jeudi 14 juin 2007

La cantina





Se prohibe la entrada a menores, mujeres y vendedores ambulantes.
Entrée interdite aux mineurs, aux femmes et aux vendeurs ambulants.


Un bar. Mexico DF
(prononces, "dé éfé". Affectueusement appelé "dé-éfé-ctuoso", le defectueux, par ses 22 millons de chilangos-habitants)



Pas pour les PUTO, quoi...

Dedans, des posters, décrépis, d'aryennes, nues, prenant des poses lascives.
Dedans, pas de table, mais de grands tabourets, de comptoir, pour poser sa lassitude.
Dedans, un service droit dans les yeux, sans fioriture. Et toi si tu comptes pas finir bourré, ca ne sert à rien.

Je suis un pietre slameur en contre-petteries, yé lé sé.

Et bim, sur le carrelage blanc cassé (ou serait-ce du blanc jauni par la crasse...) du dit comptoir on te pose la "cahuama", la grosse bouteille de a litro, d'un litre mano. Corona. Avec la couronne jaune sur fonds marron, là.

Dedans, pas moyen de pauser. T’es là et t'essais d'être, pour de vrai. Ou tu sors.
Y'a pas moyen d'avoir un verre non plus. Il n'y en a plus depuis au moins Nabuchodonosor. Il ne se passe rien de spécial. C'est tout l'intérêt. Comme de bien entendu.

Un entrefilet d’or, ou d’urine, ça dépend de l’heure, vient se répandre sous tes pieds.
Les toilettes te font filer, doux, ça dépend de l'heure, et du dernier bus a prendre.

La poésie urbaine peut aussi avoir des relents d'urine.

En tout cas. Elle. Elle en avait à revendre, de l’assurance.
Tout ce qu'elle était capable de vendre, de toute façon.

Elle était chez elle, à l’aise, à l'évidence.
Malgré l'interdit réel-premier dégré affiché à l’entrée de la cantina, cette pancarte qu’elle feignit d’ignorer.
Chez elle, partout, chez elle.

Quel panache cette dame. Oui, quelle classe la vérité.

2 commentaires:

Philippe a dit…

Gracias!

Anonyme a dit…

y'a des cantinas en espagne à peu près du même genre, mais en moins trash peut être.
ça donne envvie...