sud de l'Altiplano andin. Des vents violents et très froids y font descendre les températures jusqu'à - 30, - 40 °C. C'est l'harto frio (le «froid extrême») tant redouté des Boliviens. L'homme peine à trouver sa place ici et les activités sont rares aux alentours.

Il faut aller dans le petit village de Colchani pour trouver des récoltants de sel. Des centaines de petites pyramides blanches attendent sur le Salar la venue de camions hors d'âge. Le sel est ensuite séché dans des fours rudimentaires, chauffés en brûlant les rares broussailles que l'on peut ramasser alentour. Un peu plus loin, à Rio Grande, une vieille usine coopérative traite le borax destiné à la fabrication de l'acide borique, un antiseptique.

Mais les temps sont en train de changer et la région devrait bientôt se réveiller de sa torpeur salée. Une bataille de portée internationale va commencer ici autour d'une nouvelle ressource : le lithium dont le Salar d'Uyuni contiendrait près de 40 % des réserves mondiales. Ce qui fait de la Bolivie le «nouveau Moyen-Orient du lithium». Déjà utilisé dans les piles des petits appareils électroniques, il devrait être l'élément essentiel pour le développement de la voiture électrique. Le lithium est le plus léger des métaux et se recueille sous forme de carbonate de lithium, qui a l'aspect d'un sel très blanc. Pour l'instant, les principaux producteurs sont le Chili, avec le Salar d'Atacama (39,3 % de la production mondiale), la Chine (13,3 %) et l'Argentine (9,8 %), selon les statistiques du Meridian International Research.


La méfiance de la population locale



«Au début des années 1990, une entreprise américaine, Litco (Lithium Corporation), a voulu s'installer ici pour exploiter le lithium, rappelle Francisco Quisbert Salinas, secrétaire général de la Fructas, fédération des travailleurs paysans du sud de l'Altiplano. La population s'est mobilisée et a réussi à faire annuler le projet. Ils se seraient une fois de plus enrichis en ne nous laissant que des miettes. Si on exploite le lithium, ce sera pour nous faire sortir de la pauvreté.»

La méfiance de la population locale s'explique facilement. Chat échaudé craint l'eau froide. Nous sommes à quelques dizaines de kilomètres de Potosi, d'où les Espagnols ont extrait des milliers de tonnes d'argent qui ont servi à financer la Renaissance espagnole, sans aucune retombée locale, si ce n'est le «droit», pour les Indiens, de mourir dans les mines. La «tradition» s'est poursuivie, puisqu'il y a encore quelques années, avant que le président d'origine aymara, Evo Morales, change les règles du jeu, les compagnies pétrolières exploitaient le gaz bolivien en ne reversant que moins de 10 % de royalties.

Le nouveau trésor de la Bolivie suscite de nombreuses convoitises. Et le président Evo Morales ne manque jamais une occasion de faire monter les enchères. Lors de son voyage à Moscou, en février dernier, il avait invité les entreprises russes à lui faire des propositions. Quelques jours plus tard, il avait été reçu chez Bolloré et avait essayé la voiture électrique du constructeur français, la Blue Car.

La semaine dernière, lors de la visite de Lula en Bolivie, le lithium s'est invité dans la conversation entre les deux chefs d'État. Le Brésil pourrait avoir un intérêt particulier à s'engager dans cette exploitation, car, en extrayant le lithium de la saumure, on recueille aussi du potassium, un excellent fertilisant dont l'agriculture brésilienne a grand besoin.

Mais le président Morales pose ses conditions : pas question de se contenter d'extraire le lithium. «Cette activité doit servir l'industrialisation du pays, expliquait-il lors d'une conférence de presse à Paris, en février dernier. Il faut que se développe autour de l'extraction du lithium une vraie filière industrielle de construction de batteries et de voitures électriques.»


La Paz a déjà investi des millions de dollars



Le ministère des mines bolivien est en train de bâtir une usine pilote à Rio Grande, un village situé à une dizaine de kilomètres du Salar. «La construction doit s'achever en décembre et nous entamerons la production en janvier pour, à terme, extraire 40 tonnes par mois», explique Marcelo Castro, le patron de l'usine. Les 120 ouvriers qui travaillent sur le site sont tous emmitouflés dans des passe-montagnes sombres pour ne pas être brûlés par le froid, le sel, le vent et le soleil. Autour des piscines de décantation creusées dans la plaque de sel, ils prélèvent régulièrement des échantillons qui sont ensuite envoyés à La Paz pour être étudiés. La Bolivie a investi 6 millions de dollars dans ce projet. Il en faudrait 300 millions pour l'usine définitive. «Nous n'accepterons qu'une usine qui appartienne à 100 % à l'État bolivien, prévient Francisco Quiesbert. Pas question que des compagnies étrangères viennent s'enrichir avec nos matières premières. Par contre, s'ils veulent implanter des usines de batteries et de voitures, ils sont les bienvenus.»

Pour l'instant, les offres les plus sérieuses faites au gouvernement bolivien viennent du japonais Mitsubishi, du sud-coréen LG et du français Bolloré associé à Eramet. «Notre projet propose une assistance technique pour l'extraction du lithium, une association pour la construction d'une usine de carbonate de lithium, la construction d'une usine de batteries et une autre de voitures, explique Thierry Marraud, directeur financier du groupe Bolloré. C'est un projet d'envergure qui prendra du temps. Et il est fort probable que rien ne se décide avant l'élection présidentielle du 6 décembre prochain.»

La nouvelle Constitution bolivienne nationalisant les ressources naturelles, les compagnies étrangères ne peuvent les exploiter qu'en association avec l'État. Bolloré-Eramet, Mitsubishi et LG s'efforcent donc de proposer des contrats de partenariat conformes aux nouvelles règles du jeu. Pour l'instant, chacun s'observe et étudie les aspects techniques du projet. «Le processus de production de lithium est un cycle long. Dans le Salar d'Atacama, la saumure est laissée en bassin d'évaporation une année pour passer de 1 gramme de lithium par litre à 80 grammes, explique Philippe Bordarier, directeur du développement du groupe Eramet. Nous prévoyons plusieurs phases préliminaires qui prendront cinq à six ans. Nos compétences en matière d'électrométallurgie seront très utiles, même si pour l'instant nous ne sommes pas producteurs de lithium.»

De son côté, Mitsubishi se montre très discret. Le groupe japonais est déjà présent dans la région avec une usine d'extraction d'antimoine, de zinc et de plomb, à quelques kilomètres du site pilote du gouvernement. Evo Morales aurait beaucoup apprécié le volet industriel du projet Bolloré-Eramet.

