samedi 3 mai 2008

Haine de soi



Nous croyons être un pays,
A peine sommes nous un paysage.


Graffiti de La Paz, dans la Bolivie d'avant Evo.

La nation bolivienne est toujours, en bonne partie, une fiction. En voie de construction, certes. Mais une fiction qui peine à prendre corps.
Depuis 2000, le pays est régulièrement au bord de l'abîme.
Et, au dernier moment, les choses se tassent à peu près.
Jusqu'à la prochaine exacerbation de la crise.
Au fonds de ces crises, dasn les coeurs et dans les têtes, se déposent d'autres limons, d'autres ferments, d'autres traces qui sont un legs difficile, tout de rancoeur et d'injustice, pour les générations suivantes.

C'est pas gagné, la stabilisation démocratique de la Bolivie.
En même temps, en France, à l'aube de la IIème République, et même de la IIIème, celle des Instituteurs et d'Ernest Renan, notre territoire national était aussi une putain de fiction.
A l’époque contemporaine, la nation est le groupe humain par excellence. En voie de "dépassement complémentaire", avec ces processus irréversibles d'intégration régionale.
Pour chaque individu, l’appartenance à une nation résulte d’un sentiment d’attachement, plus ou moins fort, mais partagé avec ses compatriotes. Le sentiment national s’affirme dans l’usage des langues, dans les souvenirs communs, dans tout ce qui constitue la culture nationale.
Le fait d’être ressortissant d’une nation crée des droits objectifs (droit à être protégé, droit de vote…), ainsi que des devoirs (participation aux charges de la collectivité nationale, défense de la nation).
Pour Renan, " la nation est un plébiscite de tous les jours ", elle est le résultat de la volonté des hommes et femmes qui, porteurs " d’un riche legs de souvenirs ", et vivant dans " le consentement actuel ", veulent manifester pour l’avenir, leur " désir de vivre ensemble ". Cette théorie s’enracine dans un contexte historique particulier - depuis 1870, l’Alsace et la Lorraine sont occupées – mais aussi dans l’héritage de la Révolution française et d'un État fort et multiséculaire.
En Bolivie, ce riche legs de souvenirs est tissé d'injustice, d'exploitation forcenée, de massacres, d'apartheid des majorités silencieuses, mais de moins en moins depuis le Révolution de 1952. 70% du pays est indien, les anciennes oligarchies n'acceptent pas de mourir pour cette société de redistribution plus égalitaire qu'essait graduellement de mettre en place Evo.
Voila ce qui se joue dimanche.

Espérons que ce 4 mai, les affrontements ne seront que périphériques...

Espérons.

4 commentaires:

Michèle a dit…

Nous croyons être quelqu'un
A peine sommes nous de passage...

Tietie007 a dit…

En même temps est-ce si grave de ne pas être un pays ?

emi a dit…

Dans le cas de la Bolivie la division n'apporterait rien de bon, juste la satisfaction du désir de séparatisme d'une minorité de blancs encore attachés à leur privilèges d'avant et qui s'empresseraient de renouer les liens économiques avec les Etats-Unis. Alors tout recommencerait, et Evo n'aurait donc été qu'une parenthèse dans une histoire qui ne cesse de se répéter...

Patxi a dit…

Chères lectrices adorées de mi corrazon,
je vous réponds en modifiant ce billet et en me cassant le cortex avec un long long billet.
Emi, chouette espace que le tien.
Que Viva Evo carrajo!
Evo doit réussir...pas de parenthèse, une rupture structurelle, avec toutes les erreurs naturelles du primo arivant qui attend son tour depuis 500 ans.
Carrajooooooooo!!!!!!!