samedi 10 novembre 2007

Il meurt lentement celui qui....







Il meurt lentement
celui qui ne voyage pas,
celui qui ne lit pas,
celui qui n’écoute pas de musique,
celui qui ne sait pas trouver
grâce à ses yeux.

Il meurt lentement
celui qui détruit son amour-propre,
celui qui ne se laisse jamais aider.

Il meurt lentement
celui qui devient esclave de l'habitude
refaisant tous les jours les mêmes chemins,
celui qui ne change jamais de repère,
Ne se risque jamais à changer la couleur
de ses vêtements
Ou qui ne parle jamais à un inconnu

Il meurt lentement
celui qui évite la passion
et son tourbillon d'émotions
celles qui redonnent la lumière dans les yeux
et réparent les coeurs blessés

Il meurt lentement
celui qui ne change pas de cap
lorsqu'il est malheureux
au travail ou en amour,
celui qui ne prend pas de risques
pour réaliser ses rêves,
celui qui, pas une seule fois dans sa vie,
n'a fui les conseils sensés.

Vis maintenant !

Risques-toi aujourd'hui !

Agis tout de suite!

Ne te laisse pas mourir lentement !

Ne te prive pas d'être heureux !

PABLO NERUDA, Chili, 1904-1973


Sa vie: Pablo Neruda, de son vrai nom Neftali Reyes, naît le 12 juillet 1904 à Parral, Chili, d'un père cheminot et d'une mère institutrice qui mourra quelques mois plus tard.
- 1905 : installation en Araucanie (Temuco, Ville de pionniers)
- 1921 : étudiant en français à Santiago du Chili, participe aux manifestations qui opposent les ouvriers à la police. 1923: publie »» Crépusculaire «« à compte d'auteur.
- 1924: Vingt poèmes d'amour et une Chanson désespérée.
- 1924-1926: abandonne les études pour se consacrer à la littérature.
- 1927-1935: début de sa carrière de diplomate (consul à Rangoon, Colombo, Batavia, Singapour, Buenos-Aires, Barcelone, Madrid).
-1935: À Madrid, il habite la "Maison des fleurs" où il se lie d'amitié avec les poètes espagnols, Lorca, Alberti, etc. Il publie "Résidence sur La Terre".
- 1936-1937: Guerre d'Espagne, Lorca est assassiné par les Franquistes, Neruda prend partie pour les républicains. Il est relevé de ses fonctions consulaires et part pour Paris où il édite la revue "Les poètes du monde défendent le peuple espagnol", fonde le "groupe hispano-américain d'aide à l'Espagne", publie "L'Espagne au coeur
-1939: suite à la victoire du Front Populaire au Chili, Neruda est envoyé à Paris où il est chargé d'organiser l'immigration au Chili des réfugiés républicains espagnol.
- 1941: Neruda est attaqué par un commando nazi au Mexique. Il se rapproche de plus en plus du parti communiste auquel il adhérera en 1945.
- 1947: Videla, président du Chili, organise la répression contre ses anciens alliés communistes. Neruda prend position contre lui et, menacé d'emprisonnement, entre dans la clandestinité.
- 1952: rencontre Matilde , qui lui inspirera entre autres: La centaine d'amour.
- 1952-1970: période d'intense activité littéraire. Neruda est maintenant reconnu partout dans le monde comme un des plus grands poètes de son époque.
- 1970: soutient la campagne de Salvadore Allende, qui le nommera ambassadeur du Chili à Paris - 1971 : Il obtient le Prix Nobel.
- 1973: putsh militaire de Pinochet au Chili, mort d'Allende, saccage des maisons de Neruda par les putshistes, mort du poète.

Pablo Neruda est un des plus grands poètes de notre temps. Pacifiste engagé, tout a été pour lui thème d'inspiration. La visite de ses différentes maisons : « La Sebastiana » à Valparaiso, celle «d'Isla negra » en bordure du Pacifique et « La Chascona » dans le quartier de Bellavista, sur les hauteurs de Santiago du Chili est un pèlerinage émouvant pour les amoureux de la poésie. Chaque livre, chaque objet semble respirer et témoigner de la présence du poète.

5 commentaires:

Anonyme a dit…

Le peuple se trompe: On va bien plus facilement par les bouts, où l'extremité
sert de borne d'arrêt et de guide, que par la voie du milieu, large et
ouverte, et selon l'art que selon nature, mais bien moins noblement aussi, et
moins recommandablement. La grandeur de l'âme n'est pas tant tirer à mont et tirer avant comme savoir se ranger et circonscrire. Elle tient pour grand tout ce qui est assez, et montre sa hauteur à aimer mieux les choses moyennes que les éminentes. Il n'est rien si beau et si légitime que de faire bien l'homme et dument, ni science si ardue que de bien et naturellement savoir vivre cette vie; et de nos maladies la plus sauvage c'est mépriser notre être... C'est une absolue perfection, et comme divine, de savoir jouir loyalement de son être. Nous cherchons d'autres conditions, pour n'entendre l'usage des notres, et sortons hors de nous, pour ne savoir quel il y fait. Si avons-nous beau monter sur des échasses, car sur des échasses encore faut-il marcher de nos jambes... Les plus belles vies sont, à mon gré, celles qui se rangent au modèle commun et humain, avec ordre, mais sans miracle ni extravagance.


Michel de Montaigne

Richard G. a dit…

Oh la la, ces photos... Tout ce que je n'ai pas (encore) réussi à voir de l'America del Sur. Merci.

Thou a dit…

Tostak', Smashing', résidence Plabo Neruda... Manquent Michael Cage, madame Salaün SS, la teub à Marmier, et ce bic-cross rouge et jaune avec mousse-guidon intégrée... Nostalgie, camarade ?...

Antony Manuel a dit…

C'est joli ça !

Patxi a dit…

Pas de nostalgie.
Juste, des mots, une photo, Mano Solo.
Bienvenus dans cette modeste échoppe ou on vous servira de la bonne chicha frappée.
Patxi