dimanche 10 août 2008

Colombie: une violation du Droit Humanitaire International de plus



Le Comité international de la Croix-Rouge a condamné "le détournement délibéré" de son emblème et la "grave violation du droit humanitaire" par le commando qui a procédé le mois dernier à la libération d'Ingrid Betancourt et d'autres otages de la guérilla des Farc.

Sur un enregistrement vidéo de l'opération tourné par l'armée
colombienne et diffusé peu après la libération des otages, on pouvait déja voir
des militaires déguisés en employés humanitaires, dont l'un arborait le
symbole de la Croix-Rouge.

Le président colombien Alvaro Uribe avait formulé des excuses en
affirmant que ce militaire avait "pris peur", pov petit chose, et enfilé "spontanément" un gilet de la Croix-Rouge en constatant le grand nombre de rebelles sur les lieux où l'hélicoptère venait chercher les otages. J'en avais déjà sacrément "ri" ici même, de cette version mensongère. Mais elle était passé sans trop de souci.
Aterrant.

De nouveaux extraits filmés de l'opération du 2 juillet diffusés cette semaine par la chaîne de télévision colombienne RCN montrent un soldat portant une veste de la Croix-Rouge dès le début de cette opération méticuleusement planifiée, et un soin particulier à déguiser les 2 hélicoptères aux couleurs du CICR, à valider cette "mission humanitaire", y compris le logo "no weapon" (arme barrée d'un rond rouge).

Le ministre colombien de la Défense, Juan Manuel Santos, le Président Uribe, le Général en chef Montoya, tous ont menti à plusieurs reprises, de façon éhontée ces derniers jours, en dépit d'image confondantes, diffusées en boucle, en disant: "Rooooo, nos ne savions pas, ca s'est fait à notre insu".
Sans être JAMAIS questionnés par cette presse colombienne aux ordres comme dans aucun autre pays d'Amérique.
Ils ont déclaré ne pas être au courant de tous les détails de l'opération de sauvetage et ont "réclamé une enquête".

Les télés colombiennes continuent de parler d'opération parfaite, immaculée, divine. Les agences internationales ont peu repris cette dernière information.

Uribe et ses hommes savent parfaitement que leur funeste iédologie, celle de la din qui justifie tous les moyens, est approuvée par son électorat.
Il s'agit pourtant d'un TRES mauvais calcul, pour tout le monde, et surtout pour la paix durable, et ça dure depuis 2002.

Je n'ai point le temps pour détailler les conséquences concrètes, innombrables, de ce type d'utilisation d'emblèmes humanitaires par une des parties en conflit, en Colombie et partout ailleurs.
En ignorant la gravité de ce procédé, en ignorant les CENTAINES d'otages libérés DISCRETEMENT et dans des conditions TRES dangereuses par le CICR et d'autres organisations humanitaires, en omettant, qui s'en soucie vraiment, les graves conséquences qu'aura ce type de précédent, nos médias sont une fois de plus les relais permanents de mensonges d'Etat Colombiens bien plus sérieux que les envolées rhétoriques brouillonnes d'un Ortega ou d'un Chavez que l'on n'hésite JAMAIS à monter en boucle, tourner en dérision, railler ou critiquer, systématiquement.

Le deux poids deux mesures global entre Uribe et ces collègues...

L'Armée colombienne a par le passé utilisé des ambulances, également, pour infiltrer des hommes armés. Guerre sale en Colombie, c'est pas nouveau. Mais là, oser utiliser tout ce stratagème, et le nier contre toute évidence, sans que personne n'y trouve à redire, c'est inédit.

Le fait nouveau est surtout médiatique: tout le monde "achète" la version du gouvernement, les contre pouvoirs sont faibles et n'ont pas d'espace; les mensonges répétés sont tellement gros qu'ils finissent par passer avec de plus en plus de facilité. Aterrant.

1 commentaire:

Michèle a dit…

c'est tout le paradoxe, des millions de personnes qui se mobilisent pour une personne avec des moyens discutables et une poignée seulement pour en sauver des centaines...