mardi 30 décembre 2008

Renversant







Digna Rabia, le festival

Je ne sais pas si les néo-zapatistes font de la bonne politique, ou en ont de la bonne à proposer.
Je ne sais pas si le Sub Marcos a encore quelque chose de transcendant et d'universel à dire, et si les mexicains, les peuples originaires et les mouvements sociaux d'Amérique latine ont encore besoin de sa voix et de sa conscience pour exister et se battre.

Mais en tout cas, comme souvent, leur festival aux Zapatistes, Digna Rabia, il en a, de la bonne musique en stock!
C'est en ce moment au DF, Mexico.
C'est là.

De là à dire qu'à l'instar de la fête de l'huma, ce sont les animateurs de variets et autres chanteurs bigarrés qui mobilisent VRAIMENT la jeunesse 2.0 qui s'y rend, et pas les contenus des AG et ateliers, il n'y a qu'un pas que, depuis ma taverne, je ne saurais me permettre de faire.

Vois-tu, vieux con, je viens d'avoir 40 ans et je crains de ne plus bien saisir les motivations profondes de ces mômes de 20 qui "s'activent" et se trémoussent dans ces festivals alter, aujourd'hui, au son de Tiken Jah, sans trop se soucier des Fakoly et Coulibaly du bas de la rue. Alors, lâche comme je suis, je dis: "je ne sais pas"...

Des fois on est tentés de se dire que la gauche doit retrouver sa combativité et son art du rapport de force; donc, faire moins de "festivals".
En attendant, et en attente de voir les contours de sa reconfiguration historique, contentons-nous donc de ses musiques et de son "folklore"...

Tiens, je dérive et repense à toutes ces pétasses, bien bourgeoises ET bien de droite, bien libérales et bien "bonne conscience" comme tout, qui ADOOOOOOOOOOOOOOOraient Manu Chao et même la Mano Negra dans les 90s.
Je les comprenais. Moi même, j'adore Tino Rossi, Michel Sardouille et je lis même du Léon Daudet ET du Drieu la Rochelle, alors...
Allez, vive la gauche de festival, avec elle on en a encore pour 20 ans d'affairisme libéral vulgaire et triomphant! Jallalla!

samedi 27 décembre 2008

Jusqu'à quand (Eduardo Galeano)

Les crimes d'Etat d'Israël vus pas Eduardo Galeano.
Merry christmas les Palestiniens!

Liban : Jusqu’à quand ? par Eduardo Galeano - La Jiribilla.
La Jiribilla, 29 juillet 2006.


Un pays bombarde deux autres pays. L’impunité pourrait paraître stupéfiante si elle n’était pas habituelle. Quelques timides protestations parlent d’erreurs. Jusqu’à quand continuera-t-on à appeler les horreurs des erreurs ?

Cette boucherie de civils s’est déchaînée à partir de l’enlèvement d’un soldat. Jusqu’à quand l’enlèvement d’un soldat israélien pourra-t-il justifier la négation de la souveraineté palestinienne ? Jusqu’à quand l’enlèvement de deux soldats israéliens pourra-t-il justifier la séquestration du Liban tout entier ?

La chasse aux juifs fut durant des siècles le sport favori des européens. Auschwitz fut le terme d’un antique fleuve qui avait charrié bien des épouvantes à travers toute l’Europe. Jusqu’à quand les palestiniens et d’autres arabes continueront-ils de payer pour les crimes qu’ils n’ont pas commis ?

Le Hezbollah n’existait pas lorsqu’Israël ravagea le Liban lors de ses invasions antérieures. Jusquà quand continuerons-nous de croire au conte de l’agresseur agressé, qui pratique le terrorisme car il a le droit de se défendre du terrorisme ?

L’Irak, l’Afghanistan, la Palestine, le Liban. Jusqu’à quand pourra-t-on continuer d’anéantir impunément des pays ?

Les tortures d’Abu Ghraïb, qui ont réveillé un certain malaise universel, n’ont rien de nouveau pour nous latino-américains. Nos militaires ont appris ces techniques d’interrogatoires à l’Ecole des Amériques, dont le nom a changé mais pas les pratiques. Jusqu’à quand continuerons-nous d’accepter que la torture soit considérée comme légitime, comme c’est le cas en Israël, au nom de la légitime défense de la patrie ?

Israël a fait la sourde oreille à quarante-six recommandations de l’Assemblée Générale et d’autres organismes des Nations Unies. Jusqu’à quand le gouvernement israélien continuera-t-il d’exercer le privilège de la surdité ?

Les Nations-Unies recommandent mais elles ne décident pas. Lorsqu’elles décident, la Maison Blanche les en empêche, car elle exerce son droit de veto. La Maison Blanche a utilisé son droit de veto, au Conseil de Sécurité, contre quarante résolutions condamnant Israël. Jusqu’à quand les Nations-Unies continueront-elles d’agir comme si elles étaient le prête-nom des Etats-Unis ?

Depuis que les Palestiniens ont été délogés de leurs maisons et dépouillés de leurs terres, beaucoup de sang a coulé. Jusqu’à quand le sang continuera-t-il de couler pour que la force justifie ce que le droit refuse ?

L’histoire se répète, jour après jour, année après année, et pour un israélien mort, ce sont dix arabes qui sont tués. Jusqu’à quand la vie de chaque israélien continuera-t-elle d’avoir dix fois plus de valeur que celle des autres ?

Relativement à leur population, les cinquante mille civils, femmes et enfants pour la plupart, morts en Irak, équivalent à huit-cent mille pour les Etats-Unis. Jusqu’à quand continuerons-nous d’accepter, comme si c’était normal, le massacre d’irakiens, dans une guerre aveugle qui a oublié les motifs pour lesquels elle a été engagée ? Jusqu’à quand continuera-t-il d’être normal que les vivants et les morts soient de première catégorie ou bien de deuxième, de troisième ou quatrième ?

L’Iran développe l’énergie nucléaire. Jusqu’à quand continuerons-nous de croire que cela est suffisant pour prouver qu’un pays est dangereux pour le reste de l’humanité ? La soit-disant communauté internationale ne s’angoisse pas le moins du monde de voir qu’Israël possède deux cent cinquante bombes atomiques, bien que ce pays vive en permanence au bord de la crise de nerfs. Qui détient le pouvoir d’étalonner le danger international ? Est-ce donc l’Iran qui a lancé des bombes atomiques sur Hiroshima et Nagasaki ?

A l’ère de la globalisation, le droit de pression est plus puissant que le droit d’expression. Pour justifier l’occupation illégale des terres palestiniennes, on donne à la guerre le nom de paix. Les israéliens sont des patriotes et les palestiniens des terroristes, et les terroristes sonnent l’alarme universelle.

Jusqu’à quand les moyens de communication continueront-ils d’être les instruments de la peur ?

Le massacre actuel, qui n’est pas le premier ni ne sera je le crains le dernier, se déroule-t-il donc dans le silence ? Le monde est-il devenu muet ? Jusqu’à quand les voix de l’indignation continueront-elles de clamer dans le désert ?

Ces bombardements tuent des enfants : plus du tiers des victimes, presque la moitié. Ceux qui osent le dénoncer sont accusés d’antisémitisme. Jusqu’à quand continuerons-nous d’être antisémites, nous qui criticons les crimes du terrorisme d’état ? Jusqu’à quand accepterons-nous ce chantage ? Les juifs qui sont horrifiés de ce qui se passe en leur nom sont-ils antisémites ? Les arabes, qui sont autant sémites que les juifs sont-ils antisémites ? N’y aurait-il pas des voix arabes pour défendre la patrie palestinienne et s’opposer à l’asile de fous fondamentaliste ?

Les terroristes se ressemblent : les terroristes d’état, qui sont de respectables responsables gouvernementaux et les terroristes privés, qui sont des fous indépendants ou des fous organisés depuis l’époque de la guerre froide contre le totalitarisme communiste. Et tous agissent au nom de Dieu, qu’il s’appelle Dieu, Allah ou Jéhovah. Jusqu’à quand continuerons-nous d’ignorer que tous les terrorismes méprisent la vie humaine et que tous s’alimentent mutuellement ? N’est-il pas évident que dans cette guerre entre Israël et le Hezbollah, les victimes, ce sont des civils libanais, palestiniens, israéliens ? N’est-il pas évident que les guerres d’Afghanistan et d’Irak et les invasions de Gaza et du Liban ont fait le lit de la haine et du fanatisme ?

Nous sommes la seule espèce animale spécialisée dans l’extermination mutuelle. Nous affectons quotidiennement deux mille cinq cent millions de dollars aux dépenses militaires.

La misère et la guerre sont filles du même père : comme certains dieux cruels, celui-ci dévore les vivants et les morts. Jusqu’à quand continuerons-nous d’accepter que ce monde amoureux de la guerre soit notre unique monde possible ?

Eduardo Galeano



Eduardo Galeano est né à Montevideo, en Uruguay, il y a une soixantaine d’années. Il a fondé et dirigé plusieurs journaux et revues en Amérique latine . En 1973, il s’est exilé en Argentine avant de rejoindre l’Espagne. Il est retourné vivre en Uruguay en 1985.

Cactus


Découvrez Portishead!













T'est-il déjà arrivé d'adhérer à cette impression fugitive?
As-tu déjà remarqué que les arbres, mais aussi les cactus, semblent posséder, eux aussi, à leur façon, une intelligence du monde tout aussi subtile que celle que nous arborons?

Et, surtout, t'es tu déjà laissé convaincre, définitivement, pleinement, comme ça, en toi-même et pour toi-même, pour rien, juste comme ça, et aussi, parce que tu en as l'intuition, comme "l'expérience":
que ce sont les plus Belles, au fonds, ces fleurs éclatantes qui poussent sur les plus hostiles des cactus,
des déserts,
les plus arides,
les plus isolés
et les plus brûlants.


Ces fleurs de cactus qui surgissent, spécimen cabotins et poseurs, défiant le regard de l'intrus que nous sommes, triomphant, victorieux de cette lutte farouche, en butte à un environnement dur, peu avenant, hostile, à la vie même et à son éclat.

Les plus belles, ces fleurs, qui savent assez de la souffrance des hommes et de la terre pour pouvoir en jouir absolument, goulûment.

Trouver sa place. Et pouvoir enfin, être fleur, à nouveau, comme au premier jour, qui s'ouvre, se déploie, et exhale ses arômes délicats. Pleinement.

