samedi 2 août 2008

Le Jilakata (Bolivie)


Le Jilakata

Le JILAKATA est l’autorité traditionnelle des communautés indigenas aymaras, divisées en unités territoriales millénaires, qui sont autant d'étages écologiques, appelées Ayllus.

Le « Jilakata » avec la « Mama Jilakata », en couple, se chargent d’assumer les tâches et responsabilités publiques de la communauté, le suivi des priorités agricoles, l’organisation des cérémonies religieuses consacrées à la "Pachamama" (la mère la Terre) et au Panthéon mi-aymara mi-synchrétique de ces hautes terres (3940 mètres à en croire l'épouse du jilakata).

Cette position, obtenue après un vote délibératif qui pourra paraitre infiniment et inutilement "long" aux gringos que nous sommes, donne au « Jilakata » et à sa « Mama Jilakata », une autorité morale et politique qui est exercée durant un an.
Tout au long de cette année, la communauté entière leur doit respect et discipline. Son fouet, en bandoulière, est là pour vous le rappeler.

Il déconne pas, le Jilakata.

Ce sont également les conseillers familiaux de la communauté : ils visitent périodiquement les maisons, ils veillent à ce que les enfants soient suffisamment alimentés, que les femmes ne soient pas maltraitées, que les membres de la communauté accomplissent leurs devoirs et qu’il n’y ait pas de luttes intestines sans réponse ou solution durable. Ils trouvent ou essaient de trouver des solutions aux conflits domestiques, médiateurs et chatieurs pour les conflits de bétail, de semences dérobés ou de coucherie indue.

Le Jilakata de cette communauté près du Lac Titicaca a insisté, ce jour là, pour poser près du four de la Communauté. L'appareil numérique et ses divers gadgets le firent particulièrement rire.

Il en avait déjà vu un, quelques années auparavant. Il avait même fait ses premières photos. C'était celui de l'employé local de cette ONG Internationale si peu professionnelle, si lamentable dans ses visions comme dans ses pratiques hygiénistes et paternalistes, CONCERN INTERNATIONAL. Une de ces ONG bien pensantes qui polluent les paysages ruraux du Pérou et de Bolivie avec ces chiottes en béton blanches et bleues, aux logos si criards, qui, dare dare, finissent par s'écrouler, ou servir de remise à bois, de cachettes pour les amants, jeunes et vieux, aussitôt le dos de "l'expert" tourné.

Alors que le caca, humain comme animal, dans le monde andin, est le plus formidable et nécessaire des fertilisants organiques.

Les gringos les feront toujours rire, avec leurs drôles d'idées.
C'est pas tous les jours que les aymaras sourient et irradient l'espace, comme ça, l'espace d'un bref instant.




1 commentaire:

emi a dit…

En effet, un aymara bien luné, c'est rare.
... nan!!!! c'est pour rire!!!