dimanche 23 août 2009

Plouf!






C'est l'histoire d'un petit pont de bois.
Une passerelle, à vrai dire.

Depuis des années, les villageois, pour traverser le fleuve, doivent marcher, marcher, marcher encore, louvoyer, contourner, se débrouiller pour passer de l'autre côté...

Trop c'est trop. Depuis des années, les communautés riveraines plaident, en vain, pour la construction de cette modeste et importante infrastructure qui, évidemment, changerait d'un coup d'un seul la vie du quidam...

Un maire, élu sur un ticket d'opposition au régime en place (par ailleurs de plus en plus autiste et autoritaire), récemment élu, décide de s'atteler à ce vieux chantier, cette vieille et énorme dette envers le bon sens, béante, évidente.

Mais au pays de Candy, ou tout le monde est gentil, les autorités officialistes, au pouvoir dans cette région et dans l'ensemble du territoire national, ne l'entendent pas de cette oreille. Il est hors de kwe'tion que le maire prenne cette initiative, puisse marquer des points de sympathie et capitalise dessus.
Il n'est pas permis, dans ce pays, que l'opposition puisse construire des pistes d'alternatives, aussi embryonnaire soient-elles.

Il faut tuer dans l'oeuf toute velléité de ce type.

Aussi, le Gouverneur régional annule fissa les crédits déconcentrés en question, et clame haut et fort: NOUS, les gentils, assumerons la construction de ce pont, car ce n'est plus la compétence du maire de toute façon, nous ferons mieux et plus vite, et puis verrez bien comment qu'on va faire un truc bonito de chez bonita y familia.

Ainsi, le chantier s'engage, en un temps record (selon les normes locales...soit moins de 6 mois...), il est bouclé, prêt à l'inauguration, afin de bien démontrer que le Grand Manitou Rouge et ses partisans aux commandes dans les régions lave plus blanc, plus mieux, plus fort, "plus buenissimo".

Certains riverains ont pourtant noté quelques failles, et alerté les autorités "compétentes", ce qui est rare en ces terres anesthésiées...
Mais trop tard: la sono est louée, les bus sont réquisitionnés, le Gouverneur aux aguets, les fanions installés, les 2000 posters affichés...

On y va!

Le jour de l'inauguration, moultes familles, amas de casa et leurs joyeuses ribambelles, tous plus ou moins récipiendaires irréguliers mais conquis des sacs (littéralement) d'aide "gouvernementale", sont convoqués, par cars entiers. Reggaeton, discours lénifiants sur les avancées du Proceso-Processus de changement en cours dans le pays, métaphore facile sur la rivière, le pont, la pêche etc, critiques acerbes et fort menaçantes au Maire, et un petit direct live glorieux sur toutes les radios et télés locales.

Et céti pas que la passerelle, en plein milieu du discours de Mr le Gouverneur...Bon, tu as vu les photos, pas la peine de te faire un croquis en 3 D.

Et de s'effondrer lamentablement, le ptit pont de bois, et Yves Duteil avec, lui aussi maire UMP d'une jolie bourgade officialiste mais tout cela nous éloigne du quai.

10 blessés légers.

Comment vous dire...C'est par trop symptomatique, représentatif d'un certain bordel ambiant qui, avec le temps, peut devenir tout à fait plaisant...

Les Aztèques avaient déjà ébloui les conquistadores par leurs ponts levis, suspendus, mécanisés, sophistiqués.
Au pays de Candy, le visiteur est lui aussi a son tour conquis, ébloui par le brio de ce gâchis permanent...Tout comme, sans doute, est-il grave impressionné par la quantité de boue merdeuse et gluante qui peut sortir a diario, a hue et a dia et meme pres de chez toi, depuis les tuyaux des gouvernants endogènes deguises en socialistes rouges a casquette...Gesticulatis + velleitum= enculatum...

1 commentaire:

Robert Mérou a dit…

Visiblement, ça joue des coudes chez Patxi. Bravo! On redemande...