samedi 28 juin 2008

A poil: de la civilisation des moeurs en Amérique latine


Dura lex sed lex dans les Caraïbes



Norbert Elias. La civilisation des mœurs.
Le Processus de civilisation est un livre merveilleux, audacieux, comparatif, curieux de tous les sujets.
En voila un putain de bon bouquin à déguster entre deux aéroports et autres froides zones de duty-free.

Le Processus de Civilisation comprend en fait deux livres dont le premier, La Civilisation des moeurs, est sans doute le plus connu. Dans cet ouvrage, Elias s'intéresse aux moeurs de l'élite: comportement à table, fonctions du corps, vie sexuelle, agressions, etc... Il dessine une structure du changement sur le long terme, de la fin de l'époque médiévale au début de la période moderne. À mesure que le seuil de la honte s'élevait des choses qui auparavant étaient acceptables devenaient inacceptables (comme par exemple se moucher dans la nappe); des comportements (tels que déféquer) étaient de plus en plus pratiqués dans des endroits particuliers à l'abri des regards. La chambre est l'exemple classique de l'évolution des frontières entre la sphère privée et la sphère publique. Dans la société médiévale les visiteurs étaient habituellement reçus dans la chambre, les lits eux-mêmes montrant le prestige et l'opulence de leurs propriétaires. Il n'y avait rien d'inhabituel à ce que des étrangers partagent un même lit et les auteurs de livres de savoir-vivre de cette époque considéraient cela comme chose normale. Un auteur anglais de la fin du XVème siècle donnait ce conseil: si vous partagez un lit avec un supérieur, demandez-lui quel côté du lit il préfère, ne vous couchez pas avant qu'il ne vous y invite ("cela n'est pas de la courtoisie"), couchez-vous droit et dites bonne nuit. Cependant il y avait des signes de changement.
De la Chambre, d'Erasme était encore principalement consacré aux attitudes à l'égard des autres, mais on commençait à entendre de nouveaux sons de cloche, faisant écho aux thèmes de la modestie et de la moralité. Les comportements changeaient doucement et la chambre devint un lieu de plus en plus privé au cours des deux siècles suivants, tout au moins pour l'élite sociale. Les injonctions morales des donneurs de conseils devinrent de plus en plus sévères. Un autre changement advint : l'habitude de dormir nu fit place à celle de porter des vêtements de nuit, habitude qui fut prise en Europe à peu près au même moment que celle d'utiliser une fourchette et un mouchoir. Elias suggère que la propension croissante à couvrir le corps, dans la chambre comme dans la salle de bain, donnait une nouvelle signification à la peinture de nus dans l'art.
Cela ne représentait pas un raffinement superficiel, affirme Elias, mais un tournant dans la structure des sentiments résultant d'un changement des relations sociales. D'où passage de la courtoisie à la civilité et à la civilisation;
d'où également le second livre, qui propose un synopsis de la construction de l'État depuis l'aube du Moyen-Age jusqu'au XVIIIème siècle, au fur et à mesure qu'une unité politique plus puissante se constituait, revendiquant le monopole des taxes et de l'utilisation de la force. Ce processus a créé les circonstances dans lesquelles la violence privée fut domptée et les affects remodelés.
Au cours des années, les contraintes qui étaient personnelles et externes devinrent impersonnelles et intériorisées et que, prenant la forme d'une "nouvelle économie des instincts", elles devinrent automatiques - un processus du même type que celui décrit par Weber dans L'éthique protestante et l'esprit du capitalisme, qui montre comment une attitude originellement religieuse se détache petit à petit de son objectif premier et acquiert sa propre dynamique comme pulsion intériorisée.

Et me voici donc, au milieu de ces terres chaudes, ce bouquin entre les mains...et je me laisse aller à une facilité qui est peut être celle des gens libres au fonds, sorte de Jeanfoutres astreints à aucune forme de validité scientifique, Jeanfoutres qui réfléchissent et s'astiquottent le cortex juste pour le plaisir, tout en matant les seins qui passent, le temps qui passe, ta vie même qui passe: bref, rien de plus revigorant, quand tu es engourdi par le jet lag et le voyage, que de faire son sociologue à deux balles d'aéroport...
Aéroports d'Amérique latine auxquels j'ai tout de même fini par dédier des centaines d'heure de mon existence. Annulations, retards, foutoir traditionel aidant...

