Les otages ne sont qu'un aspect parmi beaucoup d'autres de la pire crise humanitaire de l'occident. Ils sont trois millions de déplacé(e)s internes en Colombie.
Le gouvernement en reconnait désormais deux millions.
Auquel s'ajoutent deux millions de réfugiés, dans le monde entier.
Sans parler des migrants pour raison économique.
Regardez leur visage. Ecoutez leurs récits.
Essayez de comprendre leur tragédie: se retrouver au milieu du feu croisé des groupes irréguliers et de l'armée, se retrouver victimes des allégations des paramilitaires ou de l'ELN ou des FARC d'être un "sapo", c a d une "putain de balance", d'être un "collabo de l'armée" ou un "paraquito" ou une "base sociale de l'ELN" ou un "putain d'indic des FARC". Et boom. Se faire violer, se faire tuer, se faire torturer, se faire couper la tête.
Ou, se déplacer, pour préserver ce qui reste: son intégrité physique.
Tout laisser.
Se retrouver, errant, fantômatique, sans accès à la santé ni à l'éducation, un spectre parmi les spectres, dans un monde urbain qui vous est totalement méconnu.
Je dédie cette vidéo à tous les connards d'Europe et de navarre qui pensent que les guerrillas, c'est chic. J'en ai encore étripé quelques uns la semaine dernière: des gars qui travaillent à l'UE à Bruxelles tout de même...Vayanse a la mierda ya!
Une vidéo, à voir absolument. Zero a la izquierda.
PS: Saches-le, mon ton sera insupportablement "donneur de leçons" ces jours-ci. Donc il te reste l'option Skyblog et autres loisirs.
dimanche 13 janvier 2008
Colombie, je me souviens
Enfant soldat des Farc. 60 pour cent des enrôlés y sont "volontaires". De quoi se poser les vrais questions sur les conditions de vie, et le type "d'espoir" qui règne pour la jeunesse rurale de ces régions "périphériques", depuis toujours, oubliées, refoulés, méprisées, abandonnées...Narino, Putumayo, Choco, Norte Santander, Meta, Guaviare, Arauca...
Mercedes SOSA, Todo cambia
Je lâche pas l'affaire.
Arrrgh.
Après l'immense et trop court bonheur de la libération de ces 2 femmes formidables de courage et de dignité, sur les 3000 séquestrés/otages politiques et économiques de Colombie, arrrrrgh, je lâche pas.
Je rebaptise temporairement ce blog: Colombie, je me souviens.
Je n'en peux plus de l'ignorance crasse qui sévit en Europe et ailleurs sur ces "conflits exotiques". On est certes pas censés tout savoir sur tout, encore heureux. Mais là, de part et d'autre, c'est trop.
Les Colombiens en ont assez, aussi.
Dire qu'Uribe a eu des résultats (baisse des secuestros, récupération des axes routiers, sentiment pour la premiere fois d'un Etat de droit qui bosse et de contrepouvoirs judiciaires) ou que Chavez n'est pas un tyran, vouloir prendre le temps du complexe, ca devient impossible. L'époque est au binaire, au manichéisme, avec ou contre moi etc.
C'est aussi un des effets de ne parler que d'Ingrid Betancourt dans la presse française (même si ça s'est plutôt amélioré): à travers son symbôle on parle et on s'intéresse au conflit Colombien, et tant mieux; tout vaut mieux que le silence d'avant; pour sortir du conflit armé colombien, un jour, on aura besoin de pressions et de médiations internationales. Des opinions comme des chancelleries.
Mais ça porte en soi, aussi, un effet déformant.
Dans les rédactions, sur les blogs, dans les salons, dans le bus, dans les métros, on dit n'importe quoi.
Ces jours ci, on se perd en conjectures et commentaires complètement stupides.
J'entends trop de conneries. Je viens d'apprendre que les FARC seraient invités au Forum social mondial, encore une fois.
J'entends:
"Et ce gosse quand même, elle l'a bien cherché non?".
"Ingrid, elle l'a bien cherché aussi non? elle est pas avec, pour la guerrilla en fait?".
"Alors, ils libèrent Ingrid bientôt, et c'est la paix?"
"Guantanamo, c'est pire que les camps des Farc; elles ont pas l'air si mal que ça non?".
Envie de foutre des grandes mandales dans la gueule de tout St Germain, des fois...
Comme TOUS les colombiens qui tabasseraient volontiers ces merdeux de scandinaves qui vendent des disques et des tee shirts au profit de la "lutte révolutionnaire" des FARC-EP. Ils ont envie de leur dire: "Mais putain occupes toi de tes problèmes de cage d'escalier ou pars dans la jungle avec eux, sois cohérent, mais pas ça bordel..."
Regardes donc ce florilège sur Le Monde . FR du jour, qui m'a fait disjoncté, comme tu peux le constater aisémment:
romain
Certes les FARC se conduisent horriblement. Mais quelles autres solutions leur laisse-t-on pour représenter les pauvres, les 70 % de la population qui ne votent pas, souvent des Indiens ou des métis ? Les 30 % qui votent et font toute la politique de ces pays sont plus ou moins les descendants des colonisateurs.
jeremie M.
12.01.08 | 20h17
Les FARC font leur guerre, et il n y a pas de guerre "propre". Ils font ce qu'ils peuvent en etant seuls contre tous, c'est a dire contre les paramilitaires et l'armée (qui sont des copains: un paramilitaire a dit il y a peu qu ils controlent 30% du parlement) eux même appuyés par les USA (hors de question pour eux de perdre le controle dans une region aussi strategique) et le silence du reste du monde qui s'en fiche. Quelqu un a demandé quelle armée assasine et trafique de la drogue? : La CIA.
Tat_nka
12.01.08 | 19h46
Je lis bien: "Les deux ex-otages colombiennes dénoncent {les méthodes} des FARC" C'est qui déjà qui disait qu'on fait la guerre avec les moyens qu'on a, pas ceux qu'on voudrait avoir...? Ah oui, Rumsfeld... Je note donc que les biens fondés du combat ne sont pas mis en cause. Et question respect des conventions, Genève, tout ça, je rigole...
legrosminou
12.01.08 | 15h42
Dans l'article < Les conditions inhumaines de captivité des séquestrés, enfermés dans des cages, enchaînés en permanence dans le cas des hommes comme l'a confirmé Mme Perdomo> En somme, comme à Guantanamo, où certains sont "retenus" depuis 5 ans dans les mêmes conditions, sans jugement.
Alors les nichons, les paysages, l'amérique latine depuis le hublot et toutes ces conneries, fini.
Colombie, je me souviens. Jusqu'à nouvel ordre.
samedi 12 janvier 2008
Otages de Colombie: ignobles réactions
Toujours enragé...Et c'est pas prêt de passer...


Enfants rois des FARC.