Les plus belles, ces fleurs, qui ont du lutter dur, pour trouver la plus fertile, la plus humide des voies, vers leur propre irrigation. Qui n'est jamais la ligne droite, directe, depuis le puits ou la source.

L'éclosion, fragile, puissant et sinueux combat.

Depuis combien de temps repousses-tu cette quête déjà?
Apprendre des arbres et de la terre.
Toi, française, français, pourtant descendant direct de peuples fondamentalement paysans.
Apprendre, contempler, et oublier les remontoirs du temps, simplement trainer sur ses traces. Regarder, ces images, en vrai, toutes ces petites choses invisibles qui sont là, pourtant, et transcendent la beauté de ce qui nous entoure.

Depuis combien d'années repousses-tu le moment d'aller voir la fleur de cactus, qui, ce matin...?
Au nom de quel prétexte futile et contingent n'as tu, au final, pas entrepris cette marche, hacia adentro, vers la propre plaine désertée de ton être, et sa part d'ombre? La peur de te couper, de t'entailler et de voir gicler ton propre sang, t'a-t-elle fait paniquer, au point de ne plus pouvoir voir la Beauté même de ces bourgeons renaissants?

Allons, allons.
Vas donc.
Ecoutes le ton insupportable et docte de Tonton Patxi, celui que tu aimes tant il t'agace.
Allons, allons.
2009 se pointe. Prends la route. Un peu. Un tout petit peu.
Fais-moi-toi plaisir.

Vas voir, les cactus, et les méchants secrets qu'ils abritent.
Chemines, vas à leur rencontre.
Ils constituent, eux aussi, la beauté fulgurante et douloureuse de ta propre histoire.
Eux aussi, comme toi, sont le fruit du hasard et de la nécessité combinés, d'un coup de vent, d'une graine transportée là qui par oiseau, qui par sirroco, qui par rio; eux aussi, comme toi, ont du s'accommoder du sel de la terre, du manque d'eau.

Ils sont bien là.
Leurs magnifique fleurs, présentes, et à venir, aussi.

Bonne année 2009 à toi.

vendredi 26 décembre 2008

Amours (contre) nature


Bang bang!










Inter racial fuck in da jungle.
Triolisme en milieu tropical humide.

(piéger les onanistes du monde entier avec 2-3 mots clés-GOOGLE salaces ou cochons est un jeu d'enfant...Bonjour messieurs! Vous voici pris par suprise, membre en main, affolé par votre soudaine zoolâtrie involontaire...tss tss tss...Ne renoncez point, rien de plus sain que cet élan, frais, pur, non tarifé, vers dame nature et ses entraineuses reptiliennes...Laissez vous donc porter, et, pourquoi pas, laissez vous butiner le dard par ce petit papillon. Ami, sauras-tu le retrouver dans cette image?)

jeudi 25 décembre 2008

Génie mécanique (Cuba)















Un garage, quelque part sur l'île de Cuba.

Ces hommes, ces mécanos là, forment partie de la populeuse et vibrante cohorte de cubaines et cubains qui, chaque jour, s'appliquent ingénieusement à contourner, détourner, mettre à bas, avec leurs petits bras, les effets désastreux de l'embargo Impérial.

mercredi 24 décembre 2008

Papai Noel, Filho da Puta



Papai Noel, Filho da Puta - Garotos Podres

dimanche 21 décembre 2008

Ma mère et le football argentin


De la bonne réclame - Antilles neder-landaises


C’était en 1929.
Ma mère s'en souvient encore.

La sélection de football argentine affrontait le Paraguay.
Nolo Ferreira amène le ballon depuis loin derrière. Il s’ouvre son chemin, écartant les adversaires un à un, jusqu’à se retrouver nez à nez avec toute la défense, qui représentait une sorte de mur infranchissable.

Alors Nolo s’arrêta net. Et là, complètement à l’arrêt, il se mit à passer la balle d’un pied à l’autre, d’une pointe à l’autre, sans que celle-ci ne puisse toucher le sol.
Et les adversaires bougeaient leurs têtes, de gauche à droite et de droite à gauche, d’un pied l’autre, tous en même temps, hypnotisés, le regard planté dans ce pendule de ballon.

Ces va-et-vient ont duré des siècles; jusqu’à ce que Nolo trouvât le trou, et ne tire, soudainement : la balle perfora le mur et secoua violemment le filet.

Les agents de la police montée descendirent de leurs chevaux pour le féliciter. Dans le stade, il y avait 20 000 personnes. Mais tous les argentins jurent qu’ils y étaient.

Et que vient foutre ma mère dans cette histoire?
Je me le demande encore.

dimanche 14 décembre 2008

Carolina Ardohain, c'est ma cousine!






Découvrez Oldarra!


Bécassine Ardohain, c'est ma cousine.
Ebé oui.
Avé un nom de famille pareil, c'est quasiment obligé. Mécanique.
Si te lo digo que la Pampita es prima mia, che, boludo...

Un bouffon à lunettes sur TV5 Monde a prononcé "ARDO-AIN", comme notre bon vieux Département du 01 (celui là même que personne sait ou c'est d'abord), alors que non. En fait. Non.

Par chez nous, et du coup en terre de diaspora aussi, on dit ARDOHA-"INNE". Pardi.

Elle est b...bonita ma cousine, Ardohain, pas vrai?

Bah sachez que c'est pas bien la norme, par chez nous, ici, quand même, faut pas non plus se faire trop d'illusions messieurs. Tant du côté français que du côté espagnol...Guétary ou Bilbao, Vitoria ou Espelette, Hasparren ou Donostia...Disons qu'y a pas que des Pampitas, non, non...

L'air argentin leur a fait du bien, à nos cousines de Euskal Herria, putain...
Et, surtout, le mélange. Le mélange avec l'Italie sicilienne, l'Irlande du Donegal, l'Ukraine de VVlavivstek (...), l'Espagne de Cantabria, l'Allemagne huguenote...
Ca leur a fait drôlement du bien aux Aîtachi, de se frotter au monde, en terre argentine.

Pampita, mi prima...

Tiens, tu l'as mérité, je te mets dans la catégorie NICHON qui est en anémie de contenu là, présentemment.

samedi 13 décembre 2008

Dominique la justice

La justice dominicaine condamne deux jeunes habitantes de Besançon à huit ans de prison pour trafic de drogue
AP | 12.12.2008 | 21:31

Rââââ les bleues...

Le tribunal pénal de Puerto Plata (République dominicaine) a condamné mercredi et jeudi au cours de procès distincts deux étudiantes de Besançon (Doubs), Sarah Zaknoun, 19 ans, et Céline Faye, 18 ans, à huit ans de prison pour trafic de drogue.

Les deux jeunes filles nient farouchement ces accusations. "Ce fut une parodie de justice", dénonce Me Benjamin Grundler, du cabinet Metzner, l'un de leurs avocats, qui revenait vendredi de Puerto Plata. "Nous allons faire appel et demander l'intervention de la présidence française, de la chancellerie et du ministère des Affaires Etrangères", a-t-il déclaré vendredi à l'Associated Press.

Le 14 juin dernier, les deux amies s'apprêtent à embarquer pour Paris lorsqu'elles sont interpellées dans l'aéroport de Puerto Plata. Leurs valises respectives, déjà enregistrées, ont été ouvertes. Dans celle de Sarah, il y avait, selon l'accusation, deux paquets d'un kilo, dans celle de Céline, trois paquets du même poids.

"Pour la justice dominicaine, le délit était constitué, or l'un des sachets de la valise de Sarah était une substance licite, sucre ou farine, pour le reste, on nous a dit que c'était de l'héroïne et de la cocaïne, les réactions à l'analyse étant les mêmes, positives!" poursuit l'avocat.

Pas de relevés d'empreintes, pas de placement sous scellés. "Et pendant le procès, nous n'avons eu un temps de parole limité à quelques minutes par point de procédure", regrette-t-il.

La drogue avait été cachée dans le double fond zippé des valises. Le ministère public parle de cadenas, ce qu'a réfuté Céline qui affirme qu'il n'y avait pas de système de fermeture.

Procès inéquitable pour les conseils: "Lors de leurs arrestations, l'interprète est une salariée d'une compagnie aérienne, non assermentée, qui connaît fort peu le français et qui de ce fait n'a pas notifié, selon les règles habituelles, aux deux franc-comtoises, leurs droits", a-t-il ajouté.

Me Grundler met en avant une série de fautes de procédures et une une enquête bâclée. Le ministère public dominicain a requis 15 ans de prison pour chacune. Elles encouraient de cinq à 20 ans. Comme elles ne sont pas connues comme "mule", elles ont écopées d'une peine moyenne.

"Toutes deux, étudiantes en BTS secrétariat, avaient travaillé pour se payer ce voyage d'une semaine", souligne Me Grundler. Un voyage qui se termine en cauchemar. Les deux Françaises ont demandé à changer de prison et sont abattues. Seule la soeur de Sarah a pu venir les réconforter. Le père de Céline, âgé de 82 ans, est malade.

En République dominicaine, une vingtaine de Français sont emprisonnés pour trafic de drogue, la plupart accusés d'avoir été des mules, la justice locale étant très sévère sur ce point. AP

lundi 8 décembre 2008

Gobelets



Défonçons une porte ouverte, pour commencer.

L'avenir (écologique) de la planète dépend directement des choix politiques qui seront effectués dans les toutes prochaines années.

Si tu n'as pas encore saisi cette évidence, je te prierais de te mettre à jour dans tes devoirs surveillés, RASED et autres sessions de rattrapage avant d'aller plus loin, je te prie. Ton niveau d'insouciance ou d'obscurantisme me désole et je souhaiterais te savoir disposé à avancer en ce sens; ou te prierais de retourner sur LE POST ou Skyblog, par exemple.

L'angoisse monte, nous dit-on, à la mesure de la Crise économique et sociale qui s'annonce sévèrement burnée.