Et en ces terres je vois partout (sauf au Pérou et au Chili, pays vraiment trop conservateurs, y a pas à chier), à y regarder de plus près, des instincts bien souvent non refoulés, il faut quand même le reconnaitre en ces temps de déprime européenne: qu'ils soient violents, sexuels, les deux, qu'ils consistent à dormir nu, jouir bruyamment, chanter à tue tête et en public, se flinguer pour un oui ou un portable, taper dans la caisse de façon TRES TRES visible, et sous les yeux du "flic" quand il n'est pas complice, tant qu'à faire. Tout ça.

Oui, je pense à ces époques historiques de basculement graduel ou la violence privée se trouve domptée et les affects remodelés. Ou les contraintes qui étaient personnelles et externes devinrent impersonnelles et intériorisées.
Oui je pense à tout ça, à Marx contre Freud, au désenchantement du monde Weberien, à Espagne -Allemagne, tout en songeant à ce couple incroyablement sexy qui vient de se faire une petite séance de foumoila-express dans les toilettes de l'aéroport. Et qui se cache à peine, émergeant gaiment de leurs ébats...

En Amérique latine, en Europe, des moeurs croisés, si semblables, si différents.
Comme un miroir inversé. Temporalités croisés.
parfois je me demande: traiteront-ils mieux leurs enfances-leurs enfants, enfin, quand nous traiterons mieux nos vieillesses-nos anciens et anciennes? (zavez deux heures pour celle là tiens).
Relativité des mesures de la "civilisation", à l'évidence.
Si l'option de l'homicide est peu envisagé chez nous, pour régler nos problèmes, le suicide ne l'est pas du tout pour autant non plus, en terre d'amérique sudiste.

Etonnant non?

Bon, sur ce, je file, voudrais pas rater mon avion vers ce passé qui ne passe pas...

lundi 23 juin 2008

Même la Vierge de Guadalupe...




Les cactus mexicains sont menacés par la concurrence chinoise
Tata Joelle, pour LE MONDE

A perte de vue, du vert et du noir. En rangs serrés, des milliers d'arbustes aux feuilles ovales charnues, hérissées d'épines, s'alignent sur la terre volcanique, aussi sombre que l'humus et enfin rafraîchie par les premières pluies. Le nopal (Opuntia ficus indica) est sans doute le plus mexicain des cactus - au point qu'il figure sur le drapeau national. Et le meilleur nopal pousse à Milpa Alta, au sud de Mexico, grâce à l'altitude et au savoir-faire des paysans, qui entretiennent les champs en terrasses construits par leurs ancêtres nahuatl.

A l'entrée de Milpa Alta, des banderoles trahissent pourtant l'inquiétude : "Chin-chun-chan nopales chinos" ("A bas les nopals chinetoques !"). Pour beaucoup de paysans, il est inadmissible qu'une plante née il y a sept mille ans sur le haut plateau central mexicain soit cultivée avec succès en Asie, puis revienne en Amérique sous forme de conserves, de cosmétiques et de compléments alimentaires. "Il y a plus de dix ans, raconte Mario Martinez, chargé du développement agricole dans la municipalité, des Chinois sont venus ici se faire expliquer la façon dont on cultive le nopal. Personne ne s'est méfié ! Ils se sont concentrés sur sa transformation industrielle, et maintenant nous voyons arriver des produits "made in China" à base de nopal." Depuis 2003, la Chine a même détrôné le Mexique au deuxième rang des fournisseurs des Etats-Unis sur ce marché.

"Ils copient absolument tout, même la Vierge de Guadalupe (emblème du catholicisme mexicain), soupire José Luis Cabrera, chef de la municipalité de Milpa Alta. Du coup, nous avons mis en route un processus de certification, afin d'obtenir une appellation contrôlée. Mais nous avons le plus grand mal à convaincre les gens d'ici qu'il ne faut pas se limiter à le commercialiser comme un produit frais."

BREVET

Depuis un demi-siècle, les paysans ont délaissé les autres cultures pour se consacrer à celle du nopal. "Ici, on l'appelle "l'or vert", car il fait vivre 13 000 familles", raconte Angelica Olvera, propriétaire, avec son père, d'une parcelle de 3,5 hectares.

Au Mexique, le nopal est d'abord consommé comme un légume, débarrassé à la main de ses épines, puis émincé, cuit à l'eau et mangé en salade. Sa couleur rappelle celle du haricot vert, mais sa consistance, à la fois croquante et gluante, surprend le palais occidental. Les étrangers découvrent vite ses vertus : il diminue le cholestérol, et surtout il fait baisser le taux de sucre dans le sang, un atout précieux dans un pays où le diabète prend l'allure d'une épidémie. Les experts encouragent les industriels de l'alimentation à employer de la farine de nopal pour fabriquer des tortillas (galettes) à valeur diététique ajoutée. Vendues sous la marque Nopalia, des tostadas (tortillas grillées) composées à 60 % de nopal ont fait une discrète apparition sur les rayons des grandes surfaces.

