samedi 6 février 2010

Oruro





















Le groupe LLAJTAYMANTA. Cha cha cha. Une morenada. Je kiffe. Goguenards, certains kamrades de jeu ne comprennent pas le goût que l'on peut avoir pour le folklore bolivien, Barbara ET pour le hip hop east coast. Tampoco.


Le plus beau Carnaval du Monde, c'est le Carnaval d'Oruro.
Voilà.
Péremptoire.
Limpide.

C'est un truc flamboyant, fort, Oruro.
Ca souffre, ça prie, ça s'exalte, ça sue, ça picole, ça suinte, ça pisse, ça vomit, ça s'enroule, ça se bastonne puis ça s'embrasse, ça danse, putain qu'est ce que ça danse. Brut, des kilomètres et des kilomètres de pélerinage synchrétique et sautillant, jusqu'à s'incliner aux pieds de la Vierge du Socavon, la Vierge des mineurs qui grattent le filon à l'ongle et à la foi, comme à la fin du 19ème siècle.
Ils arrivent, s'inclinent. Transis.
On en voit même certains en "roue arrière" (tiens, comment va Mr Soulard?)

C'est un truc de fou. C'est sans doute, encore, un élément fondamental de pacification sociale dans un pays qui en a bien besoin.
C'est surtout une fête qui ne soutient aucune comparaison.


J'ai justement un collègue brésilien, complètement addict à tout ce qui ressemble de près ou de loin à un phénomène de transes urbaines, de plumes dans le cul et de musiciens mobiles, qui en revient. Je crois qu'il ne s'en remet toujours pas.
Il y a encore peu de temps, le folklore populaire était méprisé par les classes oppulentes de ce pays de féroce ségrégation. Mais peu à peu, les cultures marginales ont commencé à attirer les bouregois de la zone sud, les cloitrés des compounds sécurisés, dans certains quartiers fermés des villes, qui se sont peu à peu mis à danser eux aussi les danses du cholo, de l'indien, du crasseux, de feu-le-gueux, que sont la cueca, la diablada, les caporales, le toba, les morenadas, les tinkus... Le mélange se fait sans heurts.

On me raconta que dans les années d'ajustement structurel d'obédience FMIste, ces maudites années perdues, même l'ancienne élite politique, blanche, ces "De Boers" Andins qui ne reviendront plus, se mêlait tout sourire à ce Carnaval, après l'avoir tant méprisé.

Déjà, dans notre royaume de France, le plus grand plaisir des princes était de se mêler au populaire. Henri III courait les rues de Paris, costumé en Pantalon vénitien et s'amusait fort à battre les passants et à jeter dans la boue les chaperons des femmes. On ne s'en étonnait guère; c'étaient les moeurs du temps.
Les vieilles femmes osaient à peine quitter leurs maisons de peur des "attrapes" du mardi gras. On plaquait sur leurs manteaux noirs des empreintes de craie figurant
des rats et des souris, on attachait à leurs robes des torchons sales.
Nous ne parlerons des obscénités étalées en public, et des facéties grasses, que pour rappeler qu'elles étaient un des traits les plus caractéristiques des saturnales. Les théâtres ont conservé longtemps la tradition de jouer les pièces les plus licencieuses dans les derniers jours du carnaval. Coquinneries, aqui, alla.
A Oruro, on ne pense pas à tout ça. On comprend quelques morceaux, bien plus tard.
A Oruro, on ne sent plus cette chappe de plomb raciale qui est tout de même à vif dans le pays depuis 2000. On ne pense plus, enfin, à tout celà. On se reconnecte avec les entrailles de la terre et de la poussière. On les transfigure. On fait jaillir la couleur.

On m'a parlé d'un blogue de voyage en Bolivie: ils en causent bien. Ils sont mignons ces belges. Presque cursis, mais mignons.

J'aime le Carnaval d'Oruro, aussi, parce qu'il reflète la Bolivie. Avec ses grandeurs, ses immenses éclats de brio, son panache carnassier, sa trajectoire culturelle millénaire, sa capacité de résistance aux plus grandes des tragédies, personnelles comme collectives, toujours si intimement liées là bas.
Je l'aime pour ses tripes.

