vendredi 29 mai 2009

Allons voir, mignonne, si le couvert boisé...

Si le couvert boisé dans les pays tropicaux ne s’étend que sur 1700 millions d’hectares, soit seulement 6 % de la superficie du globe, c’est pourtant dans les forêts tropicales que se concentrent plus de la moitié des espèces animales et végétales de notre planète.

Ces formations fournissent une grande diversité de produits, qu’il s’agisse de bois de feu, de bois d’oeuvre, de bois de service, de bois de trituration ou de produits forestiers non ligneux.

Elles jouent aussi un rôle dans la restauration de la fertilité des sols, la régulation du régime des eaux ou la stabilisation des bassins versants.

Incontestablement, les forêts tropicales sont au coeur d’importants enjeux planétaires liés à la préservation de la diversité biologique, au changement climatique et au développement durable. Face à la complexité des défis techniques et scientifiques qui en découlent, des femmes et des hommes remarquables et beaux comme des apollons mènent des activités de recherche pour le développement sur les forêts naturelles, les plantations forestières, les arbres ruraux et leur environnement, les produits forestiers et les interactions entre la nature et la société, en mobilisant pour ce faire une grande diversité de compétences, des sciences de la nature aux sciences humaines.










mardi 26 mai 2009

Job porteur




Orpailleur illégal, portant douloureusement sa cargaison de whisky, de spaghettis, de mercure et son fusil MOSER?
Porteur-à-bagages-guide-touristique, portant difficilement la malle de voyage pour gringos et sa machette de rigueur?
Indien d'Amérique latine exploité par un autre Indien latino-américain, portant péniblement la contrebande du jour et son bâton de pélerin?

Je ne me rappelle plus trop...
Sans doute un peu de cela, et de cela aussi. Sans compter tout ce que tu peux en penser...

Ce dont je me souviens parfaitement, en revanche, c'est la sensation d'écrasement, c'est l'essai aborté, au bout de 8 secondes, oui, marcher, essayer de marcher, avec un tel bardas. Le poids phénoménal que peuvent porter ces hommes d'un mètre cinquante, sur des distances extravagantes, en pleine Amazonie. En montée...Pieds nus...Avec ces sacs à dos Quechua en fibre et écorce de...palmito...

Putain mano, à t'arracher le bas du dos.
80 kilos, au bas mot.


Le monde des hommes, individus et sociétés, est toujours moins nouveau que ce que les habitants de ce monde ne l’imaginent.
Et la technique, dont on veut faire le sens ultime et la nouveauté, resplendissante ou catastrophique, de notre devenir, presque toujours au service des plus antiques procédures. De ce point de vue, le moderne convaincu qui voit du progrès partout ou le capitalisme dispose ses machines, et l’écologiste à demi religieux qui se cramponne, contre l’artifice productif, au phantasme de la bonne nature, partagent une identique niaiserie.

Badiou, boudiou!

mercredi 20 mai 2009

Mr Chacaltaya est mort





1995-2004

Il avait 18 000 ans.

Le glacier Chacaltaya, culminant à 5 395 mètres d'altitude, au dessus de La Paz, avait commencé à fondre durant les années 1980. Il a entièrement disparu cette année. Et, notamment, cette semaine, officiellement.

Même le Zapping de la semaine de Canal Plus en parle.

Les scientifiques avaient estimé que cet évènement ne se produirait pas avant 2015.

La plupart des glaciers de la région pourraient cesser d’exister dans une trentaine d’années, compromettant la ressource en eau, la vie même dans ces régions.

Dans la région andine, les précipitations ont diminué récemment, ajoutant au stress hydrique. A La Paz, la consommation d’eau est supérieure à la ressource.

Pendant ce temps, l'écologie politique est encore considérée comme, au mieux, un supplétif, un aiguillon vaguement complémentaire ou variable d'ajustement de visions toujours productivistes et prédatrices; au pire, comme un caprice de baas barbus rétrogrades, irréalistes car décroissants, et décidément si peu entrés dans la "modernité".

Attendons les premiers désastres qui toucheront le coeur même de Babylone; et nous assisterons, effarés, au tintamarre agité et tardif des mesures d'urgence qui auraient pourtant mérité d'être prises en amont...

Mr Chacaltaya est mort...

Déjà, il ya qq années, je n'avais pas pu chausser mes skis en bois, faute de ce revêtement si merveilleux...C'était la piste de ski la plus haute du monde, et les bergers aymaras du coin étaient fort inquiets.

Mr Chacaltaya est mort et je sens bien qu'au fonds, tu/je/il/nous t'en/s'en contre-fous...

lundi 18 mai 2009

La Sierra Tarahumara du Mexique, le pays des signes




La Sierra Tarahumara, le pays des signes, ou la lutte silencieuse des indiens raramuris


« Le pays des Tarahumaras est plein de signes, de formes, d’effigies naturelles qui ne semblent point nées du hasard, comme si les dieux, qu’on sent partout ici, avaient voulu signifier leurs pouvoirs dans ces étranges signatures où c’est la figure de l’homme qui est de toute part pourchassée. (…) C’est sur toute l’étendue géographique d’une race que la nature a voulu parler ».
Antonin Artaud, Les Tarahumaras

Des signes, des formes, des effigies. Nul besoin d’être doté d’une sensibilité aussi extrême que celle d’Artaud, ou d’être sous influence du redoutable peyotl, l’hallucinogène local, pour être sensible à l’ensorcellement de ce pays sculpté par les dieux. Le spectacle majestueux, époustouflant de cette montagne sans fin, ne saurait laisser personne indifférent. Petite plongée dans le Nord du Mexique, au cœur de la Sierra Madre Occidental, plus communément appelée la Sierra Tarahumara (Etat de Chihuahua). Derrière ce pays magique, surréalisme en soi dans « ce pays instinctivement surréaliste » comme le disait André Breton à propos du Mexique, se dévoile un théâtre tout aussi accidenté, sauvage, beau et douloureux, peuplé de personnages fascinants qui jouent discrètement une pièce triste et complexe. Celle d’une lutte tout en silence et en repli, qui met à jour certains enjeux de notre post-modernité.