La Bolivie est l'un des pays les plus pauvres d'Amérique du Sud alors qu'elle possède de nombreuses richesses. Exportateur de gaz, elle recèle encore de ressources minières non négligeables. Le lithium représente un réel espoir pour le pays. Le directeur de l'usine pilote, Marcelo Castro, travaille depuis trois ans sur ce projet dans des conditions très difficiles et sans beaucoup de moyens. Mais il y croit et se fait prophétique : «Nos salaires sont faibles, nos conditions de travail difficiles, mais nous sommes fiers de participer à un projet qui permettra au pays de sortir de la pauvreté et à la planète d'être plus propre !»

mercredi 24 juin 2009

De la télévision privée en Amérique latine



Le mots sont souvent bien trop...courts, trop étroits, trop secs.
Pour décrire.
La redoutable mauvaise foi.
Manipulatrice, biaisée, oligarque, rance, mensongère, de ces journaux télévisés, de ces chaines privés du sous continent, qu'elles s'appellent TV Azteca, Televisa, O Globo, PAT, Cinco, Globovision.
C'est toujours insuffisant.

Leur manque de professionnalisme patenté, souvent mis au service d'intérêts particuliers, grossiers, évidents, il faut le vivre au jour le jour pour en saisir toute la portée. Il faut humer, palper, sentir, cette morgue là, cette merde là, au jour le jour, pour comprendre le danger permanent qu'elle constitue pour un Etat de droit démocratique, quel qu'il soit, et a fortiori, en construction.

Course au sensationnalisme, à l'amarillisme, au fric, à la diffamation, disqualification, directe ou insidieuse, politique...Comme ailleurs, mais non: un peu, beaucoup plus qu'ailleurs.

Le CSA français ne tolèrerait pas 20% de la ligne éditoriale outrancièrement partisane et manichéenne de ces chaines là, de cette télévision là.

Une illustration, ces jours-ci, en Bolivie.
Ce sont ces mêmes journalistes qui vivent dans un pays ou "la liberté d´expression est en danger" ... qu´elle le reste !!!

Pour info, la présentatrice s´appelle Maria Rene Duchen. Elle s´est présentée comme vice-présidente avec le candidat de l´opposition Tuto Quiroga lors des dernières élections présidentielles.

Evo a encore de beaux jours devant lui en somme avec de pareils opposants...

Pensez que ce type de méprise arrive tous les jours, mais de façon plus discrète, et pour d'autres types de crash politiques...

Bolivie: une TV s'excuse après avoir passé des pseudo-images de l'AF447
22.06.09 | 19h49

Une chaîne de télévision privée bolivienne s'est confondue en excuses après avoir passé la semaine dernière des clichés présentés comme pris à bord du vol AF447 Rio-Paris en pleine catastrophe, qui étaient en fait tirés de la série "Lost - les disparus".

La chaîne PAT a diffusé jeudi, au journal du soir, deux clichés montrant la cabine d'un avion. Dans l'une, des passagers mettent les masques à oxygène pour résister à une dépressurisation, dans l'autre la carlingue coupée en deux perd sa queue, et l'on aperçoit à l'arrière-plan un passager happé par le vide.

"Apparemment, ces photos ont été prises par un des passagers de l'avion au moment précédent le crash, et peu après l'accident de l'appareil, elles ont été récupérées de la mémoire de l'appareil photo numérique" d'un passager, a expliqué la présentatrice en présentant le scoop.

"L'appareil a été détruit, mais la mémoire a pu être récupérée". Il appartenait à "Paulo Muller, un acteur de théâtre brésilien", précise même la présentatrice, en commentant de longs plans des soi-disant clichés, sous le titre "les photos de la tragédie".

"Les deux images ont été diffusées le jeudi dans notre principal journal, et dès le vendredi nous avons présenté nos excuses aux téléspectateurs", a déclaré lundi à l'AFP le responsable de presse de PAT, Eddy Luis Franco. Il a ajouté que les photos étaient arrivées à la chaîne par internet, sans préciser comment elles ont pu être diffusées sans apparente vérification.

Les images ont fait ce week-end le tour de multiples sites internet.

La série américaine à succès mondial "Lost" met en scène un groupe de rescapés d'un accident d'avion tentant de survivre sur une île inquiétante du Pacifique.

L'Airbus A330 d'Air France, qui assurait le vol AF447, s'est abîmé dans l'Atlantique lors de la nuit au 31 mai au 1er juin avec 228 personnes à bord, dans des circonstances encore mystérieuses. Il s'agit de la plus grande catastrophe dans l'histoire de la compagnie française.

mardi 16 juin 2009

Adolescente





"L'adolescent ignore les futures transformations de ce visage qu'il voit dans l'eau:
indéchiffrable à première vue, comme une pierre sacrée couverte d'incisions et de signes;
le masque du vieillard est l'histoire de ces traits informes qui apparurent confusément un jour,
au grand étonnement du regard qui les révélait."
Octavio PAZ


Elle, c'est Juana. Quel âge aura-t-elle aujourd'hui? Combien d'enfants a-t-elle eu? Est-elle partie de la communauté, elle aussi, à son tou, pour s'installer, précaire, en ville?

Voila ce que j'en disais au tout début de ce blog...

Elle s'appelle Juana, elle a 13 ans.
Elle ne parle pas complètement l'espagnol, mais le comprend bien.
Elle vit dans une communauté Quechua particulièrement isolée de Bolivie, accessible par 4x4 en 11 heures de piste chaotique depuis la principale ville de la région, Cochabamba. 11 heures, 4 étages écologiques distincts, des précipices infinis, des anciennes haciendas dont les parcelles récupérées au long de l'histoire (surtout depuis la réforme agraire de 1952) révèlent une rude économie de subsistance...
Cette communauté, pour aussi isolée et inaccessible qu'elle soit, est pourtant un espace à la fois clôt (rites d'introduction, rites internes de passage-d'un âge à l'autre, d'un statut à l'autre, méfiance inititiale envers l'intrus, pratiques traditionnelles -justice, culture- séparées de la vie "républicaine") et ouvert (multi-ethnicité pacifique entre métis, quechuas majoritaires et aymaras, sens indescriptible de l'hopitalité, adaptation pragmatique à la réalité "moderne-urbaine" lors des migrations temporaires, curiosité envers l'autre, une fois la confiance installée-même fragile).
Ce jour était un jour de fête et de célébration. J'y fus invité, en compagnie des 2 sympathiques barbus franchutes, compagnons de route de ces jours-ci. Nous avons pu apprécier les chorégraphies des mamans de la communauté, que l'on voit s'affairer derrière Juana. Les danses, les chants, les discours à la Patria grande et les hommages à la Pachamama. Les rituels catholiques et les quechuas.
Soit le synchrétisme, brut, dans ta face.
Son lama-llamita, à Juana, né récemment, elle en prend bien ,soin car la portée antérieure n'a pas survécu au-dela de quelques jours.
Regardez-le. Il est terrorisé par ce stupide white man qui le fixe de son oeil digitalisé.
Elle rit aux éclats.
La communauté a fini la soirée bien bourrée. Bien soudée, aussi.

mercredi 20 mai 2009

Mr Chacaltaya est mort





1995-2004

Il avait 18 000 ans.

Le glacier Chacaltaya, culminant à 5 395 mètres d'altitude, au dessus de La Paz, avait commencé à fondre durant les années 1980. Il a entièrement disparu cette année. Et, notamment, cette semaine, officiellement.

Même le Zapping de la semaine de Canal Plus en parle.

Les scientifiques avaient estimé que cet évènement ne se produirait pas avant 2015.