Par contraste, le show de Rio, sa rigueur disciplinée, l'extrême ajustement de ses mouvements, la coordination appliquée de ses participants/compétiteurs...
Rio, c'est la compét. Entre différentes écoles de samba. C'en serait limite chiant, à bailler.


Allez, cap sur Oruro.

samedi 16 janvier 2010

Une journée à l'Ambassade de France au Nyamangwa



Une journée à l'Ambassade de France au Nyamangwa

Vous êtes troisième secrétaire à l’Ambassade de France au Nyamangwa.

5h 30 : Vous êtes réveillé par des coups de feu et des tirs de roquettes dans les quartiers nord de la ville.

6h 15 : Vous constatez que le groupe électrogène de votre résidence, qui tourne sans interruption depuis deux semaines (il n’y a en effet jamais de courant dans le quartier que vous habitez) a rendu l’âme. Vous tentez vainement de le réparer sous l’oeil goguenard de votre gardien.

7h 15 : Dans l’impossibilité, faute de courant, de faire monter l’eau dans la citerne installée sur votre toit, vous vous lavez dans le jardin avec le filet d’eau qui sort du tuyau d’arrosage. Votre petit-déjeuner se réduit à un Fanta tiède et à deux papayes.

8h 00 : Alors que vous vous dirigez vers l’Ambassade, la population locale vous salue au passage par des quolibets choisis, des insultes variées, des crachats et des jets de pierres. A quelques mètres de la chancellerie, un fonctionnaire de police vous arrête pour infraction à un code de la route qui n’existe même pas à l’état de tradition locale, dans le but manifeste d’obtenir de vous un pot-de-vin. Vous brandissez votre passeport diplomatique mais, constatant que votre interlocuteur, analphabète, se fait menaçant et pointe son arme sur vous, vous préférez céder.

8h 30 : Arrivant à l’Ambassade, vous vous frayez un chemin parmi la foule bigarrée et vociférante des demandeurs de visas et, parvenu jusqu’à votre bureau, vous prenez connaissance de la presse locale, laquelle annonce principalement que « le sous-secrétaire d’Etat à l’Equipement s’est rendu dans la province du Bas-Ngwazo afin d’encourager les masses populaires enthousiastes à poursuivre l’édification du Nyamangwa démocratique ». Conformément aux consignes de l’Ambassadeur, qui exige que le correspondance du poste augmente chaque année de 20% par rapport à la production de l’année précédente, vous vous apprêtez à rédiger une dépêche circonstanciée.

9h 00 : Le Chiffreur vous remet la collection des télégrammes. Le Département vous demande d’effectuer, le jour même et au plus haut niveau, une démarche afin d’obtenir que le Nyamangwa soutienne la candidature de M. Linconnu, universitaire français, à la présidence de l’Office international de Protection des Vers à Soie. Votre télégramme demandant une pièce destinée à réparer le système de climatisation de l’Ambassade reste, en dépit de nombreux rappels, sans réponse.

9h 30 : Vous tentez avec acharnement de joindre le Ministère nyamangwais des Affaires étrangères, mais vous vous apercevez que les communications sont systématiquement coupées au bout de quelques secondes. Vous vous y rendez alors avec votre propre véhicule (la voiture du poste étant utilisée exclusivement par l’épouse de l’Ambassadeur). Vous êtes reçu après une attente interminable par un obscur collaborateur du chef-adjoint du protocole, lequel vous indique d’un ton suffisant que vous ne pouvez voir aucun fonctionnaire du Ministère des Affaires étrangères sans avoir pris un rendez-vous un mois à l’avance.

11h 30 : Plus matinal que de coutume, l’Ambassadeur arrive à l’Ambassade et, après avoir vidé une demi-bouteille de Johnny Walker en se plaignant du climat particulièrement émollient du Nyamangwa, convoque la réunion hebdomadaire. Il traite le vice-consul de « con dangereux », rappelle à l’Attaché culturel que le séjour au Nyamangwa ne le dispense pas, à sa connaissance, du port de la cravate et s’étonne que l’épouse de l’Attaché commercial se soit crue autorisée à bouder le thé organisé deux jours auparavant par son épouse.