La poésie opaque de ce mot, Tarahumara, nous vient de l’histoire même de la région convoitée des Ravins du Cuivre, et de la déformation linguistique d’un nom donné à un peuple par les Espagnols, aux temps de la Conquista. C’est en effet en 1541 qu’un détachement de conquistadores rencontra pour la première fois un groupe d’autochtones dans les gorges de la Sierra, ces rugueuses, inhospitalières terres de haut-plateaux et de canyons profonds et escarpés. Il désigne toujours, aujourd’hui, le nom de ces indigenas qui vivent sur ces terres du Nord mexicain depuis prés de 2000 ans. Mais eux-mêmes se nomment « Raramuri », ce qui signifie « hommes aux pieds légers ».
Empreint de philosophie et de chamanisme, ce peuple reste discret. Par tradition. Et par stratégie de survie. Comme la plupart des religions dites chamaniques, celle des raramuri ignore la notion de pêché. Certaines de leurs pratiques culturelles sont relativement connues. Ils organisent notamment entre communautés des manifestations rituelles : rites visionnaires, courses en équipe de plus de 50 km dans la montagne, jeux de balle en bois (le rarahipa).
Au delà des clichés sur ce peuple énigmatique et fier, aux traditions immémoriales marquées par un ésotérisme très complexe et des rites magiques innombrables, les raramuri vivent en petites communautés dispersées, entre monts et canyons, et font preuve d’un rapport à la mobilité relativement singulier par rapport à d’autres populations indiennes du pays.
La plupart des 50 000 à 60 000 raramuri vivent toujours selon un mode de vie traditionnel, dans un logement de type troglodytique. Chaque famille possède plusieurs types d’habitat, petites maisons en bois ou en pierre, étalés sur plusieurs étages écologiques. Cultivant le maïs et les haricots comme aliment de base, nombre de raramuri continuent à élever des bovins, des chèvres et des moutons et à pratiquer la transhumance : agriculteurs et chasseurs, ils changent de lieu de vie au gré des saisons. Sur les haut-plateaux en été, et au fond des canyons en hiver.
C’est que cette stratégie d’isolement très particulier, combiné à ce semi-nomadisme saisonnier, a protégé les indigènes et leurs terres des intrusions pendant des siècles. Ils ont tant bien que mal résisté aux différents assauts de l’histoire, aux conquistadores et au travail forcé dans les mines d’or, d’argent et d’opale, aux missionnaires et à leur zèle prosélyte tout au long du XIX ème siècle, aux divers programmes « d’intégration républicaine » du régime autoritaire post-révolutionnaire du PRI (Parti Révolutionnaire Institutionnel), pendant 71 ans aux commandes du pays, aux divers programmes d’évangélisation et « d’hispanisation linguistique ».