La plupart des glaciers de la région pourraient cesser d’exister dans une trentaine d’années, compromettant la ressource en eau, la vie même dans ces régions.

Dans la région andine, les précipitations ont diminué récemment, ajoutant au stress hydrique. A La Paz, la consommation d’eau est supérieure à la ressource.

Pendant ce temps, l'écologie politique est encore considérée comme, au mieux, un supplétif, un aiguillon vaguement complémentaire ou variable d'ajustement de visions toujours productivistes et prédatrices; au pire, comme un caprice de baas barbus rétrogrades, irréalistes car décroissants, et décidément si peu entrés dans la "modernité".

Attendons les premiers désastres qui toucheront le coeur même de Babylone; et nous assisterons, effarés, au tintamarre agité et tardif des mesures d'urgence qui auraient pourtant mérité d'être prises en amont...

Mr Chacaltaya est mort...

Déjà, il ya qq années, je n'avais pas pu chausser mes skis en bois, faute de ce revêtement si merveilleux...C'était la piste de ski la plus haute du monde, et les bergers aymaras du coin étaient fort inquiets.

Mr Chacaltaya est mort et je sens bien qu'au fonds, tu/je/il/nous t'en/s'en contre-fous...

mardi 27 janvier 2009

Et encore une branlée magistrale signée Evo Morales!






A partir de combien de branlées électorales, avec plus de 65 pour cent à chaque fois, CNN va arrêter de parler "d'élection serrées", "tendues", "incertaines"?
A partir de combien de raclées subies systématiquement par la droite endogène (et exogène, du même coup) de ce pays andin, dont tout le monde se contrefoutait il y a peu, sera-t-il possible d'avoir une couverture médiatique censée, équilibrée, raisonnablement honnête? Quand la presse globale, qui ment, ment, ment énormément, notamment les inénarrables télévisions latinoaméricaines, vont-t-elle cessé de parler de "pays polarisé", de "climat de suspicion", "appels à la désobéissance civique", et donner la parole à des mouvements ultraminoritaires, les monter en épingles, pour stigmatiser, distorsionner, contorsionner, décontextualiser, manipuler, dans un sens, jamais dans l'autre?

Encore une branlée signée Evo, carrajo! C'est tout, point barre!
Evo, humaniste andin, caudillo quand "il le faut", faut pas déconner non plus; Evo, le Mandela latino-américain, même s'il apprend chaque jour et qu'il est encore un peu "frais", Evo voit loin.

En athropologie politique, cela s'appelle la "décolonisation des imaginaires", la décolonisation du dedans, dans un pays d'apartaheid de facto, depuis la Conquista.
Evo voit loin.

Rappelons qu’Evo est arrivé au pouvoir à la fin de l’année 2005 avec 53% des voix, soit 15% de plus que l’adversaire suivant, dans un système pseudo démocratique où les moyens de communication, l’économie et les différents pouvoirs sont dominés par une minorité dite "ancestrale" installée au pouvoir depuis des décennies. Pouvoirs descendant grosso modo des dictatures militaires et des oligarchies ayant « régné » pendant des siècles sur le continent latino-américain. En dépit de ce contexte, Evo Morales a obtenu en tant que président, le meilleur soutien électoral de toute l’histoire de la Bolivie.

On a tenté d’identifier ce processus au processus cubain. Or, lors des récentes célébrations de l’anniversaire de la mort de Che Guevara en octobre passé, Evo a été clair sur le fait que bien qu’il admirait le mythique guérillero cubano-argentin Ernesto Guevara, il se positionnait pour la réalisation de transformations sociales par la voie pacifique, démocratique et non-violente. Selon ses déclarations, « son unique différence avec le Che, c’est que celui-ci recherchait l’égalité et la justice, les armes à la main ».

On a aussi cherché des similitudes avec le "modèle" vénézuelien, Herr Tonton Hugo Chavez. Mais avec son refus de la guerre et de la violence en tant que moyen pour résoudre les différences entre pays, refus inscrit dans la nouvelle constitution, Evo Morales marque une nouvelle différence révolutionnaire qui s’écarte d’« armer le peuple pour résister » (Evo ne pense pas que les milices populaires et les alliances Peuple-Armée soient de saines et louables projets, contrairement au Président caribéen).

Evo ouvre de nouveaux chemins, non encore explorés en Amérique Latine.
Il y aura d'autres branlées, d'autres avancées, d'autres raclées contre les latifundistas (vas chercher sur Wiki spanish ce qu'est le latifundio je te prie).

Que viva la nueva Constitucion, carrajo!

samedi 17 janvier 2009

Révolutionnaire



Un révolutionnaire ne naît pas dans un monde bon.
Il naît d'un monde douloureux.

Rigoberta Menchu

jeudi 9 octobre 2008

Zapata vivra

Terres andines (Ecuador,Peru, Bolivia)







Zapata vivra aussi longtemps qu'un peuple croira qu'il a le droit de posséder sa terre et de se gouverner lui-même, suivant ses croyances profondes et ses valeurs culturelles.

Carlos Fuentes

mardi 12 août 2008

Evo Morales, Monsieur 63%


Par l'entremise de ce tinku, j'invite à danser une lectrice fidèle, Emi, bien plus "Evista" que moi, malgré les apparences, si si. Allez faire un tour sur ses contreforts alpins...



Ça c'est de la photo frescita, histoire de célébrer le coup d'Evo, mon copaing sur la photo (et de réfléchir, aussi, la joie n'exclut pas la lucidité, sur les conséquences futures de la polarisation extrême du pays...).

Je peux vous dire, tout à fait scientifiquement (technologie du visionnage boulimique via vitre d'autocar, pendant des heures et des heures-expérience validée par le MIT), qu'il y a en ce moment 100 fois moins de panneaux de propagande de Evo en Bolivie (Mr 63%) que de Alan Garcia au Pérou qui est passé sous les 20% d'opinions favorables cette semaine.
Les campagnes d'Evo sont basiques. Pour les présidentielles de 2005, il n'y avait qu'un seule affiche géante avec la tête d'Evo. Ca nous change des campagnes électorales indécentes, millionnaires en dollars et en plastoque, du culte (marketing) excessif de la personnalité de Tonton Hugo au Venezuela...

J'en profite pour vous inviter à visiter Raphaël, étudiant en journalisme et notamment lire le récit de sa visite en Bolivie.

Mais il va fermer sa gueule le Paolo Paranagua!



Mais putain il commence à gonfler sévère celui ci...
Paolo Paranagua, le journaliste du Monde qui déverse régulièrement sa bile et sa mauvaise foi sur la politique en Amlat en général, et sur la Bolivie en particulier, a encore frappé ce dimanche. Après Evo l'analphabète, Evo le cocaïne-man, Evo l'incapable, Evo mange des enfants avec son Grokouik au ptit déj...Il l'aime pas, Evo, le Paolo. Il l'aime pas, la gauche, quand elle investit le Parlement, et, pire, qu'en elle sait en sortit, et y revenir, et y re...

Bon. Chui chaud bouillant là. C'est l'été, je bosse, tu dores, ça m'excite.