Puis il vous demande de signifier au chiffreur que celui-ci est sommé de se rendre de toute urgence à la Résidence pour réparer la chaîne hi-fi en panne depuis la veille, avant de se lancer dans une description détaillée de quelques hauts faits accomplis lors d’un séjour au Tonkin de mars à septembre 1947, suivie d’une réflexion fort intéressante sur l’administration du territoire des pillards Regibat de Mauritanie, assortie d’un éloge ému des nombreuses qualités des femmes de cette tribu.

13h 45 : L’Ambassadeur lève la séance en caressant pensivement le revers de son veston, sur lequel s’étiole une rosette arrachée de haute lutte à l’indifférence de ses concitoyens ; puis, convié par son collègue belge (le seul dont il comprenne la langue) à un week end prolongé au bord de la mer, vous abandonne à votre sort pour quatre jours.

14h 00 : Alors que vous vous apprêtez à quitter l’Ambassade, le sieur Lembrouille, citoyen français réfugié au Nyamangwa à la suite de démêlés avec la justice française et ci-devant co-propriétaire du bar de nuit « Le Pigall’s », se présente au consulat dans un état proche du coma éthylique et exige la délivrance immédiate d’un visa de long séjour sur le passeport flambant neuf de Marie-Félicité Kado, prostituée notoire qu’il présente comme sa future épouse. Le vice-consul ayant refusé d’obtempérer, il s’en suit un échange de propos assez vifs, M. Lembrouille traitant le fonctionnaire de « pauvre merdeux de gratte-papier, trop content de bouffer avec l’argent des contribuables », le vice-consul traitant M. Lembrouille de « loque sidaïque et bougnoulisée ».

Les deux protagonistes en viennent aux mains. Alerté par leurs cris, vous séparez les combattants et priez M. Lembrouille de quitter le consulat. Il s’exécute de mauvaise grâce, non sans avoir annoncé qu’il ne manquera pas de porter l’affaire à la connaissance du Département (ce qu’il fera, naturellement, en prenant soin de réduire l’incident à une version très personnelle).

14h 30 : Votre groupe électrogène n’ayant toujours pas été réparé, vous prenez votre courage à deux mains et partez déjeuner au restaurant « Chez Slimane». Vous commandez un plat de riz et un poisson, avec lequel vous jugez prudent cependant de ne pas faire plus ample connaissance. Vous vous préparez à entamer votre troisième papaye de la journée, lorsque le garde de sécurité vient vous avertir que le jeune Lepaumé, VSNA, a été arrêté par la police alors qu’il se trouvait en possession de 500 grammes de haschisch et de 2500 dollars, produit d’un change parallèle effectué avec un opposant au régime en place.

15h 00 : Vous chargez aussitôt le vice-consul de prêter assistance au jeune Lepaumé (lequel risque une condamnation à la peine capitale) et d’entamer, muni de substantiels pots-de-vin, des négociations avec les fonctionnaires de la police et de la justice nyamangwaise. Le garde ne parvenant pas, pour des raisons techniques, à faire partir le télégramme que vous vous êtes empressé de rédiger à l’intention du Département, vous saisissez votre talkie-walkie pour appeler le chiffreur ; celui-ci , propriétaire fort endetté d’une résidence princière en cours de construction dans son village natal, habite par mesure d’économie dans un bidonville situé à une vingtaine de kilomètres du centre-ville.

La liaison étant perturbée par un vent de sable intempestif –à moins que ce ne soit la présence de nombreux bâtiments en dur entre l’Ambassade et le domicile du chiffreur- vous décidez de vous rendre personnellement chez lui.

15h 35 : Entrant dans le gourbi du chiffreur, vous surprenez celui-ci en compagnie de trois beautés locales, dont la plus âgée paraît n’avoir pas encore atteint douze ans et, après vous être répandu en excuses, le priez d’interrompre sa sieste et de rejoindre l’Ambassade.

16h 30 : Le chiffreur renonce à passer votre télégramme immédiat, la transmission étant rendue impossible par des difficultés de propagation. Un sentiment diffus d’abandon vous étreint momentanément.

17h 00 : Le vice-consul vous fait savoir que le jeune Lepaumé, qui s’étonne de ne pas bénéficier de l’immunité diplomatique, sera vraisemblablement condamné à la prison à perpétuité pour trafic de stupéfiants et détention illégale de devises. Vous songez à cet instant que votre emploi du temps pour les trois mois à venir – le temps d’obtenir l’expulsion de l’intéressé- est largement rempli. Vous n’en retirez cependant aucun sentiment de satisfaction.