L'ancien ministre de l'éducation bolivarien a déclaré que les FARC traitaient bien les enfants, la preuve avec Emmanuel "en l'éloignant des combats"...Voilà le niveau de réflexion et d'aveuglement de nos amis Chavistes...
J'ai regardé sur Internet Clara Rojas lors de sa conférence de presse.
Certains journalistes officiels bolivariens (VTV; Ultimas Noticias) ont tout fait pour lui faire dire du mal d'Uribe, du bien de Chavez, que les FARC ont tenu parole et ne sont pas terroristes etc. D'autres chaînes privées ont pas pu s'empêcher de graveuleusement demander des détails sur la relation avec le père et cet enfant "conçu" avec la guerilla etc.
Souvent le type d'"alternatives" à la con auxquelles on vous soumet dans ce pays:
Chavez déifié, glorifié, démiurgique OU la vulgarité, obscène de sous entendus, des télés privées DE DROITE.
Heureusement, il y avait la presse internationale.
Elle a su, avec courage, lucidité et une formidable dignité, s'en sortir, sans trop en dire, par égards pour la suite et pour sa propre sécurité, en rappelant que les FARC commettent des crimes contre l'humanité. Soit des crimes qui touchent à la dignité humaine, donc tous les hommes: ils n'ont donc aucune prescription, et seront un jour jugés selon la CPI-traité de Rome, à la Haye.
Et bien certaines leur reprochent cette position; et leur coquetterie (elle se sont changés et maquillées dans l'hélicoptère, la belle affaire...les gens ne connaissent pas la beauté et la coquetterie des latinas ou quoi? ni le besoin de dignité et de féminité qu'on peut ressentir, même en ce moment, surtout, en ce moment: non, tout est manip de Chavez pour eux...on les "soupçonne" donc); les adieux-bisous aux guerrilleras qui les ont accompagné pour les libérer les 20 derniers jours; bref tout ce qu'il faut interpréter comme leur courage, inouï, leur capacité de résilience exceptionnelle, tout cela devient suspect pour beaucoup de gens.
Depuis leur petit salon bourgeois à bibelots, on y va, on tapote sur son clavier, on balance des âneries...
Regardez donc les forums de El Tiempo, du Nouvel Obs, de Libé, de partout.
Regardez CNN qui ne parle que de syndrôme de Stockholm depuis 3 jours, les bastardos.
Partout, des lecteurs lambda qui expriment leur "malaise", elle réagissent pas comme ils voudraient qu'elles réagissent, conforme à leur idée qu'on se fait de phénomènes qui nous échappent complètement.
Ignoble.
Ignobles questionnements.
Ignobles spéculations de pisse-froid qui ne sortent jamais du registre de leur étouffant manichéisme.
Ignoble et inécessaire position du Venezuela pro FARC, le même jour ou ces deux femmes décrivent, à demi-mots, leur calvaire et celui des autres détenus, qui déperissent dans cette barbarie tropicale.
Ignoble standing ovation de cette Assemblée nationale du Venezuela aux ordres.
Pour Ingrid Betancourt, on comprend qu'elle a depuis 2004 un traitement particulièrement difficile, enchaînée comme les hommes. Et qu'elle est psychiquement au plus mal. Terrible confirmation.
L'ambassadeur à Bogota, JM Marlaud (celui là même en poste au Rwanda en 1994, le pauvre...) a rappelé hier une évidence: le statut de "terroriste" pour les FARC a été attribué à l'unanimité par l'Union Européenne, et serait révoqué à l'unanimité à partir du moment ou les FARC abandonnent toutes leurs atrocités et méthodes irrégulières de combat, qui correspondent aux définitions du terrorisme. Point.
Le statut n'est pas une liste dictée un matin par le Department of States Hugo. Tout ne se passe pas comme à Miraflores...
Chavez, de plus en plus isolé internationalement: il avait l'occasion en or de se refaire la fraise. Patatras, il tombe le masque. Après l'Iran et la Biélorussie accueillies régulièrement à bras ouverts, les abrazos à Ivan Marquez, du Secrétariat FARC, sur le perron présidentiel, un criminel de guerre et un criminel contre l'humanité, Chavez défend avec passion la "lutte" des FARC.
Mais quel "stratège" mes aïeux...
Ignoble Uribe: les deux femmes confirment qu'il y a eu des bombardements les 30 et 31décembre dans le Guaviare, zone où elles étaient en attente de libération. Fieffé menteur, hijo de la chingada. Il n'a aucun intérêt à avoir ces deux témoins sur l'échiquier politique ANESTHESIE d'un pays à qui il vend du rêve et de la sécurité, en prodigieux batteleur de foire.
Le jour ou les colombiens et les venezueliens auront des dirigeants et des médias à la hauteur de leur courage, de leur vitalité et de leur formidable capacité de résistance, tout ira déja beaucoup mieux.
Un beau chantier. Loca pero Gran Colombia...


Enfants rois des FARC.
L'ancien ministre de l'éducation bolivarien a déclaré que les FARC traitaient bien les enfants, la preuve avec Emmanuel "en l'éloignant des combats"...Voilà le niveau de réflexion et d'aveuglement de nos amis Chavistes...
J'ai regardé sur Internet Clara Rojas lors de sa conférence de presse.
Certains journalistes officiels bolivariens (VTV; Ultimas Noticias) ont tout fait pour lui faire dire du mal d'Uribe, du bien de Chavez, que les FARC ont tenu parole et ne sont pas terroristes etc. D'autres chaînes privées ont pas pu s'empêcher de graveuleusement demander des détails sur la relation avec le père et cet enfant "conçu" avec la guerilla etc.
Souvent le type d'"alternatives" à la con auxquelles on vous soumet dans ce pays:
Chavez déifié, glorifié, démiurgique OU la vulgarité, obscène de sous entendus, des télés privées DE DROITE.
Heureusement, il y avait la presse internationale.
Elle a su, avec courage, lucidité et une formidable dignité, s'en sortir, sans trop en dire, par égards pour la suite et pour sa propre sécurité, en rappelant que les FARC commettent des crimes contre l'humanité. Soit des crimes qui touchent à la dignité humaine, donc tous les hommes: ils n'ont donc aucune prescription, et seront un jour jugés selon la CPI-traité de Rome, à la Haye.
Et bien certaines leur reprochent cette position; et leur coquetterie (elle se sont changés et maquillées dans l'hélicoptère, la belle affaire...les gens ne connaissent pas la beauté et la coquetterie des latinas ou quoi? ni le besoin de dignité et de féminité qu'on peut ressentir, même en ce moment, surtout, en ce moment: non, tout est manip de Chavez pour eux...on les "soupçonne" donc); les adieux-bisous aux guerrilleras qui les ont accompagné pour les libérer les 20 derniers jours; bref tout ce qu'il faut interpréter comme leur courage, inouï, leur capacité de résilience exceptionnelle, tout cela devient suspect pour beaucoup de gens.