Ce n'est évidemment que le début si rien n'est fait.Le pire, c'est que l'on sait parfaitement ce qu'il faut faire.
Si l'on songe aux pressions considérables qui vont se déchainer sur les ressources naturelles, afin de stimuler la relance; si on continue sur cette pente productiviste complètement suicidaire; si l'on n'adopte pas de vraies mesures coordonnées, les équilibres humains et géopolitiques des prochaines décennies seront mis à rude épreuve. Et ce sera la recrudescence des affrontements pour l'accès aux ressources en situation de rareté, ce sera le retour de la violence politique dans "nos" sociétés tempérés, nos démocraties-marché mollement satisfaites d'elle-même et de leur stabilité de façade. sans parler des conséquences sur les "autres" 5 milliards de terriens car au fonds, ils nous intéressent plutôt moins.

Le Monde Diplodocus et son archéo-croûte, qui hurle à l'Apocalypse sociale et annonce le Grand Soir depuis grosso modo toutes les rentrées de septembre depuis 1984, aura, cette fois, sans doute, l'occasion de se rapprocher de la simple lucidité et perspicacité journalistique dans les années à venir.

Les Salaires, le Capital: regardez les courbes croisées sur trente ans en Europe, comme en Amérique latine.
Affligeant. Parlant. Criant.
Nul besoin d'un PHD en économie pour savoir la sodomie à sec qui s'est tramé toutes ces années, contres les travailleurs.

Les gens semblent se réveiller, redécouvrir des lexiques oubliés (lutte, syndicat, classe) et comprendre le danger idéologique et pratique de ce que les historiens appelleront "l'âge néolibéral".

Çà ne peut plus continuer de la sorte. Ça gronde de partout.
Les vautours de divers plumages s'en réjouiraient presque...

Phase de transition anxiogène ou l'on devine à peine les contours de ce qui s'écroule sans parvenir à distinguer ce qui viendra.

Il est temps de redécouvrir de vieilles vérités remisées dans les oubliettes des mémoires et habitus de nos sociétés foncièrement urbaines, désormais.

La consommation de produits issus de l'agriculture locale, par exemple, permet de court-circuiter les intermédiaires et de réduire la débauche énergétique nécessaire à l'acheminement des produits vers les commerces. Les verts le disent depuis 30 ans, depuis Dumont. Le monde paysan, du Nord comme du Sud, a crevé, lentement, en 30 ans, ce qui est une fulgurance en termes historiques, de ce que les citoyens-consommateurs l'aient oublié ou ne s'en soient pas préoccupés.
Ils nous avaient alerté. On jouissait de produits accessibles, c'était le bon temps que nous ont légué nos parents 30 gloriossisés.

C'est le retour de calèches dans certains villages, du charbon...
On se marre bien.

Aux États-Unis, la plupart des produits vendus en supermarché ont parcouru en moyenne 2 400 kilomètres avant d'arriver à destination.
La classe mondiale de l'absurde.

Mon premier voyage transatlantique (déjà très polluant, mais y a prescription...) m'avait fort gâté, avec en gros lot, ce voisin ventripotent-content citoyen de l'Illinois, qui moquait nos petites supérettes et vantaient les "huuuuuuuuge", et "much biggggggger" hypermarchés US, les glacières et surgelés énormmmmes, ouverts 24-24, avec des produits pas chers, de partout. Il était fier. Il parlait avec une telle passion, gourmandise de son modèle de société et de bonheur standardisé que c'en était presque...touchant. And your cars, so small, ridiculous, waf waf...
Asshole de la chingada, mamaguevo!

Mais j'ai plus envie d'être touché, navré par ces connards endormis et fats que nous sommes devenus, nous et notre frénésie consumériste qui mène à la catastrophe.
J'ai besoin d'un exorcisme, comme nous tous, un écolo-cisme visant à extirper le diablotin productiviste-consumériste de ma vie!

Boire de l'eau dans des récipients en verre réutilisables plutôt que ces atroces et inutiles gobelets inrecyclables, par exemple. Vas. Proposes. Sors-les. Tu verras. On te rira au nez.
Et bien insistes et exploses leur sur la tronche, leurs gobelets de merde.
On a plus le temps de débattre là.

Ce geste (l'usage du verre, pas l'explosage de tronche) est pourtant bénéfique pour leur compte en banque, pour leur santé et pour la planète: ils te rieront au nez.

Ringard.

En 2006, l'américain moyen a consommé plus de 400 bouteilles et cannettes, générant un déchet considérable de verre, de plastique, d'acier et d'aluminium. À cela s'ajoutent les énormes quantités de combustible fossile et d'énergie hydraulique nécessaires à l'exploitation, au traitement, au raffinage, à la présentation, à l'expédition, au stockage, à la réfrigération de ces produits et au traitement des déchets résultants.

La modification des habitudes de consommation à la maison ou au travail ne se limite pas aux produits liquides, ce sont juste deux petits exemples.
Cette révolution interne peut se généraliser à l'échelle de notre mode de vie et avoir un impact global considérable.
On y reviendra.

Réduisez, réutilisez, recyclez.
En Amérique latine, le faux argument qu'il s'agit d'un "luxe" pour les pays du Sud qui doivent "financer leur développement" à coup d'une industrialisation massive, à l'image de l'Europe lors de ses révolutions Industrielles passées...continue de sévir.

A ce titre, et en guise de pirouette finale, mon classement des citoyens les plus dégueulasses, les plus anti-écolos, les plus apathiques, abrutis et ignares en la matière, par faute de leurs gouvernants anti-pédago entre autres, est le suivant:
1) Venezuela, loin devant
2) Mexique
3)Pérou

En Europe, la France est au milieu. Avec 20 ans de retard sur l'Allemagne et les pays nordiques.

Bon, l'homélie du jour est dite, je m'en vais de ce pas me faire servir un Cuba Libre dans un gobelet de plastico par Natacha, entraineuse en bikini polyester mauve, que je ne saurais contredire aujourd'hui...

Premier jour














Peut-être la véritable imagination - à l'opposé de la fantaisie- consiste-t-elle à voir la réalité de tous les jours avec le regard du premier jour.
Octavio Paz

samedi 6 décembre 2008

Mireille danse le Merengue-Reggaetoné



Tu t'appelles Mireille.

Annie, Josette, Marie Pierre, Ludivine.
Que sais-je encore.

Je vois bien ta tête.

D'ailleurs c'est bien simple, je l'aime bien ta petite tête ronde, tes traits pas encore fanés, ton teint tout rougeâtre, là, ta peau vert de gris victime d'un trop plein de soleil, ton corps mignon, grassouillet, anodin.

On vous aime comme vous êtes, en plus.
Pas besoin de singer des princesses numides ou d'élancées amazonnes (intégralement huilées, en plus), pour nous plaire, mesdames.

Pour de vrai (...).

Bon. Aout 2008.

Tu es de passage en terre caribéenne.
Ton trajet en avion est tout en excitation, fantasmagories, doutes, craintes, exaltations, qui montent et qui descendent au grès des trous d'air de la route Paris CDG-Santas Palmitas.

Tu imagines, extrapoles, simules, envisages,
des sensations, des visages, des images, des rencontres à venir.

A peine foules-tu le tarmac que tu sens que, cette fois, cette année, oui, tu vas te lâcher.
Pour de bon.
Tu veux "profiter".
Après tout, tu as bien mérité ce droit à la jouissance tropicale.
Un max. A donf.
Toi aussi.
Ton tour est venu.

Année de merde.
Par dessus le marché.

Cette année, tu veux danser.
A peine débarquée, tu sens les fameux picotements dont le guide t'avait causé, l'an dernier: cette envie irrépressible de bouger le cul, le corps, au son de ces calientes musiques locales (merengue, reggaeton, salsa), qui, déjà, s'invitent et se livrent à toi.

Ce son qui monte et qui sort de tous les balcons, de tous les paliers, cette exultation des corps, qui réveille certains de tes penchants les plus enfouis par Calvin et la morgue judéo-chrétienne. Dis-tu...
Il t'appartient.

Cette année, pas de regrets.

A peine pénètres-tu pour la première fois dans un de ces antres post-urbains diaboliques, type "DISCO Las Bananas Putitas", que tu te dis, que, pourquoi pas...
Tu jauges. Vite fait.

Tu te lances. T'y vas, nom de nom!

Et c'est là ou j'interviens, Mireille, vois-tu.
Car c'est pas possible.
Je souhaiterais, vraiment, te parler en adulte et t'épargner, à toi, un moment pénible (notamment l'ex post), et à moi, un moment tout aussi pénible (notamment le "pendant").

Alors j'interviens.

Mireille.

Je te prends par le col et je te sors de la piste.
Immédiatement.
Je te cale contre le bar.
Je te sers derechef un Mojito.
Et je te tiens à peu près ce language.

Faut pas déconner.
C'est pas pour toi.
D'accord?

Tu t'imagines vraiment pouvoir "danser" à côté de ce type d'autochtone là toi? Mireille? Sérieux?
Tu crois vraiment que t'as ta place sur le dance floor?
La démocratisation du quoi? De quoi? Des "vacances"?
Et ça te protègerait du ridicule?

Mais les congés payés ça n'existe pas ici, Mireille.
Juste le soufre, l'argent sale et le corps, qui sont là et qui virevoltent.

Et qui, pour un instant seulement, deviennent quelque chose de Beau.
La transfiguration. Pure.
Faut pas gâcher cette harmonie, là, cette cadence infernale, avec tes singeries.

Et toi t'es là, là, avec tes...tes...moulinets maladroits là...t'es toute empâtée, tu te précipites et pis c'est tout chelou là tes mouvements de tête, on dirait Paula Abdul sous acide. Et puis avec tes entrechats ridicules, empruntés aux "rallyes rock N'roll" de ta prime jeunesse, non c'est pas possible.
je t'en prie...faut vraiment songer à rester dans le canapé là.

Allons, Mireille, allons.
Regardes-là.
Le grotesque n'a pas de place.

Regardes-là.

Qui sait?
Cette année,lâches-toi, comme tu veux.
Penses à tes autres atours, qualités.

Mais surtout, surtout, surtout, ne danses pas.
Avec, ou contre, ou à côté, de l'autochtone.
Non.
Par pitié.
Ne danses pas.

TU ES FRANCAISE. T'AS COMPRIS.

A-t-on déja vu un fellaga chanter la Pitxouli ou un Maori danser la bourrée?

Même s'il fait semblant de "t'y inviter". Surtout.
Restes assises.
REGARDES.

Et arrêtes tes abonnements aux cours de salsa cubaine, tu n'y arriveras pas.

Compris?