17h 25 : Vous regagnez votre résidence et constatez que votre stock de denrées périssables est décongelé et donc voué à une putréfaction rapide. Les trois gouttes d’eau brûlantes qui s’échappent de votre tuyau d’arrosage ne vous permettant guère de procéder à vos ablutions, vous vous contentez de changer de chemise et vous apprêtez à représenter la France à un cocktail offert par le Ministre de l’Information du Nyamangwa en l’honneur du 10ème anniversaire de l’entrée de son pays dans l’«Union des Riverains de l’Ulele ».

18h 30 : Au cours de la réception, les membres du corps diplomatique se répandent en commentaires peu élogieux sur la vie quotidienne au Nyamangwa et déplorent, en citant moult anecdotes savoureuses, l’incompétence et l’incurie du personnel de maison local. Alors que vous tentez désespérément d’accéder au buffet, votre collègue chinois – qui parle couramment les cinq langues vernaculaires du Nyamangwa mais ne sort pratiquement jamais de son ambassade – s’acharne pour obtenir de vous les informations que vous pourriez éventuellement détenir sur la tournée effectuée dans la province du Bas-Ngwazo par le sous-secrétaire d’Etat à l’Equipement, événement qui, relaté dans la presse, serait significatif d’après lui de l’évolution politique du Nyamangwa. Vous vous débarrassez de l’importun en l’interrogeant sur le rôle de la Chine dans le processus de réunification allemande.

19h 40 : Vous quittez la réception après avoir réussi à vous emparer d’une poignée de cacahuètes grillées et regagnez l’Ambassade. Vous y trouvez la secrétaire de l’Ambassadeur, robuste quinquagénaire, extrêmement déprimée par le départ de sa collègue de la Croix-Rouge, à laquelle elle était, semble-t-il, très attachée. Malgré les consolations que vous lui prodiguez, elle quitte l’Ambassade en larmes et annonce que « quelque chose pourrait bien lui arriver bientôt et plus vite qu’on ne le pensait », précisant que « de toute façon, tout le monde s’en foutait ». Après avoir brièvement consulté les instructions relatives au rapatriement des Français décédés, vous vous mettez en quête d’un endroit pour dîner.

20h 05 : Assis à la table du « Tropical », vous dégustez des beignets de papaye frits dans l’huile de vidange du garage voisin, tandis que les décibels du dernier succès de Michael Jackson déferlent dans la salle. Entrepris par une créature stéatopyge qui vous gratifie d’un sourire vénérien auquel il manque quelques dents, vous lui déclarez que vous avez à peine de quoi payer votre repas. Elle se retire à contre-cœur, non sans avoir mis en doute votre virilité. Un lépreux lui succède, qui vous fait regretter amèrement les beignets que vous venez d’engloutir.

Vous sortez en titubant du « Tropical » et êtes aussitôt assailli par une meute hurlante de gamins qui, s’agrippant à vos vêtements, prétendent avoir gardé votre voiture et exigent le paiement de leurs services. Vous les dispersez à coups de poing, avant d’entrer dans votre véhicule (dont la serrure vient d’être forcée) et de démarrer sous une pluie de pierres.

21h 20 : Alors que vous entrez dans votre rue, plongée dans l’obscurité, vous manquez de forcer un check-point qui vient d’y être installé. Croyant votre dernière heure arrivée, vous éteignez vos phares, allumez en hâte le plafonnier et sortez les mains en l’air de votre véhicule. Tandis que les soldats surexcités s’apprêtent à vous abattre sans tarder, le chef de l’escouade, dont l’haleine empeste l’alcool, appuie doucement le canon de son revolver sur votre tempe et commence un interrogatoire auquel vous ne comprenez goutte.

Vous vous montrez persuasif et, en gage de bonne volonté, vous faites présent à votre interlocuteur de votre montre, de votre briquet, de vos cigarettes, de votre pneu de secours et de tout l’argent liquide que vous avez par-devers vous. Vous parvenez ainsi à tempérer les ardeurs meurtrières du chef de l’escouade et, profitant des discussions animées qui surgissent à l’occasion du partage du butin, vous vous esquivez sans demander votre reste.

