mercredi 23 avril 2008

Esclavagisme et servitude en Bolivie



En Bolivie, Eglise et gouvernement vont vérifier l'existence de travailleurs en état de servitude.

Avec un titre pareil, la machine à moudre les petits souvenirs s'est soudain mis en branle.

Dans une immense exploitation terrienne oligarque, car, oui, les mots ont un sens et ne sont pas que caricature en ces contrées, dans l'Etat de Santa Cruz, j'ai pu me rendre compte, par moi même, de l'état de servitude et d'esclavagisme dans lesquels étaient maintenus de nombreuses familles paysannes par les richissimes propriétaires terriens des basses terres boliviennes.

J'ai même des photos assez parlantes sur le sujet, que je ne publierais pas ici. Des histoires de sévices corporels et droits de cuissage sur la petite dernière que je vous épargnerai. J'ai tout de même plus d'éthique qu'un journaliste d'agence ou qu'un touriste politique tout de même...

Mais sachez juste que Pancho Villa a commencé la Révolution mexicaine le jour ou son Chien de Patron, au milieu de l'hacienda, a sauvagement violé sa soeur.

Je dis ça, je dis tout.

En Bolivie, dans le Sud est, Sta Cruw et le Chaco en particulier, ces gens qui réclament l'indépendance sont véritablement charmants.

Dont beaucoup de croates, descendants de cadres Oustachis. Et si à le lecture de ce mot tu tiques, et bien je te renvois à tes manuels d'Histoire de la WWII. Tu comprendras.

Une commission composée de membres du gouvernement et de l'Eglise catholique bolivienne va donc "vérifier" les plaintes concernant l'existence - ou non... - de travailleurs vivant en état de servitude dans les grandes propriétés agricoles du sud de la Bolivie.

Le primat de Bolivie, le cardinal Julio Terrazas, un sacré magouilleur cui-ci, foi de Patxi, à la poignée de main aussi visqueuse que son esprit fascisant et tordu, a mis en doute les affirmations du gouvernement socialiste de Evo Morales selon lesquelles il existerait encore des gens en situation de servitude dans les grandes propriétés.

Mah pensez donc, ça se saurait mon brave...

La réforme agraire, entreprise par le gouvernement, a provoqué des stratégies d'opposition frontales et séparatistes très dangereuses dans ce pays multiethnique, de la part des propriétaires de la régions de Santa-Cruz et des affrontements se sont déroulés ces derniers jours avec les indiens guaranis et indiens colons des hautes terres (oui, c'est compliqué les dynamiques migratoires et de peuplement à l'intérieur du pays).

Le gouvernement et les indiens veulent vérifier les limites et les titres de certaines propriétés privées. Le cardinal "désignera une autorité ecclésiastique pour
qu'il nous aide", a indiqué le ministre du Travail.

Avec l'aide d'ouvriers agricoles, les propriétaires s'en sont pris vigoureusement dimanche à une mission officielle et aux indiens, faisant quarante blessés et cinq disparus. Tout de même.

Pendant ce temps, Ya Basta Paris continue de nous faire chier avec le Chiapas, ou il ne se passe quasiment rien d'universel. Pendant que les paysans colombiens, et boliviens, dans une moindre mesure, continuent d'en baver des ronds de cuir gros comme des poupées Marcos.

La commission mixte Eglise-gouvernement tentera de ramener le calme dans cette zone où les propriétaires fonciers contrôlent encore trois routes dont une mène en Argentine. Car oui, c'est encore terra de nadie, no mans land, pas d'Etat de droit, pas de monopole de la violence légitime de Max Weber, nan, ici el Sr Matanza règne en maître (et hop, jte fous des références max weber et manu chao sur un même bateau de phrase...on est bien ici quand même, tu trouves pas?).

Que nous dit la presse bolivienne et le radio bemba (le bouche à oreille, le téléphone arabe latino quoi...c'est ça, comme sur le CD de manu chao posé sur ton étagère en pin canadien cheapissime)? Que, surprise, le cardinal Terrazas avait mis en doute dimanche dans son homélie l'existence de gens en état de servitude en lançant: "que l'on nous montre la vérité et que l'on nous dise où les trouver".

Un prêtre uruguayen Walter Aguirre a répondu qu'il avait "passé la semaine dernière avec des gens traités en esclaves dans l'Alto Parapeti (où se sont déroulés les affrontements) à l'endroit où les grands propriétaires affirment aux médias que ces choses sont fausses".

Un anthropologue jésuite, Xavier Albo, cité par la radio catholique Erbol, a admis que "cela (la servitude) venait du passé, de l'époque coloniale" et qu'elle subsistait dans la région du Chaco.

Selon le gouvernement, au moins un millier de familles vivent encore en situation de servitude dans le sud-est bolivien.

Cela (la servitude) venait du passé, de l'époque coloniale.
Cela (la servitude) venait du passé, de l'époque coloniale.
Si on commence à t'intéresser à l'Histoire de ces pays, alors, oui, on commence à déchiffrer beaucoup de choses. On apprend à écouter.

Et on comprend que la fonction historique d'Evo Morales, d'abord et avant tout, me semble-t-il, c'est de commencer par décoloniser les imaginaires, la symbolique politique de cette république et de ses esprits. C'est déjà un immense programme.

En même temps, je peux vous parler de ces couples parisiens qui enferment et attachent des domestiques philippines ou des mineures camerounaises si vous préférez...ca mériterait un autre blogue: Levallois Perret, je me souviens... esclavagisme magique au pays des Balkany...

2 commentaires:

Benjamin a dit…

Il serait très curieux que la servitude n'existât point dans des états comme la Bolivie quand elle perdure au Brésil malgré la (sincère) volonté du gouvernement FEDERAL (je ne parle pas de ceux des états) de l'éradiquer: il faut déclencher de véritables opérations militaires pour soutenir les policiers et les inspecteurs du travail dans des fazendas du sud du Para. Un Inspecteur du travail qui réussit une opération doit être exfiltré immédiatement avec sa famille, très loin, sous peine de mort.

emi a dit…

Blog très intéressant (j'ai surtout regardé la partie sur la Bolivie), photos très parlantes de ce qu'est ce pays et textes qui décapent.Bravo!
Je décape un peu moins mais j'écris aussi dans http://savoiebolivia.blogspot.com