Leur récit est celui d’une résistance, en silence. Le repli stratégique, comme mode de survie. Interprétation et veille, inquiète et vigilante, des signes. Des signes avant-coureurs ou signaux clairement hostiles, que tous les nouveaux projets d’inféodation, de développement ou d’extermination ont envoyé au fil des décennies. Fuir, s’enfoncer, toujours plus haut, plus loin, dans la montagne.
Mais au cours des trois dernières décennies, ils ont du faire face à de nouvelles menaces, peut-être plus violentes, sans doute plus destructrices. A commencer par le narcotrafico, inévitable dans la région, ainsi que les industries du bois et leur lot d’expropriations forcées. Difficile de savoir qui aura le dernier mot dans les décennies à venir. Malgré les frappantes asymétries, malgré l’immobilisme et l’absence de volonté politique des autorités mexicaines de rég(u)ler ce type de conflits régionaux aux ramifications anciennes. Malgré ce contexte défavorable et le rapport de force parfois disproportionné, les communauté , appuyées par certains acteurs locaux (ONG, avocats, écologistes) refusent l’arbitraire. Les raramuris, sont toujours là. Et font valoir leurs droits.
Menaces
Le cas de Pino Gordo, communauté perchée dans cette forêt d’altitude à l’incroyable biodiversité, est en ce sens archétypal, caricatural dans sa spécificité. Un réseau de politiciens locaux corrompus (le bon vieux système clientéliste du PRI) et de trafiquants de drogue, faisant leur negocio sucio sur des contrats d’exploitation forestière obtenus frauduleusement, prospérant grassement du trafic à grande échelle de marijuana et d’opium (la « demande » est si proche, et en plein boom ; quant à l’offre, elle est si « facile » à produire…), retient en otage de la violence les communautés indigènes de Coloradas de la Virgen et de Pino Gordo depuis plus de 30 ans.
Les Raramuris continuent de payer un lourd tribut à la défense de leurs terres et de leur forêt. Entre 1986 et 1994, trente-six Raramuris ont été assassinés dansn la seule communauté de Coloradas, laissant derrière eux 146 enfants et veuves. Ces exactions se poursuivent depuis lors et s’intensifient, même si jusqu’à présent ces victimes sont classifiées par la justice sous la rubrique "règlements de compte", ce qui ne rend pourtant pas du tout "compte" de la réalité. Le pillage des bois et autres ressources naturelles, qui appartiennent historiquement à la population raramuri, se poursuit. En silence.
La mécanique est simple. On expulse, on défriche. On vend le bois, puis la came. Juteux. Rentable. Par ailleurs plutôt sûr, car à l’abri des regards et pouvant jouir de certaines protections locales.
Ces "événements" sont à l’évidence moins médiatisés et "glamours" que ceux du Chiapas. Pourtant, mis bout à bout, ils tissent une trame tout aussi éclairante sur les enjeux de territoire, les différentes « légitimités » qui s’affrontent, sur le contrôle par la force et la mise au pas des habitants de ces terres et de leurs ressources naturelles, par l’intimidation, le racket, la violence. En totale impunité.
Les acteurs en présence, tous impliqués à des échelles diverses, offrent ainsi un reflet particulièrement éclairant des dynamiques de domination et d’homogénéisation culturelle, portée notamment par notre époque de globalisation libérale, qui travaille, accélère et modifie l’essence même de cultures millénaires (elles aussi en évolution permanente, mais dont les points d’équilibres principaux se trouvent aujourd’hui sérieusement et même, fondamentalement, menacés), parfois au nom même de leur émancipation et d’un progrès sans cesse valorisé…Et c’est en remontant le fil de ces événements que l’on peut découvrir tout une conjonctions d’intérêts et d’acteurs dont la responsabilité collective, mise bout à bout, aboutit à la situation d’impasse actuelle de cette communauté, en danger de mort et d’oubli.
Cette communauté protège par ailleurs l’un des plus vieux pins endémiques du monde (il en resterait à peine mille en 2003), ce qui constitue un exemple inquiétant d’éco-pillage qui se surajoute au drame culturel en cours.
C es exactions se déroulent en effet dans la zone de biodiversité la plus riche d’Amérique du Nord, dans le cœur même de l’habitat du peuple natif autochtone le plus nombreux d’Amérique du Nord. Des 249 espèces animales répertoriées dans la Sierra, 28 sont menacées et 5 sont en voie d’extinction, selon une étude officielle (WWF), phénomène aggravé par la taille massive du bois. Le Rarámuri a par ailleurs vis à vis de l’arbre une relation totalement différente du mestizo. Sa vision n’est pas, ne peut être, même un tant soit peu, mercantile. On ne peut commercialiser sa famille, on ne peut vendre ce qui appartient à la Terre Mère et au Dieu Père. Le bois est aliment : aliment pour le feu, pour « l’esprit du dessus », pour la musique, par le violon, pour les rites, fêtes, liturgies et danses traditionnelles.
Le bois représente et concentre les secrets les plus opaques de sa culture et de sa cosmogonie, de sa vie même. Mais l’invasion des scieurs sur leurs terres (leurs ejidos, reconnus pourtant légalement en 1960) les a inféodé à un régime de domination dans lequel ils sont passés du statut de propriétaire historique des bois à celui d’employés sous-payés d’une « entreprise ejidal », que les mestizos dirigent comme si ces bois et ces employés leur appartenaient de façon intangible, indiscutable, naturelle.
La Banque mondiale, en construisant des routes d’accès pour un méga-projet de développement dont elle a le secret (mêlant économie et tourisme, pour 380 millions de dollars tout de même), a par ailleurs contribué à ce désastre... avant de retirer ses billes, constatant que les voies ainsi tracées servaient surtout une intensification de la sur-exploitation du bois et l’explosion du narco-trafic. La beauté de la région, et le "cachet d’authenticité" apporté par l’Indien fétichisé tarahumara, avaient pourtant "bonne gueule", sur le papier à en-tête WB.
Les Rarámuri, face aux velléités de domination de ces chabochis, ces « blancs », littéralement « celui qui a des araignées sur la tête », en référence aux barbes des conquistadors espagnols, n’ont pas une tradition de résistance organisée, encore moins armée, face aux agressions dont ils sont l’objet. Comme nous l’explique l’anthropologue Elsa Pena, qui travaille pour l’ONG locale Coalicion Sierra Madre : "Quand quelqu’un d’extérieur l’envahit, le domine, le Rarámuri essaie simplement de tourner les talons de la manière la plus discrète possible, faisant bien attention de ne pas déranger, et il se retire dans un endroit des plus reculés de la Sierra. Telle est son histoire. La confrontation n’est pas dans son répertoire."
Il faut alors imaginer. L’expérience des raramuris. L’expérience du vide. Vertigineux. Désarmant. Le refus de la confrontation, dans cette envoûtante région relativement ouverte au tourisme international.
Il faut imaginer, comme autant de jalons, de questions posées tout au long du trajet magique du fameux train touristique de la Sierra, le spectacle de ces formes si particulières que prend la roche volcanique, tantôt ôcre, tantôt rouge. Des formes. Des signes indescriptibles. Hallucinants. Effrayants. Beaux. Intrigants. Il faut imaginer, le rythme ternaire, envoûtant car répétitif, la mélodie sourde des tambours des Tarahumaras, dont on entend parfois l’écho qui se hisse au dessus des crêtes. Cette musique là, qui se marie parfois au son lancinant de l’acier sur le rail, et qui rajoute à ce sentiment d’étrangeté et de respect curieux vis à vis des indiens Tarahumaras. Il faut imaginer ce pays de signes…Et la tentation d’en rester à cet exotisme là.

Beaucoup de touristes repartent, contents, satisfaits de ce qu’ils ont vu. Sans soupçonner le pouvoir comme le sens, finalement pas si mystérieux, de signes qu’ils n’ont parfois ni pu, ni voulu déchiffrer…sans soupçonner le drame qui se joue, discrètement, un peu plus haut dans la montagne. Il faut pourtant imaginer le répertoire si particulier des raramuris dans ce théâtre d’ombres. Leur fuite, et leur lutte de silencieux résistants.

samedi 9 mai 2009

Messianisme 16 soupapes


Crédit photo: Daniel Moreira

"La démocratie n’est pas le meilleur des régimes. Elle en est le moins mauvais. Nous avons goûté un peu de tous les régimes et nous savons maintenant cela. Mais ce régime ne peut être conçu, créé et soutenu que par des hommes qui savent qu’ils ne savent pas tout, qui refusent d’accepter la condition prolétarienne et ne s’accommoderont jamais de la misère des autres, mais qui justement refusent d’aggraver cette misère au nom d’une théorie ou d’un messianisme aveugle."