Depuis leur petit salon bourgeois à bibelots, on y va, on tapote sur son clavier, on balance des âneries...
Regardez donc les forums de El Tiempo, du Nouvel Obs, de Libé, de partout.
Regardez CNN qui ne parle que de syndrôme de Stockholm depuis 3 jours, les bastardos.
Partout, des lecteurs lambda qui expriment leur "malaise", elle réagissent pas comme ils voudraient qu'elles réagissent, conforme à leur idée qu'on se fait de phénomènes qui nous échappent complètement.
Ignoble.
Ignobles questionnements.
Ignobles spéculations de pisse-froid qui ne sortent jamais du registre de leur étouffant manichéisme.
Ignoble et inécessaire position du Venezuela pro FARC, le même jour ou ces deux femmes décrivent, à demi-mots, leur calvaire et celui des autres détenus, qui déperissent dans cette barbarie tropicale.
Ignoble standing ovation de cette Assemblée nationale du Venezuela aux ordres.
Pour Ingrid Betancourt, on comprend qu'elle a depuis 2004 un traitement particulièrement difficile, enchaînée comme les hommes. Et qu'elle est psychiquement au plus mal. Terrible confirmation.
L'ambassadeur à Bogota, JM Marlaud (celui là même en poste au Rwanda en 1994, le pauvre...) a rappelé hier une évidence: le statut de "terroriste" pour les FARC a été attribué à l'unanimité par l'Union Européenne, et serait révoqué à l'unanimité à partir du moment ou les FARC abandonnent toutes leurs atrocités et méthodes irrégulières de combat, qui correspondent aux définitions du terrorisme. Point.
Le statut n'est pas une liste dictée un matin par le Department of States Hugo. Tout ne se passe pas comme à Miraflores...
Chavez, de plus en plus isolé internationalement: il avait l'occasion en or de se refaire la fraise. Patatras, il tombe le masque. Après l'Iran et la Biélorussie accueillies régulièrement à bras ouverts, les abrazos à Ivan Marquez, du Secrétariat FARC, sur le perron présidentiel, un criminel de guerre et un criminel contre l'humanité, Chavez défend avec passion la "lutte" des FARC.
Mais quel "stratège" mes aïeux...
Ignoble Uribe: les deux femmes confirment qu'il y a eu des bombardements les 30 et 31décembre dans le Guaviare, zone où elles étaient en attente de libération. Fieffé menteur, hijo de la chingada. Il n'a aucun intérêt à avoir ces deux témoins sur l'échiquier politique ANESTHESIE d'un pays à qui il vend du rêve et de la sécurité, en prodigieux batteleur de foire.
Le jour ou les colombiens et les venezueliens auront des dirigeants et des médias à la hauteur de leur courage, de leur vitalité et de leur formidable capacité de résistance, tout ira déja beaucoup mieux.
Un beau chantier. Loca pero Gran Colombia...
vendredi 11 janvier 2008
Otages colombiens: le deal FARC - Hugo Chavez, des relations désormais plus que troubles
Exceptionnellement, pas de photo, pas de zique, pas de chichi.
Juste un bon gros brut "Argh".
France 2 ouvre le JT: "Chavez a retrouvé du crédit".
"Succès", "efficacité" reconnus. Les images de Telesur et du canal 8 vénezuelien en fonds."Intermédiaire extraordinaire" pour Mr Delloye.
Certes, Chavez le Bolivarien est le mieux placé pour faire céder un petit peu les FARC-Armée du peuple. C'est a priori la meilleure carte, s'il la joue bien. Tout le monde se réjouit de toute libération.
Mais la question qui se pose et se posera, de plus en plus: à quel prix, bordel de mierda? En échange de quoi?
Comme d'habitude, le "crédit" de Chavez, ça aura duré un jour.
Le président vénézuélien a pris aujourd'hui ouvertement, à froid, de façon planifiée (pas comme lors de l'opération échouée le 30 décembre, ou il a annoncé trop hâtivement, à tort, qu'il confiait plus dans les FARC que dans ce cabron d'Uribe..), la défense de la guérilla et de ses positions. Avec force, conviction, sincère et enflammé comme jamais.
On savait que le Venezuela était de facto, de plus en plus, un sanctuaire capital pour les FARC. Désormais, on est en droit de se demander s'il n y a pas des accords bien plus avancés avec les FARC. Un putain de pacte, Patxi comme d'autres alter ego, on en est convaincu.
Ca ne sera qu'un filet de presse, noyé sous le pathos de la libération, les anecdotes sur Emmanuel, le maquillage des otages et toutes ces conneries d'une presse de plus en plus alignée sur la médiocrité à paillettes ambiante.
Et pourtant c'est énorme de conséquences pour le futur.
Ce que vient de dire Chavez a plusieurs niveaux de lecture.
Tous sont lourds, lourds, lourds de sens.
Sur Telesur, cette chaîne de télé voulue et soutenue par le pétro-chéquier du narcisso-léniniste en chef (télé à portée régionale et désormais globale par satellite, qui aurait pu constituer une intéressante alternative aux monopoles médiatiques traditionnels, mais qui ressemble de plus en plus à une PRAVDA tropicale), on voit de plus en plus de propagande en faveur des FARC, des termes comme "retenus" et "prisonniers politiques" au lieu d'otages etc.
Mais aujourd'hui, on a pu y voir et y entendre deux déclarations FONDAMENTALES pour qui s'intéresse à cette région:
1) Sur les images de libération des deux otages colombiennes qui ont fait le tour du monde, les phrases du tout nouveau Ministre de l'Interieur du Venezuela, Rodríguez Chacín, n'ont pas immédiatement été bien entendues. En se dirigeant aux narco-mafioso-terroristo-guerrilleros et leur serrant la main, alors sur le point de se retirer:
"Ehh…en nombre del Presidente Chavez…estamos muy pendientes de su lucha. Mantengan ese espiritu, mantengan esa fuerza y cuenten con nosotros.""Au nom de Chavez...nous sommes très attentifs à votre lutte. Gardez cet esprit, maintenez cette force et comptez sur nous."
Lutte. Esprit. Force. Appuis amis.
Pour le viol sur mineurs, recrutement forcés de mineurs, le raquet, les massacres, les bombes à cylindre, les tortures, les assassinats.
Cet esprit.
Les centaines de milliers de victimes des FARC vont adorer le nouveau Ministre de l'Intérieur, qui a toujours été LE contact des FARC avec Chavez. Depuis au moins 1991.
Les FARCistes répondent: “Bien….” “Para Servirles..” “Felicidades”
Côté venezuelien, ça finit par un:
“Cuidense camaradas”.. . "Take care camarades", quoi.