"On craignait que les Chinois ne déposent un brevet sur la plante. Mais l'Organisation mondiale du commerce ne le permet pas, rappelle M. Cabrera. En revanche, c'est tout à fait possible pour des dérivés industriels." Réveillés par l'incursion chinoise, les responsables de Milpa Alta explorent aujourd'hui d'autres voies, par exemple remettre au goût du jour l'usage du nopal pour fixer les pigments des peintures, comme on le faisait dans la construction traditionnelle. Il y a quelques mois, ils ont réussi à regrouper une dizaine de petites entreprises qui produisent des condiments, des marmelades ou même du shampooing à base du précieux cactus, leur proposant un label et des étiquettes.

Car, faute d'initiative, les nopaleros de la région de Mexico risquent de connaître le même sort que les fabricants de guayaberas du Yucatan, ces chemises tropicales blanches, très confortables par grande chaleur, que les ateliers chinois copient désormais à bas prix pour les vendre aux chaînes de distribution comme Wal-Mart.

Joëlle Stolz

lundi 16 juin 2008

Colegio Francia





Colegio Francia, Chuquisaca, Bolivia. Pour de vrai.


Les professeurs des lycées français d'outre-mer, de l'Oural jusqu'à Tizi Ouzou, de Bogotá comme de Mexico, du Corrèze comme du Zambèze (et nous reviendrons sur ces personnages haut en (uni-)couleur...rôôh, à base de vert de gris, la plupart du temps), n'ont pas souvent pris la peine-eu la curiosité-pris le temps- de mettre les pieds-jeter un oeil-passer un pied, une heure, entre deux tranches de deux semaines de congés au soleil, dans un salon de classe "autochtone", dans une école publique de base, qui se situe pourtant, bien souvent, à quelques encablures des beaux quartiers ou se situent immanquablement ces haut-lieux de la reproduction besogneuse de la presqu-élite francophone.

Non. Ils ont ce talent pour rester hermétiques à à peu près tout ce qui les entoure et qui ne ressemble de près ou de loin à ce que l'on pourrait qualifier de "plaisir immédiat chez les bananas/bamboulas".

Et bien je le dis tout net: ils ont bien raison!

Il n'y a rien à en apprendre. Non mais regardez-moi la touche du prof là, avec son maillot de corps-de foot jaune tout pourritos là. Et pis la tronche du CPE là, sur la gauche, avec son bonnet tout fluo. N'importe quoi, leurs équipements tout cracra. 'a même pas de tableau, 'a même pas de porte, mâme Chabot. Et puis avec leurs méthodes pédagos complètement dépassées là, que même l'IUFM en voudrait pas...non vraiment...Nul, le Zambèze, nul nul.

Faut dire depuis que l'œuvre positive de colonisation est repartie en métropole, à Cadix ou à Bordeaux...épu été jamais pareil, mâme Chabot.

Ya même pas de cerveaux à piller, d'immigrés à choisir dans ce genre de classe. Immigration résiduelle, pour reprendre une terminologie très en vogue en Consulat.

Cette horde de clandestins en devenir est là, tapie, complotant, aux aguets, aux portes même de l'Europe.

Non décidément, au vu de leurs petits crocs effrayants et de leur mine inquiétante, je le re-dis tout net: les professeurs des lycées français ont bien raison de préférer, toujours, l'option de la plage...

Rien à apprendre. Rien à voir. Rien à foutre.

Toyota


Bonga, Paxi Ni Ngongo-ANGOLA 72- Les clés du pseudo...


Atelier de mécanique agréé TOYOTA - Amazonie Péruvienne- les clés du garage

Je serai au turbin ces 3 prochaines semaines. Et pas qu'un peu.
Y aurait il qq lecteurs à Lima, San José de Costa Rica et La Paz, prrrrésentement?
Parce que disons que ces jours-ci, il se pourrait que je sois par ci, par là, Patxi, Pas là, pa'qui, pa'lla.
Avisame pues, amie, ami, camarade.

samedi 14 juin 2008

Dieu est mort












Dieu est mort.
Enfin.




Enfin...Pas si sûr. Pas pour tout le monde en tout cas.
A voir la ferveur religieuse des masses paysannes d'Amérique, qui transcendent allègrement les genres, les chapelles, les cultes, les syncrétismes...