Bon, vu que je suis pas un salaud, je lui ai tout de même payé un deuxième mojito. Avant d'appeler Pedro, mon copain le vigile.

Faudrait pas qu'elle me fasse fuir la clientèle locale, cette connasse de Mireille...

lundi 1 décembre 2008

Jeux d'enfants


Mi-chel, Mi-chel!



















L'enfant qui ne joue pas n'est pas un enfant, mais l'homme qui ne joue pas a perdu à jamais l'enfant qui vivait en lui et qui lui manquera beaucoup.

[Pablo Neruda]
Extrait de J'Avoue que j'ai vécu

mercredi 26 novembre 2008

Point de hâte



Je suis là.
Lecteur.
N'aies plus peur.
Biquet.
Bichon.
---câlin langoureux---
Apaises ta crainte, réfrènes ton courroux.
Je ne t'ai pas abandonné, conejito de azucar.
----"Gratt""gratt""sur"ta"teuté"---
Je suis là.
Tu peux te détendre désormais.
Relâches-toi.
Sa'com'.
Oui, nous y voila.
C'est bien.
---"Ptite""caresse""dans"ton"cou"poilu"---
Mon p'tit lama.
Toi aussi tu m'as manqué.
Môô oui.

A présent, permets-moi de te présenter ma Motion.
Si tu le veux bien.
Celle qui fera office de Guide, de Dux RassemBlum pour les années à venir, horizon 2012.
Celle qui tissera, filament par filament, courant par courant, la feuille de route de cette modeste plateforme parapo-é-li-tique.

Le programme même de ce blog, quoi.
Il tient en ces quelques mots:
Point de hâte, point d'exigence.

Je m'obstine à refuser le temps court imposé par la Maquina.
M'entête à réfuter le format web, le rythme blog, l'obligation de "participatif".
Ici, c'est ma bodega. C'est ma Chicha.
Je te sers si j'en ai envie.

Ou, pour reprendre le mot de Miguel Angel Asturias:
"Aujourd'hui c'est toi, et demain un autre comme toi continuera l'attente."

Continuer l'attente.
Car les hommes, jamais, ne s'achèvent.
Là ou se dresse un mont était une vallée.
Là ou s'ouvre un ravin s'élevait un coteau.
L'océan, pétrifié, s'est changé en montagne
et les éclairs, en lacs se sont cristallisés.

Point de hâte.

PS: Au fait, en tant qu'ancien militant actif pour la suppression du mois de Novembre du calendrier occidental, mois qui a fait les preuves de son insignifiance, inutilité, inéquité même, je tiens néanmoins à me dédire ici même.
Car Novembre 2008 restera dans les annales.
Inoubliable.
Merci.

lundi 17 novembre 2008

El tiempo de las cerezas (Deseo Negro)


Le temps des cerises, Bordeaux, 2008


Les écorchés, Evry, 2002


La Rage, La Cigale, 1993

vendredi 24 octobre 2008

Adagio










"La beauté n'est que la promesse du bonheur."
Stendhal




"Et ma main dans ta gueule, non mais des fois mon cul c'est du poulet ou bien?"
Patxi



"Mon âme est faite de rythme et d'harmonie;
tout en mon être n'est que musique et chant
depuis le requiem tristissime de pleurs
jusqu'à la mélodie triomphale de l'allégresse."
Patxi 2.0

Un adagio est une indication de mouvement comprise entre le lento (lent) et l’andante (en marchant). Figures-toi...Je n'en savais foutre rien.

Ce terme italien, venant de l’expression "ad agio" signifiant à l'aise, spécifie un tempo relativement lent. Il correspond approximativement à une fourchette comprise entre 56 et 76 pulsations par minute sur les graduations du métronome.

Donc voila.
Je vais être grosso merdo à 66 pulsations minute ce mois de novembre ici même.
Ralentissement du rythme de service des shots de chicha maison, dans cette taverne bien "chingona" qui a besoin d'aller voir ailleurs si j'y suis.
Entre le lento et le camninando, l'adagio et le lento, lentissimo.

Tiens, il parait que je vais voir La Tortue, l'ancienne blogueuse de Cuba, pour de vrai, à Paris, ces jours-ci.

C'est bien ce que je vous dis, du lento, adagio.

jeudi 23 octobre 2008

Main d'oeuvre


The job
envoyé par trescourt


A chaque coin de rue, des grappes de travailleurs mexicains ou latinos se pressent autour du pick-up de Monsieur White spirit, qui s'en vient louer quelques bras de fort bon rapport qualité-prix pour le chantier du jour.
Scène classique.

La scène s'inversera-t-elle désormais?

Merci Mr Mickou!

mercredi 22 octobre 2008

Arandu, la sagesse guarani






Chez nous, Sagesse se dit "ARANDU",
ce qui signifie sentir le temps.


Peuple Guarani de l'Amazonie

Avec les dauphins qui bougent









Petites gâteries esthétiques dans le couloir d'un hôtel de charme typique, quelque part, dans un petit port du Pacifique latinoaméricain.


video

lundi 20 octobre 2008

Le ballon de football, mi gorduchinha


Un matche Uruguay-Mexico, but d'E.Galeano

Elle était en cuir, plein d’étoupe, la balle des chinois. Les égyptiens des temps anciens des Pharaons la faisaient en paille ou en « coquilles de graine », recouverte de tissus de couleur. Les grecs et les romains utilisaient une vessie de mule, gonflée et cousue. Les européens du Moyen âge et de la Renaissance se disputaient une balle ovale, pleine de picots. En Amérique, faite en caoutchouc, la balle était déjà volontiers sauteuse, comme nulle part ailleurs.
Les chroniqueurs de la Conquête espagnole racontent qu’Hernan Cortez fit rebondir une balle mexicaine, la fit monter à une hauteur très importante, devant les yeux exorbités de l’Empereur Carlos V.
La chambre de gomme, enflée au gonfleur, recouverte de cuir, naquit au milieu du 19ème, grâce au génie de Charles Goodyear, un nord américain du Connecticut (comme Tony Danza). Puis grâce au génie de 3 argentins de Cordoba, Tossolini, Valbonesi et Polo, la balle sans embout vit le jour. La chambre à air avec valvule, qui se gonfle par injection, depuis le Mondial de 1938, permit de faire des têtes sans se blesses avec cet embout massacreur.
Jusqu’aux années 50, le ballon était marron. Puis blanc. Aujourd’hui, différents modèles existent, blancs et noirs ; 70 cm de ceinture, vêtement de polyuréthane sur couche de polyéthylène. Sexy en diable. Imperméable, 500 grammes, plus rapide que la vieille balle en cuir qui devenait impossible les jours de pluie.
On l’appelle par différents noms : la sphère, le globe, la baballe, la ronde, le projectile, le ballon. Au Brésil, personne ne doute qu’elle est une femme. Ils l’appellent gorduchinha (ptite grosse), menina (bébé, nena en espagnol, féminin de menino), et lui donnent des petits noms tels Maricota, Leonor, ou Margarita.
Pelé l’embrassa à Maracaña, quand il fit son but numéro 1000, et Di Stefano lui érigea un monument à l’entrée de sa maison, un ballon de bronze avec une plaque qui dit : gracias, vieja (ma vieille).

Elle, est fidèle. En finale du Mundial 1930, les deux sélections exigèrent de jouer avec leur propre ballon. Sage comme Salomon, l’arbitre décida de jouer la première mi-temps avec une balle argentine, et l’autre avec une balle uruguayenne. Evidemment l’Argentine gagna la première partie et l’Uruguay la seconde. Mais la balle a aussi ses propres velléités ; et parfois, elle refuse de rentrer dans les cages parce qu’en l’air, elle change d’avis et dévie sa course. C’est qu’elle est très susceptible. Elle ne supporte pas ce traitement de coups de pieds, ni d’être frappé par vengeance ou gaillardise. Elle est fière, peut-être vaniteuse, et elle a de quoi : elle le sait bien qu’elle donne à beaucoup d’âmes beaucoup de joie quand elle s’élève avec grâce, et qu’elles sont nombreuses les âmes qui pleurent quand elle s’écrase de la plus mauvaise des façons.

samedi 18 octobre 2008

Dépénalisation des drogues, la seule solution pour l'Amérique latine?


Une façade de Curacao, Antilles hollandaises


L'Amérique latine détient le record mondial du pourcentage d'homicides : environ 100 000 meurtres par an (dont 15 000 pour le seul Venezuela...), soit cinq fois plus en moyenne que sur le reste de la planète.

Ce niveau de violence est évidemment fortement lié au narcotrafic.
Colombie, Mexique, Venezuela, Brésil, sont des Etats-Nations menacés dans leurs fondements même par ces puissantes et tentaculaires mafias transnationales.

A lire, ce très bon résumé des propositions qui surgissent de chefs d'Etat de la région.

C'est même Calderon, le président mexicain, qui a proposé de dépénaliser l'usage de tous les stupéfiants (herbe, cocaïne, héroïne et méthamphétamine).

Une idée qui fait son chemin, afin de neutraliser le pouvoir grandissant et funeste de ces réseaux surpuissants.

Côté cinéma, sur ce sujet, à voir ou revoir absolument, Requiem for a dream, et surtout l'excellent TRAFFIC - avec mon sosie, Benicio del Toro (bon, à peu de choses près quoi..). Ou l'on voit magnifiquement les dimensions offre-demande, sociales, économiques, psychologiques, sécuritaires et de santé publique du problème, via tout le trafic entre le Mexique et les Etats-Unis.

vendredi 17 octobre 2008

Go Voyages, sans moi





People of the sun, RATM


J'ai reçu un petit message qui, de prime abord, ne payait pas de mine et me sembla même des plus charmants.

Une gentille proposition pour diffuser un gentil article de votre gentil serviteur (on ne ricane pas, dans les rangs, petits saligauds! Je suis TOU-JOURS GEN-TIL!) sur un site "participatif", de "voyage et de découverte", qui a gentiment été apprécié par une JF bien sous tout rapport, qui fait honnêtement son travail, Claire C.

Elle ne se présente point, ni ne précise "d'où" elle s'exprime, de quelle position, pour qui; c'est à dire qu'elle avance à visage couvert, mais sans forcément en être consciente, ce qui lui est forcément, très vite, pardonné.