Tu sais, mon ptit lecteur en chocolat, il faut bien que t'apprennes, à force d'expérience et de discernement, à les reconnaitre, ce type de cuistres. Tout comme leurs affidés.

Je vais t'y aider illico, presto.
Je sais, jchui un chou. Un rico caldo de pollito quoi

Ce type de journaliste (par ailleurs cultureux-amoureux chic de cinéma latinoaméricain-écharpe rouge à la Christophe Barbier-L'EXPRESS), ce sont les pires de l'espèce: les convertis. Les repentis. Ceux qui s'étaient engagés pour de mauvaises raisons. Ceux qui s'exculpent désormais en brulant, en abhorrant méthodiquement et immédiatement tout ce qui ressemble de près ou de loin à ce qu'ils ont cru adorer par le passé.

Les ex-mao jusqu'au boutiste, fils à papa des 70s qui poussaient à peu de frais les masses laborieuses et paysannes du campo au radicalisme débile et brouillon, à la prise de risque la plus stérile, aveugle et volatile, ces parangons oppressifs et moraux, ces anciens guérilleros intransigeants (car ce Paranagua l'a été, guérillero en Amérique latine! Oui Monsieur!), qui expient leurs propres fautes, LEURS comportements violents et erratiques, et LEURS graves abus commis il y a quelques décennies, sur le dos de processus d'émancipation actuels, de gauche, mais civils, qui n'ont RIEN à voir avec leurs propres écueils. Ces gens-là n'ont jamais fait de mea culpa sur leur culte Stal ou Mao...Ils préfèrent tirer à tout va sur la gauche, désormais. Pareil en littérature ou "Essayisme": des "itinéraires Vargas Llosa" en France, Sollers, Bruckner, Glucksman, il y en a un paquet...

Les pires vous dis-je! Je préfère encore lire Drieu la Rochelle, Maurice Barrès ou Léon Daudet, au moins c'est moins faux cul et ça a les couilles d'assumer son putris idéologique. Et puis les bons sentiments, ça peut faire de belles choses (si ça vient avec beaucoup d'autres choses, et notamment un certain rapport de force), mais c'est pas bon pour la littérature. Enfin je m'égare, otro debate.

Il y a des années, déjà, depuis son énorme loft dandy de Sao Paolo, Loco Paolo nous pondait des articles d'une partialité criarde; Paolo, péremptoire et imprudent, définitif même dans ses jugements, écrivait sur des évènements politiques de ce continent, et parfois sur des situations ou je me suis retrouvé pas bien loin du coeur de l'action, avec mes yeux de spectateur-fouineur. Et je commençais à apprécier une distance abyssale entre ce qui se jouait, en vrai, dans le pays réel, et ce que lui en ressortait dans ses papiers.

Ca m'emmerde de me trouver dans la position d'Arrêts sur image ou d'Acrimed, mais là, avec son article sorti dimanche dans la version papier, c'est trop. L'ignorance, passe encore, mais il y a bien plus chez cet homme.

Sur Acrimed justement, rappelez-vous:
Il est permis à tout le monde de se tromper, aux journalistes comme aux autres. Il y a toutefois des limites qu’on ne saurait dépasser sans s’exposer à quelques soupçons de désinvolture. Ceci est vrai des journalistes comme des autres. Lorsqu’il parvient à aligner au moins trois erreurs ou inexactitudes graves en moins de 1000 mots, dans un article intitulé « Le futur président bolivien, Evo Morales, célèbre auprès de Fidel Castro la "rencontre de deux révolutions" » (Le Monde, édition du 31 décembre 2005 et 1er janvier 2006), Paulo A. Paranaguá donne-t-il la preuve de son incompétence... ou de sa malveillance ? Peut-être faut-il lui reconnaître le mérite de parvenir à faire preuve de ces deux qualités en même temps...


Putain, Evo a beaucoup de défauts, personnels et "politiques", mais avec ses articles, on est à la limite de l'escroquerie malveillante SYSTEMATIQUE. C'est beaucoup trop régulier, y compris sur Chavez dont on ne peut pas m'accuser d'être un idolâtre concon ici même...

Puisse Mr Paranagua retourner très vite à ses analyses du cinéma brésilien ou argentin, domaine ou il excelle (la révolution radicale sur écran, oui, mais les réformes radicales, électorales et pacifiques dans le réel, non!). Et laisser la place aux jeunes journalistes précaires!

Et puis si je te croise encore, Paolo, au cinéma Latina de Paris, je viendrais gentiment te casser les couilles, quand le rideau sur l'écran sra tombé. Sisi. Je viendrai te demander une minute, te parler, poliment, te poser une seule question, puis te houspiller gentiment, sur le fonds. Une minute de plus. Pas plus. J'ai mauvaise haleine et l'oeil mauvais quand on fait preuve de mauvaise foi, de façon un peu trop voyante. Mais a contrario des vilains de Bellaciao, des débilos des JC et des foufous des JCR qui pourraient t'agresser verbalement, je suis présentable, cause bien et sais me taire: ce sera court, courtois et pénible. Ca me fera du bien.

Ça ne fera rien avancer. Mais ca me fera du bien.

Tout comme ce blog, qui n'est qu'une modeste tentative thérapeutique, tu l'auras compris.

samedi 2 août 2008

Salar

3 minutes de bonheur...
Vidéo spécialement dédiée aux 40% de français qui ne partent pas en vacances cette année.

Le Jilakata (Bolivie)


Le Jilakata

Le JILAKATA est l’autorité traditionnelle des communautés indigenas aymaras, divisées en unités territoriales millénaires, qui sont autant d'étages écologiques, appelées Ayllus.

Le « Jilakata » avec la « Mama Jilakata », en couple, se chargent d’assumer les tâches et responsabilités publiques de la communauté, le suivi des priorités agricoles, l’organisation des cérémonies religieuses consacrées à la "Pachamama" (la mère la Terre) et au Panthéon mi-aymara mi-synchrétique de ces hautes terres (3940 mètres à en croire l'épouse du jilakata).

Cette position, obtenue après un vote délibératif qui pourra paraitre infiniment et inutilement "long" aux gringos que nous sommes, donne au « Jilakata » et à sa « Mama Jilakata », une autorité morale et politique qui est exercée durant un an.
Tout au long de cette année, la communauté entière leur doit respect et discipline. Son fouet, en bandoulière, est là pour vous le rappeler.

Il déconne pas, le Jilakata.

Ce sont également les conseillers familiaux de la communauté : ils visitent périodiquement les maisons, ils veillent à ce que les enfants soient suffisamment alimentés, que les femmes ne soient pas maltraitées, que les membres de la communauté accomplissent leurs devoirs et qu’il n’y ait pas de luttes intestines sans réponse ou solution durable. Ils trouvent ou essaient de trouver des solutions aux conflits domestiques, médiateurs et chatieurs pour les conflits de bétail, de semences dérobés ou de coucherie indue.

Le Jilakata de cette communauté près du Lac Titicaca a insisté, ce jour là, pour poser près du four de la Communauté. L'appareil numérique et ses divers gadgets le firent particulièrement rire.