Une fois de plus, les venezueliens ne comprennent rien à rien.
Cette fois, ils paieront chers leur ignorance crasse et leur manque d'appréciation véritable du danger que constitue les FARC pour leur pays.
Camarades. Comme si les FARC version 2008 en avaient quelque chose à foutre de la camaraderie proto-coco.
Leur petit doigt est dans l'engrenage...
Bon, les fans hystériques de Chavez, ici ou là, enivrés de cette réussite, qui n'ont jamais foutu les pieds ni en Colombie ni au Venezuela, pourront me dire qu'il s'agit là de real-politik et que ça ressemble à l'abrazo du Président Pastrana à Marulanda en 2001. On négocie, quoi, faut bien enrober le tout, on se fait des abrazos. Ben voyons. Passons donc au point 2.
2)Aujourd'hui, Chavez: "Il faut accorder une reconnaissance" aux guérillas.
Merci le renvoi d'ascenseur au passage.
Ce que balance Chavez vient indiscutablement confirmer ce message officiel de Chacin aux FARC, mais aussi cette constante position politique et militaire qui se traduit chaque jour dans les faits, sur le terrain, notamment le long d'une frontière que je défie qui que ce soit ici de venir me dire qu'il la connait: les FARC sont de plus en plus présentes et actives au Venezuela. n toute tranquilité. Hugo laisse faire, en conscience. Ce sont des faits. En accord tacite et explicite avec une majorité des cadres de la "révolution" bolivarienne, qui pensent que ce sont des "frères d'armes". Anachroniques jugements, qu'ils payent et paieront très chers.
Kidnappings, assassinats, extortions sont d'ailleurs en hausse extrême, imputables aux paramilitaires "démobilisés", aux ELNistes et aux FARC, et leurs "élèves" de la délinquance venezuelienne. Sans évoquer les combats armés contre d'autres groupes irréguliers. Mais ça, ils n'ont pas l'air de bien le comprendre.
C'est simple: les FARC vont bouffer le Venezuela, vont niquer Chavez et j'archive immédiatement ce message pour dans quelques années.
Sur le narcotrafic, les FARC et les dangers pour le Venezuela, vas donc lire ce reportage précis d'EL PAIS.
Lecture obligatoire sous peine de radiation de l'abonnement à ce gym club paillard.
Allez, je reprends.
Kikila dit qui me met dans une telle rogne le Hugo?
Lui qui a joué un rôle important, décisif dans l'opération, a aujourd'hui demandé aux pays d'Amérique latine et d'Europe ne plus considérer les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) et l'Armée de libération nationale (ELN) comme des groupes terroristes mais comme de "véritables armées en lutte".
Certes, nier le conflit armé comme Uribe, et le réduire exclusivement à un problème de terrorisme, est une grave problème aux conséquences multiples: mais ces groupes utilisent des METHODES TERRORISTES. Oui. Au sens que lui a donné l'ONU en 2004, ou l'ONU en 1946. Dans tous les sens.
Et Chavez pouvait chercher un terrain sans faire l'apologie des FARC comme il l'a fait aujourd'hui.
Selon M. Chavez, "il faut accorder une reconnaissance" aux guérillas, car "ce sont des forces insurgées qui ont un projet politique (...) qui ici est respecté". "Des bolivariens, comme nous".
De ce fait, il a estimé qu'elles n'ont plus leur place sur la liste des organisations terroristes, qui "n'a qu'une raison d'être : la pression des Etats-Unis".
C'est que pour ça, gna gna gna, pas pour leurs agissements. Vilains ricains, c'est tout.
Les FARC, considérées comme une organisation terroriste par Washington et Bruxelles depuis 2002, ont demandé à de nombreuses reprises à être retirées de cette liste, qui empêche notamment à quiconque de l'aider financièrement et d'avoir accès au marché international de l'armement, ce qui constitue un écueil stratégique fondamental pour eux.
Ils ont trouvé leur Magistral Idiot Utile, pour paraphraser Lénine.
Chavez, allié des FARC. Je me refusais à le penser ou le dire jusqu'à ce jour.
Mais les faits sont là.
"De véritables armées, avec de beaux idéaux, qui occupent un espace en Colombie. Il faut leur donner une reconnaissance".
L'assemblée nationale, debout. Applaudit à tout rompre.
Les FARC moribondes (voir le monde du jour) s'appuient sur Chavez. Qui a, comme d'habitude, de bonnes intentions: la paix, pour instaurer son rêve de Grande Colombie.
Et ces imbéciles de députés bolivariens, ces analphabètes de parlementaires tous plus stupides les uns que les autres (croyez moi), d'applaudir à tout rompre.
Chavez a eu le culot de presser dans la foulée le gouvernement de Bogota de l'autoriser à poursuivre sa "médiation"
afin d'obtenir la remise en liberté d'autres captifs, voire même de ramener la paix en Colombie.
Le terme de "médiateur" est souillé à jamais.
Chavez n'a pas attendu ni un jour pour rendre la monnaie de la pièce aux FARC.
Et d'autres monnaies. Plein d'autres. Plein plein d'autres.
On en recause, j'ai piscine là.
Juste un bon gros brut "Argh".
France 2 ouvre le JT: "Chavez a retrouvé du crédit".
"Succès", "efficacité" reconnus. Les images de Telesur et du canal 8 vénezuelien en fonds."Intermédiaire extraordinaire" pour Mr Delloye.
Certes, Chavez le Bolivarien est le mieux placé pour faire céder un petit peu les FARC-Armée du peuple. C'est a priori la meilleure carte, s'il la joue bien. Tout le monde se réjouit de toute libération.
Mais la question qui se pose et se posera, de plus en plus: à quel prix, bordel de mierda? En échange de quoi?
Comme d'habitude, le "crédit" de Chavez, ça aura duré un jour.
Le président vénézuélien a pris aujourd'hui ouvertement, à froid, de façon planifiée (pas comme lors de l'opération échouée le 30 décembre, ou il a annoncé trop hâtivement, à tort, qu'il confiait plus dans les FARC que dans ce cabron d'Uribe..), la défense de la guérilla et de ses positions. Avec force, conviction, sincère et enflammé comme jamais.
On savait que le Venezuela était de facto, de plus en plus, un sanctuaire capital pour les FARC. Désormais, on est en droit de se demander s'il n y a pas des accords bien plus avancés avec les FARC. Un putain de pacte, Patxi comme d'autres alter ego, on en est convaincu.
Ca ne sera qu'un filet de presse, noyé sous le pathos de la libération, les anecdotes sur Emmanuel, le maquillage des otages et toutes ces conneries d'une presse de plus en plus alignée sur la médiocrité à paillettes ambiante.
Et pourtant c'est énorme de conséquences pour le futur.
Ce que vient de dire Chavez a plusieurs niveaux de lecture.
