vendredi 16 mai 2008

Colombie, INTERPOL, Chavez, la grande machination du jour

Les colombiens, et c'est un trait national caractéristique bien connu, sont toujours très doués pour rendre "les autres", toujours, "les autres", responsables de leur propre désastre collectif.
Leur conflit armé, parmi les plus cruels, les plus longs du monde?
La faute des miliciens israéliens, des américains, de l'IRA, des voisins, des autres, des autres.
De la gauche, de la droite, de l'oligarchie, des paysans ignorants, de la bourgeoisie, des autres du dedans.
Mais surtout des autres du dehors.

Chavez et Correa sont donc aujourd'hui présentés en Colombie et dans le monde comme responsables de tant de malheur. Pensez-donc, ils financeraient, discuteraient, laveraient, négocieraient avec les guérilleros.
Inouï.

En même temps, Chavez, à force de chercher noise à tout bout de champs, avec sa minute de silence pour Reyes, Number 2 des FARC, et tout ce qui a déjà été évoqué ici sous un angle plutôt critique, a été piégé comme un bleu.

Il faudrait donc 1000 ans pour lire tout ce que contient les 3 ordinateurs de Raul Reyes, selon le rapport de l'INTERPOL officiellement livré en pâture aujourd'hui. Décidément bien prolixes, les barbus, depuis la jungle.
Ce sera bien commode, on va pouvoir lâcher quelques boules puantes contre les récalcitrants du nouvel ordre mondial. Parfait.

Bizarrement, l'angle des recherches s'est orienté sur Chavez et Correa.

Prenons un détour, si vous le voulez bien. Il est bien commun, en Amérique latine, que des "forces de l'ordre", des flics ou militaires véreux, vous "plantent" des sachets de drogue chez vous, ou dans votre sac, histoire de vous inculper très vite de "narcotrafic" ou complicité de deal, et ainsi être en position de force pour toute forme d'abus: chantage, intimidations, menaces, extorsions, peines lourdes, récompenses, primes de récompense pour avoir attrapé des dealers etc.
Le piège parfait.

Et bien, une question n'a pas et ne sera jamais éclairci par Interpol ni personne: comment garantir que ces ordis n'aient pas été "plantés" depuis l'intervention militaire par les militaires eux-même? Préparés minutieusement par les services compétents à l'accent du Missouri. Puis livrés à la police colombienne, et au DAS, dont on connait la probité face aux politiques et à la société civile, puis, après 2 semaines au main du gouvernement, livrés à Interpol?
Interpol qui n'a répondu qu'à la question: ces ordinateurs ont ils été trafiqués? Non.

Muy bien, mais comment prouver que ces ordis sont bien de Reyes?
Ils le sont, c'est comme ça, ils sont des FARC, nous le savons, s'est contenté de répondre sèchement notre gentil américain neutre-indépendant-apolitique.

Je conchie et bafferai volontiers tous les théoriciens du complot neuneus qui polluent le web et le reste. Pour autant, rien ne nous oblige à avaler comme un(e) couillon(e) toutes les couleuvres de cette énorme machination internationale.

C'est marrant, j'aimerais bien qu'il y ait exactement le même show international, avec le même Secrétaire Général d'INTERPOL, le même qui a travaillé toute sa vie pour la sécurité des autorités Etats-Uniennes (regardez sa bio sur le site d'Interpol), autour des ordinateurs de Don Berna, Jorge 40, tous les 14 chefs paramilitaires extradités.
Avec comme phrase-clé, au lieu de "Chavez", on cherche "Uribe".
Avec, au lieu de "Correa", "narcotrafic - partis politiques Uribiste".

On s'amuserait bien.
Mais bizarrement, ces ordinateurs là, bien existants, qui ont des infos sur la période 1983-2006, n'ont pas été inclues dans la fonction agenda de nos décideurs- médias sud-américains. Qui sortent tous des éditions spéciales en commun en ce moment.

Les paramilitaires, faut il le rappeler, sont à la source, l'OEA elle même le révèle, comme l'ONU, de 70% des déplacés et des disparus, des assassinats en lien avec le conflit. Mais le monopole du MAL, ce sont les FARC et leur Gourou, Chavez. Il faut qu'il en soit ainsi. Ça, c'est vendeur.
Pas les multinationales qui ont payé les paracos pour éliminer des êtres humains. Ca, c'est pas médiatically correct. Trop compliqué.

Une mascarade avalé tout net par TOUTES les agences de presse du monde.
Face au feu de la propagande, les opinions se laissent embarquer.
Désarmant. Consternant.

Il se trouve que je connais peu de choses en ce bas monde, mais que je connais un petit peu ces histoires.
Et il est évident que les FARC n'ont pas besoin de 300 000 US $ ni même 3 millions de Chavez.

Même si ce support blog est ridicule, que personne ne lit ces conneries de blogue, encore moins celui-ci, la vertue thérapeutique pour moi n'est plus à prouver. Alors je t'invite à te défouler en ma compagnie:
alors, oui, gggggggggggggggggggrrrrrrrrrrrrrrrrrrrooooooooooooooaaaaaaaaaaaaaarrrrrrrrrrrrrrrrrrrrr!

Et puis à lire cet article de SEMANA.

Víctimas piden que no las dejen sin la verdad
Después de la extradición de 14 jefes paramilitares, quienes sufrieron directamente por sus barbarie claman por que puedan conocer a los responsables que estuvieron detrás de las masacres y los desplazamientos. La reparación pecuniaria está en un segundo plano.

5 commentaires:

dulconte a dit…

Meci pour ce recentrage.

Au fait si tu veux un coup de main pour faire ton bandeau qui tourne avec 2500 photos de Llamas, je serai ravi de t'aider.

Nathalie Vuillemin a dit…

Tout à fait d'accord. Moi ce que j'aime le plus dans cette histoire, c'est
- le numéro 2 d'une organisation aussi recherchée que les FARC qui se balade avec sur lui 3 ordis contenant tous les secrets politiques nécessaires à ses adversaires. Pas mal, franchement.
- Un bombardement qui ne détruit strictement rien desdits ordis. Encore mieux.
- Et des Américains+Colombiens assez forts pour savoir précisément où bombarder un groupe dans la jungle, mais trop nuls pour pirater à distance un ordi. Là on frise la perfection...

Patxi a dit…

mercu dul.
interpol vient de reconnaitre, mais personne n en parle plus, le mal est fait, qu il leur est impossible de certifier qu il s agit de materiel des FARC.
etonnant non? non...

Anonyme a dit…

Pas vraiment honnête cet article :

http://www.interpol.int/Public/ICPO/PressReleases/PR2008/PR200829FR.asp

Patxi a dit…

Mais mon cher anonyme, je ne doute pas du serieux d'interpol.mais comme tout organisme intergouvernemental, son impartialuté et son mandat neutre et apolitique peut tout à fait être mis à l'épreuve selon les circonstances..ce ne serait pas la première fois.
Par ailleurs je ne doute pas que le travail d'études se soit contenté de dire: pas de trafic sur les machines données par le colombiens;mais que s'est il passé avant? ou sont les preuves de l'appartenance de cet ordi a raul reyes, et des details sortis dans la presse internationale?
uribe va bientot rencontrer Chavez, et tout cela pourra s'apaiser un peu bientot..
J'essais dêtre honnête, et je ne crois pas avoir d'oeillères sur ces sujets.
ne soyons pas trop naîf.
le venezuela est stratégique pour les Etats-Unis.la force arméé colombienne est sous large influence du commandement US.voila la base de départ pour toute réflexion dans la région...