samedi 23 février 2008

Pirates et Empereurs


A Mexico, avec pas mal de "shoune" (copyright Sud Ouest), il faut bien le dire, j'ai vu le dernier concert qui existera jamais des RATM. Quelques morts, quelques syncopes, quelques overdoses, deux fois rien, mais ro la la, quelle categoria...



L'Armée des Douze Singes VS le Pigeon

Pirates et empereurs.

Tiré de Saint Augustin.

Revenons sur l’histoire de la Cité de Dieu, à propos d’Alexandre, si tu le veux bien.

Je sais que tu kiffes grave quand ça démarre comme as', avec un auteur bien mort, bien doté, mécréant.

Son armée capture un pirate. Et il y a une rencontre entre le pirate et l’empereur. Il demande au pirate : comment oses-tu piller les mers ?

Et le pirate lui répond :
- Je suis un petit homme avec un maigre navire et on me traite de pirate. Tu es un Empire avec une vaste flotte et tu pilles le monde entier, mais ils t’appellent Empereur.

Voila. C’est une sorte d’allégorie du monde contemporain selon Noam Chomsky. Les pirates sont ceux que l’on condamnent, pas les Empires.

Keki nous dit, Daddy Chomsky (à part "rompe, rompe, rompe"): bien sûr, le peuple se fait attaquer sur deux fronts, par les pirates et par les empires. St Augustin ne suggère pas que le pirate est le « gentil » de l’histoire. Il dit seulement que c’est un petit délinquant, comparé aux grands criminels.

En Amérique latine, pour peu qu’on soit un tout petit peu curieux, il y a de quoi bien se déniaiser le cervelet tout de même.

C'est par exemple ce qui va arriver à une certaine Sarita, là bas, au Chiapas, à Tuxtla Gutierrez. Allez la voir sur REZOlatino.

Découvrir, avec tes propres yeux mais aussi ceux de Galeano (et son classique « Les veines ouvertes de l’Amérique latine »), comment la Grande-Bretagne Victorienne avait dominé et pillé l’Amérique latine au XIXième siècle par mille et un procédés retors et complexes. En Amérique latine, j’ai compris comment les Etats-Unis ont repris cette lignée, au XXième siècle, avec une gloutonnerie, une voracité impériale toute criminelle.

En Amérique latine, j’ai vu aussi les petits corsaires à cols blancs des petites puissances molles, mi-pirates mi-châtelins, les Espagnols (Telefonica), les Italiens (Italpostà), les Français (Total, Alcaltel), verser des pots de vins plus que de raison, arroser des haut fonctionnaires chargés de mettre en musique les privatisations dans les années 1992-2005. Et mettre à sac, parfois, certaines économies locales. Foutre en l’air des ressources d’eau vitales, détourner les législations patrimoniales, foncières, environnementales, fiscales. Tout pomper. Tout rafler. Augmenter les tarifs et les bouseux non solvables de Biens Publics Mondiaux considérés comme des "privilèges" pour lesquels il faut bien raquer mon brave etc.

Tout en finançant n’importe comment un ou deux puits "de compensation", pour la photo.

Des pirates. Des Empires.
La division internationale du pouvoir…

Saint Augustin est né en l'an 354.

Pirates, Empereurs.

Et les pauvres et joyeux connards que nous sommes, they say jump you say how high. Il m'a fallu tant de temps pour re-visiter mon groupe d'ado attardé...

1 commentaire:

simon a dit…

RATM is not dead! http://www.ratm.com/
Eh oui, depuis 2007 ils se sont reformes. Aucune idee de ce que ca donne cela dit. Mais le dernier album de Chris Cornell, lamentable, nous donne une idee des parts de responsabilites dans l'echec d'Audioslave. Tous les espoirs sont donc permis pour une digne renaissance de RATM. Malheureusement c'est pas en Malaisie qu'ils feront leur premier concert asiatique...