Il en avait déjà vu un, quelques années auparavant. Il avait même fait ses premières photos. C'était celui de l'employé local de cette ONG Internationale si peu professionnelle, si lamentable dans ses visions comme dans ses pratiques hygiénistes et paternalistes, CONCERN INTERNATIONAL. Une de ces ONG bien pensantes qui polluent les paysages ruraux du Pérou et de Bolivie avec ces chiottes en béton blanches et bleues, aux logos si criards, qui, dare dare, finissent par s'écrouler, ou servir de remise à bois, de cachettes pour les amants, jeunes et vieux, aussitôt le dos de "l'expert" tourné.

Alors que le caca, humain comme animal, dans le monde andin, est le plus formidable et nécessaire des fertilisants organiques.

Les gringos les feront toujours rire, avec leurs drôles d'idées.
C'est pas tous les jours que les aymaras sourient et irradient l'espace, comme ça, l'espace d'un bref instant.




vendredi 18 juillet 2008

Le contraire d'une fraternité




"La modernité est à la fois indulgente et rigoureuse:
elle tolère toute sorte d'idées, de tempéraments, de vices même,
mais elle exige-précisément- la tolérance.
C'est le contraire d'une fraternité."
OCTAVIO PAZ



jeudi 17 juillet 2008

Les chemins qu'on emprunte










Ma visite (guidée), mon Tour (Operator);
mon éco-trip, mon ptit musée à moi,
ce sont ces mille et un chemins,
ces mille et un sentiers,
les hommes qui les empruntent,
les places des villages,
les puits des comunidades,
un steak de lama,
et une soupe de chuno, attablé avec des inconnus.

Et c'est ainsi, à peu près inspiré par ces grands espaces,
infinis,
par ce retour aux multiples sources,
et puisque je l'âme infiniment,
c'est ainsi qu'à peine revenu,
à peine posé mon balluchon,
lui ai-je
demandé
sa main.
Les chemins qu'on emprunte...

samedi 7 juin 2008

Séparatisme en Bolivie INC: un recyclage de nazillons de tout poil

Ce cocktail t'est servi d'après un mix original de lambeaux de souvenirs personnels, un papier de Danielle Bleitrach et des bouts d’article de camarades boliviens, un résumé sur la base d’articles de la revue Nazioncamba et certains débats de l’Asamblea Constituyente de Bolivia.


Qui est qui dans le « croissant » bolivien, cette demi lune territoriale qui regroupe des dirigeants, préfets, businessmen et idiots utiles séparatistes, qui sont en train de pousser, pousser comme jamais pour la désintégration du pays? et qui poussaient déjà, bien avant Evo…(oui, La Bolivie bien d’avant Evo... oui, ici il y a moultes allitérations sophistiquées qui claquent, au cas ou ça t’aurait échappé, ça donne boursouflure et aisance grassouillette au texte, moi je kiff kiff (la vie) et les allitérations relous, ami, entends-tu ?).


L’Histoire se conduit parfois comme une vieille salope, qui semble repasser les mêmes plats indigestes.

Les fascistes de la seconde guerre mondiale…Tous n’ont pas finis tondus, ou a Nuremberg, ou en exil passif…

Parmi ceux qui ont servi Hitler contre leurs pays et qui après la déroute se sont enfuis dans plusieurs pays dont la Bolivie…certains..comment dire...

En voila un beau cliché que le NAZILLON qui se refugie dans la pampa…Et pourtant, il y a bien eu des refuges en Argentine, Bresil, Paraguay, Bolivie, pour pas mal de ces personnages fins et délicats.

Vous croyez qu'ils se sont contentés de se cacher et de se reproduire crassement, dans l'anonymat le plus discret possible?

Bah non. Ils sont allés un peu partout, et on continué leur "lutte pour un monde meilleur" sous d'autres formes, voila tout. Et notamment, en Bolivie.

Petite revue glamour des fafs des Andes (t'en auras pour ton argent) :

Number one, l’icône, Klaus Barbie, « LE BOUCHER DE LYON », a été extradité vers Lyon de Bolivie en 1984, au retour de la démocratie, pour son fameux procès, après avoir conseille des années durant la dictature et la Police de La Paz…Youpi. J'ai une photo de lui qui fait la queue dans une boulangerie allemande de Sopocachi. Souriant. 1976. Enorme.

Hans Ertl, caméraman du Troisième Reich, qui est arrivé à collaborer avec des « groupes de gauche en armes », comme ils aiment a s’autodénominer, ces payasos. Sa fille est même morte en combattant pour l’ELN Colombienne : oui, l’ELN, ceux la même qui se réclament du Che et de la théologie de la libération. Les ultra violents parfois s’entendent et s’encanaillent et s’embrochent et s’en…..filent si bien, la bas, dans la foret lointaine, ou on entend le coucou…

Continuons.
« Oustachi ». Voila un joli mot. Ca te dit rien ? Vraiment rien ? Le niveau de culture historique baisse a mesure qu’on s’éloigne de 1945…c’est tout a fait désarmant. Bon bah eux l’étaient jamais, désarmés. Il s’agit d’une organisation criminelle CROATE, de pro-nazis zélés et ultra-actifs actifs depuis le debut du III eme reich. Ya plein d’oustachis et de fils d’oustachis a Santa Cruz. Markovic, Petrovis, ça sonne comme un bon ailier-shooter NBA mais nan, la c’est des torgnoles qu’ils envoient depuis derrière la ligne.

ADN, le parti bolivien Action Démocratique Nationaliste, version bolivienne du fascisme espagnol. Opus dei. Ses couleurs noir, blanc et rouge sont une allusion claire aux couleurs froufroutantes d’un avenir HOMOGENE, ya ?

La colonie yougoslave agglomérait serbes, croates, bosniaques, albanais et macédoniens, sans trop de distinction.. Durant l’année 1971 certains de ces cercles arrivent au pouvoir grâce à un colonel de l’armée, d’ascendance allemande, Hugo Banzer Suárez. La colonie yougoslave n’était pas considérée comme réactionnaire. La plupart de ses membres ont occupé des charges administratives dans les universités. Une fois la Yougoslavie dissoute les Croates boliviens ont joué un rôle dans la Guerre de Sécession de la Yougoslavie en ayant obtenu que d’importantes livraisons de matériel de guerre destinées à l’Armée Nationale de la Bolivie soient détournées avec l’aide du Consulat bolivien d’Hambourg vers la Croatie. Où un parent de Jaime Paz, ancien President et candidat d’opposition, tres puissant dans la demi-lune, dirigeait le Consulat. Étant donné ce scandale le Consulat a dû fermer presque pendant une année.

Le groupe croate post-oustachi est l’un des plus actifs dans le processus de désintégration de la Bolivie. Il a promu la création de plusieurs groupes sécessionnistes, dont le plus actif est la « Nation Camba ». Ils reprirent le symbole d’une demi-lune, en allusion à la demi-lune Croate, qui durant l’année 1482 s’est constituée dans le dernier bastion de l’Europe contre l’expansion de l’Empire Ottoman. Cette fois une demi-lune défendra la « civilisation » contre les ennemis de la globalisation et du progrès, les Kollas, peuple indigène des hauts plateaux. Sa motivation de lutte se réduit au racisme « antikolla » et n’est ni rationnelle ni logique. Ils sont organisés autour de l’UJC, (Union Juvénile Cruceñista), dans des cellules de quartier, la plupart à Santa Cruz (75) et Montero (20). (Ils ont progressé à Tarija, Beni, Pando et Cochabamba).

