lundi 8 septembre 2008

Hugo Chavez et l'élan bolivarien





Il semblerait que ke mouvement bolivarien s'essouffle quelque peu.
Sa base populaire réelle, lentement mais sûrement, s'érode.
Faut-il s'en réjouir, pour les vénézueliens? Alors que l'opposition n'est qu'un ramassis d'oligarques fades, sans foi ni loi, sans programme de gouvernement ni cohésion, qui n'ont tiré aucune leçon de 1999 et de l'arrivée de cette néo-nomanklatura qui prétendait être "révolutionnaire"?
Faut-il s'en inquiéter? Alors que la gestion du gouvernement par cette bureaucratie de bites-à-casquettes rouge et kaki est de plus en plus inepte, incapable, inique, corrompue, perdue, augurant des lendemains difficiles dans ce pays frivole, pétro-nichono-dépendant?

Quelle chouette alternative que voilà...

9 ans de pouvoir: d'énormes promesses, d'énormes revenus, et finalement très peu de changements structurels. Il faut vraiment avoir les yeux et oreilles plein de merde idéologisante pour ne pas le voir.
La chute du Messie n'en sera que plus dure.

En tout cas, je ne souhaite plus causer du pré-quasi-fascisme chaviste depuis bien longtemps, tu auras pu le constater ici même.

Chavez me fatigue, ses supporteurs européens, trop pleins de leur propre vide, me fatiguent encore plus.

Les photos sont parfois plus opérantes que les palabres.

Et puis, d'autres le font bien mieux, avec en prime d'avantage de légitimité.

Notamment l'ONG International Crisis Group. L'analyse est de février 2007: mais les 26 décrets présidentiels, pris en cati mini il y a peu, et à la limite de l'heure légale (ayant pourtant eu 18 mois d'Habilitante pour le faire, le "Comandante"...ça laisse songeur...), ne font que renforcer les problématiques ici exprimées.

Notamment: que se passera-t-il quand Chavez perdra électoralement, avec tous ces petits groupes armés, radicalisés, soutenus, quand ils seront incontrôlables? L'histoire montre que quelques milliers de branques-tarés-illuminés en armes peuvent empêcher durablement un pays de vivre et progresser...Et pour ce qui est des "missions", soyons sérieux. Ce ne sont pas même le début d'une instauration de services publics a minima d'une quelconque Répubique digne de ce nom, encore moins digne d'un mouvement de gauche qui dispose d'autant de moyens politiques et économiques disponibles.

Les missions, c'est le degré zéro de la politique, c'est de la Mauvaise Mère teresa paternaliste à tee shirt rouge, clientéliste, arbitraire. Même les modules des médecins cubains Barrio adentro tombent en déshérence...


Le Congrès bicaméral est devenu une seule Assemblée nationale qui, depuis qu’une opposition fortement divisée a eu l’imprudence de boycotter les élections législatives de décembre 2005, ne compte que des membres pro-Chavez.

Les traditionnels contre-pouvoirs qui équilibrent l’exécutif ont disparu à mesure que les principales institutions de l’État, comme le bureau du procureur général, la Cour suprême, le Conseil électoral national et les forces armées, sont progressivement passés sous le contrôle du président et de ses fidèles, des officiers et militaires en service actif et des réservistes occupant des postes normalement tenus par des civils. D’importants programmes de services sociaux ont été lancés dans les quartiers pauvres sous le nom de “missions” et ont aidé le gouvernement à acquérir un soutien populaire. Le contrôle de l’État sur l’économie, et pas seulement sur le secteur pétrolier qui lui est vital, s’est accru de même que la pression sur les ONG et les médias de l’opposition.

(...)
En avril 2002 et à la fin 2003, il a essuyé d’abord un coup d’État puis une grève nationale prolongée ; en août 2004, il est sorti victorieux d’un plébiscite. Stimulé par ce vote et des prix du pétrole élevés, il agit depuis sur un mode offensif. En janvier 2007, l’Assemblée nationale a adopté après un court débat une loi accordant au président de larges pouvoirs législatifs pour une période de dix-huit mois.

L’opposition politique est pour le moment marginalisée, et ce autant du fait de ses propres querelles internes que par les actes de Chavez visant à restreindre sa capacité à opérer. Il reste cependant d’importants défis à relever. Les dépenses excessives du gouvernement ont creusé la dette et le taux d’inflation est le plus élevé dans tout l’hémisphère. Si les prix du pétrole continuent de tomber et que la production de la compagnie pétrolière d’État PDVSA diminue, il faudra réduire le financement des programmes sociaux généreux et fondés sur l’idéologie. Le mécontentement populaire augmente face à la corruption du secteur public et à la montée en flèche de la criminalité et du trafic de drogue. L’incertitude liée à l’inflation est aggravée par une pénurie alimentaire qui devient visible dans les magasins et sur les marchés.

La prolifération des groupes armés pourrait également devenir un problème. De nombreux groupes chavistes, notamment à Caracas, ont accès à des armes tandis que d’autres groupes formés par le gouvernement comme le Front Francisco Miranda, une organisation civile qui regroupe des jeunes envoyés depuis Cuba pour suivre une formation idéologique, devraient en recevoir. La Garde territoriale et l’armée de réserve récemment créées sont en dehors de la chaîne de commandement militaire et répondent directement au président. On craint que certains des groupes armés se transforment en mafia criminelles. Chavez devra par ailleurs combler les fissures qui sont apparues au sein de son propre camp sur la question de savoir quelle direction donner à sa révolution.