Bonjour,

commence-t-elle, ce qui est déjà gentiment apprécié de ce côté-ci de l'écran, en indécrottable représentant de la génération à la trentaine ringarde, au français courtois et formaliste, secte en déclin dont je suis partie prenante et un modeste activiste (à mon corps défendant parfois, je l'admets volontiers).

Bonjour, Claire, donc.

En découvrant votre Blog Amérique Latine, j'ai apprécié la qualité et l'originalité de vos articles ainsi que vos photos.

Alors là, une petite sucrerie d'entrée de jeu, je dis jamais non.
Flagornerie élégante n'est déjà plus flagornerie. Et puis, l'ego enflant à la vitesse du son chez le Patxi, de la part d'une forcément mignonnette anonyme, a fortiori, bah, on se méfie pas.

Elle a peut-être vraiment apprécié, me dis-je, en rosissant...


Je me permets donc de vous contacter car je souhaiterais vous associer à cette nouvelle aventure qu'est le lancement de notre site participatif dédié aux voyages.


M'associer?
Mais j'ai beaucoup de respect pour les initiatives associatives sérieuses, légitimes, dynamiques Moiselle...Que bueno!
Une nouvelle aventure? Mais j'adore ça les aventures, Claire, 'uando quiewes, 'onde quiewes mamita!
Un site participatif, tu veux dire un espace de mutualisation des savoirs, d'échanges horizontaux dont l'unique intérêt et but véritable est l'intérêt général, la construction émancipatrice et collective d'un Bien commun qui se situe hors de la sphère marchande, sur le Web? Un projet conséquent, transparent, alternatif mais anti-hippie car rigoureux, qui validerait mon intègre prurit idéologique constitué d'écologie politique mâtinée de saine Réaction (au sens de réac) de gauche?
Mais je signe tout de suite Claire, oukeskon s'ébroue tous les deux? Tous les trois, avec la stagiaire????Mmmh? Je signe ou donc?

Le site n'est pas encore ouvert au public, mais nous vous y donnons accès dès à présent afin de vous présenter le projet et de recueillir vos impressions. Il est uniquement accessible par mot de passe (login: xxx ; mot de passe: xxx) à l'adresse suivante: http://beta.tourvox.com

Afin de réaliser des essais avant lancement, nous nous sommes permis de reprendre votre article sur le Carnava Oruro. Celui-ci est bien évidemment associé à votre fiche auteur (que nous vous avons d'ores et déjà créé) que vous pouvez dès à présent personnaliser. Pour accéder à votre fiche auteur, je vous transmets votre login et mot de passe personnels à renseigner au niveau de l'espace Rédacteur : patxi / gogo XXX
J'aime ce ton d'initié que tu uses à mon endroit Claire...
Un code rien qu'à moi.
Mais c'est que vous avez tous prévu pour le confort de l'usager rédacteur participatif, ma parole. Vous avez déjà mis les photos, le message.
Reste plus qu'à cliquer en somme.
Et puis cet article sur le carnaval d'Oruro, ya pas à dire, mais c'est un bon choix. Je l'avais oublié cui-ci. Y'a pas à chier, comme disait mémé, mais j'écrivais drôlement mieux au début de cette aventure blogueuse...
'Agades un peu la chicha que je servais à l'époque:
Le plus beau Carnaval du Monde, c'est le Carnaval d'Oruro.
Voilà.Péremptoire. Limpide. C'est un truc flamboyant, fort, Oruro.
Ca souffre, ça prie, ça s'exalte, ça sue, ça picole, ça suinte, ça pisse, ça vomit, ça s'enroule, ça se bastonne puis ça s'embrasse, ça danse, putain qu'est ce que ça danse. Brut, des kilomètres et des kilomètres de pélerinage synchrétique et sautillant, jusqu'à s'incliner aux pieds de la Vierge du Socavon, la Vierge des mineurs qui grattent le filon à l'ongle et à la foi, comme à la fin du 19ème siècle.
Ils arrivent, s'inclinent. Transis.


Reprenons donc le message de Claire.

Qu'en pensez-vous ?

Mais du bien, Claire, que du bien...
Bien que le mot de passe proposé par vos soins, gogo, me laisse tout à coup songeur...Et commence même, pour tout vous dire, Claire, à m'inspirer une certaine méfiance, de dimension magique-superstitieuse, dont nous autres, les peuples primitifs de Gascogne, sommes encore largement tributaires...

Avant l'ouverture officielle, je souhaiterais savoir si je peux utiliser cet article ainsi que d'autres de votre blog afin d'enrichir notre site. Bien entendu, vous serez prévenu(e) à chaque fois que nous reprendrons un de vos papiers et / ou photo.

Alors là, le (e) entre parenthèses me fait carrément douter de l'avenir de notre relation charnelle, qui augurait pourtant de mémorables pages de ludisme enjoué et consentant.

Tu n'es peut-être qu'un fichu robot, Claire!
On m'aurait menti...
(...)
SOUPIRS
(...)


Enfin soit, s'il y a moyen, même robote, si tu passes par là...Bon bah je suis toujours ouvert. Même toute robote ou logiciel intelligent que t'y es.

Enfin tout de même, là, je sens le copy paste à plein nez. La méfiance croît-croît, quoi. mais bon, j'espère qu'il n'ya a AUCUNE entourloupe.

Cependant, j'ai besoin de votre autorisation pour cela, car je ne peux pas envisager de publier un quelconque article sans l'accord de son auteur. Un simple mail de confirmation suffira.

Ah oui, c'est tout simple finalement la protection des droits d'auteur et la propriété intellectuelle dans le fonds. Un simple mail suffit...Confort, commodité...
C'est l'époque...


Parallèlement au lancement du site, un jeu concours sur le nom du site a été lancé à l'adresse http://www.trouvezmoiunnom.com. Je vous invite à y participer, un week-end à Prague pour 2 est à gagner !


Putain Claire tu m'as pris pour un Gogo là ou quoi?
On n'est pas en marécages putassier ici, mince à la fin, il n'y en a suffisamment sur la blogotruc, de tapineuses prêts à tout pour un petit peu de gloriole et de tickets réduction, bons d'achat et autres carottes confites à l'eau de marché délavé?

Pour plus d'information, vous pouvez me joindre 01 53 32 46 03.

Bon, je note toujours ton téléphone, par éthique de la rencontre, on sait jamais.
Et puis cette histoire d'orifice robotique me tracasse depuis le fantastique Nanard de Spielberg, AI (artificial intelligence).
Une chatte robotique, c'est intriguant.

Suis au bord de céder là...

A bientôt.

Râââ...

Claire

re-râââ^...

QUE FAIRE, comme disait Vladimir Oulianov?

Après avoir formulé un refus poli auprès de RTL qui voulait faire son heure de show sur les expériences de Patxi, "vie d'ailleurs" et tout le toutim, je suis toujours aussi scrupuleux dans mes choix.
D'aucuns ancêtres, peut-être Tonton Patrick encore, diront que je peux parfois devenir hargneux voire sectaire.
Je ne pense vraiment pas, ni Patxi, ni la narrateur derrière.
Nous sommes même de bonnes pâtes, lui et moi, dans nos vies respectives.

Mais nous avons aussi la prétention de ne pas jouer selon toutes les règles qui nous sont imposées ces 15 dernières années de marchandisation et privatisation de tout l'espace public et de tous les champs des savoirs et de la culture; tout un tas de pratiques et de valeurs, au quotidien, que nous essayons de faire vivre, pas comme une contrition, mais comme un autre façon de vivre et d'être, osons lâcher le mot, heureux; valeurs qui ne sont pas toujours compatibles avec celles portées, au quotidien et de façon globale, stratégique, et donc puissante, par de grandes compagnies transnationales du voyage, de "l'entertainment" et du loisir de masse.

Car derrière Claire, travailleuse efficace qui a tout mon respect (et à la chatte robotique bien intriguante...j'espère qu'elle ne me lit pas la pauvre...), derrière ce site "qui n'a pas de nom mais un peu quand même", je me suis renseigné, il s'agit évidemment de GO Voyages qui s'est associé avec une grosse boîte du Web spécialisée dans l'intelligence économique sur le web, au service de Go Voyages.

Go Voyages, c'est mignon, la grenouille verte machin.
Mais c'est pas assez vert pour moi, vois-tu.
• Juin 2004 : Accor porte sa participation à 100% au capital de GO voyages.
• Juillet 2006 : Après Galileo, Sabre et Worldspan, intégration du GDS Amadeus au moteur de réservation de GO Voyages.
• Février 2007 : Base de données dépassant les 50 000 hôtels et proposant une offre très complète avec Accor, Best Western, GTA, Fast Booking et Hilton.
• Mars 2007 : Financière Agache - Private Equity, holding d’investissement du groupe Arnault, et CNP (Compagnie Nationale de participation Albert Frère) acquièrent GO Voyages auprès d’Accor aux côtés des fondateurs et dirigeants de GO Voyages, Carlos da Silva, Nicolas Brumelot et l’équipe du management.
• Janvier 2008 : Ouverture de la stratégie internationale de GO Voyages avec le lancement du site www.govolo.es, destiné au marché espagnol. Ce site affiche les rubriques «vol», «hôtel», «vol + hôtel» et «séjour», «location de voiture», «croisières» et «activités». GO Voyages compte lancer une dizaine de sites à l’étranger d’ici 2010.

Donc désolé, ce sera non.

Qu'on ne se méprenne pas. marre des amalgames ici.
Je suis prêt à participer gratos à plein d'initiatives originales, même à but lucratif, pour des PME ou boites de débutants, mais A VISAGE DECOUVERT.
Patxi is not a fucking gogo.
Je n'ai rien contre les entreprises en soi, comme je n'ai rien contre la loi de la gravité ni contre la kermesse du dimanche, par exemple.
Je constate même que nombre de chefs d'entreprise expatriées font plus pour faire vivre concrètement et dignement des milliers de famille de pays du Sud, comme employées-salariées, avec des protections sociales bien supérieures à leurs homologues locales bien souvent, par exemple, que, mettons, beaucoup de branleurs gauchistes "germano-pantins" qui ne sont que positions théoriques sur la Solidarité internationale, débat de bile stérile et sans couilles sur le Tiers Monde, les sans- papiers culs et une Free Palestine, à peu de frais, sans jamais rien FAIRE de concret pour leurs, nos frères sus cités, sans jamais se mobiliser réellement, ni jamais militer, ni FAIRE quelque chose de tangible dans la vraie vie pour ces éternelles "victimes" là.