Albert Camus
Essais, 1965.
1975 pages (pas pour les pédés, en somme)


mercredi 6 mai 2009

5 de mayo (nos dieron la madre!)


Photo papier de Patzcuaro: le Mexique qui gagne!

Impossible de ne pas se souvenir de cette date.
Depuis les années 90, pas une année sans une pensée pour mes vendeurs de taquitos du bas de la rue, là bas, au DF.
Le 5 de mayo, c'est la date de la Branlée Magistrale reçue par les aventureux troufions en canasson de Napoléon le III par les troupes moustacho-Mexicaines, non loin de Veracruz.
Jour de fête nationale dignement célébrée depuis le 19ème. Ca mange pas de pain, soude un peu plus la Mère Patrie contre ces impérialistes d'opérette, par ailleurs passablement efféminés, selon la propagande officielle, et mets chaque année du baume au coeur national, quelques temps après avoir perdu une bonne partie de son territoire pour cause de rouerie impérialiste yankee au milieu dudit siècle.

Le "5 de mayo", c'est aussi la meilleure façon d'entamer "violemment/rigolardement" la conversation avec les troufions de rue, vendeurs de tacos, cireurs, batteleurs, journaleurs, tapineurs, lo que sea que suena y truena en la calle pues, sur le mode:
- Y de donde vienes tu?
- De Francia...
-Franchute? verdad, vrai de vrai? Ayyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyy no mames franchute, que paso manoooo? 5 de mayo franchute!!Te dimos la maaaaaaaaaadre verdad guero?
Qui pourrait se traduire par:
5 mai, mais on t'a mis une grosse branlée, blond blond?

Et d'entamer une de ces rencontres de poésie urbaine inimitables, forfait illimité...
Et d'évoquer le sous-Napoléon en goguette comme s'il avait tenté son expédition coloniale juste avant l'ère Mitterand, quoi...

Dieu ce que le DF peut me manquer.
A vrai dire, le Mexique, c'est de loin mon pays préféré du continent.
Et celui dont je parle le moins ici, car j'ai, à chaque fois, l'impression de m'attaquer à un tel monument, à une telle monstrusotité magique, que je reste muet, impassible, fasciné, pétrifié...Les mots ne vont jamais, ne sont jamais assez précis.

Plus facile et commode pour votre serviteur, il est vrai, d'ergoter petit bras sur les K. et autres pingouins argentins, sur les braillards bolivariens, le G2 Cubain, balancer 2-3 portraits et autres musiques de merde, que d'aborder la Bête...

Mais bon, faut dire, aussi, 5 de mayo, gueyyyy, nos dieron la madrrrreeeeeeeeeeee!
Et ça, bien évidemment, ça calme...

jeudi 30 avril 2009

Nadie como tu





Aujourd'hui, 29 avril de l'An de Grâce 2009, c'est le 400 ème shot de tequila frappé que je te sers.

Depuis septembre de l'An 2006en effet, un chapelet ardent, hardi, de 400 messages de valeur inégale,
mais à la saveur aigre-douce, et que je sache,
pour autant,
à ce jour, inégalée.
Tu penses bien...

Et bien vois-tu, ça m'en touche une sans faire bouger l'autre.

Allez, un petit cliché pour la route quand même, sur la route, même.
Histoire de célébrer le prétexte.

Porque lo vales, parce que tu le vaux bien, porque, porque, porque...
No hay nadie como tu, lector, mi amor (anonimo)!

samedi 25 avril 2009

La Mama de l'expat, 2




Over the rainbow





Les pérégrinations, les palpitations de la Mama de l’expat, ta maman, tu les as suivies, de loin, puis au plus près. Et elles ne t’ont pas été totalement indifférentes, apparemment.

Alors, d’habitude peu attentif à tes attentes, une fois ne sera pas coutume, j’obtempère.
Et je t’en ressers même un ptit chouïa pour la route.


La mama de l’expat, ta mama, elle est bien contente d’en savoir un peu plus sur TON « pays de fous » (car il est bien évidemment d’usage-homologué- de décrire « son » pays d’expat comme le plus « compliqué », le plus « ouf », le plus ceci ou le plus cela du Continent, voire même, du Moooooooonde).
Ta mama, elle est bien contente, en tout cas, de pouvoir entourer ta voix métallique et loitaine, au téléphone, désormais, avec des petits bouts d’images, un cadre concret, les petits riens qui vous peignent un peu plus clairement un environnement, un contexte, un climat,

ton chez toi fait de meubles bizarres et d’odeurs toutes aussi exotiques, et pis la vue depuis le balcon, les tronches des tes nouveaux ami-es et collègues, les histoires et les sons de la rue, qui grouille, qui dort jamais, c’est pas comme chez nous dis-donc…Bohlala, le bruit, l’agitation, la vie dis-donc dans ta ville, mon fils, ma fille…

Car elle l’a bel et bien pris cette fois, ce foutu avion qui t’emmène si loin d’elle; elle ne sera pas restée là, plantée, les bras ballants, à se sentir comme une imbécile avec ses yeux tout mouillés, immobile, au milieu des vas et viens des cohortes de nomades régionaux, à l’aise, pressés qui s'agitent dans les aéroports de province.
L’avion, cette fois, l’est bien pour elle…elle qui n’en a que très peu l’habitude.