On n'est pas forcément très enclin au snobisme nietzschéen, figures-toi, quand on vit à 4000 mètres d'altitude, dans des villages de 80 âmes isolés, reculés, oubliés, qui luttent contre les éléments, contre le réchauffement climatique, contre l'oubli...
La survie sur les hauts plateaux andins, ça tient à de nombreux petits "miracles" du génie humain. Et algo mas.

Un supplément d'âme, aussi. Peut-être.

Contempler l'horizon, les cieux, infinis, et cette lumière si particulière, sentir le magnétisme étrange de ces terres...Toutes ces expériences peuvent faire douter jusqu'au plus arquebouté des maîtres cartésiens rationalistes, jusqu'au plus forcené des athés, jusqu'au plus militant des agnostiques...

Oui, douter.

Dieu est mort?

En tout cas, la transcendance à coup de taloches dans la gueule, ça a rudement bien pris sur l'ensemble du sous-continent, finalement. C'est que la Sainte Eglise Catholique s'était vite empressé, dès le 16ème, de foutre systématiquement de biens grosses meringues d'églises en lieu et place des temples ou lieux de culte autochtones, païens, dédiés aux panthéons pré-colombiens...

Certaines de ces photos représentent des pièces exceptionnelles.
Et je ne parle pas que du séant de ma biatche.

Amen.

mercredi 11 juin 2008

Spectacle







« Et sans doute notre temps... préfère l'image à la chose, la copie à l'original, la représentation à la réalité, l'apparence à l'être... Ce qui est sacré pour lui, ce n'est que l'illusion, mais ce qui est profane, c'est la vérité. Mieux, le sacré grandit à ses yeux à mesure que décroît la vérité et que l'illusion croît, si bien que le comble de l'illusion est aussi pour lui le comble du sacré. »
Feuerbach (Préface à la deuxième édition de L'Essence du christianisme)

"Toute la vie des sociétés dans lesquelles règnent les conditions modernes de production s'annonce comme une immense accumulation de spectacles. Tout ce qui était directement vécu s'est éloigné dans une représentation".
In La société du spectacle, Guy Debord.

"Exprimer une idée est une activité difficile à laquelle il faut s'exercer ; la télé supprime cet exercice ; nous risquons de devenir un peuple de muets, frustrés de leur parole, et qui se défouleront par la violence."
[Albert Jacquard]
Petite Philosophie à l'usage des non-philosophes


Absorbée par un tout autre style de spectacle, cette mamie équatorienne nous pose une question fondamentale.
Tu veux savoir laquelle?
Et bien je vais te le dire derechef: qu'est ce que tu fous encore devant ton écran, à t'épuiser, immobile, devant la société du spectacle, ses loulous et ses illusions? Ses fuites en avants, ses courses stupides, ses compétitions vaines et éperdues? Dis? Qu'est ce que tu fous encore enfoncé dans ton canapé, avachi, des heures perdues de session couch potato, légumineux? Ou est donc passée ta flamme de jadis, quand t'avais moins de 30 ans, moins de bide, moins de soucis, moins de calculs en tête, plus de cheveux, plus de couilles? Ou est passé l'éclat de tes dents, de tes yeux gourmands? Ou est passé l'appétence, l'appétit, ce désir qu'était l'plus fort, plus fort même que la mort? Ou sont passés tes rêves, joder? Tu n'abrites donc plus en toi tous ces petites espoirs secrets, qui forgeaient ton onctueuse, profonde intimité? Tu ne nourris plus cette secrète ambition de te bouffer le monde, le monde entier, en l'écoutant, en te taisant, en le respectant, en te respectant? Tu n'as décidément plus l'envie de découvrir le visage de cette dame, de toutes les dames de tous les mondes? mmmmmmmh? Ca y est? Tu as donc bel et bien RENONCé?




PS: Bon pas de concours ouvert sur l'interprétation à donner à la possible question que pose cette vieille indienne...Concept déjà brillamment défendu par l'ami DUL...Enfin si zetes partant, toujours un plaisir...

samedi 7 juin 2008

Séparatisme en Bolivie INC: un recyclage de nazillons de tout poil

Ce cocktail t'est servi d'après un mix original de lambeaux de souvenirs personnels, un papier de Danielle Bleitrach et des bouts d’article de camarades boliviens, un résumé sur la base d’articles de la revue Nazioncamba et certains débats de l’Asamblea Constituyente de Bolivia.


Qui est qui dans le « croissant » bolivien, cette demi lune territoriale qui regroupe des dirigeants, préfets, businessmen et idiots utiles séparatistes, qui sont en train de pousser, pousser comme jamais pour la désintégration du pays? et qui poussaient déjà, bien avant Evo…(oui, La Bolivie bien d’avant Evo... oui, ici il y a moultes allitérations sophistiquées qui claquent, au cas ou ça t’aurait échappé, ça donne boursouflure et aisance grassouillette au texte, moi je kiff kiff (la vie) et les allitérations relous, ami, entends-tu ?).