Tous sont lourds, lourds, lourds de sens.
Sur Telesur, cette chaîne de télé voulue et soutenue par le pétro-chéquier du narcisso-léniniste en chef (télé à portée régionale et désormais globale par satellite, qui aurait pu constituer une intéressante alternative aux monopoles médiatiques traditionnels, mais qui ressemble de plus en plus à une PRAVDA tropicale), on voit de plus en plus de propagande en faveur des FARC, des termes comme "retenus" et "prisonniers politiques" au lieu d'otages etc.
Mais aujourd'hui, on a pu y voir et y entendre deux déclarations FONDAMENTALES pour qui s'intéresse à cette région:
1) Sur les images de libération des deux otages colombiennes qui ont fait le tour du monde, les phrases du tout nouveau Ministre de l'Interieur du Venezuela, Rodríguez Chacín, n'ont pas immédiatement été bien entendues. En se dirigeant aux narco-mafioso-terroristo-guerrilleros et leur serrant la main, alors sur le point de se retirer:
"Ehh…en nombre del Presidente Chavez…estamos muy pendientes de su lucha. Mantengan ese espiritu, mantengan esa fuerza y cuenten con nosotros.""Au nom de Chavez...nous sommes très attentifs à votre lutte. Gardez cet esprit, maintenez cette force et comptez sur nous."
Lutte. Esprit. Force. Appuis amis.
Pour le viol sur mineurs, recrutement forcés de mineurs, le raquet, les massacres, les bombes à cylindre, les tortures, les assassinats.
Cet esprit.
Les centaines de milliers de victimes des FARC vont adorer le nouveau Ministre de l'Intérieur, qui a toujours été LE contact des FARC avec Chavez. Depuis au moins 1991.
Les FARCistes répondent: “Bien….” “Para Servirles..” “Felicidades”
Côté venezuelien, ça finit par un:
“Cuidense camaradas”.. . "Take care camarades", quoi.
Une fois de plus, les venezueliens ne comprennent rien à rien.
Cette fois, ils paieront chers leur ignorance crasse et leur manque d'appréciation véritable du danger que constitue les FARC pour leur pays.
Camarades. Comme si les FARC version 2008 en avaient quelque chose à foutre de la camaraderie proto-coco.
Leur petit doigt est dans l'engrenage...
Bon, les fans hystériques de Chavez, ici ou là, enivrés de cette réussite, qui n'ont jamais foutu les pieds ni en Colombie ni au Venezuela, pourront me dire qu'il s'agit là de real-politik et que ça ressemble à l'abrazo du Président Pastrana à Marulanda en 2001. On négocie, quoi, faut bien enrober le tout, on se fait des abrazos. Ben voyons. Passons donc au point 2.
2)Aujourd'hui, Chavez: "Il faut accorder une reconnaissance" aux guérillas.
Merci le renvoi d'ascenseur au passage.
Ce que balance Chavez vient indiscutablement confirmer ce message officiel de Chacin aux FARC, mais aussi cette constante position politique et militaire qui se traduit chaque jour dans les faits, sur le terrain, notamment le long d'une frontière que je défie qui que ce soit ici de venir me dire qu'il la connait: les FARC sont de plus en plus présentes et actives au Venezuela. n toute tranquilité. Hugo laisse faire, en conscience. Ce sont des faits. En accord tacite et explicite avec une majorité des cadres de la "révolution" bolivarienne, qui pensent que ce sont des "frères d'armes". Anachroniques jugements, qu'ils payent et paieront très chers.
Kidnappings, assassinats, extortions sont d'ailleurs en hausse extrême, imputables aux paramilitaires "démobilisés", aux ELNistes et aux FARC, et leurs "élèves" de la délinquance venezuelienne. Sans évoquer les combats armés contre d'autres groupes irréguliers. Mais ça, ils n'ont pas l'air de bien le comprendre.
C'est simple: les FARC vont bouffer le Venezuela, vont niquer Chavez et j'archive immédiatement ce message pour dans quelques années.
Sur le narcotrafic, les FARC et les dangers pour le Venezuela, vas donc lire ce reportage précis d'EL PAIS.
Lecture obligatoire sous peine de radiation de l'abonnement à ce gym club paillard.
Allez, je reprends.
Kikila dit qui me met dans une telle rogne le Hugo?
Lui qui a joué un rôle important, décisif dans l'opération, a aujourd'hui demandé aux pays d'Amérique latine et d'Europe ne plus considérer les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) et l'Armée de libération nationale (ELN) comme des groupes terroristes mais comme de "véritables armées en lutte".
Certes, nier le conflit armé comme Uribe, et le réduire exclusivement à un problème de terrorisme, est une grave problème aux conséquences multiples: mais ces groupes utilisent des METHODES TERRORISTES. Oui. Au sens que lui a donné l'ONU en 2004, ou l'ONU en 1946. Dans tous les sens.
Et Chavez pouvait chercher un terrain sans faire l'apologie des FARC comme il l'a fait aujourd'hui.
Selon M. Chavez, "il faut accorder une reconnaissance" aux guérillas, car "ce sont des forces insurgées qui ont un projet politique (...) qui ici est respecté". "Des bolivariens, comme nous".
De ce fait, il a estimé qu'elles n'ont plus leur place sur la liste des organisations terroristes, qui "n'a qu'une raison d'être : la pression des Etats-Unis".
C'est que pour ça, gna gna gna, pas pour leurs agissements. Vilains ricains, c'est tout.
Les FARC, considérées comme une organisation terroriste par Washington et Bruxelles depuis 2002, ont demandé à de nombreuses reprises à être retirées de cette liste, qui empêche notamment à quiconque de l'aider financièrement et d'avoir accès au marché international de l'armement, ce qui constitue un écueil stratégique fondamental pour eux.
Ils ont trouvé leur Magistral Idiot Utile, pour paraphraser Lénine.
Chavez, allié des FARC. Je me refusais à le penser ou le dire jusqu'à ce jour.
Mais les faits sont là.
"De véritables armées, avec de beaux idéaux, qui occupent un espace en Colombie. Il faut leur donner une reconnaissance".
L'assemblée nationale, debout. Applaudit à tout rompre.
Les FARC moribondes (voir le monde du jour) s'appuient sur Chavez. Qui a, comme d'habitude, de bonnes intentions: la paix, pour instaurer son rêve de Grande Colombie.
Et ces imbéciles de députés bolivariens, ces analphabètes de parlementaires tous plus stupides les uns que les autres (croyez moi), d'applaudir à tout rompre.
Chavez a eu le culot de presser dans la foulée le gouvernement de Bogota de l'autoriser à poursuivre sa "médiation"
afin d'obtenir la remise en liberté d'autres captifs, voire même de ramener la paix en Colombie.
Le terme de "médiateur" est souillé à jamais.