Elle est donc Venue. Vu. Vici, ici.
Dans ton Tiers Monde à toi.

Elle a mangé les plats locaux. Tous. Une envie de bouffer, de se rembobiner les aiguilles du temps perdu autrefois, avec son tocard de mari, puis du temps passé, avec quelques autres branleurs medio braves, medio charlatans, attirés au mieux par Palavas ou la Baule plus que pas ces contrées tropicales. En même temps, y avait même pas assez de dinars pour la Baule non plus, alors pensez-donc, Cancun.

Elle en a bouffé, bu, des spécialités locales.
Toutes.
Elle en a choppé des mini typhus, des parasites, des touristas, surtout sur la fin.
Tous.
Ca n’a pas entamé sa bonne humeur. Sa soif de découverte.
« La coliqua no pasara, mon grand. Allez, on annule rien du tout, on y va ! J’ai pris mon rouleau au cas où ». La classe mondiale, que j’te dis, la mama!

Elle a pris 876 photos.
En 13 jours.
876 photos.
Papiers.
Elle a voulu les développer sur place. Toutes.
« Moins cherrr, pardi ! ».
Malgré les 643 qu’elle t’a fait prendre, à toi, sur ton (certes) merdique joujou numérique CASIO (car ton Canon pro là, d’avant, tu tl’es fait voler dans le métro parisien, juste au retour, dans un de ces moments de relâche prétentieuse, ou tu penses que t’es un dur qu’a vécu à Mexico City donc c’est pas ici qu't’arrivera quoi que ce soit quoi…toute similitude avec la réalité n’est que…).
Malgré les promesses de CD-rom (« et comment que je vais te l’ouvrir ton machin là ? Faudra que j’aille chez ta sœur ? Encore faut-il que je dérange personne moi là bas paske bon… ») , malgré les possibilités d’impression « personnalisée » des plus belles photos.
Non, il les faut toutes. Maintenant.

C’est tellement beau, tout ça, là, les gens, là, et pis les paysages, et surtout prends un premier plan toujours, comme une feuille de palmier par exemple (vas-y, je te la tiens, là, en premier plan, comme ça, ça remplis bien le tout..tu vois fiston ? tu vois, poupougne ?...ouh, et ces cactus ! prends ! Ouh, et ces fleurs, en premier plan, tiens, baisses-toi, mama mia, quelle splendeur dis donc ! Que je suis gâtée ! Tiens prends les pêcheurs qui arrivent là ! Non pas moi, me prends pas, je suis toute vieille…Et pis moche aussi. Prends les eux, plutôt.
Dis pas ça, m’an. Tu sors très bien en photo en plus et…
Elle est déjà en train de poser des questions aux pêchous du coin.
Et de faire des moulinets. Et de parler avec ses mots à elle, comme elle peut. Et de lever la tête, les afro-gaillards la dépassant de 6 têtes.

Et tu t’approches, plutôt gêné.
Gêné par quoi, imbécile ? Par sa propre outrecuidance, son côté « sans gêne - j’ai-pas-les-codes » ? C’est ça ? Mais c’est toi qu’est « trop de codes », des fois, fiston expatounet…Tu l’as mis ou ta spontanéité, hein, dis ?
Ta mère qui parle à tout le pueblo, ça te gêne? Ton inconfort, ce serait pas plutôt lié à ton propre manque d’audace et d’allant, toi qui parfois reste muet, aveugle, voire indifférent et silencieux envers l’autochtone ? Peur de quoi, au juste ? On peut savoir ? De déranger ? De faire du bruit ? Mais t’as vu le bordel sur ce petit port sans déconner ? Et puis tu crois vraiment être le premier blanc bec en quechua qu’ils voient débarquer ma parole ? Ils en ont vu d’autres, alors autant que ça se passe naturellement, joyeusement, que ça se passe...plutôt que ces petits vides qui ressemblent à s'y méprendre à du mépris réciproque. Du contact, cash, plutôt que ces frôlements frileux…

C’est toi qui est gênant, quand tout le port et le 4 ème Syndicat coopératif pesquero de Puerto Angelito se marre des récits de ta mère, grand ; et que toi t’es là, empoté, et te décide enfin à te dérider un peu.

Putain, le port des tongs et des Vuarnet à cordon ne suffisent pas à te détendre complètement, fiston d’Europa en terre bamboula. Être "cool", ça prendra son temps, vue le terreau calviniste qui t’a travaillé, travaillé, travaillé…Allez, relax, et laisses là prendre ces 1000 photos de pêcheurs musclés, et de leur raconter ses anecdotes, à ta vieille.

La mama de l’expat, elle adore les zanimaux, aussi. Surtout les toucans, mais pas les serpents.
Et pour s’approcher de sa cible animale, elle est prête à tout. Y compris les petits conseils appuyés au guide, au cas ou il aurait pas encore compris ce qu'elle cherche à figer dans le temps, à immortaliser…Ah ah…

La mama, ta maman, elle aime tout ce bordel, mais sait pas comment qu’on fait pour y vivre tout le temps, non plus. Ah ça oui, sont gentils.
Mais alors y a des trous partout sur ces routes, c’est pas possible.
Et puis toujours à la bourre dis-donc...
Mais qu’est-ce qu’ils sont gentils.
Tu sais, avant, au village, on était comme ça aussi. Y’avait, je sais pas moi, un peu d’entraide. Boh j’idéalise aussi, y’avait ces merdeux qui martyrisaient les plus faibles. Aussi. Bon et puis des rugbymen, le curé…En tout cas tout le monde tuait le cochon ensemble…
Et là, ta maman, qui t’ouvre une presque-pensée intérieure : tout pareil comme dans les romans de Mauriac, dans le bordelais rural…
Les divorcées exclues, les cancans interminables. Mais il y avait la joie d’être ensemble. Le partage. Et ici on dirait qu’ils vivent ça, pareil qu’avant, nous, non ? Hein, biquet, fiston ?
-Réponse : Mmmhh…moui, c’est possibe, m’an…Mais bon, on est tous des consumeris capitalistus à la fin, ici aussi.C’est vrai qu’y’a tous ces petits métiers et commerces de proximité, aussi, un peu partout, qu’on voit plus en Europe désormais, dans les rues…Coutelier, cordonnier, livreurs de cageots, d’eau, de lait, artisans, roulottes multiservices, chapelier, chamelier…