L’Histoire se conduit parfois comme une vieille salope, qui semble repasser les mêmes plats indigestes.

Les fascistes de la seconde guerre mondiale…Tous n’ont pas finis tondus, ou a Nuremberg, ou en exil passif…

Parmi ceux qui ont servi Hitler contre leurs pays et qui après la déroute se sont enfuis dans plusieurs pays dont la Bolivie…certains..comment dire...

En voila un beau cliché que le NAZILLON qui se refugie dans la pampa…Et pourtant, il y a bien eu des refuges en Argentine, Bresil, Paraguay, Bolivie, pour pas mal de ces personnages fins et délicats.

Vous croyez qu'ils se sont contentés de se cacher et de se reproduire crassement, dans l'anonymat le plus discret possible?

Bah non. Ils sont allés un peu partout, et on continué leur "lutte pour un monde meilleur" sous d'autres formes, voila tout. Et notamment, en Bolivie.

Petite revue glamour des fafs des Andes (t'en auras pour ton argent) :

Number one, l’icône, Klaus Barbie, « LE BOUCHER DE LYON », a été extradité vers Lyon de Bolivie en 1984, au retour de la démocratie, pour son fameux procès, après avoir conseille des années durant la dictature et la Police de La Paz…Youpi. J'ai une photo de lui qui fait la queue dans une boulangerie allemande de Sopocachi. Souriant. 1976. Enorme.

Hans Ertl, caméraman du Troisième Reich, qui est arrivé à collaborer avec des « groupes de gauche en armes », comme ils aiment a s’autodénominer, ces payasos. Sa fille est même morte en combattant pour l’ELN Colombienne : oui, l’ELN, ceux la même qui se réclament du Che et de la théologie de la libération. Les ultra violents parfois s’entendent et s’encanaillent et s’embrochent et s’en…..filent si bien, la bas, dans la foret lointaine, ou on entend le coucou…

Continuons.
« Oustachi ». Voila un joli mot. Ca te dit rien ? Vraiment rien ? Le niveau de culture historique baisse a mesure qu’on s’éloigne de 1945…c’est tout a fait désarmant. Bon bah eux l’étaient jamais, désarmés. Il s’agit d’une organisation criminelle CROATE, de pro-nazis zélés et ultra-actifs actifs depuis le debut du III eme reich. Ya plein d’oustachis et de fils d’oustachis a Santa Cruz. Markovic, Petrovis, ça sonne comme un bon ailier-shooter NBA mais nan, la c’est des torgnoles qu’ils envoient depuis derrière la ligne.

ADN, le parti bolivien Action Démocratique Nationaliste, version bolivienne du fascisme espagnol. Opus dei. Ses couleurs noir, blanc et rouge sont une allusion claire aux couleurs froufroutantes d’un avenir HOMOGENE, ya ?

La colonie yougoslave agglomérait serbes, croates, bosniaques, albanais et macédoniens, sans trop de distinction.. Durant l’année 1971 certains de ces cercles arrivent au pouvoir grâce à un colonel de l’armée, d’ascendance allemande, Hugo Banzer Suárez. La colonie yougoslave n’était pas considérée comme réactionnaire. La plupart de ses membres ont occupé des charges administratives dans les universités. Une fois la Yougoslavie dissoute les Croates boliviens ont joué un rôle dans la Guerre de Sécession de la Yougoslavie en ayant obtenu que d’importantes livraisons de matériel de guerre destinées à l’Armée Nationale de la Bolivie soient détournées avec l’aide du Consulat bolivien d’Hambourg vers la Croatie. Où un parent de Jaime Paz, ancien President et candidat d’opposition, tres puissant dans la demi-lune, dirigeait le Consulat. Étant donné ce scandale le Consulat a dû fermer presque pendant une année.

Le groupe croate post-oustachi est l’un des plus actifs dans le processus de désintégration de la Bolivie. Il a promu la création de plusieurs groupes sécessionnistes, dont le plus actif est la « Nation Camba ». Ils reprirent le symbole d’une demi-lune, en allusion à la demi-lune Croate, qui durant l’année 1482 s’est constituée dans le dernier bastion de l’Europe contre l’expansion de l’Empire Ottoman. Cette fois une demi-lune défendra la « civilisation » contre les ennemis de la globalisation et du progrès, les Kollas, peuple indigène des hauts plateaux. Sa motivation de lutte se réduit au racisme « antikolla » et n’est ni rationnelle ni logique. Ils sont organisés autour de l’UJC, (Union Juvénile Cruceñista), dans des cellules de quartier, la plupart à Santa Cruz (75) et Montero (20). (Ils ont progressé à Tarija, Beni, Pando et Cochabamba).