Chavez n'a pas attendu ni un jour pour rendre la monnaie de la pièce aux FARC.
Et d'autres monnaies. Plein d'autres. Plein plein d'autres.
On en recause, j'ai piscine là.
Le gros con du jour, the asshole of the day: Oliver Stone

Tirofijo Marulanda, vu par Botero
Une interview sur le Guardian (et d'autres stupidités débitées ailleurs) d'Oliver Stone. Qui, heureusement, nous a épargné de sa présence encombrante et de ses grosses caméras, aujourd'hui, pour la tant attendue libération de Clara Rojas et Consuelo Perdomo.
Notre gros con du jour a en tout cas perdu une bonne occasion de la fermer.
Les gringos ont un mot à la con pour cet extrait: self explanatory...
I do think that by the standards of Western civilisation they go too far; they kidnap innocent people. On the other hand, they're fighting a desperate battle against highly financed, American-supported forces who have been terrorising the countryside for years and kill most of the people. Farc is fighting back as best it can and grabbing hostages is the fashion in which they can finance themselves and try to achieve their goals, which are difficult. They're a peasant army; I see them as a Zapata-like army. I think they are heroic to fight for what they believe in and die for it, as was Castro in the hills of Cuba.'
Zapata like, t'en foutrai moi.
Zapata like...
jeudi 10 janvier 2008
Régis Debray, Che Guevara: un épisode oublié

Photo des Archives Nationales de Bolivie
El Paso del Ebro, chant espagnol républicain, repris notamment par les Brigadistes Internationaux au combat
Le 23 décembre 1970, la Bolivie libère Régis Debray.
Avant d’avoir purgé sa 4ème année d’emprisonnement en Bolivie, il est libéré. Normalien, militant d’extrême gauche, ami de Fidel Castro, compagnon de Che Guevara dans la lutte contre l’impérialisme en Amérique latine et auteur de « Révolution dans la révolution », Régis Debray est capturé en Bolivie le 25 avril 1967.
Il a pris des risques. Il a perdu.
Très probablement influencées par les Etats-Unis, qui souhaitent en faire un exemple dissuasif, le 17 novembre 1967, les autorités boliviennes le condamnent à trente ans de prison. De nombreuses personnalités plaident en faveur de sa libération : le Général de Gaulle, le pape, des écrivains comme Sartre ou Malraux. A l’arrivée au pouvoir de François Mitterrand, Régis Debray occupera des fonctions à l’Elysée.
Il y a quelques années, près de la Sorbonne, dans une de ces ruelles pavés qui font le charme de la capitale, je l’ai croisé, le Régis (qui est tout sauf un con). Je cavalcadais sur mon fier destrier, un VTT Raleigh jaune, bougeant ma tête au son de « Ma Cité va Craquer ».
Lui allait, bonhomme, sur une belle bicyclette vintage, chromée, avec son cabas en allu.
C’était bien avant la vague de fonds VELIB et les valeureux cyclistes d’alors se regardaient souvent d’un air entendu.
Je le dévisageais, en souriant gentiment, tout en le saluant. Il n’imaginait pas un instant tout ce que je pouvais savoir sur lui, moi, jeune écervelé, petit con insignifiant à capuche sur mon VTT criard. L'inventeur de la "médiologie" imaginait certainement que je l’avais vu « quelque part à la télé » ou que je le confondais avec un vieux prof de fac. Il me rendit le petit signe de tête. Gentiment. Voilà tout.
Par un de ces hasards de la vie, je venais justement de retrouver en Bolivie certaines traces de ses pas historiques, flanqué d’historiens locaux qui connaissaient bien les dessous de cette affaire internationale. A Cochabamba, je rencontrai même un témoin privilégié de cette époque mythique.
Ou l’on comprend que la seule présence de Debray en ces lieux, en 1967, sa seule couverture très « visible » de « Lecteur/enseignant de l’alliance française de Cochabamba », suivie plus tard de ses très probables aveux en prison (ne jugeons pas le gaillard, il ne souhaita jamais plus reparler de l’affaire), ont (entre autres facteurs plus secondaires) permis l’arrestation du Che et son exécution par les « rangers » boliviens, entrainés et guidés par la CIA.
Un épisode bien souvent oublié.
C’est ballot tout de même. Si seulement j’avais un vrai blog digne de ce nom, et de vrais couilles, on pourrait en raconter des choses sur des tas de gens…
Autre époque, autres moeurs. Autres héros engagés.
Il en fallait, du courage, tout de même.
En 2007, à se mettre sous la dent, on a eu ce gros fumier d'humanitaire 4x4 Eric Bretaud, de l'Arche de Zoé (bientôt deux-trois infos inédites sur l'affaire et n bon bashing qui défoule sur ces Zozos, car je t'aime bien. Dans le fonds).
Un chiste bien colombiano

Camion de transport agricole, sur un chemin rural de Boyaca, Colombie
Demain, Clara Rojas sera libre.
Elle restera un bon moment à Caracas, a priori.
rerouver sa famille. Sa mère, si digne, toutes ces années.
Malgré le traumatisme, avec le temps, elle aura beaucoup de choses à dire...
En espérant que Chavez sera un peu plus discret et respectueux.
Cette fois, les militaires colombiens et américains ne pourront pas la "travailler" dès sa libération, contrôler la communication. Et ça, c'est nouveau.
Beaucoup de choses à dire...Sur l'horreur de la captivité. L'absurdité sectaire, démentielle, anachronique et abominable des FARC. Mais aussi sur les opérations militaires colombiennes qui ont tout fait pour faire échouer l'opération.
Il va s'en passer des choses, dans les mois qui viennent.
En tout cas, pendant ce temps, avec tout ce show ultramédiatisé et ce sinistre jeu d'intoxications à bandes multiples entre FARC, Uribe et Chavez, on ne parle plus DU TOUT des liens monstrueux bien établis entres les milices d'extermination paramilitaires et l'élite qui gouverne la Colombie depuis 2002.
Ca fait pffffuit...Emmanuel a un joli nom, Moncayo est aussi un beau symbôle du calvaire des familles de séquestrés, mais les fosses communes n'ont toujours pas leur icône médiatique. Ca viendra. Et alors la communauté internationale se mettra à s'intéresser davantage à ce qui se trame dans ce pays.
Allez, détends-toi, mets toi à l'espagnol que jte dis! c'est du bon humour de guerre (désabusé mais pas trop).
Estaban reunidos: un INGENIERO, un CONTADOR, un QUIMICO, un INFORMATICO y un SENADOR COLOMBIANO, alardeando sobre la inteligencia de sus perros.
El ingeniero ordenó a su perro: '¡Escalímetro, muestra tus habilidades!'El perro agarró unos ladrillos, unas tablas y se armó el solo una casucha. Todos admitieron que era increíble.