Le problème n'est pas là.
Le problème, c'est le modèle de voyage et de civilisation induit par ce type de big business, de majors type ACCOR. D'un point de vue économique, écologique, social et culturel, leur impact est difficile à concevoir, il est pourtant énorme.
On en recausera ultérieurement car cela mérite davantage de soin.

Et puis depuis que Bernard Arnaud m'a piqué Salma Hayek, il est hors de question de collaborer avec ces gens-là.

Désolé, Mlle Claire, tu trouveras largement de quoi alimenter ton projet.
Ton site est déja fourni, gavé jusqu'à rabord de gens collaboratifs.
Y compris d'autres alléchés par le potentiel fréquentation d'un tel site, en millions de visite.
Je revendique le droit à dire mon petit non, à ma façon, en espérant que vous prendrez ce refus avec l'humour de circonstance...
Je reste avec mes quelques modestes visiteurs, qui savent ou ils mettent les pieds, supportant mes potions d'amour et de crasse.

Cordialement, et sans rancune,

Patxi

samedi 11 octobre 2008

Money as debt (en français)

TU COMPRENDS RIEN AUX MARCHES MONETAIRES, encore moins aux marchés financiers?

VAS DONC VOIR CETTE PETITE VIDEO.

M'EN VAIS VOIR QUELQUES SERPENTS MONETAIRES QUI SE CACHENT DANS DES RECOINS DE MANGROVES...Loin, bien loin du fracas du nouveau monde qui s'annonce.

jeudi 9 octobre 2008

Zapata vivra

Terres andines (Ecuador,Peru, Bolivia)







Zapata vivra aussi longtemps qu'un peuple croira qu'il a le droit de posséder sa terre et de se gouverner lui-même, suivant ses croyances profondes et ses valeurs culturelles.

Carlos Fuentes

lundi 6 octobre 2008

Job d'été dans les Caraïbes












Patti Smith, Smells like teen spirit


Travailler plus, gagner pareil,
Subir le même mépris des oligarques et notables locaux,
Mais en vous payant, au bout du contrat, belle satisfaction, le dernier écran plat,
C'est désormais possible!

Et, petit veinard, dans les Antilles françaises, l'espace Amérique latine-Caraïbes, quoi, c'est aussi possible!

Votre job d'été (et peut-être même de toute l'année, au train ou vont les choses), consistera à vous déplacer, comme bon vous semblera (thermo-propulsion, doigts palmés à la Patrick Duffy dans l'homme de l'Atlantide , semi-noyade vaillante, tête en bas mais glaces en surface) avec votre chariot à glaces (marque MIKO-EFE) et à roulettes, lourd comme une vie de con, vers les jolies embarcations motorisées des sommités locales.
Sans-papiers Haïtiens encouragés à postuler.

Si le travail c'est la santé, donnez donc le mien à un malade!

PS: En même temps, je ferais plus jamais manutentionnaire à Leclerc Blangac non plus!! Jamais plus!!C'était il y a dix ans, c'est la France qui souffre et qui gronde, celle qui a toujours su se rappeler au bon souvenir de ses "administrants"...

samedi 4 octobre 2008

Cyniques petits rapaces




Un combattant dépité, dans une rue de Bogota




Comment le capitalisme financier de notre temps façonne de très cyniques petits rapaces...Vas donc voir par ici.

Comme le dirait l'autre...
Alors qu'il y a encore quelques semaines, tous ceux qui, comme moi, critiquaient ouvertement et vertement le capitalisme débridé se faisaient traiter de réactionnaires allergiques au progrès et incapables de se conformer à la réalité, voilà que ces derniers jours, les très nombreux thuriféraires du marché triomphant expliquent à longueur de colonne à la une que les marchés ont soufferts d'un défaut de régulation et qu'ils ont toujours dit que l'immobilier, c'est comme les arbres, ça ne grimpe pas jusqu'au ciel.
Bande de faisans !


Certains de ces spécimens m'envoient des mails, avec leur style inimitable, fondé sur la discourtoisie décontractée, sûre d'elle et dominatrice; le phrasé faussement cool et vraiment "intéressé", basée sur une supposée proximité de génération et deux-trois compliments artificiels et fadasses.

Raââââ les cons. Sont vraiment mal tombés là.

Ces quelques individus, peu nombreux, mais pugnaces comme des poux, demandent des conseils, 100 balles et un Mars, en vue de leur prochaine installation en Amérique latine, qui semble occuper dans leur imaginaire une place à part. A leurs yeux, la région latina, c'est une sorte de vaste cocktail-pina colada frappée, à base de nichons, palmiers et opportunités financières pépères, semble-t-il. Ils lorgnent plutôt sur Rio, Mexico ou Buenos Aires.

Ami blogueur de rezolatino, gare! Ils cherchent à se recaser!

Face à ces velléités de reconversion de mini-traders à la con qui cherchent leur place au soleil, après avoir fait mumuse à la City, je n'aurai qu'un mot, simple, franc et massif:

Qu'ils aillent se faire foutre! Des putains de coups de latte dans la gueule!
Vas te faire foutre David Mon cul! Antoine de ta race aussi, là, dégages!

Vous auriez pu prendre une minute pour lire ce machin-blog, et vous auriez saisi que je ne suis que prurit gauchiste, maldito mamahuevo! Et que je ne vous ai jamais aimé!

Ça fait 10 ans qu'on vous dit tout le mal qu'on pense de vous et de vos placements irresponsables, petits merdeux!

Tiens, j'en profite, petit banquier de mes couilles, Eric L., toi là, qui me suit depuis mon compte courant qui avait 854 francs, qui t'es tellement foutu de ma gueule, il y a quelques années, quand je t'ai demandé si vous aviez des placements d'épargne solidaire, bouffon, plutôt que tes subprimes de merde. Tu m'as ri au nez.
Tu as raillé mon refus de placer quoi que ce soit.

Tu voulais me vendre du boursicotage foireux, je t'ai dit que je ne voulais pas participer de cette économie de casino. Je t'ai parlé de la spéculation sur la roupie indonésienne, sur la base de speed funds, qui a ruiné le pays en 1997, en un mois, ta culture économique ne te portait pas bien loin et tu ne savais pas de quoi je causais, évidemment. Je t'ai parlé de cette future catastrophe aux USA, prévisible, connue, l'effet domino de la bulle immobilière. Tu m'as ri au nez, m'a comparé à ce curé venu avec les mêmes préoccupations. Tu avais ce regard amusé du gars qui a trouvé le client "fun", animal étrange du jour.
Les types dans ton genre, pour quelques jours encore, vont enfin fermer leur gueule.
Pour quelques jours, encore, jusqu'aux mesures illégitimes, inouïes, qui nous permettront de continuer, tous, à notre petit niveau, notre course vers l'abime.

Eric mes couilles!! Je ne suis pas curé, connard!

Pour y voir plus clair, la meilleure analyse (en espagnol) sur la crise économique actuellement disponible se trouve possiblement par ici.

mercredi 1 octobre 2008

La Guyane, c'est l'Amérique (du Sud)








C'est une première sur ce web machin. Le message pondu par un lecteur, à peine modifié. Merci à celui que dans le milieu des électro-nomades, on appelle "Père Noël", l'homme aux intros toutes pourries...



Des fois une envie de « Midi Olympique » me prend...Même pour une édition vieille de quelques jours, je suis prêt à parcourir le monde entier. Il me reste toujours quelques euros à dilapider pour lire, l'extase, sur ces pages jaune poussin, les dernières déclarations du capitaine de Bourgoin-Jallieu ou les dessous de la signature de Carter à l’USAP.

Mais je n'ai plus besoin d’aller si loin que ça; je reste raisonnable dans ma passion, et fais juste en sorte de m'approvisionner pas trop loin d'ici. Un coup de jet depuis Paramaramaramaribo, et hop, nous y voila. C'est que l’Amérique latine a cette particularité d’abriter un bout de France, son plus grand département même.





Quand je m'adonne à l'onanisme, enfin à l'introspection, disons, je réalise bien vite qu’un livre me poursuit, ne me lâche pas d'une semelle, en même temps c'est bien le seul que j’aie jamais lu…

Les terres guyanaises portent encore les traces du plus célèbre des papillons, Henri Charrière qui a rendu célèbre son bagne, cette usine à générer de l’inhumain jusqu’ en 1953…Le bagne de « Cayenne », nom d’usurpateur car réparti entre Saint Laurent du Maroni et un mini archipel constitués de trois îlots au large de Kourou, les îles du Salut. Nom absurde par excellence.

Le principe de la double peine y était automatique: toute condamnation au bagne était en réalité doublée car tout forçat libéré, devait le même nombre d’années en Guyane, toujours sous la surveillance de l'administration pénitentiaire. En bref, 10 ans de bagne équivalaient à 10 ans enfermé, puis 10 ans en semi liberté histoire de peupler ce territoire immense…

Côte à côte les îles du Diable, Royale et Saint Joseph ont tout d’un paradis perdu avec leurs falaises, singes, cocotiers, et vestiges du bagne à l’abandon…elles furent surtout synonymes d’enfer pour des milliers et milliers d’hommes…

Parmi les plus célèbres des bagnards, Dreyfus, Seznec y ont perdu des années à regarder l’horizon, ce point d'infini inaccessible et vide, vide de justice.

Digne d’une géographie dantesque d'enfer (j’ai fait L au lycée, je n’aime pas me répéter; alors suis un peu je te prie), le bagnard pouvait s’estimer heureux de ne connaître que l’une des trois îles et contrairement à ce que l'on pourrait croire, l’île du Diable n’était pas la pire du lot; les prisonniers politiques y erraient seuls et isolés…
non, l'enfer c'est les autres, c'est les gardiens qui t'observent 24h sur 24h, te pissent dessus, t’insultent dans les cellules de confinement sans toits de l'île Saint Joseph …
Le passage de l'île Royale à l’autre était simple : en cas de tentative d’évasion ou de crime, les bagnards étaient enfermés au mitard pendant plusieurs années dans le silence le plus complet. Un mitard perpétuel à ciel ouvert. La porte ne s’ouvrait que deux fois : pour y entrer et pour en sortir mort ou vivant…

En 1923, le reportage d’Albert Londres, choqué de voir ce que personne ne voulait voir en France, permit, une dizaine d’années après, une (légère) amélioration des conditions des bagnards…pour ceux de Saint-Joseph: l’instauration une fois par semaine d’une baignade en eau de mer qui leur permettait de sortir de leur trou. Ils se construiront une piscine d’eau de mer pour se protéger des requins…Ces requins, omniprésents dans la vie du bagne, synonymes de mort qui au son de cloche de la chapelle allaient attendre les cadavres des bagnards au carrefour des trois îles. Grâce à eux pas besoin de cimetières ni de barrières… qui pourrait oser s’échapper ?