Les Italiens Un autre important groupe de fascistes qui est arrivé en Bolivie fut celui des italiens, minorité dans la colonie italienne mais bien active. Durant les années 70, la Bolivie s’est trouvée mêlée à une série de problèmes de la guerre froide. L’exécution de « Toto » Quintanilla, le Consul de Bolivie à Hambourg par Mónica Ertl avec l’aide de révolutionnaires italiens a conduit à la collaboration de l’intelligence bolivienne avec les services secrets et les fascistes italiens. Conséquence de cette collaboration sont arrivés en Bolivie personnages comme Diodato (Marco Marino) et d’autres fascistes italiens, suspects de nombreux actes terroristes en Italie. Diodato a formé des unités spéciales dans l’armée bolivienne. Commandos d’action immédiate, unités de franc-tireurs, commandos de « neutralisation silencieuse », etc. Diodato s’est marié avec une des nièces de Banzer.

Continuons : Les Américains : Bon, c’est pas une autre force étrangère d’importance, car ils sont chez eux…Et pis ils sont super gentils et pis ils ont rien a voir avec tout ca.Compris ?
Continuons.

Les Militants du « croissant » : Mirtha Quevedo Acalinovic : elle suit au pied de la lettre les ordres de Gonzalo Sánchez de Lozada, ancien président jusqu’en 2003, après avoir massacre qq dizaines de personnes, en exil a Miami en ce moment. Qui a obtenu de transformer le MNR, parti de « centre gauche » de Goni, dans un groupe sans forme ni contenu, en faveur des transnationales du pétrole et du pillage de la Bolivie. Andres Petricievic (encore un nom croate tiens…bon je vais me faire taxer de xénophobe la…ah oui ?) : qui en peu de temps s’est transformé en banquier, agro-industriel, constructeur et l’un des plus grands propriétaires terriens tant dans l’est comme l’ouest de la Bolivie, principal promoteur du croissant. Il a été ex ministre de transports de Paz Estenssoro et a fait fortune dans la construction de plusieurs routes et l’actuel bâtiment du Palais de Télécommunications.
Svonko Marincovic : On dit que quand il a été préfet de Santa Cruz, sur ordre du dictateur Banzer on lui a attribué environ 300.000 hectares proches de Puerto Bush. Ses liens avec des entreprises comme EBX sont évidents depuis ces derniers mois. Il a été président de la CAINCO.
Branko Marincovic, ecore un croate mais c’ est un hasard : Chef d’une entreprise d’élevage qui possède des terres illégales dans ce département, a accompagné les gouvernements de Jaime Paz, Gonzalo Sanchez et Hugo Banzer.

Le Comité pro Santa Cruz : La face visible est la direction de l’organisation politico-patronale Comité Pro Santa Cruz (CPSCZ), conduite par Germán Antelo.

Gonzalo Sanchez de Lozada, ancien president de 2001 a 2003. COMSUR Membre du CFR des Etats-Unis. De nationalité étasunienne, il a fait son service militaire aux Etats-Unis. Réfugié à Miami après sa démission comme président de la Bolivie. Propriétaire d’innombrables mines et autres propriétés à titre personnel, associé ou comme actionnaire d’entreprises transnationales. Il s’est approprié, par l’ influence de ses parents, la mine « Porco » et avec la relocalisation de la mine « Colquiri ». Actionnaire de « Don Mario », « Inti Raymi », « San Cristobal », etc. Son frère Antonio Sánchez de Lozada, a été nommé Contrôleur de la République.

Jorge « Tuto » Quiroga Membre du CFR des Etats- Unis. Il a étudié aux Etats-Unis. Héritier d’ADN. Il a des intérêts directs dans la Banque Mercantil de Bolivie.

Ah et puis last but not leats : les allies objectifs de tous ces gentils personnages. Les Entreprises pétrolières transnationales PETROBRAS, (qui est filiale de BRAS), British Petroleum, Total et British Gaz, associées avec Repsol - YPF dans le Consortium Pacific LNG… Ont formé un syndicat dont le siège est à Santa Cruz, la « Cámara de Hidrocarburos » (Chambre d’Hydrocarbures). TRÈS sympa, ce club, j’y ai mis les pieds une fois…Non je plaisante.J’ai refuse d’y faire crotter mon chien…

L’Union Juvénile Cruceñista et ses succursales (Tarija ; Calme ; Beni et Cbba) Des groupes de choc, de « jeunes », bambins d’Equipetrol, « camba-collas », lumpens et d’autres. Groupes d’attaque. Depuis 2000, beaucoup de videos existent sur internet, explicites sur leurs exploits.
Ils sont la chair à canon pour faire respecter les PARO-SECUESTROS du Comité Civique de Santa Cruz.

La FUL - Santa Cruz Comme la FUL, des centaines d’organisations de base sont contrôlées par l’UJC ou des militants de la « Nation Camba ». N’oublions pas que dans le dernier conflit sur le Mutun [1], la FUL a ouvertement exhibé des armes pour menacer le gouvernement d’Evo Morales.

La presse de Santa Cruz : Des journaux comme « El Deber » , « El Mundo », « El Nuevo Dia », des chaines TV comme UNITEL , GIGAVISION et une centaine de stations de radio sont la propriété directe de « chefs d’entreprise crucegnos » et reproduisent quotidiennement l’idéologie de la « Nation Camba » et de l’« Autonomie » et sont les colonnes vertebrales de la guerre médiatique contre le gouvernement. UNITEL appartient à la famille Monasterios (Propriétaires terriens). À ceci s’ajoute la presse transnationale comme le Groupe PRISME d’Espagne qui a des intérêts dans le pétrole.

C’est pas fini. Restes debout pou je te claque ta gueule…
Les propriétaires terriens :Ce ne sont pas plus de 100 familles qui possèdent des millions d’hectares aptes à la production. Ils sont chargés d’organiser les groupes de choc pour faire face aux indiens et éviter que le Mouvement sans Terre agisse (eux sont pas bien malins, mais faim est pas bonne conseillère « consensuelle mimi tout plein »…).

Dans ce groupe on peut ajouter tous ceux qui exploitent du bois et des pierres semi précieuses dans le Gaiba : La Bolivianita.

Enfin les logias…Il est nécessaire de faire remarquer qu’il existe des différences entre les « loggias » crucegnas et les loges traditionnelles maçonniques. Les premières ont comme seul objectif de monopoliser des espaces de pouvoir politique et économique et assument, dans une grande mesure, un rôle de type raciste et excluant, plus que tout devant ce qu’elles appellent « l’asservissement Kolla ». Curieusement, elles ne disent rien quand l’« asservissement » est d’origine étrangère (transnationales du pétrole par exemple).