22h 05 : Arrivé chez vous, vous allumez non sans mal une lampe à pétrole et videz votre dernière bouteille de gin pour vous remettre de vos émotions. Une douce torpeur vous envahit peu à peu et, bercé par les tirs de roquettes qui reprennent dans les quartiers nord et couvrent le bourdonnement des moustiques assoiffés de sang, vous sombrez dans un sommeil peuplé de songes. Vous voyez apparaître dans le lointain des zodiacs de la Marine Nationale qui, ondulant sur les flots bleus de la mer infinie, viennent vous arracher providentiellement à une résidence dont vous regrettez déjà l’indemnité…

roland-brejon

jeudi 14 janvier 2010

Haïti: Déyè mòn, gen mòn...



Déyè mòn, gen mòn.

Derrière une montagne, il y a une montagne.

Proverbe d'Haïti, Ayiti, ce pays martyr, la première République Noire de l'Histoire qui cumule 2 siècles d'injustices, de misère crasse, de désastres et vit une des pages les plus sinistres de son existence...

Ayiti signifie "terre montagneuse" en amérindien et vu du ciel, on comprend mieux pourquoi: des montagnes, des montagnes, encore des montagnes, tragiquement dénudées, déboisées, pelées.

Déyè mòn, gen mòn, ou l'histoire d'un peuple en perpétuel combat...Le combat pour la survie des malditos, des maudits de l'Histoire.

Un peuple qui a déjà pourtant payé un lourd tribut de sang, de sueur et de larmes, tout au long de l'époque récente.

Déyè mòn, gen mòn...

J'ai quelques amis journalistes partis sur place ce matin: ils ne reviendront plus les mêmes. J'ai quelques amis humanitaires sur place, ils ne reviendront plus du tout. Que les esprits vaudous de P.Prince les protègent...

lundi 11 janvier 2010

Mano SOLO Sanyo



Alors, outre la cassette Lhasa TDK, y avait aussi le Mano Sanyo, la cassette de la Marmaille Nue qui tournait en boucle sur le walkman rouge Sanyo, il y a tout juste 10 ans et même avant.

Du coup on va se calmer là, ça commence à bien faire, là, les gars.

'Taing, cte numéro de série 010, à chier comment qui s'annonce dis ôôôhh...

Vas-y Mano, montre leur là-haut de quoi t'es capable, fous-leur les cœurs en fête, mets y donc de ta grâce, d'ton talent, d'ton bordel !
Car ce qui compte c'est pas l'issue, c'est le combat, pas vrai Mano?

Tu manqueras à Paris et à tous les petits Patxis qui ont été à jamais visités, habités, hantés, par ta poésie.

A ton étoile!

lundi 4 janvier 2010

Lhasa TDK



C'était il y a dix ans, pile poil, les vitres sales du camion, le désert, les cactus, mon sac Lafuma devenu lourd de livres moisis, ce putain de Routard y compris, d'artisanat de seconde main, de chupa chups et de cassettes TDK.

Et une, notamment, celle de Lhasa.

He venido al disierto, pa irme de tu amor...

Lhasa, en boucle.
Lhasa, musique de route et de déroute.
C'était beau, triste et puissant.
Tellement vivant,

Commence bien, 010, taing...

mercredi 30 décembre 2009

Beach raquette



Round 09 over...
Dur de la battre, évidemment...

Feliz round 010!

mercredi 23 décembre 2009

J'ai trouvé Jésus



J'ai trouvé Jésus!


Il était caché,
Au fonds de mon coffre,
de retour de Tijuana...

Par le truchement, quelque peu maladroit,
de cette vanne, quelque peu foireuse,
je dédie ce Noël à tous les "Rézouss" mexicanos à stachemou que j'ai croisé, cotoyé, abrazé, affronté toutes ces années,
sans même ciller, tiquer,
sur leur drôle de prénom.

Je dédie, tel un acteur de telenovela ou une star de la Cumbia argentine en tournée, je dédie, donc, voire, je kassdédie, même, dans un même élan, ces fêtes de famille à une famille qui m'est devenue presque...familière, sympathique, et notamment à sa partie émergée, formidable conteuse, passeuse appliquée (fille de prof, ça marque forcément; para bien, tambien, no mames...), j'ai nommé E. d'Aguascalientes, remarquable observatrice es quotidienneté du Mexique.