Pourtant Papillon s'est envolé...Mais le bagne est resté…15 ans de plus…puis ses portent se sont fermées et les « libérés » ont hanté les rues de Saint Laurent du Maroni, Kourou et Cayenne pendant des années avant de lentement crever dans l’indifférence générale…

La Guyane ce n est pas que le bagne… Que l’on ne se méprenne pas ! C’est aussi les expats de Kourou qui bossent sur l’Ariane et Soyouz (à ne pas confondre avec Spoutnik, le cousin). Kourou, ville bizarroïde où grouillent les légionnaires, en tenue kaki jour et nuit pour qu’ils ne se mélangent pas trop à la population …la police militaire veille, tout comme les copines brésiliennes qui patientent devant les barrières de la caserne pour la perm de leur gars…La Guyane coincée entre le Brésil et le Surinam, c’est un melting-pot incroyable où le postier est quadrilingue, le Taki Taki (peuple du fleuve Maroni) étant plus parlé que le créole.

23h, ça loupe pas, les chercheurs d’or qui se pointent, le flingue mal caché, au bar du coin, on se rappelle l’Amazonie n’est jamais très loin…Un parfum d’aventure règne; la Guyane, c'est l Amérique du sud!

samedi 27 septembre 2008

Sarah Palin, sous protection évangéliste



En Amérique latine, PARE de SUFRIR, une secte évangéliste US-brésilienne, attire des évangélistes criards de toute nationalité, y compris kenyans, notamment.
J'en ai même croisé un une fois à Iquique, au nord du Chili.

Celui ci plaide, en 2005, en faveur de Sarah Palin, future Vice-Présidente des USA (EEUU en espagnol). On le voit intercéder auprès des forces divines pour davantage de fonds de campagne, de soutien, et pour l'éloigner de tout mauvais sort (de toute tentative de sorcellerie, précisément: "witchcraft"...).

Et bien nous voilà bien.
Elle sera en phase avec une part croissante de la population du sous-continent, en tout cas, qui se convertit de plus en plus aux divers évangélismes de souche gringa...que ça vous plaise ou non. Notamment les classes laborieuses. Guatémala, Colombie, e surtout Brésil, le plus gros pays catho du monde...pas un pays n'y échappe.

No country for old man, avec Mc Cain! No country for crazy-jesus-freak bitch neither!

vendredi 26 septembre 2008

La récompense








SOLDIER SIDE- System of a down





Sans maison, sans but, sans rumbo, José Antonio Gutierrez a grandi, vécu dans les rues de Guatémala City.

Pour tuer la faim, il volait. Pour tuer la solitude, il inhalait des vapeurs de colle industrielle et devenait, alors, pour quelques instants, magiques, une star d'Hollywood.

Un jour, il partit. Il partit loin, au Nord, au Paradis.

Evitant la police, s'infiltrant dans des dizaines de trains, de bus, marchant mille et une nuits, il finit par atteindre la Californie.
Et là bas il s'infiltra, et là bas il resta.

Six ans plus tard, dans le quartier le plus misérable de la capitale du Guatémala, les coups sur la porte réveillèrent Engracia Gutierrez.

Des messieurs en uniforme venaient l'informer que son frère José Antonio, enrôlé dans le corps des US Marines, était mort en Irak.

Cet enfant de la rue avait été la première perte des forces d'invasion de la guerre en 2003.

Les autorités entourèrent son cercueil d'un drapeau à bannières et étoiles, et lui rendirent les hommages militaires. Ils le firent citoyen des Etats-Unis d'Amérique, qui était bien la récompense qu'on lui avait promis.

La télévision, qui retransmettait la cérémonie en direct, exaltait l'héroïsme du courageux soldat qui était tombé au combat contre les troupes irakiennes.

On apprit plus tard qu'un "tir ami" l'avait tué, comme on appelle les balles qui se trompent d'ennemi.

jeudi 25 septembre 2008

Comment s’expatrier avec succès dans un pays du tiers-monde



Un lien découvert chez Mickou, Tequila, Mexico, une fois de plus.

C’est une exclusivité de Boxsociety: 7 conseils fondamentaux pour réussir son expatriation. Pas un de plus, pas un de moins. Il n’y avait qu’une personne capable de nous délivrer cette pépite:

Jon Consulting, le seul et unique spécialiste qui peut fièrement revendiquer son titre de e-consultant…

Si l’expatriation c’est votre affaire, conservez précieusement ces recommandations et n’oubliez pas de les consulter chaque fois qu’il sera nécessaire: c’est votre passeport pour ne pas rentrer bredouille.

Comment s’expatrier avec succès dans un pays du tiers-monde

Que ce soit pour lancer son biz ou pour se faire payer grassement par une multinationale pour aller porter son costard par 45 à l’ombre, l’expatriation professionnelle a du bon. Surtout dans un bled du Tiers Monde. Là où le Soleil brille aussi intensément que les lèvres humides des pétroleuses locales, frétillant à la vue des beaux européens blindés de tunes que nous sommes.

Les délices d’une vie facile, gorgée d’alcool et de filles bon marché, les plaisirs exotiques de la découverte d’un territoire étranger et de ses habitantes, les douceurs exquises d’un travail peinard à l’ombre des palmiers… Tout ça, c’est pas du pipeau de brochure touristique. Les pays pauvres sont le nouvel eldorado du cadre moyen qui s’emmerde à mourir dans la grisaille puante du périphérique.

Mais, attention les gens, car réussir son expatriation n’est pas un mince affaire et beaucoup s’y sont rapé les gencives, après s’y être pété les dents. Ils se sont chiés dessus plus que la tourista locale l’autorisait, ils sont se sont fait bouloter les bourses par une indigène ambitieuse et plus maline qu’eux, ils se sont fait rétamés professionnellement par les crasses perfides de fenecs de bureau qui voulaient se payer un blanco, bref ils se sont crâmés sur tous les plans.

Je profite donc d’être de passage sur le blog de David, pour vous donner quelques conseils à ma sauce sur un sujet qu’il connaît bien et moi pas du tout. Mais c’est mon métier de charlot consultant qui veut ça.
Comment s’en sortir alors pour aller taffer hors de son pays natal sans se faire zeubi par les fausses promesses de ces nouveaux paradis, sans se fourvoyer dans un néo-colonialisme bobeauf, ni passer pour un pignouf de toubab en achetant un kil de marijuana à un flic déguisé en clodo ?

Vous n’apprendrez pas tout en un post, il vous faudra payer de votre personne, mais j’ai bien trimé pour récolter la quintessence des conseils pour expat’ fraîchement débarqués et autres puceaux de la déloc’. Voici mon guide du routard à wam du travailleur à l’étranger :

1. S’acclimater à la connerie locale

Chaque pays a sa connerie. D’aucuns appellent ça “culture” mais perso je trouve que le terme “connerie” est plus propice compte tenu du tas de foutaises intellectuelles et d’habitudes crétines que ce magma atavique et glouton regroupe généralement.

Dans certains bleds, on mange avec la main gauche car on se torche avec l’autre (sauf si on veut donner du goût aux aliments, mais là encore c’est une question de religion). Dans d’autres, on ne fait pas la bise aux femmes qui n’ont pas de moustache. Dans d’autres encore, on ne dit jamais non à quelqu’un pour éviter de lui faire looser la face (ce qui peut vous amener à le sodomiser à sec si ça vous chante). Et dans d’autres encore, on ne passe pas la journée sans boire au moins deux litres et demi de vodka sous peine de porter malheur à toute votre famille sur 4 générations.

Les exemples de comportements bizarroides pour nous autres européens sont nombreux. La connerie locale est impregnée de croyances puériles, de coutumes crasses et de superstitions crétines qu’il vous faudra assimiler rapido sous peine de passer pour le dernier des conneaux qui ne sait pas lire un lonely planet en entier.

Ces habitudes locales se retrouvent aussi au boulot. Vos collègues de taf se formaliseront par exemple si vous présentez vos powerpoint en omettant de chanter l’hymne de l’entreprise au préalable. Ils réprouveront votre manque d’hygiène si vous ne vous essuyez pas la bite avec votre cravate après la pause pipi. Ils se fouteront de votre gueule si vous ne fumez pas un cigare plus gros que votre jambe en réunion client. Ils vous mépriseront carrément si vous ne shootez pas au moins une fois une rafale de UZI sur les locaux de vos concurrents.

Vous avez intérêt à capter tout ça très vite. A défaut, vous pourrez finir brulé vif par vos collègues de travail à qui vous auriez préparé un kawa sans mettre une gousse d’ail dedans. Vous pourriez aussi vous faire sodomiser par tout un escadron paramilitaire à qui vous auriez jeté un mauvais oeil en traversant du mauvais coté de la rue.

Posez des questions, jouez les ingénus, on vous répondra volontiers, en vous prenant pour un golio il est vrai, mais c’est toujours mieux que de commettre l’acte irréparrable qui vous amènera à dérater comme un lièvre vers l’ambassade de votre pays, poursuivi par la populace en furie.

2. Bien masteriser le différentiel de pouvoir d’achat

Les pays pauvres sont vraiment pauvres. Et les gens qui y crèchent encore plus, puisque selon le principe de Pareto appliqué au Tiers Monde, 99% des richesses y sont possédées par 1% de la population.

Les gens que vous croiserez tous les jours en tant qu’expat moyen, que ce soit vos collègues de boulot, le commerçant du quartier qui augmente ses prix de 270% quand vous vous pointez, le toubib qui vous soigne votre malaria et votre bléno, les ex-top modèles reconverties en putes de luxe que vous vous trainez en soirée, et même le proprio qui vous loue la villa avec piscine et bonniche, sont tout aussi fauchés que vous l’êtes dans votre pays. Mais avec le différentiel de change, et le coût de la vie locale, votre salaire d’habitude merdique d’Européen représente ici 45 fois le salaire moyen, et vous êtes donc, comparativement aux autochtones, carrément gavé d’oseille.