« Finalement, c’est bien eux qu’on raison, teh, pardi. On gobe des anxiolytiques et toutes ces saloperies par quintaux en France…Eux, pendant ce temps, ils ont pas l’air de se rendre malade si ils sont en retard ou quoi, hein, c’est vrai…Au final. Hein ?
Rôôô, qu’ils sont mignons ces gosses. Ils sont bien là, à vivre dans la nature, au soleil…Rôô les ptits bouts de chou… »

Pensée intérieure : ne rien dire sur le maladies infectieuses et autres, facilement curables, qui déciment les marmailles nues du Sud; ne rien dire sur le couvre-feu de facto dès 18h…(on est pas à Cuba ici…).
"Des coups de feu ? ce matin ? nnnnnnnann, m’an, c’était des pétards pour Santo…Tu sais, leur Santo Machin là..San Marcos, voilà, le saint des …des panaderos/boulangers...du coin...les libano-portugais là, ils aiment beaucoup leurs saints et dès le matin, bah, ils font péter des « ben laden », ces gros pétards si communs par ici…Ok ? T’inquiètes pas…"

-Et toutes ces ados, avec un bébé au bras, elles s’occupent bien de leurs petits frères, hein… ? T’as vu ? Y’en a partout dans les rues…
-Oui maman, j’ai vu...oui oui, leur petit frère…On va dire… « petit frère »
-Et les hommes, sont où les hommes ? Tous les villages, quand même, c’est les femmes qui se tapent tout le boulot…A la maison, au travail, dans la rue…Zont l’air de picoler pas mal quand même les gars, pendant que ces pauvres dames triment…te leur foutrai des coups de pieds au cul moi, boudiou…
-Ah ça, maman, bonne question, bonne idée...bonne question…

La mama de l’expat, ta maman, elle aime bien, quand elle vient te voir, dans ton chez toi, là bas, si loin, si loin.

A suivre…

Chavez inonde la messagerie du portable d'Obama

T'es toujours pas allé voir par là si j'y suis?

Que pendejo eres, mi'jo...

El día de hoy Hillary Clinton, secretaria de estado de los Estados Unidos, envió una nota formal de protesta a la cancillería venezolana. El motivo de la misiva fue que desde un número "no especificado" pero proveniente de Venezuela se han estado enviando mensajes de texto, lo que ocasionó que se le llenara la casilla de mensajes del presidente Obama. “Epale, cómo estas obi?” y “Buenos días, adivina con quién soñé anoche?” son algunos de los mensajes de texto acumulados en el buzón del Presidente Obama.

De acuerdo con las cifras que se indican en la carta, en los últimos 3 días han llegado aproximadamente 2.100 mensajes de texto, uno cada dos minutos. En la enérgica carta de protesta, según pudimos conocer, se estableció una lista con algunos de los mensajes que se recibieron en el teléfono de Barack Obama:

- Que fino fue conocerte XD.
- Epale, ¿llegaste bien?
- No me escribiste al llegar. ¿Te gustó mi regalo?
- ¿Ya te leíste el libro? No vayas a revisar ahora, pero en la página 300 te dejé una notica.
- Hoy me desayuné un pan de jamón y cuando vi una de las pasitas, no sé por qué, me acordé de ti. Llámame.
- Otra noche de lluvia... me siento tan solo y este vergatario que no suena. Llámame a cualquier hora, lo puse en vibracall.
- La pasé demasiado rico en Trinidad X)
- JEJEJEJE Anoche Aristóbulo me echó un chiste buenísimo JEJEJEJE... ¿Quieres oírlo?
- Te mandé un email, revísa tu correo.
- Te mandé otro email, con las fotos de Trinidad.
- Hoy vi un episodio de 24 y me asusté mucho. ¡Tantas cosas que pueden pasarle a un presidente como tu! A ti no te va a pasar nada de eso, ¿verdad?
- Estados Unidos... Estamos Unidos. Ji ji ji ji.
- Qué chiste tan malo el anterior, no sé que me pasó :$
- Buenos días. ¿Adivina con quién soñé anoche?
- Me invitaron a la playa... sin ti no es lo mismo, creo que no voy a ir.
- Estoy empezando a preocuparme. Me da la impresión que me estás ignorando. ¿O será que no tienes saldo?
- Mi mamá me dijo que el problema es que a lo mejor tu no entiendes mis mensajes. So I go to write in english: I MISS YOU.
- Me está volviendo loco tanto silencio.
- Si necesitas ayuda con algo, lo que sea, cuenta conmigo. Para siempre.
- Nada, seguro estás full otra vez. Qué ladi esa recesión que te tiene todo el día preocupado. Ojalá pudiera desaparecerla de un manotazo.
- Barack Hussein: en serio. Cuando leas esto, llámame. H.
- Obi, ¿me estás ignorando?.

dimanche 19 avril 2009

Raoui, le Moyen Orient en Amérique latine




Il y a des fragments de Moyen Orient, un peu partout, dans les villes et villages d’Amérique latine.