El contador dijo que su perro podía hacer algo mejor: '¡Cash flow muestra tus habilidades!' El perro fue a la cocina,volvió con 12 galletas y las dividió en 4 pilas de 3 galletitas cada una. Todos admitieron que era genial.
El químico dijo que su perro podía hacer algo aún mejor. '¡Óxido, muestra tus habilidades!' Óxido caminó hasta la refrigeradora, tomó un litro de leche, peló un banano, usó la licuadora y se hizo un batido. Todos aceptaron que era impresionante.
El informático sabía que podía ganarles a todos: '¡Megabyte, hazlo!' Megabyte atravesó el cuarto, encendió la computadora, controló si tenía virus, mejoró el sistema operativo, mandó un e-mail e instaló un juego excelente. Todos sabían que esto era muy difícil de superar. Miraron de reojo al Senador colombiano y le dijeron: Y superro, ¿qué puede hacer?
El político llamó a su perro y dijo: '¡Paraquito, muestra tus habilidades!' Paraquito se paró de un salto, se comió las galletas, se tomó el batido, borró todos los archivos de la computadora, masacró a los otros cuatro perros y los enterró en una fosa común y se consiguió la escritura de la casucha.
Después el Senador Colombiano alegó que nunca se había reunido con ese perro, que nunca lo había visto, que desconocía el documento que había firmado, que si lo
había hecho era que estaba amenazado y que la foto que muestran con él es un montaje...

Une finca colombienne
mardi 8 janvier 2008
Un ange

Il y a 5 ans, sous la neige.
Dans le trop méconnu Jardin "Tropical" de Paris.
Il y a 5 ans, aujourd'hui.
Le premier câlin.
Encore sacrément envie.
Désir ardent, intact, de ces petits réveils au creux de tes bras, au fonds de ces vallées toutes de sucre, de café et d'oranges...
Toi, tes exercices de yoga, ta classe inommable, ton cul furibond et ton sourire infini.
Moi, mon France Foot, mes couilles qui grattent, mes ptits boudinets et mes dents de lait.
Un ange, un bourrin, un couple.
Le couple heureux qui se reconnaît dans l'amour défie l'univers et le temps ; il se suffit, il réalise l'absolu.
[Simone de Beauvoir]
Extrait de "Le Deuxième Sexe"
C'est vachement dur de faire un couple. Ça prend...ouh la, une vie.
[Hélène Ségara]
Extrait d'une interview conservée précieusement dans Téléstar - Octobre 2001
Il n'y a jamais eu de créature. Il n'y a jamais eu que le couple. Dieu n'a pas créé l'homme et la femme l'un après l'autre. Il a créé deux corps jumeaux, unis par des lanières de chair qu'il a tranchées depuis, le jour où il a créé la tendresse.
[Jean Giraudoux]
Fais moi une Pipe-Une Pipe-Pipe-Rade!
[Michael Cageon] supporter de l'EBPO, gradins supérieurs.
Paroles complètes ici.
lundi 7 janvier 2008
Auprès de mon arbre...
Ley de la gravedad...Ojos de brujo kicks ass.
"Auprès de mon arbre...
Je vivais heureux..."
Jusqu'à ce que les Braconniers.
Jusqu'à ce que les exploitations forestières.
Jusqu'à ce que les tronçonneuses.
Jusqu'aux projets d'autoroute et de "développement" pondus en capitale.
Jusqu'à ce que tu me trompes et me spolies, moi qui t'ai servi le thé, sans me méfier.
Une histoire maintes fois répétée, depuis les tarahumaras de la Sierra Madre du Nord Mexicain, au Chihuaha, jusqu'aux Mapuches du Chili.
Auprès de mon arbre, je vivais heureux.
Jusqu'à ce que tu fasses parler la poudre et le fer, lâche, homme gris.
Enfin sinon, en 2008, on va AUSSI causer de ce qui va bien.
Et je te l'prouve, justement: face aux menaces de tout type, ces Communautés indiennes, Moseten précisément, de Bolivie, sont justement parvenues à s'organiser (premier blocus aquatique de l'histoire du pays, avec leurs pirogues au milieu du fleuve amazonien, tout de même...!), à se conformer en coopérative d'écotourisme (rentable ET véritablement solidaire), à contrôler davantage leur territoire, en bonne entente avec les autorités publiques, à résister aux oiseaux de mauvaise augure qui veulent leur Bonheur à leur place, ou à ceux là mêmes qui veulent, tout simplement, les chasser de leurs terres ancestrales.
Il y en a tellement de luttes qui finissent bien, aussi, en Amérique latine!
Allez donc voir le superbe Chalalan et le Mapajo, les deux plus incroyables projets d'écotourisme indigena de la région.
Plutôt que de vouloir faire de l'humanitaire depuis ton 4x4 mon con, consommes éthiquable! Ca nous épargnera les soucis...
samedi 5 janvier 2008
Que va-t-il devenir?
Sodade, sodade
Le travail : une malédiction que l'homme a transformée en volupté.
[Emile Michel Cioran]
Extrait de "Sur les cimes du désespoir"

Place Murillo de La Paz.
Photographe.
En voie d'extinction.
Que deviendra-t-il?
Cette conviction que c'est bien aussi par le travail, surtout même par le travail, que l'homme se transforme, s'émancipe, se libère du besoin, de l'enfermement et de la dépendance, cette conviction ne me quittera plus jamais.
Je l'ai compris et senti, là bas comme ici, chaque jour, en me frottant à ses mille et un métiers aujourd'hui disparus.
Du pompiste ANTAR au cordonnier, en passant par le coutelier ou le réparateur télé...
Que deviendra-t-il, lui, avec son métier, son rang, son estime de soi? Qu'adviebdra-t-il de sa fierté, de sa vie social? Comment se recomposeront ses relations avec les gens, avec la vie même, quand il disparaitra totalement du Champ?
Adaptes-toi, marches, ou crèves.
Marches, ou crèves.
Crèves...
De même, que deviendra ce bac + 5 qui refusera ces deux affriolantes offres d'emploi de télémarketing proposé par son gentil conseiller ANPE? Ou cet ouvrier qualifié qui refuse de fondre du chaudron dans des conditions apocalyptiques?
De la chair à canon pour le MEDEF local...
Puis, plus rien.
Plus.
Personne.
C'est la guerre sociale old school, façon XIXème, la plus dure, qui est de retour.
Ca va chier. J'ose encore penser que le Français reste frondeur, malgré le lavage de cerveau généralisé.
Ca va chier.
Le travail peut briser des êtres, son absence davantage encore.
Faudra que je vous cause de mon ouvrier de paternel, un jour, tiens, à ce sujet.
Y a de quoi devenir fou...
Choisissez un travail que vous aimez et vous n'aurez pas à travailler un seul jour de votre vie.