Si vous ne savez pas gérer ça korrek, ça ne manquera pas de vous ramener une paqueson d’emmerdes. Vos collègues risquent de vous entraîner dans des concours de beuverie, où, bon enfant, attendri par leurs confessions d’ivrognes sur leurs familles nombreuses et leurs difficultés à raquer le loyer de leur 2 pièces en tôle dans un bidonville, vous finirez pas règler l’addition. Même si vous n’arrivez pas à piger comment ils ont pu boire 8 bouteilles de Tek’ à 3 en 2 heures.

Vous pourrez aussi vous laisser aller à tout claquer dans la coke et les putasses. La gente féminine locale ayant bien le ticket pour repérer les gogos en mal de nichons ambrés. Là aussi, vos collégues de taf, stressés par les heures supplémentaires que la traduction de vos recommendations inbitables leur font subir, pourraient aisément vous entraîner dans ce type de dérives.

Si vous cramez de la tune trop ostensiblement, vous pourriez aussi vous faire spoter par la mafia locale qui se fera un plaisir de vous racketter pour garantir votre protection contre les mendiants aveugles et handicapés qui vous harassent à longueur de journée.

Sachez donc préserver une certaine dignité dans vos style de laïfe. Payez-vous une vie de riche mais à la zonmé, loin des regards envieux des crèves-la-dalle qui vous entourent.

3. Accepter de bonne grâce les contraintes techniques du sous développement

Poireauter 3 jours pour un bus qui devait arriver dans une heure, histoire d’aller à une réunion client super-mega-importante à l’autre bout du pays, remplir 450 liasses de paperases pour avoir le droit de vous garer devant votre boulot, ne pas pouvoir bosser après 17h heure officielle de coupure de l’alimentation en électricité du pays, ne pas espérer pouvoir tirer la chasse d’eau le samedi, jour où les gens lavent leur bagnole et finissent d’épuiser le reservoir de la ville dès 9h du mat’…. tout ça fait partie intégrante de votre expérience au sein du sous-développement. Ne le reniez pas.

Même si les ordis fondent avec la canicule, même si le fax est HS le vendredi car le boss chourrave des pièces pour bidouiller son barbeuk électrique, même si le réseau est out pendant deux mois parce que l’admin système s’est fait buter par son voisin, même si le guano a détraqué tout le système de clim et qu’il chauffe au lieu de rafraîchir, ne pétez pas une durite. Gardez votre cool, faites comme les locaux, allez vous taper une binouse ou tout ce que vous pouvez taper d’autre et profitez-en pour ne pas bosser.

Au début, c’est gonflant mais on s’y fait vite. Après tout, tant que la paie n’est pas détournée par le dirlo, tout baigne.

4. Manier avec classe, l’art délicat du backshish

Les pratiques professionnelles des pays fauchés différent sensiblement des nôtres. A défaut de payer de votre personne, si vous êtes une femme, il vous faudra faire claquer l’oseille chaque fois que vous souhaitez obtenir quelque chose d’un au-delà de la moyenne (la moyenne étant très très basse). Vous voulez un marché ? Backshish ! Vous voulez l’aval de votre supérieur hiéarchique local pour un projet méga-cool ? Backshish ! Vous voulez une ristourne d’un fournisseur ? Backshish ! Vous voulez que ces rapports soient prêts pour demain ? Backshish ! Vous voulez récupérer votre Palm Pilot ? Backshish ! Vous voulez vous farcir votre assistante ? Backshish !

Le backshish fait partie de la connerie locale (voir ce point). Il vous faudra apprendre à l’utiliser à bon escient et avec un tact digne d’un salon de bridge pour parkisonniens.

Le backshish se pratique l’air de ne pas y toucher, comme on se débarasse discrètement d’un peu de morve qui aurait coulé sur sa moustache.

expat_succes_1 Comment sexpatrier avec succès dans un pays du tiers-monde

Validez simplement avec votre interlocuteur qu’il n’est pas un membre incorruptible de quelque confrèrie de mabouls, en lui demandant si la vie n’est pas un peu rude en ce moment. S’il se met à pleurnicher sa mère et vous cracher à la gueule un monticule d’emmerdes digne d’un scam africain, entre sa femme qui le bat, ses enfants qui revendent de la colle à bois pour pouvoir bouffer, sa belle-mère qui le harcèle sexuellement et ses cousins voyous qui veulent lui piquer les roues de sa caisse.. vous savez que vous êtes bon. Posez direk une liasse de biftons sur la table avec un petit mot gentil, et l’affaire est dans le sac.

S’il proteste (ou fait mine au cas où un caméra de la police secrète serait planqué dans l’anus du chien mort qui traîne depuis 2 mois dans la salle de réunion), sortez lui que ce n’est pas pour lui mais pour ses chiards. Et tout le monde sera content.

5. Ne pas renacler au turbin sous prétexte que vous venez du coté civilisé du planisphère

Ne pas lambinez au taf sous prétexte qu’il fait chaud et que vous seriez mieux à la plage. L’indigène est souvent travailleur et dépote grave au boulot. Vous serez considéré comme une baltringue si vous ne savez pas mettre un sérieux coup de bambou quand il faut.

Hé ouais, on croit à tort que les pays pauvres sont pauvres parce que les gens ne foutent rien. Mais c’est une odieuse rumeur, propagée sans aucun doute, par les spoliateurs des pays blindés de caillasse. Car le gars du Tiers-Monde turne comme un malade…

enfin sauf dans les cas suivants :

* pendant l’heure de la sieste bien sûr .. de 11 à 15H

* durant la semaine de la vierge où tout le pays entre en procession, défonçé aux amphets de guerre pour marcher 7 jours en slibard sous un cagnard de plomb histoire d’aller baigner une madonne en platre dans une fontaine qui sent la pisse de rat

* quand un des 10 mômes a encore choppé un virus inconnu et qu’il faut l’emmener chez LE toubib spécialisé dans les maladies ultra pourraves, toubib qui crèche de l’autre coté du pays évidemment

* quand c’est la grève pour dégager le gouvernement (3 mois par an)

* lorsqu’il s’est fait chourrer ses outils par un concurrent mal intentionné (ou qu’il les a revendu au marché noir pour faire grailler la famille)

* quand il y a plus de binouze dans le frigo de la boîte (c’est trop intolérable comme conditions de taf)

* le jour de la paye car on ne peut pas sérieusement se refoutre à bosser pour une salaire aussi minable sans aller se remotiver par une tournée au zinc et une chez les morues

* lorsque le patron est lui-même occupé par un des cas ci-dessus et qu’il n’y a personne pour surveiller

6. Se méfier de toute montée de fièvre

Un des avantages indéniables de l’expat’ est le pouvoir d’attraction sexuelle qu’exerce immanquablement son supposé énorme portefeuille. Dans tous ces bleds où le pognon blanc est roi, vous pourrez chopper à mort et pas que du boudin. Même si vous êtes plus laid que Shrek, à partir du moment ou vous êtes expat’ avec le 4×4 de fonction et le costard en lin assorti à vos capotes, vous serez vite submergé de propositions plus indécentes les unes que les autres.

Encore mieux, vous découvrirez que les filles du cru sont compréhensives : elles accepteront volontiers qu’un gugus comme vous, riche et fébrile du zguègue, se coltine plusieurs maitresses. Tant que vous lâchez la maille pour leurs robes, leurs bijoux et pour le lait des mioches, elles accepteraient à peu près n’importe quoi d’ailleurs. Même de vous lécher le troufion habillées en peau de léopard si c’était votre kif.

expat_girl Comment sexpatrier avec succès dans un pays du tiers-monde

Votre femme aussi, si vous l’avez amené avec vous, sera tout aussi compréhensive car elle passera son temps, pendant que vous turnez comme un chien dans votre succursale sous climatisée, à se faire masser les miches par des superbes éphèbes du coin, bronzés comme des dieux et montés comme des ânes.

Bref, vous aurez le champ libre pour vous faire péter la biroute autant que possible.

Et c’est bien là qu’il faudra faire attention. La chaleur pourrait vous monter à la caboche et vous pourriez vous enticher d’une radasse du bled. Grave erreur à ne pas commettre. Elle aurait tôt fait de vous griller, et de vous réclamer le mariage et le retour en terrain développé pour se chopper votre nationalité et vivre enfin son rêve de quitter le bled pour les pays du grand pognon. Où elle vous larguera d’ailleurs viteuf pour un mec vraiment beau et vraiment blindé.

7. Assurez toujours vos arrières

Autant ces bleds paumés peuvent être des paradis pour nous autres visages pâles, autant ils peuvent se révéler tout aussi bien être des vrais putains de volcans prêt à défourailler à la moindre occas’.

Le gouvernement peut être boulé du jour au lendemain par une horde de guerilleros armés de machettes et de pots d’échappements taillés en pointe. Une inondation ramenant 6 mètres de flotte en une heure n’est pas à exclure. Votre entreprise peut être nationalisée pour le bien commun (et l’intérêt général des 40-50 gus qui se partagent le pays). Le frère d’une de vos maitresses peut se foutre en tête de venir vous couper les couilles au cutter. La mafia locale peut décider de vous faire péter la baraque car le nouveau produit que votre boîte lance sur le marché va à l’encontre ses ambitions. N’importe lequel de vos collaborateurs peut décider de vous faire assassiner pour prendre votre place (et votre salaire de gouniaffier). Un gang local peut vous kidnapper pour vous bourrer de came et vous balourder sur le marché des travelots SM .. et j’en passe.

Hé ouais, c’est pas la Suisse. Donc cultivez votre paranoïa et prenez vos dispositions.

Ayez toujours une valise prête sous votre pieu. N’hésitez pas à payer un ou deux marlous pour assurer votre protection. Ne garez jamais votre bagnole au même endroit. Utilisez toujours un téléphone satellite sécurisé. Ne sortez jamais sans votre tube de vaseline.

Voilà, j’espère qu’avec ça vous êtes parés comme des bidasses en alerte Guépard. Et surtout que vous saurez vous en foutre une pleine louche avant de rentrer au bercail, la peau burinée par le soleil, les poches pleines de tunasses, avec l’oeil blasé du barbouze sur le retour et le goût amer du vin de palme dans le bec.

A+