mardi 4 décembre 2007

Hugo Chavez, le mois le plus long


Hugo, telle une pétasse venezuelienne, au début, ça peut séduire grave; mais au bout d'un moment, ça cause trop...bla bla bla, et vas-y que jte saoule tout mon monde, bla bla, on peut plus l'arrêter...


Désormais, pour Chavez, il va y avoir du sport...

Compatissez.
Be compassionate.
Imaginez le mois passé par Papa Chavez, qui vient de s'achever par sa première déconvenue électorale.

Avec le NON à son référendum-plébiscite, dont la proposition me fit penser à l'auto-coup d'Etat de Napoléon III comme à certains plébiscites gaullistes, avec des bouts de Polit Buro Brejnevien, de Comité de défense de la révolution cubaine et de coconuts dedans, c'est clairement la fin d'un cycle.

La succession d'échecs statégiques, d'erreurs terribles, de déconvenues, de trahisons, de bonnes grosses mandales dans la gueule en moins de quatres semaines tout de même.

Aujourd'hui, quand tout le monde le lâche, je le sens toujours aussi sincère, toujours aussi perdu dans cette post-modernité géopolitique, lui, le llanero Zambo de Sabaneta de Barinas qui croit toujours que les mollahs iraniens sont les gentils vendeurs d'épices décrits de ses contes d'enfant pauvre. Et Poutine un "super soldat sympatoche même si juste un peu fier".

Le bon gros caudillito a du chagrin, et ça me le rend tout à coup presque assez sympathique. Sans doute encore un vieux fonds judéo-catho-misérabiliste envers les causes perdues.

Reprenons.

Ca commence avec le Sommet Ibéro Americain de Santiago du Chili. A peine arrivé sur le tarmac, il remet en cause le thème du Sommet, la "cohésion sociale", qu'il avait pourtant co-signé et porté avec sa chancellerie depuis un an. Chante d'emblée, avec une jubilation toute provcatrice des chants anti-pinochets. Se fait rabrouer par l'hôtesse, la Présidente Bachelet. Puis se fait remettre par Uribe (le proto-paraco, ancien d'Oxford), des plans de camps des FARC en territoire venezuelien; lui, seul avec son chancellier, l'ancien chauffeur de métro Nicolas Maduro appelé en renfort, face aux 12 diplomates chevronnés de Colombie. Puis il s'affronte avec le Roi d'Espagne, boucles là un peu, en traitant Aznar de fasciste et autres épithètes. Il persiste et signe par la suite, en exigeant des excuses. Zapatero, le plus conciliant de l'UE à son égard, fait la gueule. Les télés adorent.

Entre temps, le parrain de sa fille, un de ses meilleurs amis, un des rares fondateurs du mouvement MBR 200, le Général Baduel, qui a participé du coup d'Etat manqué de 1992, qui a remis Chavez au pouvoir en 2002, son ancien ministre de la Défense et membre du premier cercle, un type impeccable, se prononce contre son projet de réforme constitutionnelle, en le taxant clamement de coup d'etat déguisé, de concentation et dérive dangereuse du pouvoir. Chavez dénonce la "traitrise".

Puis il décide de partir au Sommet de l'OPEP, bien décidé à le convertir en un méga-instrument politique, un levier de pression sur les méchants pays du Nord consommateurs voraces de son or noir. Il menace de porter le barril à 200 dollars, de passer à la cotisation du barril à l'euro et donc de supprimer l'indexation en dollars, ce qui serait VRAIMENT la fin de l'Empire amréicain... Les saoudiens et tous les autres, y compris l'Algérie, lui rappellent habilement qu'ils sont tous là pour se faire gentiment du fric avant tout, en toute stabilité. Correa s'est fait embarquer sur une position intenable, pour le retour de son pays dans l'organisation. Chavez s'est fait vertement rabroué là bas. Personne n'en a parlé, mais il s'agit d'une énorme errance diplomatique. La latinos sont furieux de ces positions contraires aux intérêts régionaux, eux qui souffrent du prix du barril.

Puis c'est Paris, ou il arrive...les mains vides. Sarkozy lui offre une vitrine, à condition d'arriver avec les fameuses preuves de vie des otages, dont Ingrid. Il n'a rien. Ca la fout vraiment mal, après tant de promesses. Il déblatère assez, et fascine moins. A part les idiots utiles du coin et quelques bouts de tangents de cercles bolivariens.

