mercredi 11 juillet 2007

El Destino - demain, toujours demain






DEMAIN, DEMAIN, TOUJOURS DEMAIN
(avé une pointe d'assent de par chez moi, pour ne rien gâcher)


La Paz, Bolivie.
Marché magique des Alasitas, qui se tient tous les mois de janvier.


Nous avons expérimenté la machine à connaître le futur.
Mieux. Un fournisseur d'horoscopes personnalisés.
Qui vous donne tout ce qu'il vous faut savoir.
Votre futur. Votre destin. Voyages, amours, amitiés, études, travail, santé.
Enfin "trabajos" au pluriel, et non travail: on a intérêt à les cumuler, les petits bouts de boulots, si on veut s'en sortir, dans le happy tiers monde, paradis de l'exploitation laborale.

Hommes, femmes, fillettes, petits garçons.
Il y en a pour tous les publics.

La procédure est simple. On met la pièce dans la fente correspondant à votre profil socio-astral.
Pas de son métallique.
On attend malgré tout...
Derrière la façade en bois, on entend une voix humaine qui se prétend robotique. Elle "traite les données".

Elle vous annonce soudainement que votre "ticket de destino" est prêt.
On imagine la main du gamin-travailleur, blasé par le rythme de travail soutenu, qui enfonce le petit papier dans la fente, de l'autre côté.
Imitation poussive d'un guichet électronique.
Avec une pointe d'accent aymara.

Le bulletin sort. Stupéfait, vous lisez votre avenir.
Il s'annonce radieux.

Demain, toujours demain.

On a besoin de rêver comme de "certitudes", dans un pays ou l'espérance de vie est de 20 à 25 ans inférieure à celle des pays développés
: 61 ans pour les hommes, 64 ans pour les femmes. En milieu rural, la différence est encore plus prononcée, de 30 à 35 ans inférieure. Le total des dépenses de santé en Bolivie n'excède pas 6,4% du PIB(source: IDH du PNUD 2000-2006).

Mais ne nous y fions pas. Les Boliviens ont commencé à exiger un aujourd'hui.
Demain, toujours demain, ça va un moment.
500 ans de demain, toujours demain, ya basta.
La Bolivie, "le pays qui veut exister" (Eduardo Galeano), veut reconquérir son présent.
En pariant notamment sur tous ses gamins, qui aimeraient bien, un jour, algun dia, faire autre chose de leur vie que la voix d'un robot métallique.

3 commentaires:

Anonyme a dit…

Castafiora (la gentille)

Eh bé, je me le suis dit avé l'accent ! C'était joli comme tout !
Adichats, camarade !

patxi a dit…

agur,
Qui l eut cru, la gentille casta est peut etre de peyrehorade, puyoo, salies ou qq chose d avoisinant.etonnant non?
adichat

Anonyme a dit…

Dice Castafiora :

Adichats meynade comme disait mon arrière grand-mère (des Landes) à ma mère née à Dax d'une Lesclaux et d'un Dourthe !
Et moi, née à Biarritz en mai 47 (à quelques jours de notre ami Patrick que j'ai découvert par hasard) parce que mon père et ma mère ont "émigré" à Biarritz en 42 !
J'ai appris l'espagnol mais je ne l'ai jamais parlé ! j'aimerais bien le parler avant de mourir :-)
Sur Flickr, j'ai rencontré des potes de langue espagnole et je m'essaie à "parler" avec eux (sans accent parce que je ne sais pas les mettre - encore -) Bueno, hasta luego compañero y amigo !
(je m'appelle Kaedele sur Flickr)