Il est difficile de dire si la polarisation sociale et les tensions qui s’accumulent déboucheront sur des violences ; cela dépendra surtout de la capacité de Chavez à agir avec modération alors même qu’il est porté par son triomphe et en particulier à :
*
limiter l’utilisation des pouvoirs considérables qui lui ont été octroyés par l’Assemblée nationale afin d’éviter de nuire davantage à l’équilibre institutionnel traditionnel et respecter les obligations du Venezuela en application de la Charte démocratique interaméricaine, de la Convention américaine sur les droits de l’Homme et d’autres traités internationaux relatifs aux droits de l’Homme ;
*
garantir l’indépendance d’un procureur général, d’un contrôleur général et d’un médiateur par rapport à l’exécutif, comme il est prévu dans la constitution de 1999 ;
*
accroître les efforts d’amélioration de la durabilité des programmes sociaux et d’infrastructure en s’attaquant à l’inflation et aux déficits fiscaux et en évitant un contrôle excessif de l’État sur l’économie ; et
*
mettre fin à la prolifération à travers le pays des groupes armés qui échappent au contrôle de l’armée régulière et des forces de police.



Et puis d'autres observateurs en causent très plaisamment: Gael, à Ciudad Bolivar.
Et évidemment, le Recteur de cette académie des savoirs es-Venezuela, Jean-Luc Crucifix.

7 commentaires:

Jean-Luc Crucifix a dit…

Patxi, "recteur de l'académie", c'est un titre vachement empoisonné, ça...

Cela dit, d'accord pour l'essoufflement de la dite révolution bolivarienne, j'en avais déjà parlé quelque part.

Je dirais que le principal problème, c'est de vouloir implanter le socialisme dans le pays d'Amérique latine le moins bien préparé pour cela...

Ta photo, elle dit pas mal de choses.

Patrick a dit…

Oui, une transition sera difficile.
Pourquoi pas Baduel, avec quelques hésitations, mais j'en avais déjà parlé ici :
http://blog.argentine-news.com/raul-isaias-baduel-un-espoir-pour-le-venezuela-3480.htm

La grande chance de Chávez, c'est son opposition, nous sommes bien d'accord.

Gael a dit…

Il nous reste Evo Morales quand même?

Anonyme a dit…

sympa ta photo

wolfgang du ernst happel stadion

Anonyme a dit…

Je suis d'accord avec toi, patron, mais je rigole que tu utilises le terme de fasciste pour légitimer ton mépris du chavisme. C'est le réflexe de survie du gauchiste. Si c'est à gauche et mal, c'est facho (façon commode de dédouaner la gauche de ses turpitudes)...

Patxi a dit…

Rigoles.
c'est clair que crier au facho à tout bout de champs est sacrément agaçant, à gauche.
mais les historiens nous enseignent la phase socialiste-de gauche qu'a eu Mussolini, au début.
pour moi facho c'est évoquer Mussolini et l'italie de l'époque.
et Chavez a un projet national-autoritaire bien inquiétant. turpitudes de gauche, on est d'accord.
mon mépris vient de mon sentiment de gâchis et de déception face au désastre de ce gouvernement.
je dis quasi pré-fasciste, car on dirait benito avant sa rupture avec le camp socialiste pour épouser l'extreme droite.
chavez n'aura jamais le même parcours, mais il y a des relents inquiétants.
Benito a d'abord été militant socialiste. Avant la première guerre mondiale , Mussolini était socialiste tout comme son père. anecdote: son prénom vient du fait que son père était un admirateur du révolutionnaire mexicain Bénito Juarez. Après la grande guerre , comme beaucoup d 'anciens combattants , il estimait que les anciens partis de gauche et de droite étaient dépassés. La prétention des fascistes étaient de rassembler le peuple dans une nouvelle idéologie ou tout le monde trouverait son avantage, dans n' importe quelle couche de la société. On peut dire aussi que les anciens combattants estimaient , après leur sacrifice, que le pouvoir devait leur revenir de droit;avant la première guerre mondiale, lors du congrès de la première internationale en Suisse , Mussolini avait eu une altercation avec le socialiste belge Emile Vandervelde , qu' il ne trouvait pas assez a gauche ! Pour la petite histoire , lors du temps ou dura ce congrès , Mussolini allait dormir en dessous d'un pont , parce qu' il n' avait pas les moyens de s' offrir un hôtel.
ca rappelle les anecdotes de Hugo, pauvre écolier sans chaussures de marque .

à l'époque il avait été expulsé du PSI.Il fonde en 1919 ses premiers faisceaux de combat (groupuscules d'extrême-droite). Ces faisceaux, rapidement puissants, sont les ancêtres du parti fasciste dont Mussolini devient le chef (le "Duce").
cree le Parti national fasciste (PNF) en 1921 et il se présente au pays avec un programme politique nationaliste et autoritaire, anti-socialiste et anti-syndical ce qui lui vaut l'appui de la petite bourgeoisie et des classes moyennes industrielles et agraires.
on en est loin.
mais l'époque ressemble à l'époque pre fasciste dans de nombreux plans du programme et de la pratique.
l'histoire tranchera.

Anonyme a dit…

j'ai rarement entendu un tel concentré de connerie, ah si maintenant je me souviens , c'était BHL...