Il y a des visages, des rides, des sourires, des destins compliqués, des familles séparées par l’exil qui pèse et qui pousse, il y a des falafels, des drapeaux palestiniens, des enfants assimilés, des mosquées, des salam, des maronnites, des virements bancaires pour le Hezbollah mais surtout, pour les familles, pour les frères, pour les cousins, pour tous ceux, restés la bas, il y a des imams, de la viande hallal, des tambours derboukas, des voiles, discrets, au milieu des protubérances, des exubérances, des implants mammaires et des percussions afro des Caraïbes et de l'Amérique latine.

Quand j’entends cette magnifique chanson, Raoui, de la troublante Souad Massi, je revois tous ces gens. Toutes ces années.
Je pense à eux, à nos combats communs, à ce qu’ils m’ont..légué, d'immatériel, et par là même, d'impérissable.
Quand j'écoute Souad, je revis nos, leurs grandes joies, le plaisir d'une rencontre pleine avec des petits vieux du bout du monde dans un autre bout du monde, mais je revis aussi leurs tragédies, indicibles, "imbloggables".

Ce fut une petite surprise pour le jeune étudiant vagabond que je fus, tâtonnant et faisant mes premiers pas sur ces terres du Sud, de découvrir la petite diaspora arabo-musulmane, leurs petites histoires qui, souvent, se confondent avec les méandres sinueuses de la grande, celle avec un grand H, qui parfois broie les communautés et noie les individus.

Puis, pour des raisons qui ne te regardent pas, mécréant, je fus amené à croiser et fréquenter nombre d’hommes et de femmes du Moyen Orient, terres de mémoire, centrale, pour l'humanité toute entière, mais aussi terre de feu et de larmes, de grandeur, de beauté, de solidarité, unique, de douleur et de libertés bâillonnées, terres de dignité et de frustration sociale, politique, sexuelle.

L’Amérique latine, une autre terre des possibles pour beaucoup d’Arabes musulmans candidats au départ depuis le 19ème, mais aussi pour des minorités ethniques ou religieuses du Liban, d’Irak, de Palestine, du Sahara, de Syrie, de Jordanie…L’Amérique latine, terre de tolérance, de respect, ou les 3 fils d’Abraham cohabitent en paix, comme au temps d’Al Andalous. Cette facette là des migrations dites Sud-Sud, de la pacifique coexistence juive et musulmane, ancienne, notamment en Argentine pour le judaïsme, est fort méconnue...

Je pose ces mots et cet hymne, « ô conteur », pour Eham, Irakien, chrétien chaldéen qui a échappé, contrairement à nombre de ses camardes de promotion étudiante, à de nombreux attentats, enlèvements, exécutions, mais pas aux menaces de morts des trafiquants sans scrupules qui lui ont promis le Canada, via Cuba. Il y aura laissé sa peau, en route. On ne dénonce pas les mafias transnationales impunément.

Pour Amr, étudiant du Sahara Occidental, qui a quitté Cuba pour le Cône Sud et se trouver un destin.

Je pose cet hymne de paix d’une Algérienne inspirée, pour Suleiman le magnifique, Akhmet le Roi, Yacine et sa femme A., tous les Palestinien-nes qui ont traversé ma vie et mon cœur, toutes ces années. Et notamment aux petits vieux et leurs contes fabuleux sur la Palestine d'avant 1948 avec leurs "frères juifs"-dixit...

Je pose ce son pour A. E….kian, grands parents arméniens, famille en fuite du génocide ottoman, vers l’Irak ; puis chassés par Saddam Hussein vers le Koweit…puis en fuite pendant l’agression du Koweit par l’Irak, blottis dans la première ambassade venue. Aujourd’hui prospère commerçant et citoyen éclairé latino américain.

Pour Abdullah, prisonnier de guerre pendant 7 ans de la guerre Iran-Irak qui en a duré 8, survivant de tortures indicibles, qui a enfin trouvé un sanctuaire pour refaire sa vie. En Amérique.

Pour toutes ces familles libanaises, qui tiennent les commerces, restauration et épicerie, en gros comme au détail, comme les Syriens tiennent la construction et les textiles, en Equateur comme au Chili, et qui ont trouvé liberté, opportunités, un présent, un futur, grâce à la solidarité ET grâce à l’indifférence des latino américains. Car si tu crois que Shakhira n’a appris sa fameuse danse du ventre qu’à Baranquilla, Colombie...toute libano-arabe qu’elle est…

J’en place une pour les lecteurs francophones du Moyen Orient et du Maghreb.
J'en place une pour Loula, l'inconnue venue du froid et du chaud.

Ils nous disent, avec Souad : « Prends gardes, nous avons une mémoire ! »

Ci-après, les paroles en arabe phonétique, français et espagnol de cette chanson bouleversante.

Er ràouy

àHki ya raoui àHki àHkàya
madà byk tkoùn riwàya
aHkyly 3là nass zmàn
aHkyly 3là àlef lyla w'lyla
wa 3là loùndja bint el ghoùla
wa 3là w'lid es selTan
Hàjytek mà (d)jytek
Weddynà b3id m'hed denya
Hajytek mà (d)jytek
Koul wàHed mennà fqalbou Hkàya
Koul wàHed mennà fqalbou Hkàya

àHki w'ensà billi àHnà kbàr
fy bàlik llirana nàSghàr
ou nemnoù koul aHkàya
aHklinnà 3là el jenna aHklinnà 3là en nàr
w' 3là eT Tyr elly 3oumrou maTàr
fehemnà ma3nà ed dnya
Hàjytek mà (d)jytek
Weddynà b3id m'hed denya
Hajytek mà (d)jytek
Koul wàHed mennà fqalbou Hkàya
Koul wàHed mennà fqalbou Hkàya