« La Nation Camba » et le « Comité Civique » sont actuellement, leurs instruments politiques. Des loggias maçonniques elles, adoptent seulement la forme et reproduisent jusqu’à des rites qui, hors de contexte, sont constitués par de ridicules cérémonies d’obédience, etc. Leur « rayon d’action » ne se limite pas aux Coopératives (même si on trouve là leur noyau de base), elles ont étendu leur influence à des partis politiques, des médias et même quelques syndicats, au profit des caudillos et bureaucrates du moment.

Le Groupe « Nation Camba [2] » Carlos Valverde Barbery : C’est, comme il est dit communément, le « pouvoir derrière le trône ». Auteur de diverses publications dans lesquelles il développe son idéal raciste, c’est la base idéologique dans laquelle on affirme les thèses de la Nation Camba et son mouvement en général. Connu comme militant phalangiste (bien que la Nation Camba refuse de l’admettre) au temps des dictatures étant donné son « efficacité » comme paramilitaire, Carlos Valverde Barbery a été ministre de Banzer.
Sergio Antelo : Architecte et ex-maire de la ville. C’est la tête la plus visible actuellement de la Nation Camba. Infatigable (et imbuvable) exposant la panoplie pseudo idéologique de la Nation Camba dans toutes les occasions qui se présentent. Il ne peut pas éviter d’inclure, chaque trois mots, son intention d’arriver à l’utilisation de la force pour « défendre les desseins sacrés » de notre région.
Carlos Dabdoub Arrién : connu médecin crucegno d’origine libanaise. Son récent intérêt dans des questions « historiques » le transforme, avec d’autres membres de Nation Camba, le « soutien historique » de ce mouvement. Intéressantes, ses appréciations personnelles relatives aux loggias.
Paula Pena : Jeune professionnelle, issue d’une famille d’immigrants allemands, éduquée avec de stricts principes et influencée par le régionalisme de son père, le fameux dirigeant sportif Edgar Galet Gutierrez, et de son oncle Aldo Galet, partisan enthousiaste de la « Nation Camba ». Diplômée d’Histoire à l’Université Catholique d’Uruguay, enseignant à l’Université Étatique de Santa Cruz, là où on la connaît comme « la Général » par son caractère dictatorial et pour ne pas permettre la confrontation d’idées avec sa pensée et son interprétation de l’histoire, surtout régionale. Une de ses références favorites qu’elle distribue depuis sa chaire est le livre « Mein Kempf » d’Adolphe Hitler. Elle a écrit le livre « La Permanente Construcción de lo Cruceño » (La Permanente Construction du Crucegno pour aider à consigner les bases de la formation de l’organisation Nation Camba) ». Grâce à son attachement avec les « groupes de pouvoir » elle a été projetée comme le référent régional pour diffuser la vision de la Nation Camba sur l’« histoire » de Santa Cruz, présentée aux médias sous l’étiquette d’« historienne », mais depuis le temps qu’elle fait des incursions en politique, c’est-à-dire être de « Nation Camba » bien que honteuse, elle le dissimule, sa chance d’être réellement historienne a du plomb dans l’aile. En résumant, elle fait un travail de soutien idéologique et c’est la voix de la pensée des loggias qui depuis le Comité Civique pro Santa Cruz est projetée.

Les Alliés naturels : Les préfets de Cochabamba, Santa Cruz, de La Paz, Beni, Pando et Tarija, Ces groupes qui sont les émanations du pouvoir créées par la Révolution de 52 et les partis traditionnels « diminués en nombre de vote » mais avec suffisamment de pouvoir car transformés en « Organisations des citoyens », ils ont la tâche d’empêcher que prospère le gouvernement d’Evo Morales et que l’Assemblée Constitutiante échoue. Dans sa conception on perçoit l’usure de Tuto Quiroga et le renforcement de Manfred Reyes Villa. Ces 6 préfets ont créé un syndicat de préfets et se sont rendus ensemble aux Etats-Unis et pas précisément pour faire du tourisme. leur première action est de coopter toutes les organisations de base possible. Dirigeants des Transport, d’OTBs, Mairies (Quillacollo, Socaba, Cotoca, etc.), pour construire une base sociale qui plus tard soutiendra dans les rues le projet sécessionniste de la Bolivie.

Note : [1] El Mutún est l’un des gisements de fer et de manganèse les plus importants au monde. Situé dans la province de Germán Busch dans le département de Santa Cruz en Bolivie [2] Peuple indigène des plaines amazoniennes boliviennes

dimanche 1 juin 2008

Né pour naître


Caminando, caminando




Uyuni, Bolivia (carrajo)




Je suis né pour naitre,
pour retenir le pas de tout ce qui approche,
de tout ce qui cogne à ma poitrine
comme un nouveau cœur tout tremblant.


En pissant, mon beauf, face à l'horizon sans limites,
pensif, absorbé par les éléments,
faisant face au désert blanc immaculé,
je le soupçonne,
de penser à ces quelques vers,
de Pablo Neruda.
Je suis né pour naître.
Le privilège des artistes, naître et renaître chaque jour...

samedi 31 mai 2008

Et pendant ce temps là, en Bolivie: scènes de racisme hystérique à Sucre



Voici le témoignage brut d'une amie sociologue, témoin de la scène.
C'était il y a tout juste une semaine.
Personne n'en a parlé.
Des dizaines d'Indigenas et paysans sympathisants du MAS, le parti d'Evo Morales, mis à terre, nus, insultés, humiliés, frappés, torturés, obligés à manger des excréments,etc, devant les autorités municipales et universitaires de la ville de Sucre, hilares et impavides.

Comment vous dire...Parfois, il ne reste plus que le rapport de force brut de coffre contre ces hordes néo-fascistes qui n'acceptent plus de perdre leurs privilèges...

C'est en espagnol, à lire absolument.

Les tensions sociales et raciales en Bolivie ne font que commencer.
Il s'agit d'un nouveau cycle historique qui s'ouvre, et cela ne se fera malheureusement pas sans violence.

Bientôt, une petite analyse de tous les descendants de nazis et d'oustachis qui animent ces groupes de choc.


Este es un texto que escribimos rapidamente despues de los> hororosos hechos de Sucre para mandar a organismos> internacionales de DDHH y otros medios. Esta maniana fuimos> recogiendo testimonios en la Federacion de Campesinos y nos> dimos cuenta que lo que denunciamos estaba muy abajo de la> realidad : no solo los insultos, ovejas, llamas, indios> hediondos, no tienen pisada en Sucre, los vamos a matar a> todos, sino torturas como comer caca de gallina, tomar agua> sucia, amenazas de arrancar los dientes,> encerramientos en cuartos, etc... Ademas de obligar los> campesinos a quemar sus ponchos, decir Evo Cabron, o voy a> votar por savina Cuellar o besar la bandera de Sucre o la> tierra de la plaza como si ni fueran chuquisaqueños. Hace> ya varios meses que los campesinos tenian miedo de> caminar por el centro de Sucre, ahora es temor. > Y no solo ellos sino qu fueron golpeados todas personas que> intentaron ayudarles... > Lo peor es que se sabe que la Aydée Nava (alcadesa) y> Fidel Herrera (consejo municipal) han aplaudido el paso de> los campesinos presos... > > Estamos tambien recogiendo filmaciones, fotos, con el afan> de apoyar las denuncias, sno tambien constituir un archivo> para dejarlo en algunas instituciones (como ser el MUSEF)> para su estudio futuro. > Pueden consultar el recuento de los hecho y una foto de los> campesinos arrodiallados en la plaza en la pagina> Correodelsur.net