Au début, tâtonnant, intransigeant, vieux con pétris de préjugés, perclus de sautes d'humeur, limite Tatie Danielle à la découverte des acteurs de Rezolatino, je ne comprenais pas que l'on puisse causer de supermarché, de parents d'élèves, de micro-trivialités et de mille et une banalités de la sorte, pacotilles en tout genre, et en faire quelque chose de beau et de puissant. Et bien, soit, je me suis une fois de plus trompé: au sein de la galaxie blogueuse interstellaire, la bougresse, elle, y parvient, con una facilidad de la chingada...Qu'elle en soit ici remerciée.

Abrazo donc, à la volée, à tous les grands et petits E. (je vous enverrai les T SHIRT que vous trouverez en PJ...manana te lo doy...).

Feliz Navidad a todos los demas!



dimanche 20 décembre 2009

La propriété, c'est le vol (Wilmer Proudhon)


Caricatura bolivarienne à caractère informatif sur support poster et plus si affinités

Pas de plan(ète) B









samedi 19 décembre 2009

Réchauffement climatique



1000 millions (y mas) de Chinois, Copenhague, et moi et moi et moi...
300 millions (y mas) de yankees complètement autistes aux clameurs du monde, et moi et moi et moi...

Et moi, affrontant, l'érosion des sols, la perte du bétail, des récoltes, les cycles agricoles déréglées, les inondations toujours plus meurtrières, les glissements de terrain toujours plus hostiles. 11 morts aujourd'hui dans le village pas loin, tiens. Engloutis par la boue, engloutis par les amendements de boutiquiers des négociateurs de Copenhague...

500 millions d'européens, qui auraient pu s'avancer d'eux même, malgré tout, et moi et moi et moi...

Piémont des Andes péruviennes, année 2004

Mouvements



Capoeira à l'UNAM, DF




Salvador de Bahia, Brazil




Morenada du Gran Poder, La Paz, Bolivie (Crédit: Corvi)




Samba da Salvador, la nuit



Tango, Buenos Aires

mardi 15 décembre 2009

Lo que pasa con Venezuela y la Boli-Burguesia



Et comme le dirait l'aut', gracias Tio Chavez, on s'est tous gavé!


El diario español El Mundo presenta un artículo de Jaime López que desnuda los detalles del mercado permuta en el país. De esta manera explica de qué manera “nacieron las grandes fortunas de la revolución socialista”.

Este es el artículo de Jaime López para El Mundo:

Es el negocio del siglo. Ningún mercado bursátil o producto financiero del capitalismo deja unos dividendos tan exorbitantes. La última trama de corrupción, que produjo la dimisión de un cercano aliado de Hugo Chávez y la intervención de siete bancos, se empezó a tejer con las colocaciones y bonos del Estado.

El bolívar venezolano posee dos precios: el que designa el Banco Central (2,15 bolívares por dólar), y el que marca la deuda venezolana en los mercados internacionales, también conocido como ‘permuta’ o mercado negro. Actualmente, se cotiza en (…) bolívares. Esta brecha fluctúa desde que el Gobierno introdujo en 2003 el control de cambios, que nació para evitar la fuga de divisas después de un paro petrolero que devastó la economía del quinto exportador de crudo.

Como el control de divisas es bastante estricto y la renta petrolera no puede cubrir este diferencial (de hasta un 175%), el Gobierno de Venezuela tiene que abrir válvulas de escape para reducir la demanda de dólares.

En los últimos cuatro años y durante la gestión de distintos ministros, la cartera de Finanzas desarrolló un amplio programa de colocaciones públicas, que incluyó cerca de 8.000 millones de dólares en notas estructuradas y unos 15.000 millones en bonos soberanos.

“El problema es que todas estas emisiones se hicieron a dedo. La última colocación de 3.500 millones de dólares de Petróleos de Venezuela (PDVSA) dejó unos beneficios de 400 millones de dólares entre: 44.800 personas naturales, y 10 bancos (de 60). No se publicaron nombres, ni información adicional. Tampoco se dio dinero a los importadores, que deberían ser los principales beneficiados”, explica a elmundo.es/america, Óscar García Mendoza, presidente del Banco Venezolano de Crédito (BVC).