Les Italiens Un autre important groupe de fascistes qui est arrivé en Bolivie fut celui des italiens, minorité dans la colonie italienne mais bien active. Durant les années 70, la Bolivie s’est trouvée mêlée à une série de problèmes de la guerre froide. L’exécution de « Toto » Quintanilla, le Consul de Bolivie à Hambourg par Mónica Ertl avec l’aide de révolutionnaires italiens a conduit à la collaboration de l’intelligence bolivienne avec les services secrets et les fascistes italiens. Conséquence de cette collaboration sont arrivés en Bolivie personnages comme Diodato (Marco Marino) et d’autres fascistes italiens, suspects de nombreux actes terroristes en Italie. Diodato a formé des unités spéciales dans l’armée bolivienne. Commandos d’action immédiate, unités de franc-tireurs, commandos de « neutralisation silencieuse », etc. Diodato s’est marié avec une des nièces de Banzer.

Continuons : Les Américains : Bon, c’est pas une autre force étrangère d’importance, car ils sont chez eux…Et pis ils sont super gentils et pis ils ont rien a voir avec tout ca.Compris ?
Continuons.

Les Militants du « croissant » : Mirtha Quevedo Acalinovic : elle suit au pied de la lettre les ordres de Gonzalo Sánchez de Lozada, ancien président jusqu’en 2003, après avoir massacre qq dizaines de personnes, en exil a Miami en ce moment. Qui a obtenu de transformer le MNR, parti de « centre gauche » de Goni, dans un groupe sans forme ni contenu, en faveur des transnationales du pétrole et du pillage de la Bolivie. Andres Petricievic (encore un nom croate tiens…bon je vais me faire taxer de xénophobe la…ah oui ?) : qui en peu de temps s’est transformé en banquier, agro-industriel, constructeur et l’un des plus grands propriétaires terriens tant dans l’est comme l’ouest de la Bolivie, principal promoteur du croissant. Il a été ex ministre de transports de Paz Estenssoro et a fait fortune dans la construction de plusieurs routes et l’actuel bâtiment du Palais de Télécommunications.
Svonko Marincovic : On dit que quand il a été préfet de Santa Cruz, sur ordre du dictateur Banzer on lui a attribué environ 300.000 hectares proches de Puerto Bush. Ses liens avec des entreprises comme EBX sont évidents depuis ces derniers mois. Il a été président de la CAINCO.
Branko Marincovic, ecore un croate mais c’ est un hasard : Chef d’une entreprise d’élevage qui possède des terres illégales dans ce département, a accompagné les gouvernements de Jaime Paz, Gonzalo Sanchez et Hugo Banzer.

Le Comité pro Santa Cruz : La face visible est la direction de l’organisation politico-patronale Comité Pro Santa Cruz (CPSCZ), conduite par Germán Antelo.

Gonzalo Sanchez de Lozada, ancien president de 2001 a 2003. COMSUR Membre du CFR des Etats-Unis. De nationalité étasunienne, il a fait son service militaire aux Etats-Unis. Réfugié à Miami après sa démission comme président de la Bolivie. Propriétaire d’innombrables mines et autres propriétés à titre personnel, associé ou comme actionnaire d’entreprises transnationales. Il s’est approprié, par l’ influence de ses parents, la mine « Porco » et avec la relocalisation de la mine « Colquiri ». Actionnaire de « Don Mario », « Inti Raymi », « San Cristobal », etc. Son frère Antonio Sánchez de Lozada, a été nommé Contrôleur de la République.

Jorge « Tuto » Quiroga Membre du CFR des Etats- Unis. Il a étudié aux Etats-Unis. Héritier d’ADN. Il a des intérêts directs dans la Banque Mercantil de Bolivie.

Ah et puis last but not leats : les allies objectifs de tous ces gentils personnages. Les Entreprises pétrolières transnationales PETROBRAS, (qui est filiale de BRAS), British Petroleum, Total et British Gaz, associées avec Repsol - YPF dans le Consortium Pacific LNG… Ont formé un syndicat dont le siège est à Santa Cruz, la « Cámara de Hidrocarburos » (Chambre d’Hydrocarbures). TRÈS sympa, ce club, j’y ai mis les pieds une fois…Non je plaisante.J’ai refuse d’y faire crotter mon chien…

L’Union Juvénile Cruceñista et ses succursales (Tarija ; Calme ; Beni et Cbba) Des groupes de choc, de « jeunes », bambins d’Equipetrol, « camba-collas », lumpens et d’autres. Groupes d’attaque. Depuis 2000, beaucoup de videos existent sur internet, explicites sur leurs exploits.
Ils sont la chair à canon pour faire respecter les PARO-SECUESTROS du Comité Civique de Santa Cruz.