Racismo y violación inhumana de los derechos civiles en Sucre, Bolivia

Escribimos esta nota con el fin de denunciar los vergonzosos e inaceptables hechos ocurridos el sábado 24 de mayo del presente año, en la ciudad de Sucre, durante las celebraciones del 1er primer Grito Libertario de América Latina recordando la primera sublevación contra la España Colonial. Lo que tenia que ser una fiesta uniendo todos los habitantes del departamento de Chuquisaca (del cual Sucre es capital) se convirtió en demostraciones violentas de índole racista y fascista hacia los campesinos que intentaron llegar a la ciudad en esta ocasión. Ellos fueron insultados, apedreados, apaleados, perseguidos, e incluso tomado como presos de guerra por piquetes de choque, en gran parte conformados por universitarios y otras personas impulsado por el llamado Comité Interinstitucional que pretende dirigir los destinos de la ciudad, sin ninguna representación popular ni departamental.

Los antecedentes del conflicto

Desde hace unos diez meses, gran parte de la población de Sucre viene enfrentándose con el Gobierno de Evo Morales a raíz del reclamo de devolver a la ciudad, que tiene constitucionalmente el rango de Capital del País, los poderes Ejecutivo y Legislativo que residen tradicionalmente en La Paz (el Judicial esta en Sucre).
Este reclamo esta liderado por un llamado Comité Interinstitucional integrado en particular, por el Rector de la Universidad pública de San Francisco Xavier de Chuquisaca, autoridades de la Universidad, la Alcaldía Municipal, una agrupación cívica (Comité Cívico) y la organización de empresarios privados del departamento. El reclamo por la « capitalía » sirvio tambien como un rechazo político de los partidos de oposición y de las élites conservadoras - con apoyo de autoridades opositoras de Santa Cruz - que buscan desestabilizar el gobierno. Seducidos por el discurso de su Rector u obligados por coerción, los estudiantes de la Universidad se tornaro el el brazo ejecutor de este proyecto político que va más allá del consenso popular en favor de la capitalía.
Estas tensiones llevaron a impedir las sesiones de la Asamblea Constituyente que tenía sede en esta ciudad, lo cual desembocó en los graves enfrentamientos de noviembre del 2007 con tres muertos y muchos heridos.

Estos grupos, con los mismos ánimos, impidieron primero al Presidente de la Republica y autoridades del gobierno participar, como es costumbre, de las celebraciones cívicas del 24 y 25 de mayo. Incluso, los 4 parlamentarios del oficialismo llegados el día 23 de mayo fueron agredidos y golpeados a su llegada en el aeropuerto de Sucre.
Frente a esta situación, el gobierno decidió organizar una celebración paralela en un Estadio para entregar obras, financiamientos de proyectos y ambulancia para todo el Departamento. Esta celebración se tuvo que cancelar debido a la toma física de los alrededores del Estadio por grupos de choque. En horas de la mañana, al conocer la cancelación de la venida del presidente, y al retirarse el ejército que custodiaba el Estadio, estos grupos se volcaron en contra de los campesinos que habían llegado a la ciudad a participar del acto.

Los hechos

Hemos visto como los campesinos e indígenas que llegaban a pie o en movilidad fueron esperados, insultados, apedreados, apaleados, obligados a bajarse de las movilidades de las cuales fueron pinchadas las llantas, y luego perseguidos a hondazos en los puntos de entrada de la ciudad; existen muchos heridos.

La casa de Hilarión Chávez, dirigente de los ayllus de Chuquisaca en el barrio 6 de agosto, donde se refugiaron campesinos fue saqueada y destrozada.

Hemos presenciado como personas que intentaban ayudar a los campesinos fueron duramente golpeadas por una turba en las inmediaciones del Abra a Tarabuco.

Lo mas doloroso, y en contra de todo derecho humano, ha sido el hecho que 55 campesinos fueron tomados presos como trofeos de guerra, semi desnudados y llevados a pie – a veces amarrados como en las peores horas negras de la Colonia – hasta la plaza central donde se realizaban los desfiles. Allí se les humillo obligándolos a dar vuelta a la plaza, bajo la mirada de la muchedumbre impasible y al llegar frente al edificio donde estaban las autoridades, forzándoles a ponerse de rodillas, con el torso al aire, y a pedir disculpas al pueblo de Sucre por los hechos de noviembre. Durante el recorrido han sido golpeados, insultados, se han quemado sus carteles y banderas. Algunos eran dirigentes, inclusive un alcalde de municipalidad rural (Mojocoya).

Denunciamos:

- Que el clima de tensión, y la ambición de algunos dirigentes políticos, desemboque en un racismo institucionalizado, con amplia aceptación publica, en las calles de Sucre. Si bien los campesinos eran sospechosos de pertenecer al partido gobernante del MAS, es en cuanto indígenas, quechua hablantes que fueron repudiados. Los insultos que acompañaban esta verdadera cacería humana eran: « indios de mierda », « hijos de llamas » o directamente « llamas » (en alusión a la ganadería del Altiplano del cual es originario el presidente). Se escuchaba también decir « los vamos a matar a todos », como un llamado al etnocidio.

- Es un regreso a la concepción de que existen ciudadanos de segunda categoría que no pueden expresar sus simpatías políticas, peor aun cuando el discurso del Comité Interinstitucional justifica cínicamente su reivindicación como defensa de la Democracia. Es también racismo presentar a los campesinos – como hacen los medios de comunicación – como seres desprovistos de racionalidad manejados por el Gobierno.

- La apropiación por algunas instituciones y sus seguidores del espacio físico de la ciudad de Sucre es un resurgimiento de colonialismo y fascismo. ¿En nombre de qué se puede impedir a un ciudadano boliviano ingresar a una ciudad, más aun cuando es la capital de su departamento; más aún cuando viene a celebrar el aniversario de una lucha histórica por la Libertad, en la cual participaron activamente los campesinos. Seguimos ignorando el rol de los indígenas en la formación de la Nación boliviana.

- Finalmente, no deja de preocuparnos que las Autoridades presentes en la plaza (Alcaldesa, Rector de la Universidad, Presidente del Comité Cívico y otros) no intervinieron para impedir estos dolorosos hechos.

- El racismo que vive Sucre es una expresion del clima fascista que reina en la ciudad donde las personas que emiten opiniones distinctas a las prescritas por el Comité Interinstitucional son amenazadas – inclusive por los medios de comunicacion -, cuando no fisicamente agredidas y sus casas violentadas. Recordamos que despues de los hechos de noviembre 2007, una gigantografia con los nombres y las fotos de los “traidores a Sucre” - es decir partisanos del gobierno, pero tambien dirigentes de los sindicatos campesino y obrero - fue colgada en la plaza principal, incitando la poblacion a “hacer justicia”.
- Repudiamos todas formas de autoritarismo politico de donde sea que vengan.