dimanche 20 juillet 2008

Quand j'étais minot...






LUX B, des Massilia Sound system, s'en va.
Après Fred Chichin, des Rita Mitsouko, voilà un autre départ par-delà le Styx qui me chagrine assez.

LUX B aimait beaucoup les enfants.
LUX B aimait la Méditerranée et ses "flots bleus qui rendent joyeux".
LUX B aimait l'Amérique latine et ses minots.

Alors je n'ai rien trouvé de mieux que cette photo, en modeste présent, pour tous les fans de Massilia.

Ce visage rayonnant de ces fillettes de Colombie, malgré leur histoire compliquée, elle dont les parents ont survécu à un de ces massacres qui ne font pas la une des gazettes internationales, une de ces atrocités perpétrés par des paramilitaires, toujours actifs dans le pays malgré Global Propaganda INCORPORATION et ses relais médiatiques, idiots utiles, journalistes franchement pas curieux ou boites de presse "à la botte".

65% des 3 millions de déplacés internes de Colombie (enregistrés auprès des organismes compétents) sont, justement, des minots de moins 18 ans, à qui on a enlevé, de force et par le fer, leur maison, leurs rêves, leur avenir, leur finca, leur terre, leurs copains, leurs copines, leur école, leurs cachettes, leurs terrains de jeux, leurs repères, leurs réseaux de solidarités, parfois papa, parfois grand frère.
Leur droit à la santé, à l'éducation, à la citoyenneté, à l'épanouissement personnel, à la stabilité affective, A UN AVENIR, se sont, eux aussi, bien souvent évaporés.
Et j'en passe.

Demandez aux gens du CICR, demandez leur de vous parler des déplacés internes et de leur calvaire. Eux qui sont par ailleurs bien emmerdés par cette utilisation planifiée, en connaissance de cause (par l'armée colombienne et son allié bienveillant) de leur emblème. Les gens ne comprennent pas en général la gravité de ce type de précédent pour ce qui est des conditions de travail, de sécurité, de la possibilité ou pas de protéger des populations sur le terrain, dans des conditions de guerre que la plupart des gens en Europe ne peuvent imaginer.

Bref.

Massilia, l'autre Sud, est en deuil.
Puissent les artistes de demain, au Trocadéro comme à Bogota, se rappeler des 3000 secuestrados ET DE TOUTES LES AUTRES VICTIMES INVISIBLES DU CONFLIT ARME COLOMBIEN.

Invisibles, absolument invisibles, comme l'étaient ces 13 soldats et policiers colombiens, comme l'étaient la plupart des secuestrados de Colombie, il y a encore un peu plus d'un an.

Comme le chante les Fabulous Troubadours, eux aussi en deuil, la télévision ment, ment énormément.

Face à la désarmante mauvaise foi du petit écran (à gros conglomérat), il nous reste tant de choses: la musique, l'espoir, la dignité, l'honneur, le sourire d'un minot...Que sais-je encore...

2 commentaires:

Michèle a dit…

Fait chier.
Ce post me touche particulièrement...

Patxi a dit…

que ferions-nous sans michèle?
sans vous madame Michèle, si vous me permettez de vous appeler de la sorte, nous penserions qu'il n y a plus de lecteur durant l'été...