Puis Uribe le nique comme un bleu, en lui quittant brutalement, sans crier gare, pour un prétexte téléphonique absurde, depuis le tarmac de la Havane, toute responsabilité dans le processus d'échange humanitaire, en entâchant sa gestion du soupçon de l'incompétence, d'être indiscret, naïf voire complaisant avec les FARC.
Les prévisions ici bas se sont avérées fondées.
Chavez décide alors, dans une sorte de dépit amoureux très adolescent, de rompre les relations avec la Colombie et son peuple, de fait, lui qui nourrit, mais aussi nettoit, construit, protège, à l'occasion torche les mômes de ce pays de rentiers consuméristes. Echec total. Le Venezuela ne produit rien, et dépend à 86 pour cent d'importations, en grande partie des échanges commerciaux et des travailleurs colombiens. encore une impasse.

Enfin, hier, les venezueliens, dont une bonne partie de chavistes, décident de freiner le bon gros Roi dans son bon gros mois catastrophique. NON a son paquet de réformes, dont certains éléments étaient, objectivement, préoccupants.
Un beau sursaut démocratique.,Que lui même a impeccablement reconnu...
Maintenant, il va enfin y avoir un peu d'opposition dans ce pays.

Pour finir ce mois de merde, Chavez exporte toujours 70 pour cent de son pétrole aux USA. Comme le mois dernier, comme le mois prochain. Le reste, TOUT LE RESTE, n'est que rhétorique pour masses anesthésiées.

A présent, cette bête politique a de la ressource.
Il est évident qu'il va refourguer par la fenêtre ce qu'il n'a pas pu faire passer par la porte.

Il va y avoir du sport...

PS: allez lire Benjamin. de la bonne dope, comme toujours par chez lui. Quoi, vous connaissez pas le lascar?

4 commentaires:

David-Jo a dit…

Bonjour,

De ce blog, quelle régularité et quelle longévité ! Très chouette.

Une question: quelle est le statut du Monde diplomatique en Colombie ? J'avais été frappé de voir une grande affiche publicitaire vendant l'édition America latina (en espagnol) du Monde diplo à l'entrée d'une librairie ultra-chicos de Lima ?
Salutations,

etneanmoinsami a dit…

"une cause perdue"...
Voila le coeur qui parle, la vérité d'un bloggeur d'amérique latine.
La mesure de la vérité faite dans une unité de temps que patxi peut concevoir, qui le grandit, le rend maître de ses analyses, dominant. Le temps de droite...
Certes, un esprit de gauche, des références, qui parfois s'annulent... un fond de commerce.
Mais notre bloggeur a des ressources, il l'a montré.

Je suis devenu moi-même en Amérique Latine = j'ai arrêté de douter, de souffrir, on peut vivre sans la peur d'avoir tout faux, je suis heureux = ah, au fait, vous qui m'entourez, vous n'êtes plus en moi, vous êtes autres, sortez de moi... que je sois heureux

Patrick a dit…

Hum, à moins qu'il lui soit plus utile de perdre une élection et passer pour un démocrate que de la gagner et commencer à avoir des problèmes dans son propre camp.
Bien sûr, on va me dire que je diabolise l'individu. Il n'a pas besoin de moi pour cela et ce n'est qu'une interrogation.
Par ici cela s'appelle "embarrar la cancha". On verra bien, il est là jusqu'en 2013.

Benjamin a dit…

Merci pour la référence ("bonne dope") et je constate que nous sommes peu ou prou sur la même longueur d'onde même si j'ai peut être un peu plus d'indulgence pour Chavez (disons: un peu moins de sévérité)

Par suci d'équilibre, tu devrais quand même signaler que l'oligarchie qui régnait avant lui était une des plus puantes d'Amérique latine, raciste, égoïste, inégalitaire au possible, corrompue, violente, etc. j'en passe et des meilleures.

C'est d'ailleurs son existence qui a permis l'accession au pouvoir de Chavez. Et lors de son récent échec, ce n'est pas elle qui a triomphé mais le revirement a bien eu lieu au sein du peuple parce que des compagnons "historiques" de Chavez s'en sont désolidarisés (sans se faire fusiller ou emprisonner pour cela, comme ça aurait été le cas à Cuba...)

Beaucoup de gens en Europe croient qu'avant Chavez, une démocratie sociale idyllique et irrespectueuse des droits humains fonctionnait à plein. (comme d'ailleurs avant castro, il y avait Batista, et avant Lénine il y avait le Tsar) Cela ne justifie pas, mais ça explique.

Désolé pour la "pub" mais blogger déc... en ce moment: on ne peut plus insérer de lien.

http://borghesio.typepad.fr