mardi 10 novembre 2009

Les Mystérieuses Cités d'Or










Pourquoi l’Amérique latine, Cousin Patxi ? Tu aurais très bien pu « tomber » en Afrique ou « finir » tes cochonneries de trafic d’organes au Moyen Orient, voire terminer tes saloperies de tripatouillages d’expat-mabuses en Asie, ou que sais-je encore…

Pourquoi que tu finis ta vie là bas, vieux Patxi, dis ?

Et bien, mon enfant, c’est à cause de cette musique là. Tout simplement. Notamment les 4 premières secondes.

C’est là, ecoutes.

Pourquoi ?

Les Mystérieuses Cités d’Or, pardi.
Au commencement, il y eut l’eau, le feu et Zia.
Les Mystérieuses Cités d’Or comme alpha, comme révélation, comme première giclée cérébrale, éclat fou, mordant, indélébile.

Les Cités d’Or à l’évidence, font partie des tout premiers ressorts intimes évoqués par tous les passionnés du « sous-continent » et plus si affinités, face à cette question.

Tous les touristes, tous les bouts de couples mixtes franco-latinos, tous les étudiants en échange, chercheurs IRD, profs de franco, coopérants (les opérants et moins opérants), tous les charlots qui voyagent et les voyageurs qui charlottent toute l’année aux crocs du RMI (y en a ; pas mal en fait…), tous les intermittents - qui se débrouillent pour faire leur quota d’heure minimum dans quelque boui boui infâme de Rio Grande ou autre pueblo, le déclarer comme un concert international, et se démerder pour vivre l’année comme un Roi du Pétroleo (ça passe ; il y en a, oui oui, et je m’en féliciterais presque, pour eux)- tous les étudiants de Sciences Po ou d’ESC ou d'INgenierie ingenieuse, pire, les étudiants du DESS Europe-Amérique latine, aujourd’hui MASTER, de l’EHEAL-école des HHHHHHHHautes études sur l’Amérique latine (même si parfois ça vole plutôt bien bas…), toute cette faune, toute cette génération née dans les années 70 à un moment donnée, elle te dit un truc du genre : « Moi, le déclic, c’est les Cités d’Or.. ; j’étais gamin…Trop fort ! »

Et oui, moi aussi, pardi, je me suis pris pour Esteban. La Quête du Père, et sa curieuse absence, planante, quasi mythologique ; les Condors en Or qui volent et tout, les gentils Indiens et les très méchants Conquistadors, avec des bouts de complexité de part et d’autres en plus, pas mal pour un dessin animé : on perçoit même les divisions entre les différents peuples indigenas dans les épisodes, qui ont permis la Conquête plus encore que le génie militaire de ces affreux Jojos de Valladolid et Saragosse, au début du moins, et des petits bouts de barbarie historique, entre sessions de poésie, de pillage et de course poursuite a cheval et en canot...Et d’amour…Ra Zia.

Les Cites d’Or, evidemment, y partir, les chercher, retrouver Zia, l’Indigena bonnasse. Depuis je me suis bien rattrapé grâce à l’Armée Colombienne du Presidente Uribe, toujours prompte à fournir de la chair à viol indigena pour pas cher…en toute tranquillite en plus…oui oui, je sais, c’est horrible, mais ça se passe tous les jours…vas voir là bas cette étude et si j’y suis...

Je provoque cheap, comme d’hab, mais là je regrette : Zia était tout simplement éblouissante et ne mérite pas la vulgarité, même ironique, de ce « bonnasse ». Son sourire me mordait le cœur. Je suis parti pour chercher son regard, plutôt que l’Or de Pizarro.

Non, même pas vrai, c’est pour le blog, genre, qu’on dit des trucs d’aboreuuuuuu.

Et puis partir la bas, parce que je suis né près de l’Océan et que c’était moi, le fils du Soleil, évidemment.

Si tu ne connais pas les Cités d’Or, vas voir ce site. Instructif non ?

Les documentaires à la fin ont fait rêvé toute une génération, évidemment…
A ce propos, quand on y pense...leurs pays la, aux Cites d’Or, ils ont accueilli 35 millions d’Européens entre la fin du XIXe siècle et la Seconde Guerre mondiale. Jusqu’à la fin de la Seconde Guerre mondiale, des dizaines de millions d’Européens partirent aux Amériques pour coloniser, échapper aux famines, aux crises financières, aux guerres ou aux totalitarismes et à la persécution des minorités ethniques.
Il a fallu attendre les années 1990 pour que les flux s’inversent. Infime à ses débuts, l’immigration latino-américaine en Europe, c’est d’abord le fait de riches familles puis un peu de tout. Et notamment des militants fuyant les régimes autoritaires, puis c’est devenue plutot économique à partir de 1980…Sauf quelques milliers de Colombiens.

Et pour eux, tous ces neo migrants, nos villes et nos Cites sont tout autant d’Or (pour l’emploi et les remises envoyees par Western Union au bledo) que de suie (pour la tristesse et monotonie de nos tronches et de nos saisons, parfois)…

Enfin, il est devenu quoi Mendoza au fait ?

Et Tao ? Lui je sais, balayeur a Paris, m’a-t-on dit…Pichu s’est envolé vers la Norvege (système de protection sociale souple et attractif)…Sancho & Pedro quant a eux animent une émission de télévision française, et sont plus connus sous le nom de Bataille et Fontaine…
Quant a Gaspard, il est devenu agent du Ministère de l’Intérieur dans l’Italie berlusconienne.

Et moi, je suis ecrivaillon a plein temps (...) d'un blog nostalgico-latin a nichons - bien que moins bien fourni en jus pressé et en poitrail ces dernieres lunes...

Allez, chantes avec moi, aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaahhhhhhhh ah ah – ah ahh, esteban zia, tao les cites doooooooooorrrrrrrrrrrrr !



6 commentaires:

emi a dit…

Et bien voilà, je le savais, je ne suis pas comme tout le monde: non, le déclic, ce n'était pas les Cités d'Or!... heu...c'était Tintin et le Temple du Soleil...c'est moins pire?...

Michèle a dit…

J'me disais bien ! Esteban c'est toi !

El Parigo a dit…

Paf dans le mille. Ma fille n'avait que 3 mois lorsque j'ai décrété qu'elle devait posséder l'intégrale des Cités d'Or. Papa s'est déjà fait un premier visionage, ben ca se regarde toujours aussi bien. Maintenant un petit coup de Carnets de Voyage, de Sales et pis un petit paragraphe du Galleano, les veines ouvertes machin et j'aurais l'impression de ne pas habiter Paris.

Patxi a dit…

Tintin et le Temple du Soleil..n'importe quoi...
ah ah..

Fanny a dit…

j'adore, et oui,la génération fin 70, on est tous les mêmes, on se serait bien vu voler à bord du Condor. J'ai acheté l'intégrale moi aussi...
Ca et la chanson "El condor pasa" que mes parents avaient en 45 tours et qui doit être la première musique que j'ai du écouter petite... ca m'a sudamericanaddictée...

Nathalie a dit…

Exactement ça...