[Confucius]
Une nation dans laquelle une classe est opprimée ressemble à un homme qui a une blessure à la jambe : la jambe malade interdit tout exercice à la jambe saine. [Louis Blanc]
Extrait de "Organisation du travail"
L'homme qui s'adjuge, en vertu de sa supériorité intellectuelle, une plus large part de biens terrestres, perd le droit de maudire l'homme fort qui, aux époques de barbarie, asservissait le faible en vertu de sa supériorité physique. [Louis Blanc]
Extrait de "Organisation du travail". Réponses à diverses objections
vendredi 4 janvier 2008
Le voyage qu'on fait

« Un voyage se passe de motifs. Il ne tarde pas à prouver qu'il se suffit à lui-même. On croit qu'on va faire un voyage, mais bientôt c'est le voyage qui vous fait ou vous défait. »Nicolas Bouvier (1929-1998)
Et le Marcel Proust de rajouter que le véritable voyage de découverte ne consiste pas à chercher de nouveaux paysages, mais à avoir de nouveaux yeux.
Et le Patxi (...) de rajouter que le plus beau des voyages, c'est bel et bien de retrouver ces regards amis, une minute, une journée, une heure, redécouvrir ces vieilles canailles de potes de 25, 10, 7 ou 4 ans. Et se perdre dans leurs yeux, ceux là même qui se rident, imperceptiblement, se perdre et se trouver dans leurs récits de vie, dans la chaleur enivrante de leur camaraderie pure et dure.
Le plus beau voyage qu'on fait, c'est retrouver Noël en Pays Basque, la chaleur familiale, retrouver la Mère, les Soeurs et toutes les super biatches de ce grand loco de matriarcat qu'est ma famille gasconne.
Retrouver, aussi, ces endroits d'étude ou de sèche, de Gloria Hosanam ou de perdition, retrouver ces lieux de mémoire chargés de mouille, de Joies intenses, de stupre, de quelques larmes, de gros rires gras et de petits chagrins d'amour.
Retrouver, aussi, ses rêves d'enfant, les jauger à l'aune de nos réalités du moment, réelles ou fantasmées, retrouver Toulouse, Paris, Bayonne, et leurs odeurs de rose et de pisse.
Rire de ce double héritage familial "BCM", de tenanciers de Bordel Cracra pour Mimile du sous prolétariat parisien(dynastie paternelle) et de ce Bas Clergé Missionaire de gauche (dynastie maternelle); imaginer ce que serait ma vie avec telle ou telle; imaginer ce qu'il se serait passé si cette prof de Philo ne m'avait pas poussé, ou ces profs de littérature et d'histoire, encouragé (je serais probablement prof d'histoire en déprime dans le 9-3 au ciel si lourd, si bas, si gris).
Ne rien regretter, malgré la nostalgie passagère et tous ces gens qui vous manquent tant. Aimer son présent, son futur.
Prendre la route, à nouveau.
Le retour en terre(s) d'origine, ce voyage qui vous fait et vous défait.
Ce fut grand, doux et bon.
Gracias por su amor.
Les échanges Sud-Sud, c'est 'achement mieux

Viande Bio du Sud d'exportation (frontière Colombie-Venezuela)
L'Amérique latine est en passe de devenir le fournisseur mondial en viande dite "hallal".
Tu l'auras prestement saisi.
C'est la Rubrique "on s’en fout".
Et voila comment que j'te lance 2008 moi.
Et si tu suis pas ce rythme coupé-décalé à la Congolaise, vete de aqui, ya.
Bon, pour ceux qui restent, alors, on fait le point.
Le Brésil et l'Argentine, qui ne peuvent exporter ni aux USA ni au Canada (normes plutôt strictes), se sont tournés vers ce marché pour le moins lucratif: le monde arabe. L'Algérie, par exemple, a importé massivement cette année pour faire face à la forte demande liée au mois du ramadan. L'Egypte n'est pas en reste, ni les pays du Proche et du Moyen-Orient. Si ces nouveaux marchés attisent l'intérêt des pays d'Amérique latine, la question du caractère hallal se pose toujours autant.
Ces pays se sont plaints par le passé, souvent à juste raison, des petites entourloupes dans les échanges commerciaux avec les fournisseurs européens. Les échanges Sud-Sud avec les "frères" latinos-américains allaient forcément être plus transparents, radieux, justes, respectueux de la tradition religieuse et du contenu des contrats. On en est même à 3 Sommets AMLAT-Afrique du Nord. Le monde multipolaire peu à peu en marche.
En lisant mon quotidien algérien favori (...genre...), j'apprend que l'Association brésilienne des industries exportateurs de viandes (ABIEC) semble très, trop bien informée sur les principaux fournisseurs de l'Algérie. On peut se demander où elle a obtenu les chiffres qui démontrent tout son intérêt pour le marché algérien. Sauf qu'en ce qui concerne l'abattage hallal non conforme découvert ces derniers mois, elle préfère ne pas engager sa responsabilité.
A défaut d'un constat sur le terrain, le journal a sollicité les abattoirs brésiliens Sadia, Minerva, Marfrig, Independencia. A l'heure actuelle aucune information précise vérifiée physiquement ne permet de confirmer ou d'infirmer l'existence de faux hallal en provenance de ces pays, mais il semblerait tout de même que ce soit bien le cas.
Doutes et interrogations amplement justifiés quand on sait, par exemple, qu'un bureau de contrôle installé au Brésil (Islamic Dissemination Centre for Latin America) délivre des certificats hallal pour des viandes importées d'Argentine, d'Uruguay, de Brésil, comme ça, avec un tampon, comme à l'école, au pied levé, sans disposer de véritables acrificateurs musulmans, de "contrôleurs hallal" certifiés dans ces pays.
Si ça se trouve même que c'est un petit cochon qui fait lui même le tamponnage du coquillard/certificat. T'imagines comment c'est pas cool du tout...
Alors je m'adresse aux importateurs Hallal du Maghreb, notamment, dont le courrier des lecteurs inonde ma boite mails: bienvenus les gars. L’amérique latine, la terre de la falsification de putamadre, des DVD et GUCCI pirates, des télénovelas copiant Hollywood copiant Bollywood copiant Marcel Carné, des tubes de Cumbia reprenant et adaptant Francis Cabrel (la quiero a morir...), et désormais la terre des certificats HALLAL signés à blanc et envoyés par fax à des abattoirs musulmans, situés à des centaines de kilomètres, sans présence effective et permanente de sacrificateurs musulmans, mes amis, l’amérique latine vient de vous planter son premier coup de dard.
Ah la la, quels canaillous ces dépuceleurs en série de latinos...
C'est dire si le Sud est dans le Nord (7 millons en France même), le Nord dans le Sud (oligarcas on les appelle par là bas), et vice et versa.
Je le jure oualalaradim.
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