La FUL - Santa Cruz Comme la FUL, des centaines d’organisations de base sont contrôlées par l’UJC ou des militants de la « Nation Camba ». N’oublions pas que dans le dernier conflit sur le Mutun [1], la FUL a ouvertement exhibé des armes pour menacer le gouvernement d’Evo Morales.

La presse de Santa Cruz : Des journaux comme « El Deber » , « El Mundo », « El Nuevo Dia », des chaines TV comme UNITEL , GIGAVISION et une centaine de stations de radio sont la propriété directe de « chefs d’entreprise crucegnos » et reproduisent quotidiennement l’idéologie de la « Nation Camba » et de l’« Autonomie » et sont les colonnes vertebrales de la guerre médiatique contre le gouvernement. UNITEL appartient à la famille Monasterios (Propriétaires terriens). À ceci s’ajoute la presse transnationale comme le Groupe PRISME d’Espagne qui a des intérêts dans le pétrole.

C’est pas fini. Restes debout pou je te claque ta gueule…
Les propriétaires terriens :Ce ne sont pas plus de 100 familles qui possèdent des millions d’hectares aptes à la production. Ils sont chargés d’organiser les groupes de choc pour faire face aux indiens et éviter que le Mouvement sans Terre agisse (eux sont pas bien malins, mais faim est pas bonne conseillère « consensuelle mimi tout plein »…).

Dans ce groupe on peut ajouter tous ceux qui exploitent du bois et des pierres semi précieuses dans le Gaiba : La Bolivianita.

Enfin les logias…Il est nécessaire de faire remarquer qu’il existe des différences entre les « loggias » crucegnas et les loges traditionnelles maçonniques. Les premières ont comme seul objectif de monopoliser des espaces de pouvoir politique et économique et assument, dans une grande mesure, un rôle de type raciste et excluant, plus que tout devant ce qu’elles appellent « l’asservissement Kolla ». Curieusement, elles ne disent rien quand l’« asservissement » est d’origine étrangère (transnationales du pétrole par exemple).

« La Nation Camba » et le « Comité Civique » sont actuellement, leurs instruments politiques. Des loggias maçonniques elles, adoptent seulement la forme et reproduisent jusqu’à des rites qui, hors de contexte, sont constitués par de ridicules cérémonies d’obédience, etc. Leur « rayon d’action » ne se limite pas aux Coopératives (même si on trouve là leur noyau de base), elles ont étendu leur influence à des partis politiques, des médias et même quelques syndicats, au profit des caudillos et bureaucrates du moment.

Le Groupe « Nation Camba [2] » Carlos Valverde Barbery : C’est, comme il est dit communément, le « pouvoir derrière le trône ». Auteur de diverses publications dans lesquelles il développe son idéal raciste, c’est la base idéologique dans laquelle on affirme les thèses de la Nation Camba et son mouvement en général. Connu comme militant phalangiste (bien que la Nation Camba refuse de l’admettre) au temps des dictatures étant donné son « efficacité » comme paramilitaire, Carlos Valverde Barbery a été ministre de Banzer.
Sergio Antelo : Architecte et ex-maire de la ville. C’est la tête la plus visible actuellement de la Nation Camba. Infatigable (et imbuvable) exposant la panoplie pseudo idéologique de la Nation Camba dans toutes les occasions qui se présentent. Il ne peut pas éviter d’inclure, chaque trois mots, son intention d’arriver à l’utilisation de la force pour « défendre les desseins sacrés » de notre région.
Carlos Dabdoub Arrién : connu médecin crucegno d’origine libanaise. Son récent intérêt dans des questions « historiques » le transforme, avec d’autres membres de Nation Camba, le « soutien historique » de ce mouvement. Intéressantes, ses appréciations personnelles relatives aux loggias.
Paula Pena : Jeune professionnelle, issue d’une famille d’immigrants allemands, éduquée avec de stricts principes et influencée par le régionalisme de son père, le fameux dirigeant sportif Edgar Galet Gutierrez, et de son oncle Aldo Galet, partisan enthousiaste de la « Nation Camba ». Diplômée d’Histoire à l’Université Catholique d’Uruguay, enseignant à l’Université Étatique de Santa Cruz, là où on la connaît comme « la Général » par son caractère dictatorial et pour ne pas permettre la confrontation d’idées avec sa pensée et son interprétation de l’histoire, surtout régionale. Une de ses références favorites qu’elle distribue depuis sa chaire est le livre « Mein Kempf » d’Adolphe Hitler. Elle a écrit le livre « La Permanente Construcción de lo Cruceño » (La Permanente Construction du Crucegno pour aider à consigner les bases de la formation de l’organisation Nation Camba) ». Grâce à son attachement avec les « groupes de pouvoir » elle a été projetée comme le référent régional pour diffuser la vision de la Nation Camba sur l’« histoire » de Santa Cruz, présentée aux médias sous l’étiquette d’« historienne », mais depuis le temps qu’elle fait des incursions en politique, c’est-à-dire être de « Nation Camba » bien que honteuse, elle le dissimule, sa chance d’être réellement historienne a du plomb dans l’aile. En résumant, elle fait un travail de soutien idéologique et c’est la voix de la pensée des loggias qui depuis le Comité Civique pro Santa Cruz est projetée.