Estos instrumentos, denominados en dólares, pero transados en bolívares, fueron manejados entre cuatro o cinco grupos de empresarios cercanos al Gobierno, que crearon casas de bolsa y bancos para realizar estas operaciones de compraventa. Por poner un ejemplo: los últimos bonos de PDVSA salieron al mercado por 2,268 bolívares. Si se añaden los impuestos y las ‘mordidas’ de los funcionarios, el bono costaba entre 2,9 y 3 bolívares, que revendido en el mercado negro dejaba unos beneficios netos del 85%. Así nacieron las grandes fortunas de la revolución socialista.

El secretario general del partido opositor Acción Democrática (AD), Henry Ramos, denunció que “una docena de boliburgueses, entre los que se encuentran Rafael Ramírez, ministro de Energía y presidente del gigante estatal Pdvsa, y Alejandro Andrade, tesorero de la Nación, ligados con empresarios se han enriquecido mucho más rápido que los narcotraficantes”.
Intervenciones de bancos

En las últimas semanas, el Gobierno venezolano ha intervenido siete pequeños bancos, que manejaban el 8% de los depósitos del sistema financiero, al detectarse supuestas irregularidades con estas colocaciones.

También emitió cerca de 30 órdenes de detención contra sus accionistas, conocidos empresarios de la ‘boliburguesía’, el término que la oposición utiliza para definir a los nuevos magnates enriquecidos durante la revolución bolivariana.

El caso más emblemático es el de Arné Chacón, hermano de un íntimo colaborador de Chávez (Jesse Chacón), que poseía entidades financieras, bancos de inversión y más de dos docenas de caballos purasangre en el hipódromo de Caracas.

“¿Cómo es posible que Arné Chacón, un ‘pata-en-el-suelo’ (expresión venezolana que identifica a quién no puede comprar ni sandalias), de pronto aparezca como dueño de un banco y caballos de carrera?”, se preguntó Chávez en su último programa de televisión Aló Presidente.

Miles de personas se aglomeraron la semana pasada a las puertas de los bancos intervenidos para pedir la devolución de sus ahorros, una situación que generó un pánico acrecentado por los rumores sobre la nacionalización del sector.

Los analistas se preguntan ahora si lo peor ha pasado. La agencia de calificación de riesgo Moody’s identificó esta semana a otras nueve entidades (además de las siete intervenidas), que estarían “peligrosamente cerca” de los niveles mínimos impuestos por la regulación venezolana, con lo que “el nivel de depósitos en peligro ascendería a un preocupante 26% del total de sistema de depósitos, desde el más modesto 8% que representaban los bancos intervenidos”.

Ricardo Sanguino, diputado del Partido Socialista (PSUV) y presidente de la Comisión de Finanzas de la Asamblea Nacional, estima que la actuación del Gobierno nacional, con apoyo de la banca y los fondos estatales, frenó una corrida bancaria y “resguardó el dinero de los ahorristas, no para favorecer a los dueños de los bancos como en el pasado, sino a los usuarios”.

Sanguino comenta que este jueves se aprobará en el Parlamento una Ley de bancos, que aumentará las garantías de los depósitos para dar mayores derechos a los consumidores.

“Pudiéramos pensar en un futuro ir a áreas de mayor control del mercado secundario”, dice sobre las colocaciones de notas estructuradas y bonos en el sector financiero. “El problema no es la falta de información; nosotros hemos solicitado estos datos y la información que tenemos es pública”, agrega.

Según Transparencia Internacional, Venezuela figura como uno de los países más corruptos del mundo, el segundo peor del continente después de Haití, ocupando el puesto 162, con una nota de 1,9 sobre 10.

Esta organización considera que el principal problema de la corrupción en Venezuela sigue siendo el acceso a la información pública. Ninguna de las 32 instituciones que firmaron acuerdos con Transparencia Venezuela muestra niveles aceptables.

“Sólo conocemos la cabecita del iceberg, esta es en una crisis muy profunda, que demuestra la tremenda corrupción del presidente y de sus íntimos colaboradores”, agrega el banquero García Mendoza.