àHki yà er ràouy kimà àHkàwlek
mà tzyd mà tnaqqaS min 3endek
ga3 nechfàw 3là bàlek
aHki wa nessyna f'hàd ez zmàn
khallynà fy kàn yà makàn
fy kàn yà makàn
Hàjytek mà (d)jytek
Weddynà b3id m'hed denya
Hajytek mà (d)jytek
Koul wàHed mnnà fqalbou Hkàya
Koul wàHed mnnà fqalbou Hkàya

Traduction:

Raconte,ô conteur
Racontes une histoire, qu'elle soit une légende
Parles-nous des gens d'antan
De Loundja, la fille de l'ogresse et du fils du Sultan

Commences par "Il était une fois",
Offre-nous des rêves
Commences par "Il était une fois"
Chacun d'entre nous a une histoire au fond de son cœur

Raconte, oublie que nous sommes grands
Comme si nous étions des enfants
Nous voulons croire à toutes les histoires
Parle-nous du paradis et de l'enfer
De l'oiseau qui n'a jamais volé
Donne-nous le sens de la vie

Racontes, comme on t'a raconté
Sans en rajouter, sans en enlever
Prends gardes, nous avons une mémoire
Raconte, fais que l'on oublie notre réalité
Abandonne-nous dans ce "Il était une fois".

Cuenta, cuentacuentos,
cuenta una historia, una leyenda.
Háblanos de la gente de antaño,
de Loundja, la hija de la ogresa, y del hijo del sultán.

Comienza por "érase una vez",
ofrécenos sueños.
Comienza por "érase una vez".
Cada uno de nosotros tiene una historia en el fondo del corazón.

Cuenta, olvida que somos mayores.
Como si fuéramos niños,
queremos creer en todas las historias.
Háblanos del paraíso y del infierno,
del pájaro que jamás ha volado.
Danos el sentido de la vida.

Cuenta como te han contado,
sin añadir, sin quitar.
Ten cuidado, existe una memoria.
Cuenta, haz que olvidemos nuestra realidad.
Abandónanos en ese "érase una vez".

samedi 18 avril 2009

Les Etats-Unis exigent le désarmement des milices (de joueurs de volley ball) du Venezuela

Découvrons ensemble, si tu le veux bien, mon gros cuy à poil ras, ce site satirique vénézuelien de toute première calidad : el Chiguire Bipolar. Si je traduis par "le gros ragondin schizophrène", on atteindra, très vite, "toi même tu sais", les limites de cet exercice de haute voltige consistant à traduire l'intraduisible.

Il en va de même pour cette vidéo phénoménale que je conseille vivement de s'injecter en intra-veineuses, derechef, notamment toi, et toi aussi, amateur compulsif de ces scènettes champêtres qui font le sel surréaliste et le charme folklo de ces inimitables plateaux télés latino-américains.

Il s'agit du célèbre Alo Présidente, théâtre de l'Empire dominical interminable et sans cesse renouvelé du Jacques Martin à costume rougeolive qui tient de Président légitime du Venezuela.

Chavez nous présente là une simulation de contre-attaque de résistance armée des Réservistes ou Milicianos de la Reserva Nacional. Keske donc que la réserve, me demanderas-tu, un brin interloqué, mon ragondin ? En gros, il s'agit pour Chavez d'armer et d'entrainer 2 millions de citoyens ordinaires en cas d'invasion nord-américaine et défendre la Patrie, la Souveraineté nationale, les avancées (réelles et fantasmées) de la Robolucion et la "ñapa" roja rojita.

Les Venez sont bien trop pétris de jean foutrisme hédoniste pour s'y enrôler gaiment et massivement, mais enfin, chaque samedi, de place Miranda en place Bolivar, aux 4 coins du Venez, ces regroupements de centaines d'hommes et de femmes se font, cahincaha, enfin, calin-caña, plutôt, surtout en milieu populaire, charcutiers du coin, ouvriers du bas de la calle, désœuvrés du haut, femmes au foyer, ptits vieux, bières polar et empanadas deep deep fried, qui y croient, qui trouvent un espace de convivialité, enfilent l'uniforme militaire et suivent des cours de "guerre asymétrique" et autres réjouissances et "techniques de contre invasion insurrectionnelle civico-militaire".

Une fois de plus, le réel dépasse la fiction. Une fois de plus à Vetelgeuse, comme dirait ce salopard-polisson-pesca'o de Robby "Naish" Mérou, la caricature est en direct tous les dimanches, sans trucage, sur les écrans.

Les Etats-Unis, à la vue de ces images, et notamment de ces inquiétantes manoeuvres des volleyeurs llaneros en moule burnes satinés, ont demandé le désarmement immédiat et la tenue du Conseil de sécurité de l'ONU, afin de neutraliser ces dangereux moudjahidines qui menacent la stabilité géopolitique de l'arrière cour US, et même, du Monde Libre tout entier.

La note du Chiguire est là!


Marines
envoyé par noticias24

mercredi 8 avril 2009

En route pour la joie


Bolivia



Ecuador

Rameaux, Triduum pascal, Carême...Bref, c'est la Semana Santa chez les latinos.

Ça ressemble plus à la Semaine des Passions des roumains (Săptămâna Patimilor Chku Chku Chku, ou un truc pas loin), à la Semaine de la Dépantalonnade généralisée et de la transhumance pagaillarde sévèrement burnée qu'à autre chose, mais c'est tout de même une sacrée semaine (ou l'inverse), par là bas.

Semaine toujours propice à un joli petit voyage initiatique/improvisé dans la Nature pour le petitou blanc bec de passage/en expatriation qui se doit d'arracher ces quelques jours, c'est toujours ça de pris, à la mort.

En même temps, quand on voit l'état des routes, t'as intérêt à y croire, à la Résurrection et à les honorer comme tu peux, tes Saints des Saints...

Pas gagné...