Les Alliés naturels : Les préfets de Cochabamba, Santa Cruz, de La Paz, Beni, Pando et Tarija, Ces groupes qui sont les émanations du pouvoir créées par la Révolution de 52 et les partis traditionnels « diminués en nombre de vote » mais avec suffisamment de pouvoir car transformés en « Organisations des citoyens », ils ont la tâche d’empêcher que prospère le gouvernement d’Evo Morales et que l’Assemblée Constitutiante échoue. Dans sa conception on perçoit l’usure de Tuto Quiroga et le renforcement de Manfred Reyes Villa. Ces 6 préfets ont créé un syndicat de préfets et se sont rendus ensemble aux Etats-Unis et pas précisément pour faire du tourisme. leur première action est de coopter toutes les organisations de base possible. Dirigeants des Transport, d’OTBs, Mairies (Quillacollo, Socaba, Cotoca, etc.), pour construire une base sociale qui plus tard soutiendra dans les rues le projet sécessionniste de la Bolivie.

Note : [1] El Mutún est l’un des gisements de fer et de manganèse les plus importants au monde. Situé dans la province de Germán Busch dans le département de Santa Cruz en Bolivie [2] Peuple indigène des plaines amazoniennes boliviennes

jeudi 5 juin 2008

Soy puto, y que?


Terence Hill et Budd Spencer me manquent infiniment. Pas vous?



SOY PUTO Y QUE?
Rrrooo, les vilains.
Pas sympas, les potes.

Profiter de l'état oléagineux du borracho de service pour l'auto-outer de force, en pleine rue, vraiment, c'est pas très classe les gars.Rrrrôôôô...

L'homophobie n'est pas toujours "joyeuse et bon enfant", comme nous le rappelle justement Gael depuis Ciudad Bolivar, Venezuela, dans un post édifiant.

dimanche 1 juin 2008

Né pour naître


Caminando, caminando




Uyuni, Bolivia (carrajo)




Je suis né pour naitre,
pour retenir le pas de tout ce qui approche,
de tout ce qui cogne à ma poitrine
comme un nouveau cœur tout tremblant.


En pissant, mon beauf, face à l'horizon sans limites,
pensif, absorbé par les éléments,
faisant face au désert blanc immaculé,
je le soupçonne,
de penser à ces quelques vers,
de Pablo Neruda.
Je suis né pour naître.
Le privilège des artistes, naître et renaître chaque jour...

Mécanismes REDD: combativité et résistance des peuples autochtones à l'ONU

Merci à OF pour le lien et le texte.

Allez voir cette vidéo (impossible à poster ici même):
http://www.youtube.com/watch?v=UtORVi7GybY
Ça prend 10 minutes.

Début Mai 2008, New York, Forum permanent des Nations Unies sur les questions indigenas-autochtones.

Durant les débats les délégués se sont à multiples reprises opposés aux initiatives type Banque Mondiale visant à compenser les émissions de carbone par les mécanismes de marché (REDD) - permettant ainsi de ne pas se préoccuper du fond de la question : la réduction effective des émissions.
Grosso modo, le nord continue à produire et à polluer, les bons sauvages du sud plantent des arbres et reçoivent des verroteries.

Or, surprise, dans la déclaration finale, l'ONU inclut quand même l'appui du forum à de telles initiatives sans mentionner les préoccupations des peuples autochtones!

Grosse bronca chez les délégués, intervention de la police des NU.

Finalement la déclaration reflète le désaccord des peuples indigènes avec ces mécanismes de marché.
Petite leçon de combativité...